12 janvier 2013

L'État parallèle

Les théories politiques vont bon train depuis l'arrivée de Nada au pouvoir. Pour désigner les relation entre ce parti et l'Etat, certains parlent de parti-état et d'autres préfèrent la notion d'Etat dans l'Etat. La dernière théorie en date évoque le concept d'Etat parallèle. Les Ben Simpsons pour se faire peur le soir avant de dormir, se réunissent et cogitent sérieusement sur le concept. Pour eux, l'Etat parallèle est composé de nouvelles entités qui émergent ici et là et qui n'affectent pas les institutions de l'état officiel. Une sorte de cohabitation douce comme préalable, selon eux, à la fusion -voire à l'élimination- de l'Etat classique par l'Etat zaballahiste:

ETATPARALLELE

Ainsi parallèlement à l'école publique apparaissent comme des champignons les écoles coraniques. Parallèlement au mariage civique surgit le mariage coutumier. Parallèlement au Droit positif s'exerce le Droit religieux. Cette théorie s'est développée suite aux évènements du 9 Avril 2012, quand les dites "milices d'Ennahdha" s'attaquèrent aux manifestants (voir ici). C'est alors que l'on parla sérieusement d'une police parallèle commandée par Zaballah. Très vite ces groupes furent identifiés comme faisant partie des Ligues de Protection de la Révolution (LPR). Il s'agit d'associations regroupant un ramassi d'opportunistes, de salafistes et d'Ex-mauves revendiquant leur soutien inconditionnel à Nada et assumant sans complexe leur recours à la violence. Cette théorie semble se confirmer grâce à la dernière enquête de Nawaat.org qui démontre l'implication de membres de Nada dans un business de trafic d'arme. Et pour passer de la Théorie à la pratique, voilà enfin matérialisé par les mots dans l'article 95 du projet de constitution, la possibilité de créer "des formations ou organes armés". Ainsi le texte en question stipule ceci:
"Les Organes de la défense et de la sécurité nationale obéissent aux principes suivants :
- Les organes de la sécurité dépendent du pouvoir exécutif.
- L'État est le seul organe compétent de créer les forces armées et les forces de sécurité nationale ; aucune formation ou organe armé ne doit être créé en dehors de l'armée nationale ou de la sécurité nationale que dans les conditions prévues par la loi.
- Les organes de sécurité assurent leur propre gestion et la formation de ses membres".

Du calme, du calme, les amis! Arrêtez de parler de libanisation ou d'iranisation de la Tunisie. Il s'agit simplement de zaballahisation de la Tunisie!

Le problème avec les Ben Simpsons, même s'ils peuvent être pertinents dans leurs analyses, ils craquent très vite et tirent précipitament la sonnette d'alarme: "Zaba! tu nous manques" crieront-ils...

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06 janvier 2013

Chlékatologie (3)

Le terme Chlékatologie est un néologisme de mon cru. Je l'avais inventé spécialement pour le défunt Tarak Mekki à la suite d'une salve d'insultes que ce monsieur proféra à mon encontre il y a trois ans de cela, lors d'un malheureux échange sur Facebook. Malgré cet incident, je n'ai jamais manqué de tendre l'oreille à ses discours même si j'étais allergique à sa démagogie et à son égocentrisme. Cependant, je suis obligé de reconnaître que ses vidéos sur youtube et ses One-man-shows politiques contribuèrent pour nombre de blogueurs (du moins pour moi) à faire reculer les barrières de la peur contre la dictature. Tarak Mekki est un héros 2.0. J'ai été très triste d'apprendre son décès ce 31 Décembre 2012. Je lui rends hommage ce soir. Je lui retire cet ignoble titre de chlékatologue, pour le décerner à celui qui par le nom et les manières est certainement mieux qualifié pour porter ce titre: J'ai nommé, Rafik Bouchleka, gendre de Zaballah (et accessoirement ministre des affaires étrangères ou "des affaires qui lui sont étrangères" diront d'autres mauvaises langues) 

La blogosphère aujourd'hui

Il est amusant de constater, qu'après la chute de la dictature et la relative émancipation des médias qui s'en est suivie, ce n'est pas un journaliste ni un journal, mais plutôt une blogueuse par qui nous arrive l'un des scandales politiques les plus retentissants de l'après révolution. Olfa Riahi incarne la néo-blogueuse. Elle n'est certes pas l'électron libre de l'avant 14 janvier, oeuvrant en tout indépendance. Peu importe ses relations avec le CPR, cette demoiselle vient de foutre un sacré coup de poignard dans le dos de Zaballah en publiant les factures d'Hôtel de Bouchleka et ses transactions douteuses avec les chinois (voir ici). Ses révélations mettent à nue la débauche de nos nouveaux dirigeants et leur penchant pour la luxure...  

