Solidarité avec les artistes tunisiens!
Chers amis, vous n'avez certainement pas oublié l'épisode de l'expo de la Abdelia. Mais comment oublier ce qui entrera un jour dans les annales de l'Histoire de l'Art, à savoir la première expo de l'Humanité à avoir déclenché une quasi guerre-civile. Nous n'avons pas encore assez de recul pour mesurer la portée symbolique et historique de cet épisode, mais reconnaissons au moins à notre pays le rôle de précurseur et d'avant-garde dans l'art contemporain. Les oeuvres présentées ont provoqué de violents heurts (voir ici) et ont fait le tour de la planète. Elles ont même franchi les portes des mosquées pour être étudiées par les plus imminents cheikhs et immams du bled. Tous reconnaissent la valeur hautement blasphématoire des oeuvres en question. Leurs commentaires sont dignes des plus grands critiques d'art. Le "string" (oeuvre qui n'a pourtant pas été exposée) a retenu l'attention de certains érudits du vendredi, comme notre ex-imam de la Zitouna qui y a vu une réplique orientale du ready-made de Duchamps, et qui a ordonné la mort de l'auteur de l'oeuvre sur le champs!
Et pourtant, malgré le grand tapage médiatique qu'a suscité l'expo, les artistes concernés sont aujourd'hui terrés chez eux, terrorisés par les menaces de mort des zaballahistes décidés à zigouiller quiconque violant le sacré. Et l'Etat plutôt que de défendre la culture et protéger les artistes a carrément pris le parti des agresseurs accusant les auteurs des oeuvres de trouble à l'ordre public*. Une déclaration de guerre flagrante contre la liberté d'expression lancée par le régime et ce, encore!, au nom de ce putain de sacré.
Campagne de soutien aux artistes
Nadia Jelassi, une des artistes de la Abdelia vient d'être convoquée par le juge (voir ici). Après un interrogatoire kafkaïen, elle dut poser pour des photos anthropométriques comme une vulgaire criminelle. Accusée de trouble à l'ordre public par le procureur de la république, l'artiste a reçu le soutien d'amis et collègues qui ont organisé une campagne de solidarité sur internet. Le thème du portrait anthropométrique domina le facebook en guise de solidarité mais surtout de contestation contre cette nouvelle forme d'inquisition religieuse. L'intérêt porté sur cette affaire fut malheureusement limité malgré la participation de personnalités influentes du monde de l'art et de la création...

Il faut dire que tout ce qui touche au sacré, fait peur. Il n'est politiquement pas rentable de soutenir "les blasphémateurs". Il est même suicidaire pour nos opposants et nos éminents intellectuels de prendre la défense d'artistes ayant violé le sacré. Pire que ça. Les artistes eux-mêmes, sont obligés de démontrer mathématiquement, que leurs travaux ne portent pas atteinte au symboles religieux. Il y a donc de fait, unanimité, entre zaballahistes, opposants, intellectuels et artistes, pour ne jamais outrepasser cette ligne rouge du sacré. Les esprits ne sont pas encore prêts à mettre la suprématie de la liberté au dessus du sacré. L'heure est encore à la négociation de parcelles, au compromis mou...
Ce n'est malheureusement que derrière mon masque, que je peux revendiquer mon droit de blasphémer, de porter atteinte au sacré et de rire des symboles religieux. Il ne s'agit pas de provocation gratuite. Juste une simple application de la théorie de la liberté totale. Non pas celle de Zaballah, de Goebbels, de Staline ou de Ben Abdallah, pour qui l'opinion exprimée doit d'abord aller dans le même sens que la sienne. La liberté à laquelle on doit absolument aspirer, est celle qui tolère les opinions les plus odieuses et les plus dérangeantes...Dans le cas contraire, nous ne pouvons prétendre être sincèrement favorables à la liberté d'expression. C'est soit tout l'un, soit tout l'autre... A nous de choisir (inspirée d'une phrase de Chomsky)
* Les propos du ministre de la culture sont édifiants. Je vous laisse savourer: « L’exposition comportait beaucoup d’œuvres de mauvais goût, et artistiquement médiocres qui violent le sacré et portent atteinte à certains symboles de l’islam. Certaines appartiennent à des autodidactes qui n’ont rien à voir avec l’art plastique et véhiculent des messages politiques et idéologiques. L’art n’a pas à véhiculer une idéologie, il n’a pas à être révolutionnaire, il doit être beau. »
Commentaires sur Solidarité avec les artistes tunisiens!
- solidarité avec le syndicat...c'est triste tous ces gens qui ont besoin de faire abstraction de leur intelligence pour se soumettre à des dogmes religieux, des préceptes (probablement les instruments maniés par certains en vue de contrôler les autres).
Si tu as une carte d'identité avec ce drapeau a fond rouge, croissant et étoile rouge dans un rond blanc, alors tu es tunisien(ne). Et rien de plus !
Si les votants nahdaouis étaient francais, ils auraient voté Marine Le Pen !
Bonjour tristesse !
Inscrivez vous sur les listes electorales !
