28 janvier 2008

débat sur l'état du monde

_x_ , _y_ et _z_ 3 tunisiens discutent de l’état du monde.
Décadence et perte de valeur voilà ce qu’ils retiennent. Ils n’ont rien apporté de nouveau jusqu’à là. Il est très courant et commun de constater cet état des faits : inégalités, corruption, guerres … pourtant l’homme est capables d’art de connaissance et de paix. Alors que se passe-t-il depuis la nuit des temps pour que nous continuions ainsi ?

Etape 1 :
Le cas tunisien, celui de leur pays, cas parmi tant d’autres, leur a servi d’exemple pour développer cette observation toute simple selon laquelle : rien ne va. Nous courrons droit vers notre perte.
Cet état des lieux ne nécessite pas plus que l’observation objective d’un sujet un minimum lucide.
C’est l’étape 1 dans laquelle l'on constate le mal.
(on nous objectera que tout n'est pas que mal, et qu'il y a du bien. On a décidé pour simplifier le débat, que tout va mal à partir du moment que la moitié du peuple tunisien survit, qu'une minorité aveugle jouit seule de ses privilèges et que la jeunesse est muette)

Etape 2 :
L’étape 2 c’est l’explication du mal.
A partir d’ici l’analyse s’impose.
_x_, _y_  et _z_ éludent la question politique et admettent que le système d’organisation collective qui fixe  la réussite matérielle comme unique moyen de distinction sociale explique une grande partie du problème.
Le matériel (l’argent) constituerait dans ce système la catégorie la plus pertinente de jugement et de sélections des individus. En Tunisie et dans un langage vulgaire les « mnaikins » seraient les derniers de la liste, et les « krozs » seraient les distingués.
Ainsi serait divisé ce monde. Les ambitions des premiers seraient de devenir des « krozs », quand le but des « krozs » serait de devenir encore plus « korza ».
Le « paraître » est le langage qu’utilisent les individus pour se positionner sur cette échelle de valeurs. Le système leur offrira une panoplie de produits destinés à refléter leur appartenance sociale. Certains objets, comme les habits, portables ou voiture, seront détournés de leur fonctions primaires pour servir de code de positionnement social.
Cette  prégnance de la valeur argent dans les rapports humains porte en elle les germes du mal constaté parce qu’elle se substitue à des valeurs plus nobles tels que connaissance, créativité ou encore générosité.
C’est ainsi qu’elle transgresse ces fondamentaux. Tout sera légitimé, y compris l’exploitation, la corruption lorsqu’il s’agit de faire du profit.
Les prophètes et les révolutionnaires sont partis du même constat ( étape 1), ont fait la même analyse ( étape 2)
Ce sont les solutions qu’ils proposent qui les différencient.
Les uns inventent des religions, les autres des idéologies.
l’action serait donc la 3ème étape du processus, étape cruciale car elle entraîne son auteur vers des choix.

Etape 3 :
_x_, _y_ et _z_ ne veulent pas être des révolutionnaires encore moins des prophètes, mais réfléchissent à leur échelle à l’attitude favorable à adopter dans une société régie par la loi du profit.
Leurs réponses divergent, entre la résignation, la résistance voire l’action.

_z_ pense que le fait de rappeler constamment cette situation est un moyen de ne pas s’endormir et s’aliéner. Pour lui , il est nécessaire d’en parler, de l’exprimer,  de condamner la bêtise de la société de consommation,  dénoncer la moutonisation et être arrogant contre les fétichistes du clinquant brillant.

_y_ malgré la conscience du mal, il accepte le monde tel qu’il est par tolérance à l’ignorance de certains.

_x_  ne sait plus, et se demande pourquoi ce que l’on passe une soirée à discuter sur un mal que l’on ne peut pas vaincre et qui nous dépasse. Il critique l’attitude arrogante de _z_ qu’il considère élitiste et méprisante.

 

 

 

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16 janvier 2008

RER à TUNIS !