 SARDANAPAL

Émergent alors de nulle part tout un comité de soutien en faveur du ministre. Larbins de Zaballah, clowns bleus en costume d'avocat, viennent au secours du gendre de Ghannouchi invoquant la sempiternelle théorie du complot et la prétendue atteinte à l'image de l'Etat. Fathi Layouni est la figure emblématique de ce manège, celui-là même qui porta plainte contre Sami El Fehri et Lotfi Abdelli (...). Il ne manquera évidement pas de porter plainte contre Olfa Riahi au nom de la Révolution! (nouveau leitmotiv bleu). Bref La Tunisie de Zaballah reconstitue progressivement la même pièce de théâtre de Zaba. Le décor a changé, les costumes ont changé, mais les répliques sont restées les mêmes.  

La mémoire

Il est important de rappeler qu'il y a exactement deux ans, des blogueurs "cyberactivistes" furent arrêtés par la police politique de Zaba: Sofiène Bel Haj, Azyz Amami, Slim Amamou... Morale de l'histoire ? Blogger est très dangereux...pour les dictateurs (Je reprends ici un commentaire de Kerim Bouzouita). J'ajoute que Olfa Riahi est dans le collimateur et Tarak Mekki est au cimetière (il n'y a pas de lien direct entre le décès de ce monsieur et Zaballah). La chlékatologie générale est à l'oeuvre, mes amis. Nous devons faire face à cette tragédie en continuant nos luttes avec l'expérience du passé. L'amnésie serait terrible. Elle nous empêcherait de reconnaitre cette même pièce de théâtre de Zaba qui se reconstitue progressivement sous nos yeux. Prenons garde et restons solidaires...
Sur ce je vous souhaite une zabballahique année 2013 pleine de bonheurs et de révoltes.

PS: La caricature ci-dessus est inspirée du tableau "la mort de Sardanapale" réalisé par Delacroix. Pour ceux qui y voient de la vulgarité je les emmerde et je les préviens que 2013 sera encore plus faste en cul et en blasphème!

27 décembre 2012

L'Affaire Sheraton...

Il y a certes dans l'actualité tunisienne plus prioritaire que la désormais "affaire Sheraton". Cela dit je trouve scandaleux que notre ministre (gendre de Zaballah) multiplie les séjours dans un 5 étoiles à Tunis alors que l'Etat lui paye un chauffeur pour qu'il fasse dodo chez lui auprès de sa chérie. Il s'agit là d'un cas flagrant de malversation, de détournement de fonds, de gaspillage de bien public. En langage zaballahiste, c'est du 7aram, du péché! Pour un représentant international de l'ordre zaballahique, Bouchlaka a doublement failli. Une faute pareille est d'autant plus impardonnable qu'elle a été commise en période de crise économique et politique. Dans un bled qui se respecte, on sauve l'honneur en démissionnant. Bouchleka qui doit son maroquin à son beau papa, qui collectionne les bourdes diplomatiques depuis sa prise de fonction, Vient ici de nous parfaire son image du parvenu, incompétent et malhonnête de surcroît. 

Et comme si tout cela ne suffisait pas, Olfa Riahi, la blogueuse qui vient de nous révéler ce scandale, nous balance dans la figure une possible affaire de moeurs dans laquelle tremperait Bouchleka...On n'est plus au Sheraton mes amis, nous sommes Chez Satan! 
Lire ici l'enquête complète de Olfa Riahi

SHERATON

Lire ici la réponse de Bouchleka

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16 décembre 2012

La Grève générale, péché capital!

UGTT1

UGTT2

Je n'ai encore pas compris comment l'UGTT a pu se dégonfler en si peu de temps. L'essentiel est que tout revienne dans l'ordre et que chacun reprenne son boulot (ou son chômage) dans la foi et la bonne humeur.

Qui a dit que ces grèves faisaient l'unanimité?

