Préparons notre sortie définitive du religieux
Ce qui après la révolution du 14 Janvier aurait dû déboucher sur une révolution économique et culturelle, débouche aujourd'hui sur un minable repli identitaire et religieux. Beaucoup s'accordent à dire que cette déviation de la dite révolution n'est ni spontanée ni naturelle. Ce dérapage serait le fruit d'un complot islamiste qui use de manière déloyale du sentiment religieux à des fins politiques. Certains y voient la main d'anciens RCDistes qui usent du salafisme pour instaurer un climat de peur propice à l'avènement d'une nouvelle dictature. D'autres encore y lisent les signes d'un projet plus global de wahabisation du monde arabe orchestré par l'Arabie Saoudite et ses maîtres américains et sionistes. Ces analyses se complètent et nous décrivent peut-être un aspect de la réalité. Toutes cependant considèrent que le sentiment religieux n'est qu'une simple carotte injustement instrumentalisés par des mains malveillantes. Le fait religieux lui-même et son emprise sur les mentalités n'a rien à voir avec cette instrumentalisation puisque l'Islam est une religion de paix. La Tunisie, rappelle-t-on, est un pays où la pratique de cette religion ne fut que modérée et ce depuis 14 siècles.
C'est contre cette thèse largement répandue et qui commence à devenir ridicule que j'ai esquissé cet essai à l'heure de la sieste quand autour de moi ronfle le quartier. Je dis bien ridicule car nos villes puent et nos ordures sont devenues les seules expressions de liberté dans l'espace pubic. Une simple promenade dans n'importe quelle rue de la Tunisie suffit à démontrer que ce modèle arabo-musulman auquel s'accrochent toutes nos écoles de pensée, des plus progressistes aux plus orthodoxes a définitivement échoué.
J'affirme donc ceci: le dogme religieux -largement entretenu par une tradition archaïque, par un système éducatif lâche et par une élite complaisante-, est la raison première de la fragilité, crédulité et servilité de notre société.

Abolissons définitivement le dogme religieux
Entre les poubelles qui envahissent nos villes et le dogme religieux, vous me direz: quel rapport ? Il s'agit pour moi d'expliquer que la rue, incarnation physique de la sphère publique, ne peut plus aujourd'hui être gouvernée par un système intégrant dans sa matrice un corpus métaphysique. Le soucis avec ce corpus bâti sur 1433 ans d'approximations, est que n'importe quel gugus, groupe, parti, ou mouvement peut prétendre en être le légitime dépositaire. Pour peu qu'il détienne les arguments financiers, politiques ou symboliques nécessaires. Pour peu qu'il profite d'un contexte de crise, de guerre, de misère intellectuelle ou économique, et sa légitimité sera toute faite. Qu'il se dise modéré ou salafiste, qu'il appartienne à telle école juridique ou à tel mouvement politique, il n'incarnera en définitive qu'une énième variation autour du même thème.
-Le thème étant: le dogme religieux, où la question de l'existance d'Allah, et de l'universalité de son message -Le Coran- demeurent indiscutables.
-Les variations étant: les degrés d'applicabilité de ce message dans la sphère publique.
L'islam modéré ou le compromis mou

La doctrine bourguibiste de l'islam modéré consiste à réformer la religion de l'intérieur (par l'"ijtihed") sans toucher au dogme. Il s'agit d'une stratégie de domestication du religieux qui continue à faire florès parmi notre élite. Cette politique montre ses limites. Nous le constatons avec acuité et évidence à chaque situation de crise. Ainsi, comme nous l'observons aujourd'hui, le maintien du dogme dans un contexte social sinistré intellectuellement et économiquement rend doublement exposée la classe populaire aux sirènes d'un Islam dur. Cet Islam quoiqu'on en dise est plus sensuel, folklorique, et riche de sens même s'il est importé d'ailleurs. Les moyens déployés à sa diffusion sont des plus modernes et sophistiqués. Certainement plus que la propagande d'un islam modéré (et donc policé et fliqué) que défendent les Bourguiba, Ben Ali et les prochains qui les suivront. On est même porté à croire que l'Islam modéré ne peut vivre qu'en agitant l'épouvantail de l'Islam dur. Il ne lui résistera donc que par le bâton. l'Histoire en témoigne. L'islam "Bis" des frères, des ghannouchi & co n'en est guère différent. Il intègre juste un supplément de bigoterie wahabite qui, pour une certaine élite occidentalisée, semble déjà extrêmement excessif au point de lui faire regretter le bâton de son Islam dit modéré. Bref, tous sans exception, des plus modérés aux plus extrémistes, tiennent à leur dogme religieux comme on tient par une mystérieuse superstition aux bijoux d'une grand-mère défunte. *
Le dogme religieux: fétichisme qui vampirise tout débat politique
Ce fétichisme explique à lui seul une grande partie de nos blocages politiques. Ce qui à une époque fut certainement moteur de civilisation (les premiers temps de la conquête islamique) devient aujourd'hui source de blocage politique et un frein flagrant à tout débat constructif. Il agit comme un virus qui vampirise tout débat rationnel sur notre vivre ensemble. Il agit comme un moyen d'ex-communication usé à volonté contre ceux qui ne montrent pas assez de zèle quant à leur attachement au dogme - Moyen détourné en réalité, pour disqualifier les opposants politiques. Il agit comme un outil de sacralisation des hauts dignitaires. Ainsi voit-on aujourd'hui comment certains acteurs politiques comme Ghannouchi érigent progressivement autour de leur personne un culte et ce au nom de leur prétendue légitimité religieuse. Cette pieuse immunité dont bénéficient ces personnages n'a pas commencé avec nos islamistes d'aujourd'hui. Elle s'appliquait déjà sous Ben Ali et Bourguiba, et on la voit atteindre son paroxysme au Maroc et dans toutes les monarchies pétrolières du Golfe.
Feuille de route pour une nécessaire révolution culturelle
Les intellectuels, les penseurs et les artistes doivent amorcer dès aujourd'hui la guerre contre l'hégémonie du dogme religieux et son succédané: l'islam modéré. Je ne parle pas encore du rôle des politiques, car je ne me fais guère d'illusion: ce combat ne deviendra politique qu'après que le terrain ait été préparé par la révolution culturelle. Cela prendra 50 ans ou plus. Mais ce processus est inéluctable. Soyons bien clairs. Il ne s'agit pas ici d'une guerre fascisante contre la religion ou la foi. Il ne s'agit pas de faire table rase d'un patrimoine culturel de 14 siècles, mais de rompre définitivement le cordon ombilical entre le sacré et la sphère publique. Une violence symbolique est nécessaire à cet effet. Il s'agit d'un mal nécessaire pour atteindre la sécularisation totale de l'espace pubic.
-Cette guerre doit se manifester par l'écriture, la caricature, l'art, le théâtre et le Cinéma. Elle refusera tout débat avec les religieux de manière générale, car ils nous traineront toujour dans la boue. L'exemple de Youssef Seddiq et d'autres qui se sont aventurés dans leurs marécages l'illustre parfaitement. C'est comme tenter de débattre à l'époque de ZABA avec un mauve.
