Dans la rubrique du courrier des lecteurs de la Presse, il peut arriver que des citoyens expriment leur colère.
Quand cela arrive, ces citoyens sont souvent issus d'El Menzah et les sujets sensibles qu'ils traitent concernent comme par hasard ... El Menzah!
Après celui qui se plaignait des rongeurs (ici) un autre Menzahois qui ne m'a pas échappé, s'insurge cette fois contre les restes non débarrassés d'un chantier de trottoirs à El Menzah 5. Pour lui le spectacle est affligeant.
Il se révolte aussi contre l'absence de l'équipe téléphonique qui devait "revenir pour achever les travaux de remise du sable et pierres et nettoyer l’endroit" à l'angle de la rue de Gafsa (notez bien le nom de la rue!)
Il conclut par cette complainte émouvante "un spectacle désolant!"

Vous me direz qu'il n'y a rien d'étonnant que ce monsieur s'exprime sur un sujet qui le concerne directement. Après tout, lorsqu'on a une belle maison, une belle voiture, quoi de plus naturel que d'exiger une belle rue propre qui va avec le reste. Qui d'autre que lui peut défendre ce qui a lieu juste à côté de lui?
Ce n'est pas un habitant de Redeyef ou de Gafsa qui ira revendiquer à sa place ce droit légitime de vivre dans un quartier joli et propre... de la même manière que lui non plus n'ira écrire dans la presse pour le nettoyage de chantiers de trottoirs de Redeyef ( pour cela il faudrait déjà qu'il s'assure de l'existance de chantiers de trottoirs, si trottoirs il y a...mais ça c'est une autre histoire)
Car dans notre pays, chacun pour soi, et tous pour Un.

Et pourtant, notre Menzehois qui s'est mis écrire à dans la Presse (dont il se dit être un assidu lecteur) devrait allier à sa cause des gens du sud.  En effet, Le drame qui traumatise sa petite vie de bourgeois a certes lieu à El Menzeh, mais à la rue de Gafsa comme il le dit lui même!
Je suis persuadé que nos jeunes chômeurs du sud en défendant la rue de Gafsa d'El Menzah trouveront, grâce à notre Menzahois, une occasion d'exprimer enfin leurs revendications sociales !!

La morale de cette petite histoire, c'est que tout simplement, La liberté d'expression du tunisien, s'arrête là où s'achève son trottoir... s'il habite à El Menzah biensûr.

source:
http://www.lapresse.tn/index.php?opt=15&categ=3&news=74807