Le 8 Décembre dernier, A Sfax, des milliers de personnes ont fait une marche pacifique contre la tenue de la grève générale du 13. Leur manif a été organisée par l’Association du prêche et des sciences théologiques de Sfax. Outre leur dénonciation de la grève et leurs appels à assainir l'UGTT, ces personnes ont également appelé à l'application de la Charia (voir ici).
Mais, quel rapport y-a-t-il donc entre l'UGTT et la Charia? 

PECHECAPITAL

Voulez-vous encore un dessin?

Le scandale

En perpétuant le scandale, on éternise la révolution. Le Scandale avec un grand "S" ne peut être suscité que par ceux qui tiennent le pouvoir. Le Scandale n'émane donc que par le prince et la Révolution n'a de sens que contre le Prince. La succession de scandales depuis la prise de pouvoir d'Ennahdha, explique pourquoi l'élan révolutionnaire ne s'est toujours pas essoufflé en Tunisie. 
Cependant, surgissent de nulle part depuis quelques mois des voix dissonantes, qui usent de slogans révolutionnaires et de violence pour crier au scandale, non pas contre le pouvoir, mais contre les syndicats, les médias et l'opposition de manière générale. La proximité de ces groupes avec le pouvoir décrédibilise toutes leurs revendications, les faisant passer aux yeux de l'opinion avertie, pour des collabos, des sbires, des milices, des chiens aux ordre de Zaballah. Il s'agit d'honteuses organisations de prétendues protection de la révolution, qui recrachent les slogans de la révolution contre la révolution elle-même. 
Parmi ces usurpateurs figurent également des religieux. Dans leurs prêches ces derniers, combinent malicieusement la rhétorique djihadiste avec celle de la révolution. Avec ce cocktail explosif, ils concentrent leurs attaques sur l'opposition et les syndicats qu'ils accusent d'être des ignobles mécréants à la solde des mauves (voir cet article). Cette attitude complaisante envers le régime en place et qui tend à diaboliser toute forme d'opposition constitue un mauvisme. Rappelons que le mauvisme n'est pas le propre des RCDistes. Il s'agit d'un fascisme propre à l'écosystème tunisien. Fascisme qui actuellement  migre progressivement vers les nouveaux cercles du pouvoir et de leurs proches. Ce nouveau fascisme est un scandale.  

Je conclus ce paragraphe par cette vidéo on ne peut plus caricaturale, de la bouffonne en chef du zaballahisme: Raja el Haj Mansour. Mes amis, ne retenons pas le nom de ces usurpateurs, l'Histoire se chargera de les ficher!

Les blessés et les martyrs de la révolution

Parmi les scandales les plus retentissants dont se sont rendus responsables les gouvernements successifs, figure le douloureux dossier des blessés et des "martyrs" de la révolution. Demain, 17 Décembre, ils fêteront deux ans d'oubli, de rejet, et d'abandon. A part quelques associations, à part la générosité de quelques citoyens, l'Etat n'aura rien fait pour leur rendre justice. A croire que derrière leurs drames, se cache un terrible secret. Quelque chose qui fait peur au pouvoir, aux militaires et à la Justice, incapables depuis deux ans, de livrer la moindre piste sérieuse sur les assassins et leurs donneurs d'ordre. Au delà de l'aspect symbolique de l'affaire, il s'agit-là mes amis de réclamer que l'Etat fasse preuve de transparence et de rétablir un climat de confiance. Sans cela sera perpétué le scandale et s'éternisera la Révolution jusqu'à ce que Justice soit rendue.
Demain à midi un sit-in sera organisé devant l'assemblée constituante au Bardo. Venez soutenir les familles des martyrs et des blessés!
Page facebook de l'évènement
page facebook du collectif

09 décembre 2012

Comités de protection de la Zaballahisation

La révolution c'est comme le Coran. A chacun son interprétation. Et ce n'est pas parce qu'ils n'y étaient pas le 14 Janvier que les zaballahistes n'ont pas le droit de l'interpréter à leur façon. En deux mots: leur vision de la dite révolution se résume à la remodélisation complète de la société sur la norme des pays du golfe. Il s'agit d'instaurer l'ordre "capitallahiste" (grand capital, charité pour les pauvres, le tout mijoté dans la sauce bigote). La démocratie pour eux est un moyen parmi d'autres pour atteindre leurs objectifs. S'il s'avère infructueux, ils passent au plan B. Et c'est ce qui se passe en ce moment de l'Histoire où les syndicalistes leur font un bras d'honneur et où les journalistes leur pourissent la vie. Ce plan B c'est surexciter les comités de protection de la révolution: 

