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L'école d'architecture de Sidi Bou (ENAU) souffre depuis quelque temps d'un manque de moyens et se fait déjà vieille malgré ses nouveaux locaux. Elle vient de se prendre un coup d'équerre dans le sein depuis qu'une mystérieuse école d'élite a ouvert ses portes, tout près, à Carthage.
Des maquettes de villes futuristes, d'îles habitées et de gratte-ciels défilent sur le parvis de la nouvelle école.
Des étudiants étrangers se font accueillir en grande pompe et sortent avec des diplômes signés et promesse d'embauche à la clé.
De quoi rendre nos pauvres étudiants de Sidi Bou pantois, voire déprimés...

Le dernier projet primé à l'école de Carthage, et ce grâce à un jury souverain composé d'une seule personne, brille par son subtil compromis entre modernité et tradition qui se traduit en tours avec des coupoles le tout recouvert de faïence.
De plus ce projet est écologique de par son occupation d'une Sebkha qui deviendra un port de plaisance destiné aux personnes désireuses de garer leurs yachts à proximité de leur villa.
Puis social, puisqu'en plus de veiller sur les yachts de sa population, ce projet comprendra des centres de santé pour se refaire un nouveau visage ou nager dans de la boue thérapeutique.

Ce beau projet imaginé par un modeste étudiant originaire du golf s'étendra sur une aire de 5000 hectares, tout juste 10 hectares de plus que la surface de la grande ville voisine ( Ville de Tunis, Capitale du pays )
Ce que le jury ( composé d'une seule personne ) a particulièrement apprécié, c'est le nom de " Bled El Ward" que son brillant auteur a choisi pour rappeler le nom d'un petit village à proximité ( L'Ariana )

Bref, tant de preuves de génie et d'intelligence qui expliquent pourquoi ce que l'école de Carthage ne s'adresse qu'à une élite.
Entre temps, Sidi Bou devra se contenter du reste...

source:

http://www.tunisieaffaire.com/index.php?option=com_content&task=view&id=2109&Itemid=149