RFR

Pardon, RFR je parle du Réseau Ferroviaire Rapide qui desservira la région de Tunis.
La première tranche des travaux sera terminée  en  2011, c'est à dire 40 ans après le premier RER parisien.
Il serait mal venu de critiquer cet heureux évènement même si cela fait 40 ans que nos amis des quartiers populaires de l'ouest tunisois attendent sur le quai.
Mais j'applaudis et je salue ce projet qui attendait dans les cartons depuis longtemps et qui va enfin se réaliser.
On ne peut que se réjouir lorsqu'il s'agit de répondre à l'intérêt général, celui du déplacement pour tous, sans distinction. Notons aussi qu'il s'agit de lignes électriques ce qui signifie moins de pollution et plus de respect à l'environnement.

Je me pose juste une question.
5 lignes sont prévues :
- Ligne A : Tunis-Borj Cédria (ligne existante longue de 23,2 km et dont l’électrification est en cours).
- Ligne C : Tunis-Fouchana-Mhamdia (19,5 km)
- Ligne D : Tunis -Manouba-Mnihla (19,2 km)
- Ligne E : Tunis-Ezzouhour-Zahrouni-Essijoumi (12,9 km)
- Ligne C’+F : Tunis-Ariana nord (10,5 km)

Où est donc la ligne B ??

Peut être un oubli de nos amis de la Presse.
Peut être pas.
Avec des amis en plaisantant, on s'est dit que c'est la ligne cachée.
Oui, la ligne cachée !
Elle n'est pas destinée au tunisois normal comme vous et moi, mais plutôt à cet "extraterrestre" de la cité du siècle.
Climatisée en été, chauffée en hiver, avec des compartiments de luxe, des hôtesses et du champagne, elle reliera la Sama Dubai city à l'aéroport de Tunis Carthage ( transformé en aéroport pour jets privés, quand celui du peuple sera à Enfidha).
Durant les 10 minutes de trajet en dessous du Lac, nos hôtes venus d'ailleurs, n'auront même pas besoin de traverser le centre ville pour prendre leur avion. Il n'auront même pas à connaître Tunis et ses habitants.

Les Voyageurs de la Ligne B, d'ailleurs, n'auront jamais entendu parler d'un pays nommé Tunisie...


source:
Article de la Presse du 16 Janvier 2008:

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10 janvier 2008

La Télévision au moyen âge...

Au commencement de la nouvelle année 2008, les quotidiens nationaux nous font l’éloge du libre échange, des mégaprojets. ils nous annoncent des courbes ascendantes et des taux croissants, bref tant de progrès auxquels nous sommes conviés à participer, entre autres, nous les jeunes.
La Presse d'ailleurs nous informe que  l’Etat lance une politique de formation gratuite dans le bâtiment pour que les jeunes intéressés puissent participer (article du 10 janvier « un nouveau visage au service de l’employabilité »). Tant mieux, si cela peut nous éviter une invasion de colonies d’esclaves indiens ou pakistanais. Reconnaissons au moins que l’Etat veille à notre intégration dans notre marché local.

Mais si l’on s’interroge sur le sens de cette participation, nous verrons que le plus souvent elle se résume à l’emploie donc à la subordination plutôt qu’à la création et à l’entreprise.
Quant à notre repos, il est voué à la consommation plutôt qu’à l’éveil et à l’épanouissement.
Cette consommation, soit dit en passant, sera d’autant plus encouragée par l’importation de produits européens grâce à la politique de libre échange.
Miser sur la Subordination et la consommation de masse est un projet d'entreprise et non de société.

La moutonisation

Ce phénomène qui n’est pas propre qu'à notre pays, se généralise depuis que la fonction de l’Etat consiste à domestiquer et divertir sa force de travail au détriment de son humanitude:  L’humanitude, c’est notre capacité d’homme à donner du sens . l'Etat semble s'être désengagé de cet éveil du sens.

La Religion comme seule substitut de sens

« Heureusement » que la religion comble cette lacune. La foi est, comme on dit, nourricière de l’âme. L’Etat tunisien  l’a d’ailleurs bien compris, et c’est là-dessus qu’il orientera sa seule politique immatérielle.
Mais la foi ne doit pas être l’unique expression du sens.
Quand elle s’accapare de sa totalité elle risque en période de crise de transformer le mouton en bête aussi féroce qu’imbécile qui se retournera d’abord contre l’Etat.
Si notre Tunisie n’a pas sombré dans la folie intégriste, c’est simplement que nous avons réussi à nourrir l’ensemble du troupeau. Mais cela ne suffit pas !
Nous attendons encore l’avènement d’un sens nouveau et attention à ne pas le confondre avec l’émergence du sens des affaires, du biseness, du profit chez nos entrepreneurs, ou le sens du vice et du paraître chez nos consommateurs ou encore moins le sens du ballon de foot.