PROTECTION

Soyons sérieux

Ça y est! Je le sens en moi. La barre de mesure de mon indignation contre l'actuel régime atteint le niveau de l'époque de Zaba. Ce ne sont pas seulement les bavures policières à Siliana ou encore l'ignoble attaque de l'UGTT qui font monter le mercure de mon indignomètre. C'est aussi l'émergence d'un discours et d'une rhétorique zaballahiste de plus en plus sophistiquée qui évoque l'éternel complot contre la Tunisie et l'islam (ourdi par les cryptos-gauchos-rcdistes), qui vante les mérites du grand capital, justifiant au passage les violences contre les syndicats-gauchos-athées, les journalistes et les opposants. Inutile de dire que du côté de l'opposition (pas seulement gauchistes et syndicats), doivent exister des hommes de la pire espèce. Sauf qu'à force de le rappeler, nous risquons d'entretenir l'illusion de l'existence d'une parfaite symétrie entre Ennahdha et ses adversaires. J'étais, il y a peu, dans la symétrisation systématique, dans le doute, dans le "oui mais...". Aujourd'hui je crois qu'il est urgent de remettre nos pendules à l'heure et de se rappeler de certaines évidences: 

-Le Ministère de l'intérieur est entre leurs mains. Ils ont de fait le monopole de la violence et ils l'ont bien exprimé on ne peut plus clair à Siliana où a été carrément zigouillé du tunisien.
-Les archives du Ministère de l'intérieur sont entre leurs mains. Il ne tient qu'à eux de mettre à la disposition de la Justice (et de la société civile) tout ce qui servira à condamner les corrompus de l'ancien régime.

Alors merde, à quoi servent ces putains de comités de protection de la Révolution s'ils ont tout ce qu'il faut pour condamner les corrompus et appliquer la loi? C'est qu'ils sont donc en train de passer au plan B. Celui que Zaballah a prévu après le prélude démocratique. Le plan qui ne peut jamais être appliqué en Démocratie: Faire plier les syndicats. Ne vous méprenez pas. Pour eux, il s'agit bien évidement de la concrétisation de leur schéma révolutionnaire. La réalisation du capitallahisme exige la neutralisation des syndicats. Il n'y a qu'à voir ce qui se passe au Qatar, à Dubaï en Zarbie Saoudite... 

Grève générale!

Contre le plan B, contre l'ignoble attaque de la centrale syndicale le 4 Décembre dernier par les comités de protection de la révolution, a été lancé un appel à la grève générale (deuxième appel de l'histoire du pays) pour le 13 Décembre 2012. Cet appel n'a pas été émis par le secrétaire général de l'UGTT. Cet appel provient d'outre-tombe...d'un certain Farhat Hached dont la mémoire a été souillée par les surexcités de Zaballah. 

FARHATHACHED

(voir ici)
Il y a comme une odeur de souffre dans l'air...

02 décembre 2012

Les Siliâneries de Zaballah

Rien! Rien de rien. Nos pieux élus n'ont RIEN changé au drame économique qui ruine nos compatriotes des zones sinistrées. 
Redeyef d'abord (2008), Sidi Bouzid (2010) ensuite, et Siliana enfin (2012) se révoltèrent contre la pauvreté, le chômage et l'injustice. 
Rien de rien. Aucune lueur d'espoir. Sauf qu'entre Sidi Bouzid et Siliana, il y a eu une Révolution (rappelez-vous) qui chassa le roi Zaba pour nous ramener par les urnes Zaballah. Biensûr, nous ne nous attendions pas non plus à un miracle économique en seulement deux ans. Mais des débats, des projets, des programmes! Merde, Quelque chose qui donne au moins l'illusion que ça bosse, que ça cogite, que ça réfléchit!
Mais rien de rien. Ils nous ont bassiné avec leurs débats identitaires, la place de l'islam dans la société, le statut de la Femme, le sacré, le péché et toutes ces bondieuseries qui ne nous ont pas fait avancé d'un iota.
Puis Vlam! voilà qu'explose une sérieuse révolte populaire dans la ville de Siliana. Zaballah s'agite dans tous les sens et qu'est ce qu'il nous sort? 

