DEBATunisie

25 juin 2022

Enième Complot contre le président ?

Le ministère de l'intérieur déclare avoir pris connaissance de graves menaces visant la personne du président (voir ici). Dans un point de presse organisé le 24 Juin 2022, la porte-parole du ministère annonce qu'un complot ourdi par des agents de l'intérieur et de l'extérieur ciblerait Kaïs Saïed, mais ne donne aucune information sur les auteurs, le mode opératoire du dit complot. Les journalistes présents n'avaient même pas la possibilité de poser leurs questions, ils furent remerciés par un "circulez y a rien à voir !".

Rappelons que ce n'est pas le premier prétendu complot visant Zabaïed. Certes il est encore loin de rivaliser avec Castro qui aurait échappé à 638 tentatives d'assassinats fomentées par la CIA (voir ici). Mais tout de même; depuis qu'il s'est installé au château, il y a eu l'affaire de la baguette empoisonnée, puis celle de l'enveloppe piégée. Sans parler de tous les complots auxquels ne cesse de faire allusion le président depuis qu'il s'est installé à Carthage en 2019. Aucune suite n'a été donnée à toutes ces affaires.

COMPLOT1

Mais les Tunisiens ont toute confiance en leur ministère de l'intérieur qui depuis Ben Ali, déploie son intelligence et son génie, pour nous (dé)voiler l'origine des complots, des coups foireux, des machinations, des conspirations et de toutes ces diableries qui n'ont cessé de ponctuer notre putain de vie de citoyen désinformé. 

COMPLOT2

Avec Zabaïed on ne sait plus si le ministère de l'intérieur passe son temps à déjouer les complots, ou à faire joujou avec le complotisme généralisé.

Ma théorie du complot

Nous nous dirigeons vers une dictature. Mais le véritable moteur qui pousse vers cette dictature, c'est le ministère de l'intérieur. C'est lui qui a intérêt à garder bien fermée sa boîte noire. L'épisode révolutionnaire a quelques peu fissuré son enveloppe étanche, mais avec l'arrivée de Zabaïed, cet homme peu expérimenté, devient permis l'espoir de réinstaurer l'impunité de la police et de voir refermée à jamais la boîte noire. Un pacte faustien a été scellé entre les deux parties : Zabaïed ne se mêlera point des affaires de la police et la police le laisse graver son nom dans le marbre entre Hannibal et Bourguiba. 

Afin d'éviter que cet ex-prof de droit, impulsif et têtu ne trahisse le pacte, la boîte flattera l'égo de son partenaire, l'isolera du commun des mortels, et fera tout pour qu'il ne puisse se passer de son magistère. L'intérieur n'aura de cesse de lui agiter les prétendues menaces et les faux complots qui pèseraient sur lui, pour que Zabaïed se mette dans la tête qu'avec le ministère, c'est à la vie à la mort ! 

C'était donc ma modeste contibution à la complotite générale.   

Posté par __z__ à 21:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

23 juin 2022

"Se7r" Story à Carthage (II)

L'article suivant a été d'abord publié sur le site d'information Mondafrique et fait suite à une ancienne BD de l'époque de Zaba, réalisée en août 2010 (voir ici), et à une autre BD réalisée à l'époque de Tartour dessinée en décembre 2013 (voir ici). Dans tous ces articles, il est question d'architecture de Pouvoir et de sorcellerie...

Le Palais de Carthage

Elle parait bien lointaine cette époque où fraichement élu, le président Saied refusait de s'installer au palais de Carthage. Prétextant sa proximité avec le peuple, ce dernier tenait à rester dans sa modeste villa de la Mniha, dans la banlieue nord de Tunis. Les services de la présidence devenaient fous craignant pour sa sécurité, mais Saïed insistait. L'escorte présidentielle entre sa maison et le palais bloquait quotidiennement le trafic sur Tunis, provoquant la colère des riverains. Au bout de quelques jours, Saïed a dû se résigner et déménagea avec femme et enfants dans le château.   

CARTHAGE

La malédiction 

Kaïs Saïed devait savoir que cette demeure était habitée par de malins esprits. De Bourguiba à Essebsi, l'histoire témoigne que tous les locataires du palais furent frappés par une malédiction. Certes, différente pour chacun : on se rappelle surtout du passage de Ben Ali (23 ans) dans lequel le complexe présidentiel était devenu un véritable repère de sorciers et de marabouts à la demande de Leila Ben Ali, son épouse, qui avait tenté en vain de chasser les mauvais esprits (voir ici). On se rappelle également du passage de Moncef Marzouki, surnommé Tartour par les tunisiens, qui a perdu la boule depuis (voir ici) et qui ne s'en est toujours pas remis. Pareil pour Essebsi, qui a dû invoquer tous les saints de Tunis pour se protéger. Mais cela n'avait pas fonctionné comme prévu et il mourut en cours de mandat dans d'étranges circonstances.