Dernièrement l’Etat a su nous surprendre en impulsant une nouvelle chaine de radio
… Qu’est ce qu’il nous a pondu sinon une chaine religieuse...

L'enseignement

Je n’évoquerai pas le système éducatif tant il est inutile de rappeler les valeurs matérialistes qu’il propage sous couvert de sciences et techniques seules filières qu’il a su valorisées depuis l’enseignement primaire.
Inutile aussi de rappeler la désaffection des sciences humaines dans nos universités…

La culture

Les créateurs de sens, nos artistes, derniers de la liste capables de nous sortir de l’abîme, peinent à se démarquer des comiques et des chanteurs de commerce qui monopolisent nos médias et qui sèment la confusion entre culture et consommation.
Les auteurs et les intellectuels se font concurrencés par le monopole d'un excellent ouvrage paru il y a 14 siècles dont de nombreux commentateurs continuent à en faire leur fond de commerce.
Et pourtant, tant de talents d'universitaires et d'artistes qui passent inaperçus tandis que le ministère de la culture continue à miser sur le folklore et sur ses vieux dinosaures au lieu d'investir dans la jeunesse.

Plus que nous... les jeunes

Ainsi contre l’institutionnalisation de la moutonisation , il ne tient plus qu’à nous, jeunes, de créer et d’innover pour ne pas sombrer dans l’absurdité et le non sens.
Même ouvrier chez Sama Dubaï, et consommateur à Carrefour, nous pouvons trouver des marges de manœuvres.
La génération de nos parents, celle qui nous gouverne, utilise des catégories vieillies pour donner sens à notre existence et à notre avenir. Sa vision du progrès qui mise sur le libéralisme d’un côté, le conservatisme religieux de l’autre tout en continuant à nier l’existence d’une société civile, montre ses limites. La jeunesse, et cela se lit par l’Internet, a une soif de changement. Une soif qu’elle peine à assouvir faute de canal  d'expression.
Certains ont choisi l’exclusive voie de la foi. Ceux qui ont les moyens sont partis en Europe ou au Canada.
La majeure partie, toute catégorie confondue, voit d’un bon œil les initiatives de l’Etat et elle applaudit un peu rapidement l’avènement des mégaprojets et du libéralisme, pensant qu’il s’agit d’attribut de modernité et donc l’avènement d’un sens nouveau.

N’avons-nous pas brûlé une étape ?

N'avons-nous pas brûlé cette étape où nous devions nous exprimer et définir ensemble notre vision d’avenir.
Une vision sans sens c'est le mur assuré.
Si belles qu’elles soient, ces cités nouvelles qui se profilent à l’horizon, ne portent pas en elles la marque de notre absence ( ab sens ) ?
Une « méga » illusion  d’avenir.
Une sorte de Télé au moyen âge qui nous fera rater la renaissance.

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19 décembre 2007

La fête continue...

Dans la suite de notre programme national de spectacles à ciel ouvert, après Emmaar, Sama Dubai, Boukhatir, Li Ruo     Hong, Nous vous présentons : IIB *

http://www.dailymotion.com/search/tunisie+tunis7/video/x3rli9_tunis7projetimmobilierbahrein_news

*L’International Investment Bank B.S.C (IIB) est une banque d’affaire islamique du Bahreïn qui a été créée en 2003 par des hommes d’affaire et des institutions des pays du Golfe.
Son capital social est de 200 millions de dollars, libéré à raison de 43 millions de dollars.
La banque bahreïni International Investment Bank (IIB) a annoncé le 19 novembre 2007 qu’elle étudie plusieurs opportunités d’investissement très prometteuses et annoncera bientôt des projets attractifs dans la finance et l’immobilier en Tunisie. La banque a déjà contacté plusieurs hommes d’affaires tunisiens pressentis pour des projets communs en Tunisie.

L'Expert du jeudi 29 novembre 2007
( 29/11/2007) "

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15 décembre 2007

Où sont les écolos ?

flamants

Où sont les écolos ?