SILIANA

Retour au front 

Mes amis, excusez cette fracassante entrée. J'étais ailleurs et je débarque après une longue migration stupéfait par cette violence qui aurait fait plus de deux-cents blessés. La police fit usage d'une nouvelle arme, parait-il importée du Qatar (qui peut  vérifier cette info?). Il s'agit d'une munition composée de multiples boulettes de plomb Habituellement utilisée dans les fusils de chasse. Certaines victimes auraient même perdu la vue. Zaballah vient de faire sa première grosse boulette. Presque la même qu'avait commis Ben Ali il y a deux ans en tirant sur la foule. Énorme Boulette qui risque de mettre le feu aux poudres.
Nous entrons dans le même scénario révolutionnaire de décembre 2010 pour le meilleur ou pour le pire.
(ce qui est sympa pour un caricaturiste, car il me suffit maintenant de recycler mes anciens dessins d'il y a deux ans...)  

REVOLUTION

Dégage bis?

EXODUS2

Sur ce, bon dimanche. Gardons les yeux ouverts! Le mauve est un serpent de mer.

 

18 novembre 2012

Gaza show

GAZA

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11 novembre 2012

La Tunisie a des gaz

En 2006 commencèrent en Tunisie des prospections en vue de construire des mégaprojets immobiliers avec marinas, terrains de golf et tours climatisées à gogo. La propagande mauve de l'époque vantait le pharaonisme de ces projets prometteurs en emplois, richesses et modernité. Nous étions une minorité à nous insurger contre ces investissements. Nous contestions leur menace écologique (bétonnage à outrance de la sebkha) mais surtout l'opacité du montage financier et l'absence totale de concertation avec les experts, les urbanistes et les riverains. Sous la dictature, tout le monde devait applaudir les milliers d'emplois promis en veillant à bien fermer sa gueule sur les magouilles, pots-de-vin et commissions occultes...sans parler de l'écosystème, et encore moins de la vie amoureuse des flamants roses... Et puis vint la crise, ensuite la révolution, et tous ces mégaprojets sortirent par la porte de derrière un à un, ni vu ni connu.

Mes amis, il ne s'agit pas ici de faire du fascisme écologique ou de s'opposer bêtement au progrès. Nous avons tous besoin d'oxygène et de nouveaux projets, immobiliers, touristiques, culturels, énergétiques...Ce que nous sommes par contre en droit d'éxiger après la chute de Zaba, c'est la transparence et la concertation pour toute intervention sur l'espace public (urbain ou rural, en surface ou en sous-sol)

Quand la révolution risque de faire pschiste...  

Et voilà que surgit le dossier sulfureux du gaz de schiste. La pétrolier Shell envisage d'explorer dans la région de Kairouan un gisement de ce gaz. L'extraction reste malgré toute les précautions, une opération à haut-risque pour l'environnement. Nous n'allons pas exposer ici tous les dangers longuement ressassés ici et là sur le gaz de schiste. Par contre nous devons nous interroger sur nos dirigeants, qui de Zaba, Essebssi à Nada, adorent les gros-bonnets de l'industrie et qui au nom du développement, leurs ouvrent les yeux fermés les cuisses de mère Tunisie. Encore une fois l'argument de l'emploi et du développement économique sera mis en avant, et au diable les nappes phréatiques et la contamination des sous-sols...

schiste

Après la révolution, il y a de quoi s'indigner encore plus lorsque le gouvernement continue à mépriser la société civile (toute fraîche, réveillée par un 14 Janvier), sur un sujet pourtant polémique qui a fait couler beaucoup d'encre du Canada, aux États Unis en passant par la France. Le ministre de l'industrie, "professeur" Chakhari, est allé jusqu'à défendre Shell et vanter le professionnalisme du géant pétrolier accusant les protestataires de propager des fausses rumeurs ou d'oeuvrer pour le compte de partis occultes. Pour un ministre qui se dit universitaire, se montrer aussi désinformé sur un tel sujet osant qualifier de rumeurs des doutes fondés exprimés planétairement, c'est quand-même faire preuve ou bien d'une dangereuse incompétence ou alors d'un intéressement douteux avec Shell.

La société civile marque un point

Sauf que cette fois, la mobilisation de la société civile (sit-in, pétitions, facebook...) a fait reculer nos hauts-fonctionnaires, les obligeant à bloquer le contrat avec Shell et annoncer un moratoire sur le gaz de schiste. Il faut reconnaître que cette action constitue un des fruits de la révolution. Mais la lutte est bien loin d'être terminée. Des exploitations de gaz de schistes existent déjà dans le pays depuis 2010. Selon wikipédia, "Plusieurs sociétés comme Winstar Resources, PERENCO ou Cygam Energy ont déjà commencé à utiliser la méthode de la fracturation hydraulique" (voir ici).

