La mémoire du 7 novembre reste encore vive dans l'inconscient collectif de nombreux tunisiens. Les rites de "T7in", "Sabben", "9offa", "9weda" et "Tal7iss" sont restés encrés dans l'anthropologie de certains de nos concitoyens. Chaque 7 Novembre ces derniers ressentent plus que d'habitude le manque terrible de leur objet de culte. Mais comme la nature a horreur du vide, une figure a réussi à se substituer à leur idole déchue...

ZABAKAABA

(reprise d'un dessin accompagnant cet article ici)

C'est la très charismatique Abir Moussi, qui a réussi à s'imposer comme la figure de substitution. En quelques années, cette dame a récupéré à elle seule l'héritage de 23 ans de mauvembrisme. Cependant, elle a dû revisiter le rituel en interdisant toute représentation du sacré. Ainsi le chiffre "7", le mauve et l'image de Zaba, n'apparaissent plus dans aucun des rituels. Elle les a remplacés par le portrait de la divinité Bourguiba et la couleur rouge du drapeau tunisien. Cependant, elle a gardé le culte de lapidation du diable islamiste et a introduit le mythe du complot de la révolution. 

Mais pour ce 7 Novembre 2020, Abir a cédé à la tentation mauve de ses partisans. Une cérémonie a été organisée au cœur du Parlement (voir ici). Des abiristes vêtus de leurs plus beaux habits, se sont réunis et ont chanté et applaudi toute la journée comme au "mauvieux" temps. Certes, personne n'osait prononcer le mot magique de Zaba, mais il était dans l'esprit de tous les pèlerins. Officiellement ils étaient rassemblés pour parler économie et business, mais comme je viens de vous le dévoiler, c'est le 33ième anniversaire du prophète Zaba que ces gens sont venus célébrer.