-Cette guerre ne se jouera pas à la Marsa, à Carthage ni à Sidi Bou. Elle commencera à partir de l'arrière pays et sera couplée avec les luttes sociales des régions sinistrées. Son seul objectif étant d'armer les plus fragiles de nos compatriotes à user d'un esprit critique vis à vis du divin, du politique et de toute forme d'autorité légitimée par le sacré. Un parti politique prendra le relais quand cette dynamique sera lancée. Il révolutionnera le système éducatif en remplaçant les cours d'éducation religieuse par l'histoire politique et sociale de l'Islam rayant à jamais de nos manuels scolaires tous les contes à la baba Mohamed-Noël qui ont bercé notre enfance.
-Quand ce processus arrivera à terme, les prochains Ghannouchi et compagnie, seront aussi comiques que les Paco Rabanne, raëliens, scientologues et autres extraterrestres.
-Quand ce processus arrivera à terme, le maire d'une municipalité ne sera plus désigné en fonction de son islamité ou de son adhésion au dogme, mais en fonction du programme contre l'invasion des ordures et son organisation efficace de l'espace public.
-Quand ce processus arrivera à terme le seul blasphème punissable par la loi sera le dépôt sur la voie publique d'ordures ou de déchets. Sera assimilée à une atteinte au sacré toute forme de détournement de fonds publics ou de vandalisme contre un équipement urbain, école, hôpital ou université. La police aura enfin autre chose à faire que de surveiller la taille des jupes, la virginité des jeunes filles, ou le menu des resto de Ramadan.
-Quand ce processus arrivera à terme, peut-être enfin entamerons nous sérieusement les vrais débats de société.
Rendez-vous dans 50 ans!
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* Voici une illustration de l'hypocrisie de l'Islam modéré: Mohsen Marzouk, dirigeant à Nida’ Tounes (parti se revendiquant d'un islam modéré) a affirmé à l'agence TAP « l'existence de concertations entre le parti et des composantes de mouvements islamistes [...]cherchant à rejoindre Nida’ Tounes ». Preuve que l'islamisme et l'Islam modéré ne sont que des vases communiquants qui usent mutuellement de leurs réserves respectives en fonction de la conjoncture politique (voir l'article paru dans www.businessnews.com.tn le 24/08/2012)
PS: Je suis encore puni par Facebook. Je prie donc mes fidèles lecteurs de bien vouloir partager une enième fois avec moi cet article et les images qui vont avec (celle-ci et celle-là). Ainsi ferons-nous chier ensemble les zaballahistes et tous les coincés du cul...
Commentaires sur Préparons notre sortie définitive du religieux
- @ Zj'ai bien aimé l'article en général, j'ai trouvé ta feuille de route par contre irréel, illusoire et optimiste! on dirais que tu parles d'une autre société ... bannir la religion est juste impossible par force ou par la culture ! de
mon point de vue, le problème n'est pas que culturelle , c'est un problème de valeur avant et après tout ! el tounsi eb siffa 3ama imout 3ala eli 9a3ed fi el koursi, i7eb iou5roj lil chare3 i9olo nefdik, hiwayetou iemchi isafa9 fi el ejtima3at w omnitou el ghaleya ia3melou radh3a!ma ihemouch barcha chkooun eli fi el koursi, w echnow 5alfitou, echnowa programou etc... 7outlo islami tawa iji m3ah, 7otlo wa7ed mgawech wala eli et7eb tawa iou5roj i9olo bel rou7 bel dam nefdik !! 7assilou ena netsawer w 7asseb mo5i lemnayek w, 7asseb zeda 9era2ti lil nafseya mta3 el tounsi eli loukan n7outolo malek intouchable , une famille royale , ihezelha et7in lil sbe7 w etwali el 7okoma te5dem selon les programmes w tetna7a a3leha el 9adessa w iet7asseb eli lazmou iet7asseb w ki ioughlot man3awdouloch etc... sinon zeda n7eb narja3 lil article mta3ek mich indhakrek eli 50 essna fi 7yet cha3eb rahi a7keya fergha etbadlou économiquement , socialement etc... ama etbi3a rahi to93ed hya hya ! zeda raho les produits culturelles eli 7arbet el din mawjouda min 1400 fi el mojtama3et el 3arabeya w el mouselma , mahech 7aja ne9sa ! ama juste a3mel talla 3alla eli sar feli 3amlouha
- Religion et ProgrèsUne phrase m'a vraiment interpellé dans ton billet :
" Ce qui à une époque fut certainement moteur de civilisation (les premiers temps de la conquête islamique) devient aujourd'hui source de blocage politique et un frein flagrant à tout débat constructif."
Et je rajouterai même: que ce moteur d'antan devient aujourd'hui redoutable frein au progrès.
Ceci résume le mal arabo-musulman du siècle (il y'a eu aussi des antécédents, exemple : l'Andalousie sous les Almohades). L'islam politique doit son existence principalement à ce filon : la nostalgie des grandes conquêtes parties depuis la péninsule arabique. De quoi faire d'un modèle de société vieux d'un millénaire et demi une voie du salut.
Avec notre quotidien macabre et arriéré il est d'autant plus facile de croire que réitérer les succès d'hier passe par l'instauration des valeurs religieuses d'hier ...
Le problème n'est pas la religion elle-même, mais sa projection grossière dans la sphère publique comme tu as l'air de dire. Une religion comporte en général deux volets : un volet personnel (rites, prières etc.) et un volet public ou social (la manière d'appréhender l'autre et de se comporter en société). Tout ce qu'il faudrait c'est que musulmans, chrétien ou juifs projettent sur la société uniquement le bon morceau.
Pour conclure j'en reviens à ce que Mohamed Abduh disait en rentrant d'Europe (19ème siècle) : "J'ai vu l'islam mais point de musulmans". L'islam social c'est la propreté de l'âme, du corps et de l'environnement, l'amour de son prochain et le respect de sa vie privé d'abord et c'est ce que nous musulmans d'aujourd'hui feignons d'oublier ... - La tentation utopiqueJe suis bien d'accord avec Yar7am bouk dans son commentaire mais je trouve aussi pas mal d'idées réalistes dans l'analyse de Z. Au fait je suis peut être voyant mais le chiffre des 50 ans est celui qui m'a interpellé le plus.
En résumé, notre pays qui a fait de l'ordre un symbole de son emblème est aujourd'hui totalement inexistant et c'est bien là le plus grand mal que subit tout le peuple tunisien, croyants comme pratiquants. Si la révolution a révélé par la suite un semblant de liberté ressenti partout sur le sol de la république, la justice elle se fait encore désirer et pour cause, l'Etat de droit n'est toujours pas restauré pour pouvoir s'appliquer et la constituante encore en gestation.
Donc à mon avis, c'est l'ordre dans tout et en tout qui fait défaut aujourd'hui à tous les tunisiens, d'où ce sentiment de frustration, d'amertume et souvent de ras le bol. Car l'une des exigences de la paix civile est, justement, le respect de l'ordre. Mais, vu tout ce qui se déroule actuellement sous nos yeux je suis affligé de jour en jour car ceux qui ont été élu ( provisoirement) ont complètement occulté cette valeur de notre république.