Maison hantée

S'expliquent alors les craintes légitimes de Kaïs Saïed, cet honnête prof de Droit obligé malgré lui d'habiter cette maison hantée. Malheureusement, on ne s'y est pas trompé: les tunisiens furent témoins depuis son déménagement de sa progressive métamorphose. L'esprit s'est d'abord manifesté dans le corps-même du président. Le pays tout entier constata la boule qui gonfla soudainement dans le ventre de Saïed, comme si l'esprit s'était installé dans ses entrailles (Peut-être que Saïed, porte-il la descendance du démon de Carthage?). Puis, ce sont ses expressions de visage, ses mimiques, sa gestuelle qui transformèrent ce paisible professeur en un monstre méconnaissable, éructant jour et nuit contre les traîtres et  les corrompus de la nation

 
Saïed le prophète

Le 25 Juillet 2021 il renversa la table et s'accapara les pleins pouvoirs. Paradoxalement, les Tunisiens voyaient d'un bon œil cette force démoniaque, car finalement il fallait bien un miracle de ce type pour chasser les méchants islamistes. Le désespoir des tunisiens était tel qu'ils fermèrent les yeux sur toutes les dérives qui ont suivi. Car Saïed, est devenu un dictateur comme Ben Ali et Bourguiba mais cette fois, le bonhomme manifeste des signes encore plus troublants : Saïed est de plus en plus obsédé par Allah. Il explique qu'il agit d'abord pour le Tout Puissant. Il anime dans le château des remises de prix de lecture de Coran et ordonne aux flics de punir les cafés ouverts en plein mois de Ramadan. Il cite le texte sacré, des anecdotes de la vie du prophète et accuse ses ennemis d'hérésie. 

ALLAHRETOUR_blog

Les Zombies 

Mais beaucoup de tunisiens, même les plus progressistes, continuent à voir en lui un espoir. On leur a fait croire que celui-ci enlèvera la mention de l'islam du premier article de la Constitution (qu'il a décidé de réécrire, soit dit en passant). Leur désespoir les a rendu tellement aveugles, qu'ils n'ont pas du tout compris que celui qui chassa les islamistes, se prend carrément pour le prophète. Pour couper court à toutes les rumeurs, Saïed  annonce dans sa dernière apparition médiatique, inscrire la notion de "Umma" (communauté de croyants musulmans) dans le texte. Il rajoute de fait encore plus d'Islam dans la Constitution, et éloigne de plus en plus la Tunisie d'un projet de société où Allah, le prophète, les marabouts, les esprits, les anges et les démons demeureraient confinés à jamais dans les sous-sol antiques du Palais de Carthage.
               
En tout cas avec Saïed, l'esprit de Carthage non seulement s'est propagé dans tout le pays (à voir tous ces zombies qui adulent le président), mais il aurait carrément muté, manifestant une forme singulière que la Tunisie n'a jamais connu depuis Bourguiba à Essebsi.

Conclusion

Pour la prochaine Révolution, il faudrait prévoir de raser le palais et procéder à des fouilles sur l'ensemble du site archéologique de Carthage pour élucider le mystère de cet esprit malin qui s'acharne sur la Tunisie et qui rend fou ceux que le destin placent à la tête de l'Etat.

PROPHETE_blog

Scène évoquant la révélation faite au prophète par l'ange Gabriel dans la grotte Hira près de la Mecque.
(1) ZABAIED est la contraction de ZABA (acronyme de Zine El Abidine Ben Ali, l’ancien dictateur) et de SAIED, l’actuel président tunisien accusé d’autoritarisme.
(2) "Chléka" veut dire Claquettes dans le dialecte tunisien. Par métonymie, elle désigne de manière négative le porteur de claquettes.

(3) "La Mnihla" est la banlieue de Tunis dans laquelle habitait Kaïs Saïed avant de s'installer au palais de Carthage.   

05 juin 2022

"Chlékisation" à plein régime

Avant d'entrer dans le vif du sujet, je souhaite rappeler à mes chers lecteurs que depuis que je subis les restrictions de Facebook et Twitter, mon blog est pénalisé à son tour par ricochet. Ce qui me pousse de plus en plus à faire des incursions dans différents médias d'information, tels que Nawaat, Le Courrier International et très récemment le site d'information Mondafrique.

Ce présent post compile les trois derniers articles parus sur Mondafrique, que je réadapte ici. Par contre, le paragraphe et le dessin suivants sont inédits. 

Le vif du sujet   

Kais Saïed, Alias Zabaïed, vient d'ordonner la révocation de 57 magistrats sans même leur accorder le droit de recours. Non content d'avoir dissous le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM), le président renforce son offensive contre une Justice "incapable de se nettoyer par elle-même" selon ses dires.

Certes personne ne nie, et ce depuis Zaba, que cette Institution est malade et qu'elle nécessite un traitement de choc. Depuis trop longtemps notre Justice a été instrumentalisée par le Pouvoir, par la Police et par l'argent. Après la Révolution sa situation a même empiré. Elle est à juste titre accusée d'être la source de l'échec de ces dix dernières années. Son semblant de clémence envers les terroristes et les corrompus a ancré dans l'inconscient collectif tunisien, une profonde détestation de l'institution dans son ensemble. Zabaïed profitant de cette aversion générale a décidé depuis son coup d'état de mettre la main sur la Justice, bafouant sans le moindre scrupule le principe de séparation des pouvoirs et le principe de présomption d'innocence (des 57 magistrats).

Je disais donc que depuis Zaba, le vice de notre Justice tunisienne, c'est justement d'avoir été instrumentalisée par le Pouvoir et la Police. Ce sont ces deux "monstres" qui entament sa première corruption (la deuxième corruption, celle de l'argent, découle mécaniquement de la première). Et c'est exactement ce que vient de reproduire Zabaïed avec la Police: instrumentaliser la Justice. Je dis bien Zabaïed AVEC la Police.

Car vous remarquerez, surtout depuis le coup d'état, que la complicité entre le président et le ministère de l'intérieur n'a jamais été aussi flagrante. Vous remarquerez aussi, cette obsession psychotique que manifeste notre président pour le nettoyage et la purification qu'il compte mener sur tout le territoire tunisien SAUF ! comme par hasard, sur la forteresse du ministère de l'intérieur...

