Les théories politiques vont bon train depuis l'arrivée de Nada au pouvoir. Pour désigner les relation entre ce parti et l'Etat, certains parlent de parti-état et d'autres préfèrent la notion d'Etat dans l'Etat. La dernière théorie en date évoque le concept d'Etat parallèle. Les Ben Simpsons pour se faire peur le soir avant de dormir, se réunissent et cogitent sérieusement sur le concept. Pour eux, l'Etat parallèle est composé de nouvelles entités qui émergent ici et là et qui n'affectent pas les institutions de l'état officiel. Une sorte de cohabitation douce comme préalable, selon eux, à la fusion -voire à l'élimination- de l'Etat classique par l'Etat zaballahiste:

ETATPARALLELE

Ainsi parallèlement à l'école publique apparaissent comme des champignons les écoles coraniques. Parallèlement au mariage civique surgit le mariage coutumier. Parallèlement au Droit positif s'exerce le Droit religieux. Cette théorie s'est développée suite aux évènements du 9 Avril 2012, quand les dites "milices d'Ennahdha" s'attaquèrent aux manifestants (voir ici). C'est alors que l'on parla sérieusement d'une police parallèle commandée par Zaballah. Très vite ces groupes furent identifiés comme faisant partie des Ligues de Protection de la Révolution (LPR). Il s'agit d'associations regroupant un ramassi d'opportunistes, de salafistes et d'Ex-mauves revendiquant leur soutien inconditionnel à Nada et assumant sans complexe leur recours à la violence. Cette théorie semble se confirmer grâce à la dernière enquête de Nawaat.org qui démontre l'implication de membres de Nada dans un business de trafic d'arme. Et pour passer de la Théorie à la pratique, voilà enfin matérialisé par les mots dans l'article 95 du projet de constitution, la possibilité de créer "des formations ou organes armés". Ainsi le texte en question stipule ceci:
"Les Organes de la défense et de la sécurité nationale obéissent aux principes suivants :
- Les organes de la sécurité dépendent du pouvoir exécutif.
- L'État est le seul organe compétent de créer les forces armées et les forces de sécurité nationale ; aucune formation ou organe armé ne doit être créé en dehors de l'armée nationale ou de la sécurité nationale que dans les conditions prévues par la loi.
- Les organes de sécurité assurent leur propre gestion et la formation de ses membres".

Du calme, du calme, les amis! Arrêtez de parler de libanisation ou d'iranisation de la Tunisie. Il s'agit simplement de zaballahisation de la Tunisie!

Le problème avec les Ben Simpsons, même s'ils peuvent être pertinents dans leurs analyses, ils craquent très vite et tirent précipitament la sonnette d'alarme: "Zaba! tu nous manques" crieront-ils...