Contrez en votant utile cette ingérence de la maison des Saoud. Contrez l'oppression !
Faites l'amour autant que possible en ayant une pensée pour le secrétaire général du syndicat des créateurs ! Un ptit tour au septième ciel pour le saluer avec le sourire le plus naturel ! Il en sera ravi !!! - Solidarité avec les touristes...Si on ne veut plus de touristes, nous y allons de la bonne facon:
http://lci.tf1.fr/france/faits-divers/l-avion-a-36h-de-retard-les-enfants-loupent-la-rentree-scolaire-7499687.html
http://www.rtl.be/info/belgique/societe/904115/des-touristes-belges-bloques-en-tunisie-durant-12-heures
Moins sérieux, mais assez important... - Courage!Blasphémer fait partie de la liberté d'expression, comme exprimer sa foi. Ce qui doit être interdit c'est l'incitation à la haine, mais ce que font ces artistes n'a rien à voir avec ça. Il est vrai que ça doit être extrêmement difficile de critiquer ouvertement la religion, d'être athée ou apostat, parce que vous risquez certainement votre vie. Jusqu'en Europe d'ailleurs certains sont morts pour avoir eu le malheur de critiquer l'islam...Mais ne lâchez pas, vous êtes dans le vrai! La religion n'a rien à faire dans l'espace public, elle n'a pas à gérer vos vie.
Certaines personnes soutiennent qu'il y a un modèle islamique de la liberté qui serait différent mais c'est une arnaque! Quand en Europe nous vivions sous le joug de l'Eglise, personne n'aurait osé croire qu'il était possible de s'en séparer et pourtant on y est arrivé à force de luttes. La liberté est à portée de main, ne les laissez pas vous écraser! - Solitaire mais pas seul''Ce n'est malheureusement que derrière mon masque, que je peux revendiquer mon droit de blasphémer, de porter atteinte au sacré et de rire des symboles religieux.'' Ça indique combien l'artiste est solitaire dans son combat et dans son art. Mais L'artiste n'est-il pas par nature un créateur singulier et solitaire ?
En même temps, c'est une chance que d'être anonyme, insaisissable pour lutter contre un ennemi qui a la force bestiale de son côté. L'anonymat, le dessin et l'usage d'Internet sont en l’occurrence , une arme qui doit donner des cauchemars aux ''zaballahistes décidés à zigouiller quiconque violerait le sacré''. Les volontaires engagés après 1940 dans l'action clandestine en France étaient minoritaires, anonymes et isolés. Ils ne pouvaient compter sur l'aide de la population terrorisée par les menaces de représailles. Cette petite minorité courageuse, anonyme et insaisissable, a pu grandir et susciter à la fin de l'Occupation un mouvement plus vaste, entraînant l'adhésion de la quasi totalité des Français. Reste anonyme, ton blog est un point de ralliement et de résistance qui fait réfléchir et qui prend de plus en plus de l'importance.
Les Zaballahistes veulent que la plume et le pinceau soient poussés ou retenus par autre chose que l'émotion et les vibrations de l'artiste. Ils veulent surtout que le silence dense et l’obscurité grasse, et épaisse couvrent nos jours. Restons vigilants et ils ne passeront pas. - @ arnoubaCe n'est pas anecdotique. Le tourisme en tunisie devient de plus en plus cheap et se brade pour les russes, ukrainiens et serbes à 300€ la semaine all inclusive. La reprise sur les touristes d'europe occidentale n'a pas eu lieu et ce type d'incidents ne nous aidera pas. L'attaque par les salafistes d'un hôtel à sidi bou said non plus. 2013 va être une année pénible.
- @ Amilcar, je n'essayais pas de minimiser le problème, au contraire. La stratégie du tourisme "cheap" nous la poursuivons depuis bien (trop) longtemps.
Nous en avons discuté avant: le touriste nous rapporte en moyenne 30-50% tu touriste en Egypte et au Maroc.
Plusieurs facteurs selon moi:
1) Incitation à la construction d'hotels avec des prêts bancaires où l'"investisseur" prends zero risque, se fait donner des terrains au dinar symbolique, etc. donc mauvaise allocation de resources. Personne ne regarde bien les bilans de nos pauvres banques qui ont dû historiquement accorder des prêts à tous les projets de folie de l'Etat (et ceci sans compter les projets criminels en plus...). Qu'ils payent encore des dividendes au lieu de réparer leur balance sheet ca fait mal au coeur...
2) Le mirage de l'espagne des années 70, Magaluf et Palmanova etc, qui pousse à la construction de grosses mochetés en béton qui attirent une certaine catégorie de touristes. Une sur-offre de lits d'hotels qui casse l'image de la destination et le prix, qui les laisse à moitié vide ... Le gouvernement pensait: plus de lits => plus de travail donc nous solvons des problèmes de chômage. Il n'y a eu ni économie et ni travail non-saisonnier... sans parler d'effets écologiques (Hammamet Sud anyone...)
