Après notre propagandiste en chef  Mouldi Mbrek qui s'est brillamment illustré par sa dernière prestation écrite sur  la liberté de la presse en Tunisie, Je viens de tomber sur un nouveau comique, tout aussi brillant.
Il s'agit de Mongi Khamassi : Sécrétaire général du Parti Vert pour le Progrès
( PVP )


PVP

 

Pour ceux que ne connaissent pas ce parti et encore moins son fondateur, je vous invite à lire l'entretien que ce dernier avait donné au journal le Temps du 05 mai 2008 (ici)
Vous verrez comme moi d'après son témoignage, mais corrigez-moi si je me trompe, qu'il n'y a plus l'ombre d'un doute: Le multipartisme tunisien est une pièce de théâtre dont les acteurs s'épuisent.
Ce Mongi Khamassi manifeste des signes de fatigue en radotant des répliques usées qui le trahissent et qui ne trompent plus le public que nous sommes.
je retiendrai de son interview quelques fragments choisis au hasard. Histoire de rire un peu de nos malheurs.

"Au cours des deux années écoulées, notre parti a organisé plus d'une vingtaine de conférences, séminaires et tables rondes qui ont traité de tant de sujets écologiques, mais également politiques, sociaux, économiques, etc. Je pourrais citer, à titre d'illustration, la pollution sonore, les répercussions du 11 septembre après 5 années des évènements, le Réchauffement climatique, la 31ème célébration de la Journée de "la Terre Palestinienne, la maîtrise de l'énergie, l'approche tunisienne en matière de durabilité du développement, la célébration du Cinquantenaire de la Proclamation de la République avec l'organisation de trois tables rondes (une historique, une juridique et une médiatique), la célébration du XXème anniversaire du Changement..."

Que la fumée des explosions du 11 septembre dégage des gaz à effet de serre, ok.
Que la terre et la faune palestinienne soient menacées par la colonisation, à la limite.
Mais le XXème anniversaire du Changement, c'est quoi?
La contamination généralisée de la terre, la faune et l'ensemble de la flore tunisienne?

ou encore:

"nous avons proclamé l’année 2008, année de la jeunesse, nous avons, de la sorte, adhéré à l’élan présidentiel pour la jeunesse tunisienne - nous qui avons pleine confiance en Monsieur le Président de la République et misons sur son excellence - et entrepris l’initiative de créer un espace de débat et d’écoute et d’organiser une tribune de dialogue mensuelle avec les jeunes. Nous avons traité des questions des mécanismes de communication avec les jeunes, des questions identitaires entre conservatisme et modernité, la jeunesse et l’importance de l’indépendance nationale… Et, tout récemment, à l’occasion de la célébration du 70ème anniversaire de la Fête des Martyrs qui a coïncidé avec la cinquième année de la Chute de Bagdad, nous avons ouvert le débat sur la question de ” La résistance entre la dualité de la légalité et du terrorisme"

On reconnaît ce paternalisme d’Etat qui considère les jeunes comme des objets manipulables propices au terrorisme si l’on ne leur inculque certaines valeurs “identitaires”. Ce discours on l’a déjà entendu par les agents du “Hiwar Achabab” ( dialogue avec les jeunes). Au fait notre comédien mélange les répliques et confond le vert avec le violet.

"Nous avons également rendu public les extraits de notre premier ouvrage bilingue, " 20 ans après, Les Raisons d'un Choix ", juste 135 pages, en avant-première, disons, qui retrace l'itinéraire de 20 ans de changement en Tunisie et qui est en cours de parachèvement et de lecture finale de la part de nos militants."

Nous attendons avec impatience la sortie en salle de leur livre. Nous comprenons que leurs milliers de militants ne suffisent pas à parachever la lecture finale de "juste 135 pages". Mais pour une oeuvre aussi Magistrale (fine analyse de 20 ans de changement climatique) chaque mot doit être la raison d'un choix.

"Nous n'avons pas hésité à emprunter nos voitures et à traverser la Tunisie de l'extrême nord à l'extrême sud, munis de nos caméscopes et de nos appareils numériques et nous avons répertorié les différents dossiers à étudier, et ce, au niveau de tous les gouvernorats, notamment les plus touchés par la pollution à l'instar de Gabès, de Sfax, de Gafsa, Bizerte, etc."

Ils n'écrivent pas seulement des livres, ils organisent en plus des excursions. ça donne vraiment envie d'avoir sa carte de membre.

A la question du journaliste, si oui ou non ils se présentent aux élections présidentielles voilà ce qu'il répond:

"Il va de soi que l'un de nos principes fondamentaux est de participer aux prochains rendez-vous électoraux et le congrès fera en sorte de fournir une plate-forme initiale qui fera la démonstration de la qualité de notre participation."

Ce qui intéresse nos écolos, ce n'est pas tant les élections, que la démonstration de la qualité de leur prestation. C'est le show qui les intéresse vous dis-je. Nous avons affaire à de véritables comiques!

Et le journaliste de lui lancer cette provoque:" Que répondez-vous à ceux qui vous accusent d'être un parti décor? "(comme quoi il peut arriver à nos journalistes d'oser). Je retiens de sa réponse ce fragment qui résume à peu près tout:

"Nous sommes un parti insensible aux tentations du pouvoir politique, aux slogans dénonciateurs, à l'opposition pour l'opposition tout comme au marketing politique dont la finalité n'est autre que le service des intérêts personnels. Nous approuvons les mesures, les décisions et les programmes qui servent l'intérêt suprême de la nation et qui répondent aux revendications des citoyens de tout horizon et catégorie, comme nous soulevons nos critiques lorsque nous diagnostiquons une quelconque forme de déséquilibre ou nous observons des lacunes tant au niveau politique, économique, éducationnel, ou surtout écologique et environnemental"

Ce monsieur assume pleinement sa fonction de potiche puisqu'il dit approuver les mesures et les décisions du gouvernement. Ses réserves ne sont que des "diagnostics d'une forme de déséquilibre" mais surtout pas une opposition, ce mot lui fait peur. Que diable cette opposition! Ce n'est qu'un slogan, une tentation, un marketing au service des vils intérêts personnels! Que Dieu nous épargne de ce péché!

Je vous pose mes amis cette question: si l'opposition c'est péché, alors pourquoi fonder des partis?
La réponse nous la connaissons. Il n'est nul besoin de la rappeler.

Je finirai sur Zembra. Parions que notre tibétaine n'aura même pas droit à une virgule dans le diagnostic de nos verts.
En revanche, réjouissons nous qu'elle figure en première page du manifeste de jeunes tunisiens qui sur facebook se multiplient de jour en jour pour s'opposer à son bétonnage. Oui, ils s'y opposent ! non pas pour le pouvoir, encore moins pour leurs intérêts personnels. Ils s'y opposent au nom de la Tunisie, mais surtout au nom de tout ce dont notre passage sur la planète nous recommande de protéger.
( Excusez-moi cette petite envolée lyrique qui j'espère vole un peu plus haut que leurs petits shows tragicomiques)

Ce serait injuste de clore cet article sans rappeler l'existence d'un autre parti écologiste tunisien qui s'appelle "Tunisie Verte". A la différence du PVP, le TV n'a pas eu sa licence parce que sa prestation et son jeu n'étaient pas à la hauteur du Grand Théâtre National de la République Tunisienne.