Cette question fait rire beaucoup de nos compatriotes.
Pour eux les vacances de nos amis les oiseaux à Zembra ou au lac sud, semblent bien dérisoires face au problème du chômage ou face à l’idée du progrès.
A part quelques rabat-joie, les tunisiens informés ont applaudi tous ces mégaprojets qui se profilent à l’horizon.
Dans cet essai je voudrai analyser les raisons de ce consentement tacite et m’interroger sur cette nouvelle politique territoriale.

Il y a -semble-t-il- deux postures qui légitiment ses choix :

- Une posture pragmatique à court terme qui vise à résorber le problème du chômage et impulser l’économie.
- Une posture idéologique à long terme, qui voit dans le gigantisme des projets une occasion d’inscrire le pays dans la course mondiale du progrès.

Ainsi, tout est permis, y compris brader nos richesses naturelles.

Reprenons pas à pas :
La première : Résoudre le problème du chômage et développer l’économie est une priorité sans conteste. Depuis l’indépendance, la Tunisie multiplie ses politiques plus ou moins volontaristes afin d’améliorer la situation pour tous ses citoyens. Malgré ses errances,  les différents gouvernements ont veillé tant bien que mal à inscrire cet objectif dans une visée globale intégrant l’enseignement, la diversification de l’économie, la déconcentration des bassins d’emplois, l’intégration de la femme… bref un projet de société.

L’Etat, selon les médias officiels continue à agir dans ce sens. Peut être, et c’est tant mieux.
Cependant, ces mêmes médias, depuis quelque temps, à trop insister sur le « levier économique » et  l’emploi que favorisent tous ces mégaprojets, banalisent l’idée selon laquelle l’Etat  n’a d’autre choix que de déléguer aux entreprises étrangères sa politique de développement.

Ainsi, cette propagande n’a de cesse de rappeler que la Cité du Siècle ( groupe Sama Dubaï) offrira 140 000 emplois, ou encore la Cité sportive de Tunis (groupe émirati Boukhatir ) 40 000 emplois.

Tous nos quotidiens saluent le Projet de Zembra ( groupe chinois ) ou encore, plus ancien, la méga-station touristique de Hergla ( groupe émirati Emaar ) comme étant des leviers pour le développement et la lutte contre le chômage.
Ils nous révèlent par ailleurs que ces projets –qui, certes, feront travailler nos concitoyens- se destinent à une clientèle dépensière, aisée, venant d’Europe, de chine ou du Golf ( une autre idée qui tend aussi à se banaliser)

Pour résumer, Il devient  naturel aujourd’hui de penser que notre politique économique consiste à créer sur notre littoral des territoires enclavés destinés à une élite étrangère et cela par l’entremise de holdings ou multinationales étrangères. Ainsi résoudra-t-on, selon nos élus, le problème du chômage et développerons-nous notre pays.
Personne ne s’est posé la question de savoir si Jandouba ou Siliana pourraient un jour profiter d’un tel afflux de capitaux. Ou encore pourquoi s’attaquer à des territoires sur-investis (Tunis ) ou  protégées (Zembra) pour diminuer le chômage, alors que le bon sens nous invite à investir dans ces zones sinistrées de l’ouest tunisien entre autres. (j’entends déjà la voix de ceux qui croient dans l’effet d’entraînement )
Je vois cette politique plus comme une démission que comme une solution pragmatique d’un problème complexe  (pas vous ?).
Ou alors, exhortons l’Etat de faire preuve de transparence, et de mettre sur la place publique, les conventions qu’il a signées avec ses partenaires privés, pour nous éclairer sur les conditions imposés aux investisseurs et pour que cessent les divagations et les doutes des rabat-joie de mon espèce.

La deuxième posture qui est d’ordre idéologique soulève une question de fond : Quelle image veut on donner à notre pays et selon quelle vision du progrès ?
Modernité, écologie, développement durable, voilà la termes récurrents qu'emploient les autorités pour nous convaincre.
Les images qu’ils nous assènent nous montrent des tours en verre, des jardins, des bassins, ou encore des hôtels de luxe, des villas, des golfs, des ports de plaisance…
Est-ce dans ces clichés de villes américaines qui, aujourd’hui, sont devenues des contre modèles de développement (le tout automobile, climatisation, émission de CO2…) qu’ils pensent nous vendre la modernité ?
Est-ce dans la domestication d’un lac par des bulldozers ou dans l’installation d’un complexe touristique dans une île protégée qu’ils croient faire de l’écotourisme ?