Pour quelle raison et pour qui bénéficie cette " fawdha" pour ne pas dire anarchie ? Je pense que tout cela est voulu et que les ficelles sont bien tirées par des spécialistes de la communication du "chaos" pour que la Tunisie fer de lance des révolutions arabes ne réussisse pas et tant que nous avons des antiquités de la politique qui s'acharnent à voler le pouvoir et la révolution nous n'avancerons pas.
Alors chers compatriotes, qui que vous soyez, si vous voulez servir le pays faites le avec vos propres moyens et gagnez la confiance de la majorité sans aucun opportunisme car plus personne n'est dupe et tout finit par se savoir un jour ou l'autre. CHANGEONS LES POLITIQUES ! - Bonjour
Voici un discours qui peut peut-être vous servir d'inspiration et aussi de source d'espoir. Car contrairement à ce que dis le 1er commentaire, je ne pense vraiment pas que tous ces projets vous soient inaccessibles!
C'est un discours à l'Assemblée Nationale française de Victor Hugo, qui date de 1850. Il s'oppose à une loi sur l'enseignement proposée par le parti clérical.
"Je m'adresse donc au parti clérical et je lui dis : Cette loi est votre loi. Je me défie de vous; instruire c'est construire ; je me défie de ce que vous construisez. Je ne veux pas vous confier l'enseignement de la jeunesse, l'âme des enfants, le développement des intelligences neuves qui s'ouvrent à la vie, l'esprit des générations nouvelles, c'est à dire l'avenir de la France. Je ne veux pas vous confier l'avenir de la France, parce que vous le confier, ce serait vous le livrer. Il ne me suffit pas que les générations nouvelles nous succèdent; je suis de ceux qui veulent qu'elles nous continuent.
Voilà pourquoi, hommes du parti clérical, je ne veux ni de votre main, ni de votre souffle sur elles ; je ne veux pas que ce qui a été fait par nos pères soit défait par vous. Après cette gloire, je ne veux pas de celle honte !
Votre loi est une loi qui a un masque. Elle dit une chose et elle en fait une autre. C'est une pensée d'asservissement qui prend les allures de la liberté ; c'est une confiscation intitulée donation. Je n'en veux pas. Du reste, c'est votre habitude : toutes les fois que vous forgez une chaîne vous dites : Voici une liberté. Toutes les fois que vous faites une proscription, vous criez : Voilà une amnistie.
Ah ! sur ce point, je suis pleinement de l'avis du vénérable évêque de Langres, je ne vous confonds pas, vous parti clérical, avec l'Eglise, pas plus que je ne confonds le gui avec le chêne. Vous êtes les parasites de l'Eglise, vous êtes la maladie de l'église.
Oui, vous êtes la maladie de l'Eglise ; Ignace est l'ennemi de Jésus. Vous êtes non les croyants, mais les sectaires d’une religion que vous ne comprenez pas.
Cessez de mêler l'Eglise à vos affaires, à vos stratégies, à vos combinaisons, à vos doctrines, à vos ambitions. Ne l'appelez pas votre mère pour en faire votre servante. Surtout ne l'identifiez pas avec vous ; voyez le mal que vous lui faites. M. l'évêque de Langres vous l'a signalé. Voyez comme elle dépérit depuis qu'elle vous a ! Vous vous faites si peu aimer que vous finiriez par la faire haïr. En vérité, je vous le dis, elle se passera fort bien de vous ; laissez-la en repos ; dès que vous n'y serez plus, on y viendra. Laissez-la cette vénérable Eglise, cette vénérable mère, dans sa solitude, dans son abnégation, dans son humilité, tout cela compose sa grandeur, sa solitude lui attirera la foule ; c'est son abnégation qui est sa puissance ; c'est son humilité qui est sa majesté.
Vous parlez de l'enseignement religieux ? L'enseignement religieux véritable, l'enseignement religieux suprême, celui devant lequel il faut se prosterner, celui qu'il ne faut pas troubler, le voici... C'est la sœur de charité au chevet du mourant; c'est le frère de la Merci rachetant l'esclave ; c'est Vincent de Paul ramassant l'enfant trouvé ; c'est l’évêque de Marseille au milieu des pestiférés ; c'est l'archevêque de Paris affrontant avec un sourire sublime le faubourg Saint-Antoine révolté, levant son crucifix au-dessus de la guerre civile et s'inquiétant peu de recevoir la mort, pourvu qu'il apporte la paix. Voilà le véritable enseignement religieux.
Voilà l'enseignement religieux réel, profond, efficace, universel, populaire, celui qui, heureusement pour l'humanité et pour la religion, fait encore plus de chrétiens que vous n'en défaites.
Ah ! nous vous connaissons. Nous connaissons le parti clérical ; c'est un parti ancien et qui a des états de services. (On rit à gauche.) C'est lui qui, depuis des siècles, garde jalousement, indiscrètement et fatalement la porte de l'Eglise. C'est lui qui a trouvé pour la vérité ces deux étais merveilleux : l'ignorance et l'erreur. (Rumeurs à droite.) C'est lui qui fait défense à la science et au génie d'aller au delà du missel, et qui veut cloîtrer la pensée dans le dogme. (Nouvelles rumeurs.) Tous les pas qu'a faits l'intelligence de l'Europe, elle les a faits sans lui et malgré lui. Son histoire est écrite dans l'histoire du progrès humain, mais au verso.
Il s'est opposé à tous. (Murmures.) C'est lui, c'est le parti clérical qui a fait battre de verges Prinelli pour avoir dit que les étoiles ne tomberaient pas. C'est lui qui a fait appliquer Campanella sept fois à la question pour avoir entrevu le secret de la création et affirmé que le nombre des mondes était infini. C'est lui qui a persécuté Harvey, pour avoir prouvé que le sang circulait. De par Josué, il a enfermé Galilée ; de par saint Paul, il a emprisonné Christophe Colomb. Découvrir la loi du ciel, c'était une impiété ; trouver un monde, c'était une hérésie. C'est lui, c'est le parti clérical, qui a anathématisé Pascal, au nom de la religion ; Montaigne, au nom de la morale ; Molière, au nom de la morale et de la religion. Oui, certes, qui que vous soyez, qui vous dites le parti catholique, et qui êtes le parti clérical, nous vous connaissons. Voilà longtemps déjà que la conscience humaine vous demande : Qu'est-ce que vous me voulez ? Voilà longtemps déjà que vous essayez de mettre un bâillon à l'esprit humain.
(...)
Voyons vos élèves, dis-je. Qu'est-ce que vous avez fait de l'Italie ? Qu'est-ce que vous avez fait de l'Espagne ? Depuis des siècles, vous tenez dans vos mains, à votre discrétion, à votre école, sous votre férule, ces deux grandes nations, illustres parmi les plus illustres. Qu'en avez-vous fait ? Je vais vous le dire. Grâce à vous, l'Italie, dont aucun homme qui pense ne peut plus prononcer le nom aujourd'hui qu'avec une inexprimable douleur filiale ; l'Italie, cette mère des nations et des génies, qui a répandu sur l'univers toutes les plus éblouissantes merveilles de la poésie et des arts ; l'Italie qui a appris à lire au genre humain ; l'Italie aujourd'hui ne sait pas lire ! (Approbation à gauche.)