Mais demeure la boite de pandore de l'industrie pétrolière en Tunisie. Une boîte noire inaccessible depuis Bourguiba et qui pourrait révéler bien des magouilles entre grosses boîtes étrangères et fonctionnaires locaux qui se seraient bien partagés le gâteau noir depuis des décennies. Selon certains experts, les richesses détournées par ces circuits occultes auraient pu à elles seules nous assurer une indépendance énergétique. Selon leurs dires, si la collectivité récupère tout ce manque à gagner, elle pourra se passer de nouveaux forages de gaz de schiste et s'épargner les dangers que porte cette technologie sur l'environnement...
Cette histoire de gaz de schiste semble être la pointe de l'iceberg. Il s'agit de la partie visible d'un énorme bloc qui englobe également le dossier explosif du phosphate...Merci donc à ceux qui nous ont ouvert les yeux sur cette question. La lutte continue!

Liste de quelques groupes actifs contre le gaz de schiste:
http://www.facebook.com/groups/229959880465551/ 
http://www.causes.com/causes/785429-petition-arreter-le-massacre-archeologique-et-ecoloogique-du-cimetiere-marin-de-mahdia-tunisie/actions/1689811

04 novembre 2012

Ghannouchi déclare la guerre aux Celtistes

Combien naïf j'étais, pour avoir cru après la révolution, que les tunisiens tout différents qu'ils sont, sauront vivre ensemble dans la foi et la bonne humeur (voir ici). J'avais imaginé une Tunisie toute rose, où bourquistes, nudistes, islamistes, communistes seraient capables de transcender leurs querelles idéologiques pour travailler main dans la main contre la misère, le chômage, l'injustice et la corruption.
Mais voilà la réalité est tout autre. Chacun se replie sur ses positions. Salafistes, Sebsistes ou Zaballahistes chacun pour soi et Allah pour tous. Après la sanglante partie d'échec entre Sebsistes et Zaballahistes (voir ici), nous venons tout juste d'assister à une guerre ouverte entre zaballahistes et salafistes: Ils ne sont plus d'accord: Les zaballahistes aiment Allah. Mais les salafistes l'aiment encore plus. D'où l'énorme différend qui s'est mué en violentes confrontations (voir ici). Le sang a coulé et un imam salafiste brandit son linceul à la télé pour appeler au Djihad contre le gouvernement zaballahiste, responsable selon lui de la mort de deux jeunes de sa mouvance.
Et c'est à ce moment précis que Ghannouchi-Zaballah, s'adressant à ses fidèles, annonce la longue guerre qu'il compte entreprendre contre les celtistes (mouvance quiétiste qui n'a pourtant rien à voir avec tout ce bordel)... 

celtistes
(voir ici)

PS1: Des amis sebkhistes me signalent que l'histoire de ghannouchi contre les celtistes serait de la pure intox ben-simpsonnienne. Je m'excuse donc auprès de mon lectorat pour ce malencontreux désagrément et je demande pardon à Zaballah pour l'avoir accusé à tort de vouloir du mal aux adeptes du celtisme...honte à moi, et santé à Zaballah!

PS2 (ajouté le 5 Novembre à 10h): L'info reste sujette à caution. Entre ceux qui pensent qu'il y a exagération, ceux qui disent qu'il y a décontextualisation, il n'en reste pas moins que la vidéo qui circule à ce sujet montre un Ghannouchi appelant clairement au boycott des grandes surfaces vendant de l'alcool. Cette simple déclaration, prise hors-contexte, constitue à elle seule une déclaration de guerre ouverte contre ceux pour qui, Celtia et Mornag font partie du patrimoine national.
Plus grave encore: cet appel est tout simplement une attaque gratuite contre l'économie de la grande distribution. Par son soucis de séduire le conservatisme de ses fidèles, ghannouchi met en danger un secteur qui brasse des milliers d'emplois. Si ça venait à la limite, d'un Hamma El Hammami, qui pour défendre le commerce de proximité s'attaquerait au grand capital, on pourrait comprendre. Mais là, c'est par pure bigoterie que Zaballah s'en prend aux celtistes, mornagistes, Carrefour et Géant. Il fait preuve d'une stupidité et d'un manque de responsabilité dangereux pour un chef de parti au pouvoir. Je retire donc mon PS1 et recrache ce que j'ai bu à sa santé.

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