Metlaoui

Pas besoin d'être à El-Metlaoui pour convoquer sa généalogie et ses ancêtres en cas de conflit. Si les heurts des Benou Manar contre les Benou Menzah restent encore sympathiques, les derniers affrontements de tribus rivales à El-Metlaoui furent en revanche d'un genre plutôt tragique. Le dernier Bilan compte 11 morts et plus de 100 blessés. Les affrontements ont été déclenchés par des "rumeurs" selon lesquelles la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), principal employeur de la région, aurait favorisé une tribu au détriment d'une autre dans une opération de recrutement (source ici). Ce qui est curieux dans cette affaire, ce qu'un même problème de recrutement injuste par la CPG avait déclenché en 2008 une mini révolution dans tout le bassin minier, El-Metlaoui compris. Ce qui à l'époque fut une sorte d'avant-goût de la révolution de 2011 avec son lot de violence et de répression, nous retombe à la gueule aujourd'hui sous couvert de guerre tribale tel que le déplore nos médias et de nombreux commentateurs de facebook.

Mes amis, n'oublions pas que le tribalisme fait partie du paysage culturel et anthropologique maghrébin, déja très bien décrit par Ibn khaldoun. Bourguiba a réussi à le dissoudre grâce au mythe nationaliste. Ce mythe ne fonctionne que lorsque l'État arrive à redistribuer les richesses et le pouvoir indépendamment des appartenances familiales, claniques et tribales. Malheureusement ces instincts se réveillent dès lors que l'État néglige cette mission. C'est pourquoi, il est insuffisant de se lamenter sur le retour du tribalisme sans se poser la question de la responsabilité de l'État, du gouvernorat, des communes et en l'occurrence, de la Compagnie des phosphates de Gafsa qui semble être dangereusement mêlée à ce jeu népotique et tribal de recrutement.

Il ne faudra pas compter sur nos médias officiels pour nous éclairer plus sur la question. Encore moins sur ces médias vendus aux patrons et à la culture de l'économisme tels Businessnews & Co qui ont trop à faire pour tendre l'oreille à des gueux prolétaires du sud, tribaux de surcroit! Ils n'oublieront pas cependant de nous rappeler le rôle des forces de l'ordre qui contrôlent la situation sans jamais nous expliquer la responsabilité de cet établissement public (CPG) qui après la dictature semble perpétuer encore la politique du clanisme et du népotisme. C'est dire que ces médias perpétuent aussi à leur manière une partialité et un tribalisme de classe hérité de Ben Ali...

Tiens! à propos de Ben Ali...
On l'avait oublié celui-là. Il a suffit qu'il s'exprime après 6 mois de silence pour que sa "mauve"-aise haleine empeste l'atmosphère. Par le biais de son avocat, ce clown n'a pas eu de gêne à traiter de mascarade son procès et de condamner les perquisitions menées dans son bureau et son domicile (voir ici)

Souhaitons-lui un rapide retrour à la terre de ses ancêtres, pour y passer ses derniers jours derrière les barreaux, lui et toute sa tribu!
Sur ce bonne nuit!

.BENAIL