Oui, de tous les Etats de l'Europe, l'Italie est celui où il y a le moins de natifs sachant lire.
L'Espagne, l'Espagne si magnifiquement dotée, qui avait reçu des Romains sa première civilisation, des Arabes sa seconde civilisation, de la Providence, et, malgré vous, un monde, l'Amérique ; l'Espagne a perdu, grâce à vous, grâce à votre joug d'abrutissement qui est un joug de dégradation et d'amoindrissement..... (Bravos à gauche) ; l'Espagne a perdu, grâce à vous, ce secret de la puissance qu'elle tenait des Romains, ce génie des arts qu'elle tenait des Arabes, ce monde qu'elle tenait de Dieu ; et en échange de tout ce que vous lui avez fait perdre, elle a reçu de vous l'inquisition.
(...)
A qui en voulez-vous donc? Je vais vous le dire. Vous en voulez, vous, membres du parti clérical, à la raison humaine. Pourquoi ? Parce qu'elle fait le jour.
Voulez-vous que je vous dise ce qui vous importune ? C'est cette énorme quantité de lumière libre que la France dégage depuis trois siècles, lumière toute faite de raison, lumière plus éclatante aujourd'hui que jamais, lumière qui fait de la nation française la nation éclairante, de telle sorte qu'on aperçoit la clarté de la France sur la face de tous les peuples de l'univers. Eh bien, cette clarté de la France, cette lumière libre, cette lumière directe, cette lumière qui ne vient pas de Rome, qui vient de Dieu, voilà ce que vous voulez éteindre, voilà ce que nous voulons conserver !
(...)
Eh bien, appuyé sur ce passé, sur ce passé tout récent, je vous le déclare, dans ma conviction, ce qu'il faut à la France, c'est l'ordre, mais l'ordre vivant, qui est le progrès ; ce qu'il faut à la France, c'est l'ordre, mais l'ordre vrai, qui résulte de l'éducation, de la croissance normale, paisible, naturelle du peuple ; c'est l'ordre sérieux, profond, se faisant à la fois dans les faits et dans les idées, par le plein rayonnement de l'intelligence nationale. C'est tout le contraire de votre loi.
Nous sommes plus d'un dans cette Assemblée, et le vote vous le prouvera, qui voulons pour ce noble pays la liberté et non la compression, le mouvement pacifique et non la stagnation, la puissance et non la servitude, la grandeur et non le néant. "
Voilà c'était un peu long (désolée!) mais vous pouvez voir dans le discours qu'à l'époque, le poids de l'Eglise était comparable en France au poids de l'islam chez vous aujourd'hui. Donc rien n'est impossible! Oui ça prend du temps, mais aujourd'hui avec toutes les nouvelles technologies de l'information ce qui a été accompli en des décennies au XIXe pourra peut-être se faire en une génération en Tunisie et ailleurs dans le Maghreb. Ayez confiance!! - -Z- leader maximoJe m'excuse de jouer le trouble fête et déranger une telle unanimité mais après tout ce site s'appelle bien 'débattunisie' alors:
1)Suivant ses convictions et ses choix idéologiques on peut privilégier une hypothèse ou une autre pour expliquer la situation du monde arabo-musulman(la religion en soi , la non-séparation de la religion et de la politique ,l'impérialisme , le complot de je ne sais qui ,la punition divine parce qu'il n'est pas sur la voie droite...), ceux qui partagent les mêmes convictions applaudissent et les autres disent que c'est complètement idiot...
2) Votre projet m'interpelle,il ressemble étrangement à ce qu'a tenté la Gauche Prolétarienne en France qui,cette organisation a envoyé ses militants maoïstes s'établir en usine pour "instruire et s'instruire de la classe ouvrière".Ceux qui ne connaissent pas cette histoire peuvent chercher sur internet avec "gauche prolétarienne" et "les établis".
Un petit livre sur le sujet. http://www.passion-bouquins.com/letabli-robert-linhart/
Dites-nous cher ami vous comptez abandonner votre travail pour se dévouer pour l'arrière pays ou envoyer les autres et rester au chaud comme l'ont fait les dirigeants de la gauche prolétarienne? Pour la petite l'histoire les dirigeants de la gauche prolétarienne ont décidé un beau jour de dissoudre l'organisation et laisser les militants à leurs sorts.
3)Là ou je vous rejoins un peu c'est qu'on semble tout faire pour ne pas aborder certains sujets dans cette nouvelle Tunisie , comme les conditions de l'accumulation du capital ( en clair comment les familles riches qui contrôlent l'économie tunisienne se sont remplies les poches et continuent à le faire) et de la répartition des revenus pour aider les misérables de l'arrière pays comme vous dites et ceux des grandes villes aussi , on se contente de quelques vagues déclarations et on sature l'espace médiatique avec des débats surréalistes sur l'utérus et la langue turque.
4) Je pense pour ma part, comme d'autres, que l'UGTT est la seule organisation capable de faire un contre-poids à la troïka dans la situation actuelle et c'est avec ses cadres régionaux qu'il faut commencer... - @HannibalBonjour Hannibal
Pour ce qui est des maoïstes en France, une petite recherche vous montrera que beaucoup d'entre eux sont passés ensuite à droite et au néo conservatisme, ce qui en dit long sur leur vision du monde. "Instruire et s'instruire de la classe ouvrière", ben voyons, si ça n'a pas un léger côté bon sauvage...Je ne pense pas qu'ils aient eu à un quelconque moment un véritable intérêt pour les besoins des ouvriers, il n'y a qu'à voir à quel point même la gauche actuelle est démunie face à eux depuis qu'ils se sont mis à voter à droite.
Cela dit, il est vrai qu'il est difficile de savoir comment bien s'y prendre pour faire émerger une conscience politique au sein de populations qui ne sont pas ou peu politisées. La priorité serait, je suppose, l'éducation. - "Cette guerre ne se jouera pas à la Marsa, à Carthage ni à Sidi Bou. Elle commencera à partir de l'arrière pays et sera couplée avec les luttes sociales des régions sinistrées." Eh ben c'est pas demain la veille. Ghazi el Beji de Mahdia condamné à 7 ans de prison pour atteinte au sacré n'a trouvé personne dans son bled, pourtant un peu moins pommé que d'autres, pour le soutenir. D'ailleurs plus les gens interrogés à son sujet sont bas dans l'échelle sociale, plus ils trouvent la sentence trop légère et réclament sa tète. C'est un constat.
- Cargo Cult@Bob & Karim Ben - effectivement, la peine de mort fût abolie en France contre la volonté de la majorité. Quelquepart, si je vais me faire opérer du coeur, je demande pas l'avis du public, je demande les soins d'un cardiologue chirurgien expérimenté et reconnu...
Dans un autre domain, mais restant dans le religieux, je vous invite à lire ceci - un texte court et stupéfiant:
http://www.sjsu.edu/faculty/watkins/cargocult.htm - On peut toujours trouver mieux@Arnouba
Les adorateurs de l'oignon.
C'est en 1929 que Frère Thomas reçut une révélation qui allait, pensait-il, bouleverser le monde : par l'abstinence sexuelle, voire la castration, l'homme restera éternellement jeune, à telle enseigne qu'il deviendra son propre enfant !