La preuve de ce que j'énonce vient du fait que Zabaïed justifie ses révocations sur la base de rapports du dit ministère. On note que parmi les motifs évoqués, l'atteinte aux bonnes mœurs figure parmi les chefs d'accusation, exactement comme sous Zaba. Ainsi, un des juges a été limogé en raison de sa participation à des orgies (ce n'est pas une blague !). La magistrate Khira Ben Khlifa aurait été ciblée à cause d'un dossier dans lequel elle aurait résisté aux pressions exercées par l'épouse même du président (Leila Ben Ali est de retour !!). Mais le prétexte de sa révocation mentionne une sombre histoire de "sexe avant mariage" ("zina"). La police l'aurait même incitée à faire un test de virginité (Ecoutez son témoignage sur Mosaïque FM à partir de la minute 5:00). La caricature ci-dessous, n'est donc pas une caricature...    

GANTS

Nous sommes en droit de penser que le couple Carthage/ministère de l'intérieur, s'est reconsolidé comme au Mauve-vieux temps. Allons même plus loin : Zabaïed, qui d'après ses plus proches collaborateurs serait vulnérable psychologiquement (on se rappelle du témoignage de Nadia Akacha, elle aussi mise sur écoute) pourrait être cette marionnette dont la Police espérait l'avènement depuis la fuite du père Zaba...

Certains signes ne trompent pas: le dispositif sécuritaire autour du ministère de l'intérieur est un excellent indicateur. Depuis le 25 Juillet, ce dispositif prolifère comme une tumeur qui ne cesse de croître au détriment de la grande Avenue. Quelle honte, quel scandale, quelle offense à l'esprit de la Révolution que de voir la police coloniser ainsi ce lieu symbolique. 

Autre signe : La présence d'Ahmed Friaa dans le comité de "réflexion" autour de la nouvelle Constitution. Pour ceux qui ont oublié, ce monsieur fut nommé ministre de l'intérieur sous Zaba en pleine révolution. Son court passage à la tête du ministère de l'intérieur aurait coûté la vie à 60 personnes. Friaa est le symbole même de la répression. Alors voir ce sinistre personnage participer à l'écriture de la Constitution, je ne sais pas pour vous, mais pour moi, cela n'inspire rien de bon...et confirme le "mariage Orfi" entre la Police et Carthage.


 Zabaïed coupe les ponts avec Venise

(Article paru le 01 Juin sur Mondafrique)

VENISE

Tout en poursuivant sa politique de démolition des maigres acquis démocratiques de la Révolution, Zabaïed semble mener en parallèle une politique d’isolement de la Tunisie. Après s’être mis à dos les Etats Unis -ces derniers parlent du décevant virage du Pouvoir tunisien-, notre impulsif président vient de déclarer “persona non grata”, la très gentille “commission de Venise”. 

C’était ce lundi 30 Mai : la Tunisie assiste depuis la page Facebook de la présidence, à un Saïed qui hurle à l’ingérence et qui somme la commission de prendre ses cliques et ses claques et de “s’occuper de ses gondoles” (ce sont ses propres mots).

Zabaïed n’a tout simplement pas digéré l’avis négatif de la dite commission sur la faisabilité du référendum du 25 Juillet prochain. Référendum qui rappelons-le, est destiné à valider la nouvelle Constitution… laquelle Constitution, n’a toujours pas été présentée aux tunisiens.

La Commission de Venise

Cette fameuse Commission qui dépend du Conseil de l'Europe, a été fondée en 1990 après la chute du mur de Berlin. Il s’agit d’un organe purement consultatif, qui aide, assiste et conseille les gouvernements en matière de Droit constitutionnel. Cela signifie que son avis demeure théorique, comme l’avis technique d’un ingénieur à qui l’on soumet l’esquisse d’un architecte. 

Mais Saïed se prend pour le grand architecte de l’univers. Notre président ne supporte pas tout ce qui pourrait mettre en doute son dessein messianique. Il veut aller vite, et personne ne pourra entraver ce 25 Juillet, la réalisation de son Grand Œuvre : SA Constitution! C’est sa créature, son bébé à lui. Alors gare aux gondoles qui osent l’en empêcher !

l’Hubris de Tunis

Ce modeste prof de droit, parti de rien, devenu président, n’avait déjà que faire de l’avis de ses collègues tunisiens. Après avoir pris sa revanche sociale sur ses anciens collègues bourgeois de la fac de Droit (on pense notamment à Yadh ben Achour), Zabaïed entend défier ses confrères à l'international. 

La Tunisie s’habitue à assister en direct, via la page facebook de la présidence, à un homme rongé par ses complexes qui met en spectacle sa victoire et qui tient à humilier publiquement ses rivaux, ses opposants traités de traîtres, de vendus ou de nostalgiques du protectorat (aux membres de la commission de Venise, il ironise sur leur Nostalgie de l’époque de Jules Ferry).

Certains évoquent sérieusement l’atteinte psychologique du président. Chacun y va de son diagnostic de psy du dimanche. Entre ceux qui identifient en lui le complexe du messie, la schizophrénie, la bipolarité ou Asperger, les débats sur la santé mentale de Zabaïed vont bon train depuis le 25 Juillet dernier. 

