Les mégaprojets, la loi d’orientation sur l’enseignement supérieur ( d’après une recette française appelée LRU ) …autant de sujets polémiques qui méritent un vrai débat et qui passent inaperçus.
Pendant cela la blogosphère tunisienne se félicite de la Saint Valentin…

L'information en Tunisie:

Pourtant l’information existe en Tunisie. Certes, elle est présentée comme des articles de pâtisserie dans une vitrine du centre ville.
On y distingue clairement les viennoiseries, les gâteaux et les salés.
Chaque article sera cuisiné selon sa recette, par le même moule, avec le même dosage et ce quelque soit la provenance et la consistance de ses ingrédients.
Nous consommateurs tunisiens sommes cuisinées tous les jours pareil. On nous propose les mêmes brioches, les même mille feuilles, et ce même si plus de farine, on nous farinera de poudre aux yeux quand même.
Difficile dans tout ça de pouvoir affiner son sens du goût.
C’est dire que, même si crise il y a, nous aurons tous les matins les mêmes croissants même s’ils ont des goûts de pain.

Le travail de notre pâtisserie de l’information consiste donc à remplir la vitrine.
Nous citoyens, nous nous servons car nous n'avons pas le choix. Nous ignorons ce que nous mangeons et ce qui se passe dans nos ventres.
Nous nous constipons depuis vingt ans.
Nous savons qu’il se passe des choses à l’intérieur, mais nous ne pouvons pas les sortir et les exprimer.
Nous cherchons en vain de nouvelles recettes pour améliorer notre transit et comprendre un peu plus ce que nous mangeons. Mais aucune boutique dans la ville n’est capable de satisfaire notre besoin naturel d’assimiler.

Pour quand un vrai site d'information sur le net ?

L’Internet devait annoncer une ère nouvelle pour nos estomacs désorientés.
Avec elle de nouveaux espoirs pour une plus saine alimentation.
Mais voilà que les vitrines se transforment en marchés; les croissants s’exposent en ligne pendant trois semaines avec des oignons.
Et puis ces blogs, sorte de kiosques fermés où s’exhibent des inventions culinaires parfumées à l’eau de narcisse, indigestes pour la plupart et semant la confusion totale dans nos ventres, nous donnent souvent la nausée.

Ce que je déplore ce soir c’est que depuis le temps que nos pâtisseries du centre ville continuent à nous étaler les mêmes recettes périmées des années 80, dans cette foire virtuelle - dernier lieu possible pour nous tunisiens de nous nourrir, tarde à venir cette épicerie qui nous permette d’échanger, de toucher, de refuser, de rencontrer et de connaître notre quartier.

En attendant son avènement, on se saint-Valente gaiement...