02 avril 2012
Les blessés de la Révolution!
A une semaine de la fête des martyrs, se pose en Tunisie la question des martyrs de la révolution. Épineuse question celle du jour et de l'heure où la mort par balle fait de sa victime un martyr ou pas. Plus épineuse encore la question des blessés de la révolution. Eux au moins ils sont vivants et réclament leur dû. Mais tout un commerce de la martyrologie émerge ces derniers jours au détriment de ceux qui furent les réels héros de la révolution...

Heureusement que le tissu associatif contribue aussi à alléger la peine de certains...

Malheureusement, les vrais blessés, les vértibales héros de la Révolution, sont le plus souvent oubliés et croupissent loin de l'attention et du respect de tous...

Commentaires sur Les blessés de la Révolution!
- Allah yar7amhom EchouhadasLe sang a coule sinon ben ali serait encore a Carthage. Les familles des Martyrs et des Blesses meritent toute l'attention du Peuple Tunisien. A partir de la, les rcdistes et les oportunistes essayeront de semer la zizanie en bafouant les compensations par n'importe quel moyen. Ce sont des anciennes methodes qui ne reussiront pas en ce temps ou la democratie commence a bourgeonner en terre de Tunisie.
- @tous@Riadh !! voilà un revenant. Mar7ba bik
@Arnouba: toujours heureux de voir tes commentaires ici.
@Athena: t où?
@BoB: t où?
@Libre enfin: t où?
@tun68: t où ?
Vous faites un sit-in ou quoi??
Je déprime depuis que Facebook m'a coupé provisoirement mon compte à cause des nombreuses dénonciations des zaballahistes. Zuckerberg me réclame ma carte d'identité. Je joue sur mes contacts auprès de la CIA, du parlement européen et mes potes francs maçons pour qu'ils me débloquent la situation :p
sinon, faute de pouvoir le faire sur mon mur facebook, je mets ici mon entretien avec charb enregistré juste après la conf que j'ai eu avec lui la semaine dernière à Rennes...
http://rcr.me/?p=322 - mode calimero ONbah non, je boude c'est tout!
Bob est parti en vacances au machu picchu et m'a laissé les clés du placard à archives! jme perds dans ces tonnes de documents pourris d'une odeur mauvéabonde!
libre enfin n'a toujours pas allumé son anti-brouillard
Arnouba semble être sorti indemne
tun 68 pas de nouvelles (bonnes nouvelles?) - Tjrs présent, meanwhile...wallahi j'ai cru que vous êtiez tous sortis chercher des oeufs au chocolat. Me voilè rassuré. Entre-temps, avons nous raté cette nouvelle?
http://bit.ly/I6cDgo
Comme quoi, plus ca change... - @Z, je suis désolé pour le threadjack, mais je ne peux pas ne pas réagir sur l'entretien: "la dictature c'est le capitalisme" et "le capitalisme a fait plus de morts que le stalinisme", c'est un peu "over the top" non?
Dans sa définition la plus simple, le capitalisme est un « régime économique dans lequel les moyens de production sont propriété privée » (Acad. F). Sommes nous contre le droit à la propriété?
Il faut aussi y ajouter d'après moi, "le droit de mettre ses avoirs, ses capitaux, au travail et en récolter les fruits en forme de rendement." Somme nous contre le droit à l'investissement, et le droit au rendement sur cet investissement?
Le mal du régime Ben Ali est qu'il a créé cet amalgame, entre libéralisme FMI et corruption. Un capitalisme qui fonctionne nécessite la transparence et un état de droit, autrement nous serons dans une économie de rentiers corrompue qui ne bénéficie qu'aux "initiés" (aux dépens des "outsiders"). Quand l'etat privatise des entreprises publiques, c'est une monétisation des avoirs publiques au bénéfice du "public". Si les avoirs sont vendues à un prix d'amis à certains initiés (ex: Russie), c'est un vol de bien public en faveur d'une minorité. La corruption n'est pas la vente des bien, mais le manque de transparence, le manque de compétition du processus. Ce n'est plus du capitalisme, c'est du favoritisme.
Le pétrole et le Dollar des Saoudiens n'a rien à voir avec le capitalisme. le KSA est l'exemple typique d'une économie de rentiers (sans parler du "modèle" élargi de la société.