L'oignon se régénère d'année en année lorsque son germe est coupé, et il peut vivre éternellement : replanté la seconde année l'oignon monte en graines - on le castre en coupant la tige - il conserve sa graine qui le fait grossir - l'an suivant il germe, on le castre encore - empêché d'avoir des enfants l'oignon redevient enfant lui-même....
En fait il s'agit de castrer l'âme plutôt que le corps ( ! ) L'adepte doit cesser de se livrer aux vices : de la gourmandise, de l'alcoolisme, de la sexualité. Ainsi il ne périra point. Il doit prendre exemple sur l'oignon qui, effectivement, ne se goinfre pas, ne s'alcoolise pas, ne fait pas l'amour...
Si les hommes acceptent de ne plus éjaculer dans le réceptacle de la femme il seront réconciliés avec Dieu et gagneront la vie éternelle.
Quant aux hommes non mariés ils doivent, bien sûr, s'abstenir de le faire.....
Si le cœur vous en dit, et si vous voulez gagner le paradis, vous savez ce qu'il ne faut pas faire !
Et oui,on peut toujours trouver plus con !!
La connerie est la chose la mieux partagée au Monde ! - @ ArnoubaTa référence m'a fait tilt et j'ai eu tout de suite envie de te renvoyer à la superbe chanson de Serge Gainsbourg (je suis un fan inconditionnel de ce génie) dont le titre est justement Cargo culte. Il dit en entrée :
Je sais moi des sorciers qui invoquent les jets
Dans la jungle de Nouvelle-Guinée
Ils scrutent le zénith convoitant les guinées
Que leur rapporterait le pillage du fret
Sur la mer de corail au passage de cet
Appareil ces créatures non dénuées
De raison ces papous attendent des nuées
L´avarie du Viscount et celle du Comet
Et comme leur totem n´a jamais pu abattre
A leurs pieds ni Bœing ni même D.C. quatre
Ils rêvent de hijacks et d´accidents d´oiseaux
Ces naufrageurs naïfs armés de sarbacanes
Qui sacrifient ainsi au culte du cargo
En soufflant vers l´azur et les aéroplanes.
J'ai pensé aussi à un vieux documentaire génial Mondo Cane qui évoque le culte du cargo. C'est à voir, tu pourras le télécharger légalement (ou pas), c'est à voir.
Écoute Gainsbourg et je te dirai que ce culte a des points communs indéniables avec l'histoire passionnante ''Les adorateurs de l'oignon'' posté par al07, et le post de Z.
Le post de Z n'a pas fini de titiller nos méninges, la qualité des commentaires en témoignent !
http://www.youtube.com/watch?v=v8myiPb233E - adhésionAdhésion totale avec une petite remarque : Le travail de fond nécessaire à une révolution culturelle nécessite une clairvoyance totale quant à l'objectif. c-a-d la séparation du sacré et du profane, de la religion et de la politique (équivalent occidental de l'église et de l'Etat). La Révolution tunisienne est bien partie pour parvenir à cet objectif non déclaré, malgré les aléas du moment (nahdaouisme, salafisme, wahabisme et j'en passe...) car une révolution porte toujours en elle les germes du nouveau et non du REnouveau qui ferait référence à ce qui était déjà établi mais malmené à une certaine époque de l'histoire. Comme a répondu l'un des protagonistes de l'an 1 de la révolution en réponse à un salafiste :"Ce n'est pas vous qui avez fait la Révolution mais les chômeurs et les ivrognes!". Vous remarquerez que je ne suis pas du tout sceptique quant à l'avenir. Vous remarquerez aussi que j'appelle bien REVOLUTION ce qui s'est passé depuis le 17 décembre 2010 précédé 2 ans plus tôt par un début de révolution réprimée dans le sang et bien circonscrite à METLAOUI. Alors je peux vous garantir que nous n'attendrons pas 50 ans mais cela arrivera beaucoup plus tôt...
- Du culte du cargo......au Droit d'épave ou de bris.Le "culte du cargo",m'a irrésistiblement fait penser à une pratique qui a existé longtemps sur les côtes françaises....Et d'autres !
Le droit de bris ou d'épave....
Jusqu'au début des années 1600, le droit de bris, aussi appelé droit d'épave, de lagan, de varech,
"tout ce que l'eau aura bouté et jeté à la mer"...
Si ce droit était de pouvoir récupérer :"tout ce que l'eau aura bouté et jeté à la mer" naturellement,les habitants du littoral comprirent vite les avantages et les profits qu'ils pouvaient tirer de cette coutume....
Ainsi,les nuits de brouillards ou de tempêtes,ils allumaient des feux pour tromper les capitaines de navires et les attirer vers le rivage ou ils venaient s'échouer ou se fracasser.Après,hommes, femmes et enfants se précipitaient pour piller le navire s'il était échoué,ou pour ramasser tout ce que la mer rejetait au rivage.Souvent,les villageois métamorphosaient le pillage en fête bachique , et la plage en nouvel espace d'effervescence et de confrontation. A cet effet, on repérait toujours quelque baril de vin ou de bière pour célébrer ces moments dans l'ivresse....
Aux yeux des riverains, tout était bon à prendre. Même sur lest, un bateau échoué représentait une mine extraordinaire. Le bois, les ferrures, les cordages, les voiles, les instruments et accessoires multiples attisaient la convoitise directe des pilleurs.... certains s'aventuraient à fouiller cabines et recoins pour trouver des outils, des armes, des ustensiles variés, de l'alcool mais aussi et surtout de l'argent....
Les riverains n'hésitaient pas non plus à fouiller les cadavres pour y trouver quelques bijoux....Quitte a couper un doigt pour une bague ou des oreilles pour des boucles auriculaires...
Malgré plusieurs lois et actions de plus en plus répressives de l'amirauté et l'intervention de
prêtres au nom "de bonne vie et de bonne mœurs",
cette pratique coutumière perdura longtemps....
On s'éloigne un peu de la religion,mais le "culte du cargo" m'a rappelé cette pratique.
Et merci pour Gainsbarre ! - Des oignons et des hommes.Le culte du cargo a fait couler beaucoup d'encre et tout le monde le définit comme étant une pratique de pensée magique. C'est un culte que nous pratiquons pour échapper à l'angoisse des catastrophes. L'événement le plus angoissant étant la mort, la religion (et/ou les mythes) est le moyen le plus répandu qui prétend aider l'homme à dépasser cette angoisse. C'est une pratique magique qui échappe, au rationnel (Dieu existe, dieu a dit, point!) et que l'on pratique par mimétisme (il y a peu de chance de rencontrer un papou musulman!). c'est tellement commode et gratifiante, c'est la réponse à l'aphorisme « mieux vaut être dans l'erreur que dans l'incertitude ». Peu importe l'absence de preuve irréfutable, ''les pratiquants'' n'éprouvent aucun besoin de réfléchir sur le bien-fondé de leur cheminement, la preuve est simplement autoréférentielle ( le texte religieux lui même fait office de preuve universelle), comme l'explique avec brio et élégance Ben Achour dans son livre ''la deuxième Fatiha.
