Lors de son dernier word-Tar-tour, Marzouki a déclaré qu'il avait renoncé au terme "laïc" car selon lui, le tunisien confond l'athéisme avec la laïcité. S'entend, que pour Marzouki, la stupidité tunisienne est intrinsèque au tunisien et que l'athéisme est indiscutablement le péché suprême. Il avoue que lui, le droit-de-l'hommiste patenté, ne jouera pas sa présidence de la république (et tous les privilèges qui vont avec) pour lutter contre cette stupidité, ni pour combattre ce totalitarisme religieux qui criminalise le kofr. Et voilà, qu'à cause de cette lâcheté intellectuelle et politique (dont Marzouki n'est pas le seul responsable), l'islamité de l'Etat et le caractère normatif et inaliénable de cette islamité (article 136) est sur le point d'être gravée dans le marbre de la future constitution. C'est ce que dévoile le texte de la dernière mouture rendue publique la semaine dernière. (voir ici)

Ainsi, chers amis, et au vu du caractère obsessivement religieux (et de fait liberticide!) de ce dernier torchon, je déclare publiquement dans ce blog mon "kofr". Il s'agit ici d'une posture non religieuse mais politique. Mon rapport à la/aux divinité/s, ma relation avec la transcendance et le spirituel ne regardent que ma personne. En revanche, dans l'espace public, je revendiquerai mon "Kofr" et je militerai dorénavant pour que la Tunisie puisse être la première terre musulmane* où le kofr puisse s'exprimer en toute décomplexion. Marre de ces progressistes qui montrent patte blanche devant les religieux et qui ferment leur gueule quand un citoyen est jeté en prison pour kofr (7 ans de prison pour Jabeur Mejri).

Attention, revendiquer son kofr, n'est nullement un programme politique. Le Kofr, comme l'islam, ne résoudront jamais le problème de la corruption et n'apporteront aucun remède contre la pauvreté. Sauf que le Kofr, contrairement à l'Islam, refuse toute dimension métaphysique dans des questions d'intérêt général. Le kofr est une immunisation contre toute diversion céleste dans la résolution de problèmes purement terrestres. Le kofr n'est nullement idéologique contrairement à ce que pensent ses contradicteurs. Il n'a ni prophètes ni textes sacrés, il est l'expression de la plus pure neutralité religieuse dans l'espace public. De fait il ne s'attaque qu'à l'hégémonisme religieux, mais nullement à la religion. Sa seule expression politique s'appelle laïcité (principe de séparation de l'Etat et de la religion), n'en déplaise à Marzouki, et je l'emmerde lui et tous ceux qui n'aiment pas ce mot à cause de leur complexe néocolonial qui leur colle au cul. (voir le complexe du tartour)  

SUFFETES

 Vous aurez remarqué que je reconnais implicitement le caractère musulman de la Tunisie. Comme je reconnais d'ailleurs le passé chrétien et païen de la Tunisie. Il est pourtant évident que les prophètes changent, les croyances changent, mais il n' y a que la stupidité de ceux qui croient figer les choses sur du marbre, qui semble ne pas vouloir changer...Ce sont ces mêmes gens qui de tout temps ont nié l'universalité de l'Homme et qui ne voient dans les idées étrangères à leur dogme que des prétendus complots étrangers (j'anticipe déjà les accusations de ce type qui vont me tomber dessus...) 

PS

Téléchargez la dernière version du projet de la constitution. Attention, Il s'agit d'une version non-officielle traduite par le Programme des Nations Unis pour le développement en Tunisie (PNUD)