Outre la crise politique, l'économie tunisienne se porte très mal. Des chiffres alarmistes annoncent une catastrophe imminente (voir ici). Mais Zaballah est pénard. Il sait que de toute façon, il n'a jamais été élu pour résoudre ces problèmes bassement terrestres. Zaballah a été porté au pouvoir par la providence et compte bien accomplir sa mission prophétique: protéger le sacré en Tunisie et combattre tous ceux qui souillent la religion!

Il coordonne ses actions avec tous les services de l'Etat qu'il rallie progressivement à sa noble cause. Le ministère de l'intérieur est quasiment acquis. En témoigne le zèle des agents à combattre la jeunesse débauchée et mécréante (voir ici). La police surveille, épie. Elle veille au grain. Selon une dépêche AFP, une enquête sérieuse a été menée avec Interpole pour débusquer un jeune tunisien résident en Europe qui s'amuse à piétiner le Coran sur Youtube! (voir ici)

Pareil, les douanes sont quasiment acquises. Hier l'on a appris que ses agents ont saisi des produits qui portent atteinte au sacré. M.A.Ferchichi, porte-parole du ministère du commerce, affirme tout fier que des "chleyeks" dont les semelles portent l'inscription "Allah" viennent d'être illico reconduites à la frontière (voir ici). Évidement la contre-bande et le marché noir ne font plus partie des priorités des douanes depuis que Zaballah est au pouvoir. Et le porte parole d'ajouter:" Vous pouvez imaginer la polémique que peut engendrer l’existence de ce genre de produits". Il a tout compris. Le tunisien peut crever la dalle, peut supporter le froid et la maladie, mais ne supportera jamais une offense contre Allah. Telle est la vision anthropologique des zaballahistes et de leurs acolytes.

Même Marzouki, notre droit-de-l'hommiste patenté à Carthage, adhère à cette théorie du tunisien génétiquement pieux et allergique à la moindre atteinte au sacré. Et c'est d'ailleurs pour protéger Jabeur Mejri de cette singularité bien tunisienne que Marzouki justifie l'emprisonnement de ce blogueur blasphémateur. C'est ce qu'il a expliqué lors de son dernière voyage aux USA: "La société tunisienne reste conservatrice. Comprenez que Jabeur Mejri ne peut être relâché tout de suite"...

PRISON

Le complexe du Tartour:

J'ai naïvement cru que Marzouki souffrait de sa compromission avec les islamistes. J'essayais d'imaginer l'accablante condition du Tartour en pyjama sortant du lit et allant se brosser les dents devant son grand miroir doré. Je le plaignais: quelle épreuve pour lui, me disais-je, que de supporter son propre regard le matin, quand après avoir milité tant d'années contre Zaba, se retrouver à Carthage dans la peau d'un minable suiveur de Zaballah!

Pour l'avoir approché "Ayem el Jamr", à l'époque où la vie était mauve, j'avais cru que cet homme était foncièrement animé par les idéaux universels. Ses grands discours à Paris ne ressemblaient pas à des représentations théâtrales destinées à tromper le public. Du moins, c'est ce que je pensais. Je me rappelle de la conférence de Byrsa en 2009 où il avait ému le public avec ses grands airs de défenseur des Droits de l'Homme. Face à lui un Mezri Haddad qui pataugeait dans sa merde mauve en tentant pitoyablement de défendre le benalisme. 
Le pouvoir a fait de Marzouki un Mezri Haddad bis, qui patauge dans la merde islamiste, tentant minablement par des acrobaties intellectuelles de justifier l'injustifiable emprisonnement de Jabeur Mejri. Marzouki s'avère donc être un esprit corruptible par le pouvoir. Je me suis fourvoyé dans mon jugement.

Conclusion

Qui parmi nos amis blogueurs ose encore assumer son appartenance au CPR et supporter son propre regard dans le miroir ?