3) notre protectionnisme qui fait que nous n'invitons pas ceux avec les bonnes expériences, puisque nous savons tellement tout faire tous seuls... Personne donc pour montrer comment une gestion professionelle se fait. En plus notre fausse fierté donne une qualité de service execrable. Evidemment avec le peu qu'il reste pour payer les salaires dans le modèle "cheap", c'est dur de demander aux employés du secteur de ne pas être frustrés...
Solutions:
1) Short term: Open Sky now, pour remplir à court terme les hôtels vides.
2) Exproprier les hôtels des "investisseurs" qui sont en arrière sur le payement de tous les prêts sur les projets bidons, et commencer, comme ils le font en Espagne, à détruire les grosses structures pour faire tabula rasa.
3) Inviter les "spécialistes de l'hospitalité", pour gérer des hotels, investirs dans des projets hôteliers, être propriétaire des bâtiments (donc plus responsables), ouvrir des restaurants, importer ce qu'il faut si nécessaire, et repenser la value chain (en commencant par l'acceuil et les queues à la douane/police)
Mais bon, comme vous dites, nous sommes passés des touristes Allemands et Francais aux Russes et Roumains... Et bientôt, avec plus de nouvelles comme celles que j'ai affichées en haut, il n'y aura plus de touristes du tout, et nous serons de plus en plus contraints de chercher du financement au Qatar, dans un cercle vicieux d'islamisation et d'écroulement économique... - @ AmilcarSidi bou Saïd est encore une forteresse intouchable. Vu le prix de mètre carré dans cette localité bousillée par les ftayris nouveaux-riches, les salafistes n'osent pas encore s'y frotter. Par contre à Sidi bou Zid il n'a y a que des pauvres qui boivent du mauvais vin, une piquette pour noyer une misère héritée à la naissance - et ils n'arrivent pas à la noyer, tellement elle est coriace -, les salafistes peuvent dégoupiller sans risque leur haine et rajouter du malheur au malheur.
Chacun a corrigé de lui même ce lapsus révélateur. - Le mot du jour@Bob, bien vu - pas un détail négligeable.
Du reste, le mot du jour pour notre Rabbuplique est: http://en.wikipedia.org/wiki/Ochlocracy - ex-HannibalSeulement pour élargir un peu la discussion , la Tunisie n'est pas la seule à souffir , après la Grèce , l'Espagne semble sortir des radars.
As the WSJ notes PIMCOs' comment: "A bank 'jog' is happening in Spain - the private sector is leaving the banking system." But the Bank of Spain isn't leaving anything to chance. The WSJ disconcertingly highlights that last month the central bank appears for the first time to have activated an emergency lending program that will enable its banks to borrow from the Bank of Spain directly, bypassing the ECB's relatively tough collateral demands.
http://www.zerohedge.com/news/spain-beginning-end-arrives-bank-spain-starts-using-ela - Sounds like a joke......http://www.hurriyetdailynews.com/tomatoes-are-christian-egyptian-salafi-group-warns--.aspx?pageID=238&nid=23713
L'intox du jour?
Sinon, choisir un pseudo d'un gars qui a "bâti son empire sur la puissance militaire et la terreur" (Wikipedia), c'est intéressant comme approche. Pourquoi pas Adonis ou Eros? La Tunsiie a besoin de plus d'amour... - About time but still problematic...http://nawaat.org/portail/2012/09/06/tunisie-le-ministre-de-la-culture-change-davis-et-plaide-pour-labandon-des-poursuites-contre-les-artistes/
Le comique dans cette histoire c'est que ca démontre combien les piliers nécessaires pour une démocratie - indépendance de la justice et séparation des pouvoirs- nous manquent...: généralement dans une démocratie, ce n'est pas à un ministre ni d'appeler à des poursuites judiciaires, ni à "recommander" qu'on les abandonne. C'est au procureur de la République de saisir un dossier ou de l'abandonner.
Comme notre justice n'est vraiment pas indépendante (pour la liste noire, je préfère qu'on commence à nommer les juges et procureurs qui sont à l'ordre, les "journalistes" on les connais...), le procureur ne saisit les dossiers que sur demande d'en haut et le juge "juge" comme on attend de lui d'en haut. Rien n'a changé du temps de Ben Ali donc.
Il serait mieux que ceux qui ne suivent pas les lois ou qui acceptent des poursuites bidons - un abus du système et des resources de la République - fassent leur mea culpa et explique qu'ils ont eu tort.
Meanwhile, I keep dreaming of Mme Arnouba qui elle ne fait pas de télé en Tunisie: http://bit.ly/NeJVlG - @Arnouba''...dans une démocratie, ce n'est pas à un ministre d'appeler à des poursuites judiciaires, ni à "recommander" qu'on les abandonne. C'est au procureur de la République de saisir un dossier ou de l'abandonner.''C'est tout à fait juste. C'est le nœud du problème de la justice dans notre république bananière (je persiste et signe!).
Continue à rêver de ta belle, il n'y a que ça de vrai... et ça ne mange pas de pain!



















Je l'ai dit avant; puisqu'ils aiment la législation de Bel 3Lih, qu'on leur colle un procès pour "atteinte à l'image du pays et intention de nuire à son économie"...
When does it stop?