Quant à la Tunisie, elle semble de plus en plus atteinte du syndrome du radeau de la méduse…


 La "chlékisation" de la république Tunisienne

(Article paru le 25 Mai sur Mondafrique)

CHLEKISATION

Le concept de “chlékisation” n'existe qu'en Tunisie, ce petit pays de l'Afrique du nord qui avait brièvement attiré l'attention de la planète lors de sa révolution de 2011. Ce concept donc, est tiré du mot “Chléka”, qui veut dire en arabe tunisien, claquettes ou tongs, et qui par métonymie désigne la personne porteuse de ces chaussures légères. C'est plus qu'un concept, c'est carrément une philosophie de vie. Car le "chlékeux" concentre sa pensée et sa matière grise dans ce bout de plastique qui recouvre ses pieds et qu'il traîne dans les rues en sortant chercher du pain. Un chlékeux, n’a pas de tête mais il est têtu. Il n’a jamais vu le ciel mais croit dur comme fer à Dieu. Les chlékeux se reconnaissent entre eux et détestent les chaussures mais fantasment sur les talons aiguilles. Quand ils sortent en ville, ils n’aiment pas trop qu’on les reconnaisse. Ils se chaussent alors de leurs plus belles godasses et passent inaperçus. 

C’est le cas de Kaïs Saïed, notre actuel président de la Tunisie. Personne n'avait remarqué qu'il portait de fausses chaussures, bien cirées de surcroît. Pourtant depuis 2011, il passait à la télé et à la radio, et avait déjà tout annoncé de son projet "chlékatologique". Mais personne ne prêtait vraiment attention à ses paroles, puis ses mocassins de prof de droit, donnaient à son verbe un verni trompeur qui a induit en erreur une foule de gens qui ont voté pour lui en 2019.  

Les mêmes chaussettes

Quand il a été élu et qu’il s’installa au palais, il a gardé ses mêmes souliers sans changer de chaussettes et ce jusqu'au 25 Juillet 2021, jour fatidique où il a foutu un coup de pied dans la fourmilière islamiste. Profitant de la débâcle générale et d'un soutien populaire massif, Saïed ne s’est pas gêné. Depuis, il a commencé à dévoiler ses petits orteils et à mettre en place son nouvel ordre chlékatologique, exactement comme il l'avait annoncé il y a bien longtemps. 

Je vous disais que personne n'écoutait vraiment ses discours à l'époque, mais je me trompais, car les chlékeux et les chlékeuses qui savent se reconnaître entre eux, eux, ils avaient déjà tout compris. Ils n'attendaient que ce jour où la Chléka allait enfin prendre le Pouvoir.

C'est alors que débute la démolition des maigres acquis de la révolution. Constitution, Parlement, Justice, élections, tout y passe. L'opposition qui regroupe islamistes et autres redoublants de la révolution traînent depuis leurs babouches et peinent à mobiliser les foules qui semblent de plus en plus conquises par le pouvoir hypnotique de la Chléka.

Le lèche-chlékage, un sport très répandu

Saïed a désormais les coudées franches pour carrément réécrire la Constitution et poser ainsi le jalons d'une nouvelle République sur mesure.

Il fabrique une "commission consultative pour une nouvelle République" et nomme à sa tête deux belles paires de chaussures, le bâtonnier Brahim Bouderbala et le doyen de la fac de Droit, Sadok Belaïd. Cela n’étonna pas grand monde, puisque ces deux-là avaient déjà eu l’occasion de montrer leur zèle à cirer les pompes du président (“lèche-chlékage”)
Ils rejoignent ainsi la petite cohorte de chlékeux et de chlékeuses qui entourent le président.
Ils n’auront pas de mal à se mettre d’accord puisque Saïed a viré de la vitrine les basquettes, les babouches et les mocassins accusés d’avoir trahi la nation.
Saïed s’est même débrouillé pour faire fuir sa secrétaire talon aiguille, Nadia Akacha.  
Bref, pour les chlékas, la Tunisie en ce moment c’est le pied !


 La dictature douce de Zabaïed

(Article paru le 18 Mai sur Mondafrique)

opposition

Kaïs Saïed, le président tunisien, surnommé « Zabaïed » (1), qui par un coup de force en juillet 2021, s’est attribué tous les pouvoirs ou presque, est le premier dictateur arabe à avoir compris qu’il ne fallait surtout pas mettre en prison son opposition.

Il ne reproduira donc par l’erreur de Zaba, alias feu le président Ben Ali (7 novembre 1987-14 janvier 2011), qui à force de martyriser ses médiocres opposants, en a fait des héros. Rappelons qu’après la révolution, ce sont ces mêmes « héros » qui de Zaballah, surnom du chef islamiste Ghannouchi (2), à Marzouki, Président de la République en 2011, en passant par Chebbi et compagnie, ont corrompu et fait dérailler la plus prometteuse révolution du monde arabe, celle de la Révolution du 14 Janvier 2011.

Donc, comme je disais, Saïed a laissé libres de circuler et de manifester dans le bled, la plupart de ces figures marquantes qui furent au pouvoir durant 10 ans, et qui sont retombées le 25 Juillet 2021 dans l’opposition (date du coup d’État). Certes il en a malmené quelques-uns, puis il a laissé pour d’autres la Justice faire le boulot.

Mais de manière générale, Kaïs Saïed a bien vu que la Tunisie exécrait tellement cette classe politique qu’il n’avait vraiment rien à craindre de son existence.

Tristes choix

Ce dimanche 15 Mai, ils étaient tous là, sur l’avenue, même ceux du sud, Chebbi et le fils maudit, pour dénoncer le Putsch de Zabaïed. La police les a laissés exprimer leur rejet du coup d’état sans qu’il n’y ait eu le moindre débordement. Ils étaient plusieurs centaines, plus nombreux que la manif des pro-Saïed, la semaine d’avant.