Pour finir, nous parlons tous d'une relance de l'économie. Elle viendrait d'où si nous n'avons pas de capitalistes et un système capitalise? càd des gens qui veulent mettre leur argent au travail (et le risquer), et un système qui leur garantit le droit de jouir du rendement (pour des projets gagnants)... - TunisimiaAthéna se trompe. J'ai allumé tous les feux, mais même des xenon ne permettent pas de distinguer quoique ce soit dans ce hammam! J'entends partout parler de la Tsie en laboratoire de la vision US d'un nouveau Grand Moyen orient. Laboratoire, elle l'est, sans doute, mais d'un tout autre genre. Celui d'une mutation génétique qui marquera l'histoire de l'évolution et de l'espece. Dans un avenir pas si lointain, quand l'homme aura retrouvé sa condition de primate, les visiteurs du musée de l'Homme sur la planete des singes se verrons expliquer par le guide que la régression a été amorcée par les tunisiens exposés dans la vitrine centrale. Les Moncef Ben Salem, Tahar Hmila, A. Ayadi, Panda, Aboulabeba Salem, Machin Labiyadh, Guirat, Raja Hadj Machin et j'en passe. Il vous rappelera qu'ils étaient tous douktour et oustadh, ce qui explique la rapidité de leur évolution vers le statut d'hybrides. Il vous dira que c'est la raison pour laquelle le comité des chefs des primates a décidé d'interdire l'enseignement dans l'espoir d'amorcer un redressement. Il vous précisera que les nombreuses théories sur l'acte initial qui aurait déclenché cet emballement viennent d'être définitivement invalidées. Ça n'est donc pas la copulation entre Panda et Ben Salem, ni les ébats entre Tahar Hmila et la pulpeuse Raja qui ont lancé la machine infernale. Mais bien ceux entre ZABA et Ghannouchi. Ils vous dira enfin qu'avec un tout petit peu de bon sens les décennies d'études pour arriver a ce constat auraient pu être écourtées. En effet, l'un n'avait-il pas déja tout du gorille et l'autre tout du bonobo? Mais on n'est pas primate pour rien!!
Sinon, pour devenir sérieux, Il me semble que la situation se décante et permet de tirer un certain nombre d'enseignements (et de rebondir sur un échantillon des derniers échanges sur ce blog).
1. L'un des grands problemes du tunisien est qu'il s'intéresse peu a l'Histoire. Il essaye de se rattraper sur la géo, avec brio comme vous l'avez certainement remarqué, mais ceci reste un palliatif insuffisant. C'est parce que nous ignorons l'Histoire que nous nous retrouvons projetés 55 ans en arriere pour revivre la genese de la République et les soubresauts qui l'ont accompagné et suivi. Pour ceux qui s'y aventurent, je voudrais préciser que Youssef ben Salah n'était pas l'homme du peuple et le porteur de l'étendard de la réligion face a un Bourguiba mtouren et laique. C'est peut ëtre même l'inverse qui serait plus vrai. Et c'est la peut être la faute originelle de cet Homme d'exception que fut Bourguiba: l'alchimie toute en nuances qu'il voulait entre réligion et État civil n'est pas sûre de tenir encore bien longtemps, pour la simple raison qu'elle était justement tout en nuances et qu'il a omis de bâtir le socle démocratique qui aurait pu la solidifier et la protéger. La, aussi, est le tragique de ce géant d'exception, qui a réussi l'important mais a échoué sur l'essentiel. Et pour ceux, comme Athéna, qui rappellent a nos souvenirs les putchistes de 62, disons, avec le respect dû aux morts, que nous savons bien entre-temps le paradis sur terre que leurs camarades ont su créer en Algérie, en Lybie, au Yemen, au Soudan, en Egypte, en Irak et ailleurs. Rappelons, aussi, que le seul parmis ces putschistes qui fut épargné, nous le recherchons aujourd'hui. Moncef Materi, le pere du gendre.
2. Le deuxieme grand fléau de notre pays nous est tellement particulier que je peine a traduire le vocable tunisien qui le décrit: ett7in. Partout ailleurs, les âmes s'égarent et commettent l'irréparable. Partout ailleurs, la vaste majorité de ceux qui se sont égarés ont lau moins a décense de la boucler et de se faire oublier. Une minorité, les plus braves, sauve son honneur en se tirant une balle dans la tête. Chez nous, ett7in ne commande pas seulement de ne pas se faire oublier, mais de tourner carrément la veste autant de fois que nécessaire. Sur une population de 10M, nous comptons bien 2M de Samir El Wafi et zéro de suicidés par balle pour sauver l'honneur. Parce que la sociologie tunisenne est ainsi faite, et que les Hommes et les réseaux se recoupent quand ils ne sont pas les mêmes, point besoin d'être prophete pour voir dans la binaire bleue-mauve (matiné du rouge destourien) qui se dessine notre destin pour l'avenir prévisible.
3. De ces deux alternatives, Ennahdha a pour l'instant les meilleurs cartes en main, mais doit d'un côté affronter un test majeur, et de l'autre opérer des choix qui, comme on dit, will make it or break it.
Le test majeur est l'économie. La mouvance intégriste -et ses satellites mystiques- n'est pas faite pour gérer une épicerie, et en plus le climat qu'elle a réussi a instaurer dans le pays n'est pas franchement propice a la confiance et aux affaires. La conclusion qui s'impose de soi est qu'elle est strictement incapable de relever l'économie aujourd'hui comme demain, et ne pourra donc qu'actionner la planche a billet pour s'acheter du temps. D'ou d'ailleurs sa volonté quasi-hystérique de controler la BCT, qu'elle finira par obtenir.
