Heureuse fête du saint Digage. 
Chers amis, je me suis fait avoir. Nous sommes nombreux à nous être fait avoir. Nous nous sommes laissés entraînés après la révolution dans une sorte de facilité. Nous, anciens blogueurs, atomes libres et autres perturbateurs. Nos luttes et nos contestations se sont trouvées progressivement affadies, ternies et fanées. Certes nous avons excellé dans la contestation du zaballahisme galopant et du Zabatisme rompant. Nous avions eu raison de le faire. Comme nous avions raison de défendre Amina la Femen et Jabeur Mejri le prisonnier du Blasphème. Oui nous avions pris plaisir à dénoncer les frasques de nos députés, à philosopher sur les articles de l'ANC et à rigoler des aventures de Tartour dans le palais. Les médias ont bien profité de notre soutien indirect à leurs polémiques et à leurs buzz. Ils ont réussi à nous entraîner sans trop d'effort dans leurs marécages boueux. Les Ben Simpsons nous applaudissent avec les autres car désormais nous faisons tous partie du même décor.   

Piqûre de rappel

Il a fallu que je découvre le fameux documentaire "maudit soit le phosphate" de Sami Tlili pour me réveiller enfin de ma torpeur. En effet, ce long-métrage agit comme une très efficace piqûre de rappel qui nous transporte en 2008 lors du soulèvement populaire du bassin minier. Mais ce voyage dans le temps ne sert qu'à nous confronter à l'amer constat: Rien n'a changé depuis.
Tout ce qui à l'époque avait participé à la genèse d'une conscience révolutionnaire, à préparer le terrain au 14 Janvier, se trouve aujourd'hui encore à l'état brut: La corruption, l'état sanitaire alarmant, le chômage, le mépris des autorités et des élites envers les habitants des mines. Tous les ingrédients d'une énorme explosion sociale sont encore réunis....Mais entre-temps, ce sujet ne semble pas être inscrit à l'ordre du jour de nos débats...  

,PHOSPHATE

Merci donc à Sami Tlili pour son formidable travail. A lui les flamants roses du Sijoumi décernent un Boukornine d'or. Puis joyeuse et heureuse semaine aux zamis et en particulier à Athena Pallas protectrice de la sebkha...