Ce triste paysage politique donne l’image d’une Tunisie acculée à choisir entre un dictateur autiste et une racaille islamo-affairiste. Mais la réalité est toute autre, car d’après les « taxistes » de Tunis, conducteurs d’oracles au compteur (pour ceux qui connaissent), la catastrophe économique à venir risque de tout balayer...Saïed compris.

(1) ZABAIED est la contraction de ZABA ( acronyme de Zine El Abidine Ben Ali, l’ancien dictateur, et de SAIED, l’actuel président tunisien accusé d’autoritarisme.

(2) ZABALLAH est la contraction de ZABA et ALLAH , en référence à Rached Ghannouchi, chef des islamistes tunisiens, accusé par ses détracteurs de vouloir imposer une théocratie en Tunisie. 

14 mai 2022

L'affaire Shireen Abu Akleh met à nu la propagande occidentale

Je déteste être indigné. Mais je le suis en ce moment, quand je constate l'insistance des médias occidentaux à se cacher derrière "le doute", la "prudence" ou encore l'objectivité scientifique pour ne pas se prononcer sur l'origine de la balle qui a tué la journaliste palestinienne Shireen Abu Akleh. Si les images de la brutalité de la police israélienne, hier, durant le cortège funèbre de la journaliste (voir ici), ne font plus de doute quant à l'origine du mal, l'origine de l'oppression et donc l'origine de la balle qui a pris pour cible la journaliste, alors prenons acte une nouvelle fois, de la faillite morale de ce "block" appelé occident, et enterrons une bonne fois pour toute ce mythe d'un occident gardien universel des droits humains. 

Imaginez un seul instant la réaction de ce même block, contre ceux qui osent émettre un doute, appeler à la prudence ou à l'objectivité scientifique sur le massacre de Boutcha. Quelle différence entre la propagande de Poutine qui ose accuser les "néo-nazis" ukrainiens d'avoir tiré sur leur propre camp, ou la propagande israélienne accusant les "terroristes" palestiniens d'avoir tué la journaliste ? Aucune.

SHIREEN_blog

La concomitance entre ce qui se passe en Palestine et la guerre en Ukraine, met à nu l'hypocrisie occidentale, et explique pourquoi s'ouvre devant les velléités impériales Sino-russe, un énorme boulevard...pour le meilleur, mais je crains surtout, pour le pire.

PS: je ne veux surtout pas exclure l'idée d'une commission d'enquête. Mais il y a des vérités objectives qu'on constate par une lecture de l'histoire, et par l'accumulation de faits.   

Posté par __z__ à 14:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

07 mai 2022

Ons Jabeur, notre ultime espoir !

Dans une Tunisie dominée par l'irrationnalité, on en revient à compter sur les étoiles pour faire basculer le destin du pays. 
En Juillet 2021, quand la population était désespérée par la gestion calamiteuse de la crise du Covid, la qualification de la championne Ons Jabeur en quart de finale de Wimbledon, a été perçue comme un signe d'espoir envoyé par le ciel (voir ici). Quelques jours plus tard, le 25 Juillet, Zaballah fut destitué et la Tunisie cria victoire !     

ONSJABEUR01

Mais la joie fut de courte durée. Le président Zabaïed qui fut pourtant l'architecte de la disqualification de Zaballah, se révéla être un piètre joueur. Incompétent, impulsif, imprévisible, souffrant -parait-il- de troubles physiques et mentaux, Zabaïed est devenu en à peine quelques semaines un véritable boulet pour le pays.

C'est pourquoi en ce 7 mai 2022, la Tunisie se voit à nouveau obligée de reconvoquer l'étoile Ons Jabeur pour espérer une note d'optimisme et une lueur d'espoir. Ce sera dans quelques instants à l'Open de Madrid où elle est attendue en finale...         

ONSJABEUR02

Posté par __z__ à 18:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

04 mai 2022

Zabaïed rédige la Constitution à huis clos

Alors que les grands empires entrent en confrontation et que la menace de la 3ième guerre mondiale se fait de plus en plus pressante, le petit village d'irréductibles carthaginois vit encore et toujours en dehors du temps. Grâce à notre président, la Tunisie requestionne les fondamentaux et tente de réinventer un système politique révolutionnaire.  

Certes, une telle invention ne peut se heurter qu'au scepticisme et à l'incompréhension. Ses anciens rivaux politiques le traitent (Saïed) de putschiste, d'usurpateur voire de fasciste. Certains de ses anciens collaborateurs vont jusqu'à douter de sa santé mentale (son ex-secrétaire Nadia Akacha pense qu'il est gravement atteint, voir ici). Sans parler des critiques extérieures : ambassades, chancelleries, agences de notation, ou le tout récent rapport de RSF qui évoque le net recule de la liberté de la presse sous la présidence de Zabaïed (voir ici).

Malgré tout cela, notre président encore soutenu par une partie de la population, poursuit quand même son projet de réécriture de la Constitution et ce en étroite collaboration avec les plus brillants esprits du bled...  

WC_blog

PS : Le titre du dessin est tiré de la conclusion de cet article de Hatem Nafti.

Et sinon, à mes lecteurs et à tout le peuple tunisien, je souhaite un joyeux Aïd, et un heureux retour à la "normalité" !

RAMADAN_blog

...Peuple tunisien schizophrène qui, sous certains aspects, n'a rien à envier à l'aliénation mentale de son président. 

Posté par __z__ à 13:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,

30 avril 2022

Dictature en marche...