Les adorateurs de l'oignon, c'est l'illustration de l'histoire de l'enfant qui veut rester enfant, c'est le syndrome de Peter Pan. La castration physique ou morale (obéir au précepte de chasteté et ne plus éjaculer dans le réceptacle de la femme ) répond à la définition d'une pratique de pensée magique : ''empêché d'avoir des enfants l'oignon- ou l'homme- redevient enfant lui-même....'' .
Selon Dan Kikey la pensée magique est une des caractéristiques du syndrome de Peter Pan ( http://suite101.fr/article/le-syndrome-de-peter-pan-ces-hommes-qui-ont-refuse-de-grandir-a16613#ixzz25Ddzbwu ). Quand on voit la liste des troubles psychiques décrits par Dan Kikey et dont souffrent les Peter Pan en puissance (mais impuissants), ces ''adorateurs de l'oignon'', on se rend compte qu'il y a beaucoup d'oignon castrés dans notre société arabo-musulmane et qu'il y a beaucoup de ''Frère Thomas'' qui peuplent nos temples. Autrement dit notre société est par définition castratrice et nous, nous ne sommes pas mieux lotis que les habitants de la jungle de Nouvelle-Guinée, on construit des tours de contrôle en bois et on tire sur les comètes.
Comme ma fin ne m'angoisse pas, j'ai d'autres angoisses comme celle qui m'invite à sortir la plèbe de la jungle religieuse... sans l'aide de Dieu ! René Char disait « La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil ». Cette citation rapproche un peu plus la blessure du soleil et majore l'effet.
A partir ce jour celui qui me dira ''occupe-toi de tes oignons'' je penserai au Frère Tomas et son arrière-monde (je devrais dire arrière-boutique), mais surtout à al07 et son histoire enrichissante et plaisante. Merci. - Encore une histoire, STP!On peut s'éloigner de la religion sans regret pour écouter (je les écoute en les lisant) tes savoureuses histoires. Je les reçois comme un baril de grand vin qui échoue sur nos rivage sans bris de navire, et je bois jusqu’à l'ivresse. Je ne fais que suivre l'invitation de Baudelaire:''pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise (écoute Reggiani, le dire c'est magnifique: http://www.youtube.com/watch?v=3aIW0sWUpZs).
Avec toutes mes excuses pour Z, pour cet échange hors sujet.
J'avais envie de dire à Abdou '' que Dieu entende ta voix'', puis ta remarque m'a rabroué. je ravale mon prière qui n'est, pourtant, qu'une pensée résiduelle d'une époque ancienne, comme dirait... je ne sais plus quel psy. - The word is out, il était temps.
Cette évolution est inéluctable car dans le sens de l'Histoire. A terme, il ne peut y avoir d'exception arabe et musulmane et, parce que le monde est devenu un village, nous n'aurons pas à attendre 300 ans. Sauf que.
Je crains que la genèse de cette évolution ne viendra pas de la Tsie, ni, a fortiori, du Monde arabe. Rappelons à ce sujet que la suprématie du dogme dans le Monde arabe n'obéit pas toujours, comme semble le suggérer Z, à des considérations de réaction par rapport au déclin. La mère de tous les dogmes contemporains, le wahhabisme, ne s'est jamais posé comme précurseur d'une quelconque renaissance, mais comme un instrument de sauvegarde d'un modèle sociétal. Au contraire, très souvent même, le dogme a précédé le déclin. Il a toujours été le problème et jamais la solution.
L'évolution se fera, à mon sens, dans les confins de l'Europe, en Bosnie, au Kosovo, en Albanie et ailleurs, avec des peuples qui n'ont pas d'autre choix, soit de par leur brassage culturel, soit de par l'intérêt qu'ils ont a rejoindre l'UE, soit plus simplement de par leur statut de minorité. J’espère que l’Europe ne sera pas aveugle au point de se refermer dans un prétendu héritage judéo-chrétien, et qu’elle veillera à leur intégration dans l’espace commun avec les contraintes qui lui sont propres.
Viendront ensuite la Turquie et la Malaisie dans un statut intermédiaire, semblable a celui qu'occupaient la Grèce, Malte, l’Espagne, ou les pays d’Amérique latine il y'a 30 ans par rapport a l’Eglise (ou plutôt l’inverse).
Quant au Monde arabe, il y'a des pays qui émergeront à plus au moins long-terme. Le Liban sans doute et peut être même la Syrie, de par leur composition confessionnelle (mais à condition que l'environnement géopolitique le permette). Ensuite viendra la Tunisie loin derrière. Pourquoi? Parce que l'œuvre d'Ennahdha ne peut être sous-estimée, surtout si cette mouvance peut continuer à semer sa graine directement et indirectement à partir d'une position forte et de pouvoir pendant les quelques années à venir. L'exploit d'Ennahdha est semblable à celui des israéliens en face des palestiniens: imposer un rapport des forces dans lequel l'adversaire serait tout content d'accepter un règlement qu'il tenait pour une injustice inacceptable il n'y a pas si longtemps. Vous vous souvenez du débat sur la charia dans la constitution et du triomphe à la Pyrrhus de nos modernistes qui ont su imposer l'article 1er de la constitution de 59? Et bien, dans pas longtemps, nous oublierons toutes les injustices consacrées par le CSP, et vivrons sa sauvegarde en l'état comme un triomphe. Et ainsi de suite avec l'éducation, la justice, l'information et d'autres domaines. Quand tout cela sera fait, nous serons plus éloignés de la séparation du dogme et de l’Etat qu’au moment de l’indépendance. On appelle ça le progrès !!
Pour conclure, je dirais que la lutte contre l'obscurantisme ne peut se faire aujourd'hui en Tunisie qu'à partir du social, de la gouvernance et de la trahison des objectifs de la révolution. Toute opposition basée sur les valeurs morales comportementales et le dogme réligieux est vouée, d'avance, à l'échec. - De Baudelaire en bateaux ivres....Et oui ! Pardon à Z !!
De Baudelaire en bateaux ivres(Rimbaud)et de religion en beuveries,on à bien pourri son sujet!
Merci pour ce moment d'anthologie avec ce vieux
Serge,antifasciste de génie et un peu alcolo sur les bords.....Le talent à l'état pur !
Et pour finir,quand on te dira "occupes-toi de tes oignons",souviens toi que "oignon"en argot,
à une toute autre signification.....
Maintenant,rendons à César Z ce qui lui appartient
et souhaitons au Peuple Tunisien tous les bonheurs
du monde(Sur cette terre si possible!)loin des cons et des coincés du cul !