Il semble que les images du progrès véhiculées par nos décideurs sont celle de l’époque où l’homme se targuait encore de dominer la nature. Cette idéologie de la renaissance théorisée par Descartes ou Bacon a pris fin depuis peu lorsque l’on a pris conscience de la fragilité de la planète et que l’on a commencé à prendre au sérieux les menaces du réchauffement climatique.
C’est pourquoi l’on se demande si ces projets ne sont pas d’une autre époque et si l’on n’a pas raté une occasion rêvée d’être dans la modernité d’aujourd’hui.

Il y avait pourtant un enjeu écologique de taille qui a échappé à nos décideurs et qui aurait pu faire de notre politique de développement un modèle de développement durable respectueux de l’environnement, intégrant l’ensemble des acteurs locaux, protégeant les ressources des générations futures… mais beaucoup diront, que ce dont je parle s’applique seulement aux pays riches sous-entendant que les autres seraient condamnés à répéter les erreurs de leurs aînés.

Où sont ils donc ces écolos  pour dissiper ces a priori et réformer la vision du progrès ? Existent-ils, sont ils absents, ou priés de se taire ?

Notre Agence Nationale de Protection de l’Environnement  (ANPE ) qui fait figure de modèle sur ces questions continue à présenter l’île de Zembra sur la page d’accueil de son site web. On se demande si ce n’est pas pour nous signifier son impuissance qu’elle garde encore cette image.

Et l’Association des amis des oiseaux ? que dit-elle ?

On est amené à penser que ces mégaprojets ne relèvent d’aucune vision prospective tendant à résorber des problèmes économiques et inscrire le pays dans la modernité.
Il s’agirait plutôt d’assister les avatars d’un libéralisme planétaire assoiffé qui profite de l’indulgence (voire de l’allégeance) de certains gouvernements  pour imposer ses bastions ici et là.
Ces holdings laisseraient à leurs hôtes la seule liberté de se servir d’un panel de clichés pour légitimer leurs opérations : entre écotourisme, lutte contre le chômage, développement durable… le choix ne manque pas.

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08 décembre 2007

Nous irons tous au Sijoumi...

Beaucoup d’internautes tunisiens débarquent sur mon site en tapant sur google « offre d’emploi SAMA DUBAI ».
J'adresse mes plus profondes excuses à ces personnes qui, de leur publinet pensent trouver dans ce blog une quelconque piste pour un emploi.
Peut être les aiderai-je plus en leur déconseillant de poursuivre leurs veines recherches.
J’attends comme eux que l’Etat, porteur de ce projet, ouvre un grand site d’offres d’emploi pour la Cité du Siècle...S’il y a promesse de 140 000 postes, c’est qu’il y a derrière une véritable politique d’emploi (non?)

Cependant, je ne peux m’empêcher de penser que dans cette histoire, l’on soit simplement invités à être spectateurs.
Une intuition me dit que l’on suivra de loin un chantier interdit au public. Nous collectionnerons comme des enfants les photos des nouvelles tours qui grimperont vers le ciel. Dans nos cafés nous nous appliquerons à les décrire une à une.
Dans quinze ans, elles seront bâties et elles resteront aussi éloignées de nous que le premier jour où nous les découvrîmes en images.
Suis-je pessimiste ?

Il y a vingt ans de cela, les Flamants roses n’avaient ils pas été heureux, eux aussi, d'apprendre que leur lac sera nettoyé?  On leur avait promis une «Bouhaïra» sans égouts, sans pollution. Peut-être aussi leur avait-on  promis 140 000 emplois?
Puis un jour, ils comprirent qu’il ne leur était plus possible d’y mettre les pattes tellement il était devenu profond : Les ingénieurs avaient creusé dedans pour renforcer les berges.
Ils ont dû partir rejoindre leurs copains du Sijoumi.
Je me demande si dans quinze ans, quand les prix auront grimpé aux environs de cette Cité du Siècle, nous ne risquerons pas nous tous, de rejoindre nos amis du Sijoumi…

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04 décembre 2007

écotourisme à Zembra ?