Sans surprise, Zabaïed poursuit méthodiquement son chantier de démolition des maigres acquis de la révolution (voir ici). Après la Constitution, le Parlement, la Justice, il vient de s'attaquer à l'Instance Supérieure Indépendante pour les Elections (Isie) (voir ici). Désormais, c'est lui qui nommera tous les membres de cette instance. Il ne reste plus de doute quant au projet dictatorial de Zabaïed. Les prochaines élections législatives de Décembre prendront des aires de mascarade électorale comme au "Mauve"-vieux temps.  

URNE

J'en profite une nouvelle fois, pour redire ce que je pense de tous ces imbéciles qui le soutiennent. Oui je suis remonté, je suis révolté, je suis hors de moi. Je pointe du doigt surtout nos Ben Simpsons. Je suis d'accord avec eux sur un seul point. La révolution a été très mauvaise pour la Tunisie, pas seulement pour avoir fait émerger les islamistes, mais pour avoir donné à nos bourgeois la possibilité de s'intéresser à la chose publique et de nous donner des leçons. Qu'est ce qu'on était bien sous Zaba, on ne les entendait pas.

Aujourd'hui les voilà en train de nous expliquer que la révolution est un complot, que la démocratie est inadaptée à nos populaces, et que grâce à Zabaïed on est débarrassé des islamistes. Que Zabaïed soit lui-même un allahiste salafisé, peu importe tant que celui-ci "libère" la Tunisie de cette horreur occidentale nommée démocratie. Non pas que nos Ben Simpsons soient des fascistes de droite par conviction (ils le sont par défaut), ce n'est même pas ça : il n'y a simplement aucune idéologie derrière leur raisonnement. Il y a juste la bêtise de ceux qui n'ont jamais lu des livres d'histoire...

Posté par __z__ à 13:38 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

20 avril 2022

Il y a quelque chose de pourri dans le royaume d'Allah

Un pétrolier en provenance d'Egypte, a échoué au large de Gabès. Nous ne savons pas grand chose sur les causes du naufrage, sur l'opération de pompage en cours, ni sur l'ampleur de la probable catastrophe écologique qui menace dangereusement la faune et la flore d'un littoral déjà fortement pollué (voir ici). Certes, nous ne sommes plus à un cataclysme près, et de toute façon, la question écologique en Tunisie n'a jamais passionné les foules et n'a jamais été l'enjeu d'aucun projet politique. Puis en ce mois de Ramadan, des sujets plus urgents monopolisent l'attention... 

GABES_BLOG

Les polémiques qui ont fait tâche et qui ont fortement pollué le débat public en ce moment, tournent principalement autour de la sexualité dans le royaume d'Allah. Que ce soient par les feuilletons télévisés, émissions radio, clashs dans les réseaux sociaux, on croirait que le mot a été donné, pour qu'on ne débatte plus que du cul halal. Est-ce la faute du public qui n'a pas dépassé le stade anal, ou est-ce la faute de notre élite médiatique qui par facilité et cupidité tire l'intelligence vers le bas et nous égare des vrais débats ? 

J'aimerai bien trouver cette vidéo de Sami El Fehri, un des piliers de cette élite, qui explique que sa formule consiste à écrire des intrigues capables de perpétuer le scandale et le buzz, afin de vendre plus cher l'espace publicitaire. Son feuilleton de ce mois-ci, "Innocence", ne déroge pas à la règle. Il fait une audience record de 5 millions de spectateurs. Il y aborde la question de la polygamie.

Pourquoi pas...Mais le scandale que recherche El Fehri, n'a rien d'une dénonciation, ou d'une critique de société. Sami el Fahri est un faux transgressif. Il perpétue les clichés d'une société conservatrice, où les femmes seraient éternellement soumises au dictat d'une tradition machiste et bigote ou sinon, quand elles s'en libèrent, elles seraient soumises au monde de la nuit, de la prostitution et de la drogue. Tel est le destin de la femme dans l'imaginaire binaire de Sami El Fehri et de ses scénaristes. Que pouvait-on aussi attendre de ce repris de Justice, producteur et produit du Trabelsisme...

Mais alors qu'en est-il de Zabaïed ?

Du côté de Carthage, ça tire encore plus vers le bas. Zabaïed, qui a pourtant réussi l'exploit de faire sortir les islamistes par la petite porte, a fait entrer progressivement Allah par la fenêtre. Si bien que pour ce mois de Ramadan, il avait lui-même insisté pour fermer les portes et les fenêtres de tous les cafés et restaurants. Il ne cesse de répéter que le Coran demeure sa suprême référence, et ce depuis qu'il a attribué à la Constitution la fonction de paillasson. Et pour bien montrer au peuple qu'Allah a vraiment déménagé de Monplaisir à Carthage, voilà qu'en ce mois sacré, il organise dans la grande salle de cérémonies, la remise de prix du concours national d'apprentissage du Coran ! Non, ce n'est pas une blague.

Le pire dans cette histoire, et pour revenir au sujet de la sexualité au royaume d'Allah, Zabaïed se met en scène avec une fillette d'à peine 9 ans voilée de la tête aux pieds. Une enfant, "sexualisée" par ce voile, se fait donc remettre un prix par le président, pour son apprentissage du Coran (Voir ici). Je répète :

Une enfant, a été ramenée à sa condition de femelle par un chiffon, afin de probablement faire éviter aux mâles, en l'occurrence Zabaïed, une érection. Cette enfant a été prise en photo officielle par "notre" président qui la récompense de son apprentissage d'un texte vieux de 14 siècles, qui légitime la violence contre les femmes, qui autorise la polygamie, et qui institue la virginité comme unique certificat d'accession au marché du bétail (le mariage)...