Haut les cœurs !! - l'espoirJe voudrais dire l'état d'enthousiasme dans lequel me met la qualité de ce blog et l'intelligence des remarques qu'il suscite. Je découvre la longue citation de Victor Hugo notamment, tellement d'actualité encore. Je suis enthousiasmé parce que pour un Français comme moi, qui a vécu de 8 à 13 ans cinq années en Tunisie qui l'ont marqué à vie, il est difficile d'exprimer une vision critique de ce pays sans se voir taxer plus ou moins de néocolonialisme. On se heurte aussitôt à une réaction défensive primaire qui tue le débat dans l'oeuf. C'est tout juste si un athée comme moi, dont aucun des enfants n'est baptisé n'est pas perçu comme un nouveau croisé. Et si je précise que je suis athée, c'est encore pire. Bref, on tourne en rond. J'ai passé trois mois en Tunisie de décembre à Mars 2011. J'y suis retourné un an plus tard pour trois mois encore. Bien entendu, je n'ai pas la prétention d'avoir fait le tour des choses, mais j'y ai fait nombre d'observations, dont l'une, très basique : des trois tabous de la société tunisienne, la politique, le sexe et la religion, seul le premier avait sauté, et les trois étant intimement liés, j'avais le sentiment que l'on risquait d'aller dans le mur. Le succés électoral des Nahdaouis ne m'a pas surpris. Pour autant, Je ne le considère pas comme définitif, contrairement à certains pessimistes européens qui expriment quelquefois une joie mauvaise de voir leurs préjugés confirmés.Quand je vous lis, je me dis que la raison est en marche, et que les rétrogrades, quels que soient leurs succés actuels ont du souci à se faire. Vive la Tunisie libre !
- Private SpiceLe plus grand acquis de la révolution c'est la liberté de pouvoir se regarder un porno tranquillement chez soi. La Tunisie est un pays sans envergure, avec une classe politique sans envergure, au milieu d'une région sans envergure, qui ne s'effondrera probablement pas mais ne progressera pas pour autant. La Tunisie est un pays de vivoteurs, un pays moyen et elle le restera. Avec le coup d'Etat de jasmin nous avons perdu l'hygiène et la propreté des plages mais gagné le porno.
- @Amilcar; comme disait ezzimigri de retour au pays arrêté par le douanier qui voulait confisquer ses dvd: "por no - por vo - por tot le monde..."
@al07; mli7a! certainement une inspiration pour The Onion ( http://www.theonion.com/ )
@Bob; merci mon ami
Et n'oublions pas; quand Ennahdha et Son Grand Bazar de l'ANC ne suffit plus pour nous faire rire, on peut toujours compter sur nos amis les italiens: http://www.theatlanticcities.com/politics/2012/08/week-bans-its-criminal-say-men-have-no-balls/2896/
Bon début de semaine à tous! - @AmilcarDire que la Tunisie (et là je parle des "10 millions" en moyenne) est un pays sans envergure tout comme sa classe politique (toujours en moyenne) ça je veux bien. Ce n'est peut-peut-être pas le cas de la région (et là je parle plus de ressources et de géostratégie) car elle est loin d'en manquer à mon goût ! Je n'arrête pas de faire un rêve modifié de Fellag où on ferait un échange de territoire entre coréens (ou chinois, japonais, malaisiens et puis merde alors pourquoi pas des israéliens !) et tunisiens. Sous un état d'esprit différent la région pourrait devenir un intermédiaire inévitable à toute collaboration entre rives nord et sud de Mare Nostrum et même plus du côté de l'Afrique sub-saharienne et du côté de la rive est ... Je crois même que les américains y verront un bel appel d'air à leur politique du marché pan-américain qui débouche sur une impasse ... Ce qui coince chez nous c'est l'état d'esprit gouverné par des éducations familiale et académique en faillite et c'est bien au niveau de la ressource humaine qu'il faudra investir, pas besoin de "flotter" sur des milliards de barils ...
- @Charlie Juliett,Bonjour Charlie Juliett,
Je connais en effet l'itinéraire de certains maoïstes français...
Pour ce qui est de comment s'y prendre il y avait dans le passé au moins deux solutions: les missionnaires et l'école.
1) Les missionnaires : Il faut une bonne strcuture , un cycle de formation complet pour former des gens autonomes et capables de débattre avec plusieurs adversaires.Les missionnaires catholiques et les ismaéliens sont deux exemples de réussites dans ce cas.
2)l'école:Il faut prendre le pouvoir d'une manière démocratique et durable ( ce qu'un gouvernement fait , un autre peut le défaire) ou par un coup d'état et modifier les programmes de l'enseignement et sa forme du primaire à l'université : la reforme meiji au japon est une illustration de ce cas.
Aujourd'hui ces solutions sont peu plausibles : il n'ya plus d'idéalistes capables de de se soumettre à une hiérarchie et consacrer toute leur vie à une cause comme les missionnaires du passé(sauf les évangélistes!!!!) et l'école n'a plus le monopole de la transmission du savoir et des valeurs. que peut faire l'école face aux centaines de chaines satellites qui diffusent chacune un discours idéologique différent. - La rue est à nousBonjour, je suis un artiste peintre français et je rebondis sur votre article pour faire un parallèle avec la situation de l'expression publique en France dans les années 2000.
J'ai été condamné en 2009 par le tribunal d'instance de Cannes pour "dépôt illicite d'encombrant sur la voie publique" alors que je peignais trois affiches de cinéma posées au sol sur la Croisette cannoise pendant le festival du film. Résultat: relaxe totale et encouragements de la présidente du tribunal à continuer mon action de paix sur l'espace public. En France nous pouvons compter sur l'un des piliers de la démocratie, le pouvoir de la Justice, qui a résisté à 5 ans de Sarkozisme et d'hégémonie de l'exécutif (Président de la Republique et gouvernement) et du législatif (assemblée nationale à majorité UMP). L'une des clés pour la Tunisie libre serait de renforcer l'indépendance du pouvoir de la Justice.
D'autre part il me semble après mon action de performance artistique à Tunis en février dernier que les actions culturelles fortes et les budgets devraient se diriger en priorité vers les zones rurales et semi-rurales hors Tunis. Je me suis trompé en faisant mon action dans le centre-ville de Tunis. Il faut être présent dans les campagnes, là où le gouvernement précédent a laissé tomber des millions de familles (pas de financement de routes ou d'écoles laïques), lesquelles familles n'ont pu compter depuis l'indépendance que sur l'aide d'Allah. Pas étonnant que ces personnes, lorsqu'elles ont eu le droit de voter, on voté pour Dieu.
Né en 1973 je suis issu de la classe ouvrière et rurale française, et j'ai vécu mon enfance en banlieue au milieu de plus de 80 nationalités à l'époque où mon pays accueillait les réfugiés politiques qui fuyaient les régimes totalitaires de gauche et de droite.
Si des gens comme moi n'avaient pas bénéficié dans leur enfance de budgets sociaux et culturels conséquents sous Mitterrand, éh bien je n'aurait pas fait d'études (Bac+4 Maîtrise de Commerce International), et je ne serait pas devenu un artiste professionnel avec une vision démocratique et pacifique de la Société.
Grâce à mes études, financées à 80% par le fruit de mon travail en intérim, j'ai eu la chance de lier ma vie à celle de Nadia Khiari, artiste tunisienne de renom, qui contribue avec ses moyens à la démocratisation de la Tunisie.
Amitiés et "Yes Futur"!
Pab
facebook.com/pabpainter (pierre pab) - @hannibalC'est difficile de faire consensus en matière d'éducation. Je n'imagine pas aujourd'hui le retour des missionnaire, je ne sais même pas si c'est souhaitable, d'autant plus si ce sont des protestants évangéliques! Il n'y a qu'à voir ce qui se passe aux USA quand leur est laissée l'éducation des enfants! (connaissez-vous ce splendide musée de la création où Jésus cohabite avec des dinosaures?