Le choix vital qu'Ennahdha doit faire concerne sa relation avec les salafistes et l'impact de cette démarche sur les troupeaux. Ennahdha a joué sournoisement du facteur salafiste et aurait sans doute aimé poursuivre sur ce chemin. Je crains, cependant qu'un évenement exogene passé inaperçu ne vienne sonner la fin de la recréation (pour paraphraser le pere -par insémination artificielle- de la Révolution). Il s'agit de la prise du nord du Mali par les franchises d'Al Qaida et l'instauration d'un nouveau Afghanistan qui pourrait faire la jonction avec les maquis déja présents en Afrique du nord et les mini-émirats lybiens, et que ni les US, ni la France, ni, a fortiori, l'Algérie ne sauront tolérer. Gageons qu'Ennahdha fera le choix de se séparer de ses salafistes. La question qui se pose alors, et sur laquelle il est hasardeux de se prononcer, est will this make it or break it? Je penche pour break it, mais ceci traduit peut ^tre plus mon envie qu'autre chose.
4. Ou est-ce que tout cela nous amene-t-il? A mon sens, a la conclusion qu'une alternative progressiste et laique n'est pas plausible en Tunisie pour l'avenir prévisible. Non seulement a cause de l'absence même dans les faits d'une force politique crédible qui pourrait porter ces idéaux, mais aussi et surtout parce que Ennahdha, dans ce qui est sans doute sa plus grande réussite, est parvenue a diaboliser l'idée même. A tel point, en effet, que nous on sommes venus a vivre comme une délivrance la décision d'Ennahdha de nous concéder l'article premier de la Constitution de 59!! A la conclusion ensuite que le choix que nous avons est entre les intégristes et une force centriste qui reste a définir mais qui sera sans doute a forte coloration RCD-light et Destour. Il me semble que la était la teneur du post de TUN-68 qui, il me semble encore, a déja fait son choix. Comme lui, je sais le choix que je n'accepterai jamais. Contrairement a lui, j'ai d'énormes difficultés a me resoudre au seul choix qui reste. - Mella kobbi ya Libre Enfin...Malheureusement, vos analyses sont, comme d'habitude, éloquentes, pertinentes et correctes
http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/04/06/la-tunisie-des-lumieres-se-bat_1681817_3232.html - Hadj MoussaMerci Arnouba de me redonner l'opportunité d'apporter une correction et de rebondir sur un point complémentaire.
Il fallait lire Salah ben Youssef....quoique Moussa El Hadj....
Le probleme a mon sens c'est que les deux alternatives sont en dehors du temps. La seconde, parce qu'elle n'y est jamais rentrée. Et la 1ere parce que, même si elle procede d'une vision avant-gardiste pour son espace et son temps et d'un intellect absolument peu commun, part de l'hypothese d'un Etat paternaliste qui porte en lui même les germes d'une dérive inéluctable.
Le point complémentaire procede de la position sur le capitalisme exprimée par Z dans son interview avec Charb. Oui, le capitalisme, surtout quand il est financier ou de bazard, n'est pas exempt de tares. Le probleme est que l'alternative ne marche que quand les resources sont illimitées. Tant que ceci n'est pas le cas (les seules exceptions étant a ma connaissance le Paradis ou Chez Bahri), l'égalitarisme dans la production et la consommation reste une illusion. Prenons un exemple concret pour illustrer la problématique: Quand la pulpeuse Raja Hadj Mansour existe en nombre illimitée, aucun probleme. Chacun pourra avoir sa Raja en dizaines d'exemplaires s'il le souhaite. Mais comme nous n'avons qu'une Raja et qu'elle est désirée par tout le monde, il y'a probleme. La situation devient plus grave quand, en plus, c'est l'Etat qui gere l'offre et la demande de Raja. En un rien de temps, vous aurez des Raja manchot, des Raja avec 3 levres, des Raja avec la bouche sous l'aiselle, etc...; alors que le chef se tape en cantamini la Raja originale. La situation devient proprement alarmante quand c'est l'Etat intégriste qui gere. - Absurd reality check...Alors que le New York Times s'amuse au tourisme de bisounours, qui nous rappelle l'époque de l'agence tunisienne de communication extérieure (hey, moi aussi je voudrais que ce soit peace and love!)...
http://travel.nytimes.com/2012/04/08/travel/tunisia-after-the-revolution.html
...la réalité d'aujourd'hui est bien triste
http://www.lepoint.fr/monde/j-ai-ete-frappee-par-les-policiers-tunisiens-09-04-2012-1449822_24.php
Et Raja va nous dire que ce sont des mensonges qui nuisent à l'image du pays?
J'imagine la joie des flicos qui peuvent se défouler comme dans le temps...
Et s'il n'y avait pas de héros ?
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