Je ne saisis nullement l'attrait intellectuel de l'actualité tunisienne surtout en ce moment. J'ai même pitié de nos journalistes et analystes politiques qui fatiguent leurs cerveaux à théoriser sur les luttes de clans au sein de Nida, sur les Jaraya, Eltaïef et leurs relations secrètes avec les putes, le Qatar, les zaballahistes, les crypto-mauves et que sais-je encore. Tout ça est d'un ennui abyssal et ne semble plus apporter le moindre savoir, la moindre pensée, la moindre poésie. Combien cette chose nommée Tunisie peut paraître futile et insignifiante par rapport aux vraies questions humaines. J'arrive aussi à un point où je ne saisis plus le sens et l'utilité même du militantisme, de la culture de l'indignation et de la perpétuelle dénonciation des injustices et des atteintes aux libertés. Tout ça manque cruellement de beauté, de sens, d'âme. J'ai envie d'être Daech pour emmerder tout ce monde et sombrer dans la quête irrationnelle d'un idéal. 
En attendant mon départ vers la Syrie, je vous livre mes dégoûts du moment. 

Le culte des morts 

C'était le 6 Avril dernier, avant de s'envoler à Paris, notre président s'est rendu au mausolée de Bourguiba pour fêter la 15ième année de sa mort ( mort de Bourguiba j'entends, voir ici )

essbsibourguiba

Il est intéressant de remarquer que chaque président tunisien au pouvoir s'engage dans une guerre de symboles. Pour Bourguiba, c'était simple, il avait le champ libre pour ériger sa propore personne en culte national. Sa présidence à vie lui offrit l'occasion d'élever des statues à son effigie dans tous les carrefours du bled. Une quasi religion païenne lui fut consacrée. Zaba ayant évincé Bourguiba du pouvoir, a fait comme le prophète à la Mecque : il a chassé les idôles du temple et a dû créer à son tour une nouvelle religion. Pour cela, il a fait aussi comme le prophète, il a choisi l'abstraction et a interdit toute figuration. Il a fabriqué un culte autour du mauve et du "7" et nous a fait tourner 23 ans autour d'une horloge en acier, comme tournent depuis 14 siècles des pèlerins autour de la Kaaba. Le 14 Janvier 2011 tomba Zaba. Est venu Bajbouj. Après le paganisme bourguibiste et le monothéisme mauvembriste, il n'était pas facile pour le nouveau pouvoir d'inventer une nouvelle religion et de nouveaux symboles. On décida alors de recycler une partie du mauve et de récupérer le culte de Bourguiba. On opéra une sorte de syncrétisme religieux. Ainsi, en marge d'une conférence portant sur "la pensée bourguibienne", tenue le 9 avril 2015, l'apôtre Mohsen Marzouk, a affirmé que les statues de Bourguiba récupéreront leur place dans les avenues et les rues de plusieurs villes (voir ici).
Merde ! alors que le pays sombre dans la pire crise économique de son histoire, les apôtres continuent à cogiter sur la pensée Bourguibienne et proposent en guise de solution à notre merdier national des statues de Bourguiba. C'est décidé, je prépare mes valises et je rejoins Daech.

Zaballah sex symbol

Après les attentats du Bardo, tout se barre en couille. On remet des statues de Bourguiba dans les places publiques, et Zaballah devient carrément sympathique. Alors qu'il nous a bassiné des années durant avec Allah, Mohamed et le Califat, voilà que tout d'un coup il n'a plus rien à voir avec les salafistes, les extrémistes et les barbus de tout poil. Zaballah se présente même comme le chantre des libertés, de la démocratie et de l'égalité homme-femme. Du moins, c'est ce qu'il est allé chanter aux médias français (voir ici)

virginité