)
Sinon au niveau du contenu de l'enseignement, j'avoue mon ignorance totale sur le système éducatif tunisien. Mais je suppose que les gens doivent pouvoir s'accorder sur le fait qu'un bon système signifie des citoyens éduqués et à terme plus de richesse pour le pays. Par exemple, on sait que l'éducation des filles réduit la pauvreté, c'est un problème social qu'on peut aborder sous l'angle économique pour le faire comprendre au plus grand nombre.
Je suis d'accord avec l'idée de Z comme quoi il faut commencer à agir pour les plus défavorisés. Ils se sont certainement tournés vers la religion parce que personne d'autre ne s'intéressaient à eux. C'est comme chez nous avec le Front National! - @Charlie Juliett1) La Tunisie scolarise depuis un moment tout ses jeunes ( filles et garçons) , il y aurait sans doute des efforts à faire pour les régions montagneuse de l'ouest du pays. Pour le reste du pays les écoles ne manquent pas mais plutôt des bonnes bibliothèques, des cinémas...etc
Avec les nouvelles technologies on peut faire beaucoup de choses en organisant par exemple des cours ou des conférences via les réseaux où des professeurs universitaires ou des chercheurs tunisiens ou étrangers peuvent intervenir.Le Japon est un bon exemple à étudier et à suivre dans ce domaine.
2)Je ne pense que les tunisiens se soient tournés vers la religion, ils ont votés pour des partis ( la troïka et l'ex al-aridha) parce que ces partis étaient identifiables ,audibles ( ils ne parlent pas le serbo-croate d'une certaine opposition), ont fait compagne sur le terrain et ne paraissent pas trop compromis avec l'ancien régime.
Je pense qu'on doit attendre les prochaines élections pour voir comment se fait le clivage idéologique dans le pays et il concerne qui ( régions, couches sociales , tranches d'âges...) , le première vote ne donne pas forcement une bonne cartographie. - @ PabJe te cite: ''Le hasard n'existe pas''(c'est écrit sur ton FB). Peut-être ! Mais surtout '' le monde est petit''. Ceci je l'ai vérifié en te lisant ''par hasard'', alors que j'ai eu le plaisir d'échanger quelques mots avec toi à la Cité des Papes (depuis un quart de siècle je ne loupe pas le festival d'Avignon). C'est aussi par ''hasard'' que j'ai découvert cet été, Nadia Khiari et j'ai signalé ici même son travail, son combat, son intelligence et sa beauté (commentaire du 17 juillet). Et par ''hasard'', tu viens de louer son combat... Tu n'as pas signalé sa beauté et ça me rassure, je ne voulais pas perdre l'exclusivité de cette louange (bien que mon ami Arnouba m'ait emboîté le pas, Grrr...).
Plus sérieusement. Je trouve que tu as raison d'insister sur l'importance d'une justice libre et son rôle fondamental dans un état de droit. Et il n'a y a pas de liberté et de progrès sans état de droit. Il faut un réel changement des mentalités au sein du pouvoir judiciaire tunisien pour garantir la liberté de vivre et d’exercer une activité. C'est primordial pour le citoyen et c'est nécessaire pour ceux qui s’invitent en Tunisie comme partenaires, investisseurs ou visiteurs. Beaucoup de magistrats et avocats luttent pour instaurer cette justice libre et ils finiront par l'imposer à court terme, si la population leur donne un coup de main.
A bientôt l'artiste. - interviews à Tunis en févrierBonjour et félicitations à tous de faire croître le débat en l'enrichissant de références de vécu ou littéraires. On en a besoin pour construire les convictions et l'espoir.
Je voulais juste vous signaler que j'ai édité quelques "rush" d'interviews mal montées (certe), le journaliste qui m'a accompagné en Tunisie en février m'ayant lâché pour le montage du documentaire prévu. Sur facebook.com/pabpainter (pierre pab) il faut remonter en juin et juillet pour les trouver. Vous verrez notamment ma réponse à un jeune embrigadé qui essaie de me convertir, ...c'est rigolo et instructif.
Peut-être que si je réalisais aujourd'hui en septembre la même performance de peinture collective , éh bien j'irai goûter du cachot tunisien car une nouvelle loi sur l'expression publique vient de sortir qui permet aux policiers ou au juge d'interpréter de façon très "libre" la notion de "trouble à l'ordre public".
Bye bye - Regardons l'expérience européenne, seuls les pays du nord de l'Europe ont réussit cet exploit, le niveau global de la population à permit cela. Je pense que le Tunisien moyen est un être moyenâgeux, cet exploit n'est pas possible dans l'état actuel des choses.
Ni Bourguiba ni même Attaturk n'ont pu le faire... - inquisition bisPuis-je me permettre de faire un parallèle entre le mouvement criminel d'inquisition catholique qui a eu lieu entre 1100 et 1600 en Europe occidentale - rapprochement des instances religieuses avec les pouvoirs militaires et administratifs précédant l'extermination totale de toute déviance envers un catholicisme guerrier monopolistique- et celui de l'évolution d'un Islam de pouvoir actuel ? 500 ans après ils nous remettent ça sous une autre forme selon moi, ces millions de gens qui ont un commun deux choses: une vie guidée par la Peur, et ce qui en découle naturellement, c'est à dire un niveau de conscience au plus bas.
Continuons à semer les graines de ce que l'humain a de meilleur et ces foules d'individus emprisonnés dans leur désert intérieur seront tôt ou tard envahies et nourries par les fruits de nos forêts. - Merci à vous, vous mettez des mots sur nos maux.
J'irais plus loin que vous : ça peut prendre moins de temps si on l'impose d'en haut mais intelligemment.
Un exemple pour clarifier : aujourd'hui, en dehors de tout contrôle, les écoles coraniques prolifèrent. Or, nous sommes tous d'accord que l'Education est le premier terreau de toute idéologie. Si pour beaucoup, il n'y a que l'enseignement coranique qui prime, je ne suis pas sûr que la génération qui en sortira aura une largesse d'esprit qui permettra de séparer le religieux de la sphère publique.
Or, tout ceci pourrait être stoppé si une volonté politique -ce qui est d'emblée exclu par Ennahdha à l'heure actuelle- si donc une volonté politique existait pour légiférer dans le sens de contrôle de cet enseignement.
Donc le dogme existera toujours mais sera conscrit à la sphère privée si dès le jeûne âge on donnait aux prochaines générations les outils pour 'analyser le monde'. Si au contraire, on continue à les abrutir avec les préceptes d'un enseignement parcoeuriste monolithique, le mal n'en sera que plus profond et ce sera : The Dead End...



















Reste _z_ dans les lumières, ici l'espoir apporté par le soulèvement populaire diminue de jour en jour ...
Tous les mécanismes et toutes les compétences de surveillance, d'endoctrinement, de lavage de cerveaux existent toujours et ne demandent qu'à reprendre service.
On change les gros bonnets et on reprend la partie, puisque la révolution culturelle n'est même pas en gestation.
Histoire politique de l'Islam dis tu !!! oui la succession de meurtres, de renversements de dynasties, d'usurpation, de dictatures alors qu'à Athènes on parlait démocratie dès le VI siecle avant ...
Oui ... à suivre