Alors que se tient la conférence sur "l'intellectuel et les défits de la prochaine étape" , nous autres tunisiens attendons que ces intellectuels sortent de leur coktel et qu'ils viennent nous éclairer sur le sens des images de ce projet d' "écotourisme" de Zembra...
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03 décembre 2007

Une "jeune" s'exprime contre le piratage

Voilà encore un article de La Presse qui suscite la curiosité.
Asma. A signe un texte, au titre « Des aléas de la création » dans la rubrique «paroles de jeunes».

Je m’attendais, de la part d’une jeune, à une critique sur les difficultés que rencontrent nos créateurs tunisiens par rapport au manque de moyens, de soutiens, de diffusion ou peut être simplement de liberté d’expression.
Pourtant ce n’est pas ce que relève notre journaliste : Selon elle, ces derniers ne cessent de décrier «le phénomène de piratage et condamnent un état de fait où la propriété intellectuelle est malmenée, ce qui porte atteinte à leurs créations ».
Mais heureusement dit-elle, notre pays mène une campagne «féroce» contre «les pirates».
(ouf !)

La question de la propriété intellectuelle mérite un vrai débat en soi.Tout en n'étant pas dupe de la lucidité affligeante de notre Presse nationale, je voudrai par ce post pointer du doigt le danger que représente ce type de texte par son art de la diversion:

Rappelons-nous que le sujet du piratage a été mis en débat public il y a quelques jours en France par le rapport Olivennes ( patron de la FNAC)  qui préconise de couper les abonnements des internautes coupables de piratages.
Même si ce rapport est critiquable par sa partialité (n’oublions pas qu’il s’agit d’un parton d’une entreprise dont l'une de ses activités commerciales principales est le téléchargement payant) la question qu'il soulève mérite d’être posée lorsque l’on connaît le volume et la diversité de l’industrie artistique française qui éventuellement dans une logique d’entreprise cherche à contrôler sa production.

Mais dans notre cas à nous, en Tunisie, où les artistes obéissent plus à la loi de la débrouille qu’à celle du marché, je ne vois pas contre quelle menace l’Etat se sent-il obligé de protéger une création qui peine déjà à se faire diffuser.
Je dirai même que nos jeunes créateurs, aujourd’hui, utilisent le net pour se faire connaître et que le seul piratage possible viendrait de nos censeurs officiels qui sabotent leur travail.

Pour résumer, la journaliste lance un sujet pertinent, celui des aléas de la création en Tunisie, ensuite elle oriente le débat vers un faux problème qu'elle tire de l'actualité étrangère, pour terminer par l'éloge du flicage du net, comme si  l'on n'était pas déjà assez surveillé comme-ça.

Notre journaliste en herbe qui rédige ce texte à la Presse, sous couvert d’innocence et de défense de la création, participe sciemment (ou pas) à la répression, à la censure et donc au piratage lui-même.
Si elle était vraiment jeune cette journaliste, je crois qu’elle a raté une occasion de se taire comme tous les autres jeunes de son âge.


source:

http://www.lapresse.tn/index.php?opt=15&categ=28&news=61602

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01 décembre 2007

Un journaliste de la Presse s'exprime librement

Dans mes vaines recherches sur la cité du siècle ou encore le projet des chinois à Zembra, je me résigne et me remets à ma situation du citoyen désinformé et exclu de tout débat.
L’opacité de l’information dans notre pays me pousse à la passivité totale et à la moutonisation. J’espère ne pas céder à cette tentation.
Les mieux informés et qui ont peut être des arguments pertinents font partie, ou se font cooptés par les cercles du pouvoir. Ils deviennent membres de la cellule fermée dans laquelle a lieu le débat.

Car débat il y a. 

Au sein même de ce temple des voies s’opposent, échangent et arrivent à s’entendre. C’est ce qui fait que le pays fonctionne tant bien que mal.
Ce qui se décide nous parvient, à nous ; humbles citoyens, sous forme packagée grâce à nos usines d’emballage et de propagande dont  « la Presse» fait figure de proue.

Les décisions prises nous sont présentées toujours comme étant les meilleures pour le pays, et que donc, il n’y a pas lieu de les questionner. Ils réussissent par cette méthode à construire le consensus.

