Le terme Chlékatologie est un néologisme de mon cru. Je l'avais inventé spécialement pour le défunt Tarak Mekki à la suite d'une salve d'insultes que ce monsieur proféra à mon encontre il y a trois ans de cela, lors d'un malheureux échange sur Facebook. Malgré cet incident, je n'ai jamais manqué de tendre l'oreille à ses discours même si j'étais allergique à sa démagogie et à son égocentrisme. Cependant, je suis obligé de reconnaître que ses vidéos sur youtube et ses One-man-shows politiques contribuèrent pour nombre de blogueurs (du moins pour moi) à faire reculer les barrières de la peur contre la dictature. Tarak Mekki est un héros 2.0. J'ai été très triste d'apprendre son décès ce 31 Décembre 2012. Je lui rends hommage ce soir. Je lui retire cet ignoble titre de chlékatologue, pour le décerner à celui qui par le nom et les manières est certainement mieux qualifié pour porter ce titre: J'ai nommé, Rafik Bouchleka, gendre de Zaballah (et accessoirement ministre des affaires étrangères ou "des affaires qui lui sont étrangères" diront d'autres mauvaises langues) 

La blogosphère aujourd'hui

Il est amusant de constater, qu'après la chute de la dictature et la relative émancipation des médias qui s'en est suivie, ce n'est pas un journaliste ni un journal, mais plutôt une blogueuse par qui nous arrive l'un des scandales politiques les plus retentissants de l'après révolution. Olfa Riahi incarne la néo-blogueuse. Elle n'est certes pas l'électron libre de l'avant 14 janvier, oeuvrant en tout indépendance. Peu importe ses relations avec le CPR, cette demoiselle vient de foutre un sacré coup de poignard dans le dos de Zaballah en publiant les factures d'Hôtel de Bouchleka et ses transactions douteuses avec les chinois (voir ici). Ses révélations mettent à nue la débauche de nos nouveaux dirigeants et leur penchant pour la luxure...  

 SARDANAPAL

Émergent alors de nulle part tout un comité de soutien en faveur du ministre. Larbins de Zaballah, clowns bleus en costume d'avocat, viennent au secours du gendre de Ghannouchi invoquant la sempiternelle théorie du complot et la prétendue atteinte à l'image de l'Etat. Fathi Layouni est la figure emblématique de ce manège, celui-là même qui porta plainte contre Sami El Fehri et Lotfi Abdelli (...). Il ne manquera évidement pas de porter plainte contre Olfa Riahi au nom de la Révolution! (nouveau leitmotiv bleu). Bref La Tunisie de Zaballah reconstitue progressivement la même pièce de théâtre de Zaba. Le décor a changé, les costumes ont changé, mais les répliques sont restées les mêmes.  

La mémoire

Il est important de rappeler qu'il y a exactement deux ans, des blogueurs "cyberactivistes" furent arrêtés par la police politique de Zaba: Sofiène Bel Haj, Azyz Amami, Slim Amamou... Morale de l'histoire ? Blogger est très dangereux...pour les dictateurs (Je reprends ici un commentaire de Kerim Bouzouita). J'ajoute que Olfa Riahi est dans le collimateur et Tarak Mekki est au cimetière (il n'y a pas de lien direct entre le décès de ce monsieur et Zaballah). La chlékatologie générale est à l'oeuvre, mes amis. Nous devons faire face à cette tragédie en continuant nos luttes avec l'expérience du passé. L'amnésie serait terrible. Elle nous empêcherait de reconnaitre cette même pièce de théâtre de Zaba qui se reconstitue progressivement sous nos yeux. Prenons garde et restons solidaires...
Sur ce je vous souhaite une zabballahique année 2013 pleine de bonheurs et de révoltes.

PS: La caricature ci-dessus est inspirée du tableau "la mort de Sardanapale" réalisé par Delacroix. Pour ceux qui y voient de la vulgarité je les emmerde et je les préviens que 2013 sera encore plus faste en cul et en blasphème!