HYMEN_BLOG

Bref, le stade anal, voilà dans quoi patauge notre civilisation. De la même manière que l'on peut se poser la question du paragraphe précédent, à savoir qui de l'élite médiatique ou du peuple serait responsable de la médiocrité du débat, l'on peut aussi se demander de manière plus générale, si c'est l'allahisme qui abrutit la société, ou si c'est la société abrutie qui allahise les gens et qui nous ramène un idiot du village à la tête de l'Etat ?

A ces questions pour lesquelles je n'ai aucune réponse, je ne veux pas passer pour celui qui se croit plus malin. 
Je suis qu'un pauvre type, qui n'a aucune prise sur un monde qui s'effondre devant ses yeux. Je ne fais que regarder sans proposer l'esquisse d'une solution. Je regarde juste pour trouver un prétexte à esquisser un dessin en couleurs. 
Je ne vous souhaite donc pas de joyeux Ramadan.

20 mars 2022

Mosaïque FM dans le collimateur de Zabaïed ?

Dans son projet de personnification du Pouvoir, Zabaïed progresse doucement mais sûrement. Après avoir neutralisé le Parlement, la Constitution, la Justice, lui restait encore à conquérir les médias. Zabaïed encercle par étapes ce vaste champ. Son régime a déjà mis la main sur une cible facile, la télévision nationale, qui est devenue depuis le 25 Juillet, un instrument de propagande. 

Rappelons que notre président jouit d'une situation assez extraordinaire : il n'a pas encore besoin d'user de la censure et de la répression pour faire taire l'opposition déchue (islamistes, abiristes et autres) car c'est la population elle-même qui vomit leurs "aboiements". Ce qui insupporte notre président, ce sont les médias à grande audience, sans affiliation partisane, qui osent critiquer ouvertement son Pouvoir. Mosaïque FM incarne un peu cela. L'émission Midi Show en particulier, est devenue le RDV de tous ceux qui veulent respirer un air pur dégagé de la pollution saïediste.

De fait, un missile (excusez mes métaphores imprégnées de l'actu internationale) vient d'être tiré par Carthage sur Mosaïque : Sur ordre du procureur du tribunal de Tunis, a été convoqué le rédacteur en chef de la Radio Housine Debbabi, la journaliste Amal Manaï, et a été placé en garde à vue le journaliste Khalifa Guesmi, toujours en détention depuis le 18 Mars 2022 (voir ici).   

JUSTICE

Suite à sa diffusion d'une information sur le démantèlement d'un réseau terroriste, le journaliste a été arrêté pour son refus de communiquer ses sources. Le procureur viole délibérément la loi protégeant le secret des sources "en vertu" de la loi antiterroriste (comme toujours). Or, le syndicat des journalistes (SNJT) explique que l'information était déjà disponible sur les pages Facebook des syndicats de Police, et que rien dans ce que le journaliste avait publié ne pouvait entraver, ou mettre en danger une opération déjà médiatisée par la Police via ses réseaux sociaux !  

Tout cela ressemble donc à un avertissement qui menace tout le secteur des médias, déjà assez mal au point. Tout cela ne présage rien de bon, et conforte l'hypothèse du projet autoritaire de Zabaïed.

Conclusion

Il est important de rappeler que le président ne jouit plus de sa popularité du 25 Juillet tel qu'en témoigne le fiasco de sa consultation populaire qui se termine aujourd'hui (voir ici). Saïed profite simplement du décrochage de l'opinion lessivée par 10 ans d'échec démocratique. Cette démission générale lui donne l'illusion d'avoir les coudées franches pour assoir sa dictature. Mais avec la pénurie de blé qui se dessine à l'horizon (voir ici), la dégringolade de la Tunisie par les agences de notation (voir ici), l'avenir de Zabaïed semble de plus en plus compromis !

19 mars 2022

Quel horizon pour Z ?

Notre Président Don Kaïshiotte de la Mnihla n'a jamais autant ressemblé au personnage de Cervantes. Avec la pénurie de blé à l'approche de Ramadan, Zabaïed est monté sur ses grands chevaux pour combattre les méchants "meuniers" spéculateurs. Il les accuse de stocker la farine pour affamer le gentil peuple tunisien. Certes, il ne faut pas sous-estimer la cupidité de nos contrebandiers tunisiens. Cependant, si ce phénomène semble se renforcer en ce moment précis, l'explication serait peut-être à trouver ailleurs ?

Sauf que notre président, voit le monde avec les yeux d'un enfant de quatre ans. Pour lui, la terre serait peuplée de gentils et de méchants. Il est incapable d'appréhender les raisons intrinsèques à la corruption dans notre société. Zabaïed ne voit que le phénomène mais en ignore le mécanisme, la structure sous-jacente, le monde capitaliste tel qu'il fonctionne, la géopolitique et puis et puis : notre dépendance à 50% du blé russe et ukrainien (chiffre à vérifier). Bref, Zabaïed continue sa perpétuelle lutte contre des moulins à vent.

PENURIE_BLE

A propos de la Russie et de l'Ukraine

Depuis que la Russie a commencé son occupation militaire de l'Ukraine, je n'ai jamais vu autant de spécialistes du Dombass, de la Crimée et des bataillons d'Azov dans le facebook tunisien. Devenus de vraies encyclopédies ambulantes sur l'histoire contemporaine et médiévale de l'Ukraine, ces individus ne manquent pas d'arguments pour justifier la guerre. Attention chers amis ! Je ne minimise nullement les torts de l'occident, son hypocrisie, son deux poids deux mesures, ses invasions du Vietnam, de l'Irak, de l'Afghanistan, et j'en passe. Mais delà à trouver sympathique Poutine et justifier sa guerre, je n'en reviens pas.  