Il est vrai que, faute d’éléments de dossier, notre critique à nous, humbles citoyens, ne sera jamais fondée. Tout nous manque pour que notre analyse puisse être scientifique. Le jeu est truqué d’avance.
Si nous ne voulons pas nous moutoniser, nous n’avons plus d’autre choix que de nous agiter contre la confiscation du débat. Nous faisons signe. Nous gesticulons. Lorsque l’on daigne nous donner la parole, ou qu’on la prenne par nous même sur internet, elle sonne creux, ou alors elle devient bruit.

Ainsi l’a bien exprimé un ingénieur de l’usine à emballage qu’est la Presse, dans son commentaire sur un débat télévisé (diffusé sur Canal 7) sur l’information :
Sans tarir d’éloge sur la profondeur et le « pluralisme » du débat en question, vers la fin de l’article il parle de nous !

Il est curieux que ceux qui sont censés être des sages soient aussi agités, surexcités et se transforment en donneurs de leçons. Et si ces journalistes étaient invités à l’émission, auraient-ils mieux défendu la profession!? Auraient-ils fait les mêmes commentaires que ceux qu’ils viennent de rédiger!? Curieuse conception des choses et du rôle du journaliste quand celui qui est censé être à la fois le miroir et la conscience de la société plonge dans l’excès, l’extravagance et la vengeance pour tenter vainement de jeter le discrédit sur un débat qui a été profond, pluraliste et qui sera, d’ailleurs, toujours d’actualité, ici comme ailleurs ! »

On aurait préféré qu’il s’arrête à l’éloge du "pluralisme" du débat, car jusqu’à là, il n’aura fait preuve que de professionnalisme en matière de propagande.  
Cependant, le mot de la fin est une humiliation et une insulte gratuite envers tous ceux qui n’ont d’autre possibilité de s’exprimer que par cette triste agitation.
Ces ingénieurs de la propagande, sont des automates qui érigent la censure et le silence en un système rationnel et cohérent.
Je ne comprends donc pas les motivations de ce débordement. Le titre hypocrite de l'article "
Un débat profond et pluraliste" aurait pu offrir l'occasion rêvée de se taire comme de coutume et de laisser tranquilles ceux qu'on a exclu du débat.

Pour moi ce Mouldi M’Brek, ingénieur de l’article en question, se situe dans  la posture du complexé, qui croyant avoir atteint un niveau de notoriété, adresse un bras d’honneur à ceux qui sont restés intègres dans leurs idées.
Il faut reconnaitre, que par cette conclusion, le journaliste fait preuve d’une certaine profondeur d’esprit, puisqu’il sort du sentier battu de la machine à débiter des bêtises, et qu’il nous rassure sur le fait, qu’il détient malgré tout une certaine marge de liberté.

Cette marge c’est nous humilier, nous,  libres penseurs.

 

Annexes :
Article de la Presse Paru le 30 Novembre 2007 signé Mouldi M’Barek : http://www.lapresse.tn/index.php?opt=15&categ=1&news=61363

 « La machine à générer les discours » du blog Astrubal
(http://astrubal.nawaat.org/2004/04/20/l%E2%80%99art-tunisien-de-la-langue-de-bois-logiciel/)
est une excellente caricature du systématisme de notre organe de presse nationale.

 

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26 novembre 2007

des chinois à Zembra

Nous cédons notre lac sud pour construire des tours qui favorisent l'emploi et maintenant nous livrons La préservée Zembra pour du tourisme écologique...
Je propose que l'on construise des universités privées au shott El Djerid ou que l'on transforme les deux cornes du Djebel Boukornine en centre de soins pour retraités.
On n'oubliera pas d'appeler nos amis promoteurs émiratis ou chinois qui ne souhaitent pour nous que du bien et qui espèrent lutter contre notre chômage, protéger notre écosystème et bientôt -on l'espère- investiront dans notre éducation et notre santé.
Il est beau ce monde dans lequel on n'a même plus à nous soucier de notre avenir. Des personnes bien intentionnées veuillent sur nous avec l'aide généreuses de nos représentants élus.
Entre temps, profitons de la vie et regardons le Derby...


http://www.webmanagercenter.com/management/article.php?id=35981

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