Je constate par ailleurs (d'après mes approximations facebookiques) que ces personnes sont souvent les mêmes qui, depuis longtemps, défendent Assad, qui croient en Allah mais qui conchient les islamistes (qui ne seraient qu'une fabrication occidentale). Ils croient religieusement que le printemps arabe est un complot américain. Ce sont des conservateurs, occidentalisés dans leur mode de consommation, pour qui la démocratie est une conspiration libérale. Dans leur fort intérieur, un dictateur est un moindre mal. Ils ne regrettent pas Zaba et refusent de reconnaitre le despotisme naissant de Zabaïed. Ils sont fascinés et émerveillés par le faste de Poutine, sa table kilométrique, les dorures de son palais et la virilité de son discours. Car tous ces attributs sont l'antithèse de cet occident qu'il honnissent.  

Alors je profite de cet article pour mettre en vrac mes derniers dessins concernant cette guerre. J'ai malheureusement cédé à la pression de Facebook, préférant les publier sur les réseaux sociaux plutôt que sur mon blog: 

Dessin du 23 Février 2022 

Je ne croyais pas encore que Poutine allait passer à l'acte... 

BIPOLAIRE

Vous remarquerez que j'ai mal dessiné Poutine, car je ne maitrisais pas encore ses traits...

Dessin du 24 Février 2022 

Le dessin suivant, je l'ai esquissé pile poil avant l'attaque Russe. Je croyais encore que Poutine faisait du cinéma.

PSYCAR_33_poutine

Cette caricature a été soigneusement commentée dans une émission de France Culture (à partir de la 44ième minute)

Dessin du 27 Février 2022 

JARDIN_ENFANTS

Dessin du 13 Mars 2022 

Le dessin suivant est une reprise d'une BD de 2017 (voir ici). Il illustre les probables conséquences directes de la guerre sur l'été 2022 en Tunisie. Déjà que notre tourisme se porte très mal depuis les attentats de 2015, qu'en restera-t-il quand nos russes seront partis ?  

TOURISTE_RUSSE

Dessin du 14 Mars 2022 

L'indignation très légitime que suscite l'agression de l'Ukraine par la Russie, provoquera-t-elle un sursaut de conscience face à d'autres agressions ? Ou s'agit-il encore une fois d'une indignation à géométrie variable motivée d'abord par une solidarité inter-occidentale ?
Dans ce dessin je rappelle le cas de la Palestine : parfait exemple de cette hypocrisie occidentale qui donne beaucoup d'eau au moulin de nos "néocons" locaux que je citais ci-dessus. 

UKRAINE_PALESTINE_IGR

Dessin du 15 Mars 2022

Le cas éloquent du Yémen, met en évidence le deux poids deux mesures des occidentaux. 

UKRAINE_YEMEN_CARRE

Conclusion

Le "Z" s'en est pris des coups ces derniers temps. Associé d'abord à Zorro, puis au magnifique "Z" de Costa Gavras, à la génération "Z", et j'en oublie d'autres, le voilà repris par le facho français Zemmour, et depuis 20 jours, "Z" devient la marque du dictateur psychopathe Poutine et son armée.
Question : Quelle autre dernière lettre de l'alphabet puis-je donc utiliser pour me purifier de ces souillures ?
Et quel horizon pour _Z_ ?

PENURIE_BLE_FR

18 février 2022

L'âne et le flamant

L'histoire récente de la Tunisie se raconte à la manière d'une fable animalière *. Après que la faune de la Sebkha ait chassé le tyrannique Lion Zaba, les plaines furent envahies par des hyènes et des loups qui ont mené une politique de chasse et de rapine sur tout le territoire. Certaines espèces ont dû migrer. Même la végétation s'en est trouvée affectée. Plus rien ne poussa. Il régna un tel chaos que les derniers habitants de la Sebkha en arrivèrent à regretter le despotisme du vieux Lion Zaba.

Puis un jour émergea de nulle part un âne qui annonça la bonne nouvelle. Les ânes, les mules, les vaches et les moutons de toute la Sebkha ont répondu très vite à l'appel et ont constitué un énorme troupeau dont la taille effraya les loups et les hyènes. Ces derniers ont dû battre en retraite. Ils ont perdu leur contrôle sur la Sebkha mais ont réussi à sauver leur peau malgré les menaces proférées par le saint âne.

Le saint âne justement, brait matin midi et soir contre les hyènes et les loups, promettant de les chasser pour toujours et de restituer à la Sebkha ses trésors volés. Le troupeau continuait à le suivre en s'abreuvant de ses âneries. Même les tigres, les renards et les serpents du vieux lion Zaba se faufilèrent parmi les autres dans ce qui est devenu une énorme "caravâne".

Le saint âne refusait de discuter le chemin car il disait suivre la volonté du troupeau, lequel troupeau affirmait suivre la volonté de l'âne. Cette étonnante alliance entre le saint âne et sa suite intrigua quelques rares chiens égarés. Leurs aboiements et leurs signaux d'alerte devant la caravâne qui passe, ne changèrent rien à la situation. Même qu'on les accusa de rouler pour les loups et les hyènes. Certains émissaires de jungles étrangères ont commencé à leur tour à s'interroger sur ce curieux manège et ont même menacé d'isoler la Sebkha. Les Loups et les hyènes profitant de cette situation sortirent petit à petit de leurs tanières.    

Tous ces avertissements venant de l'intérieur comme de l'extérieur de la Sebkha, ne perturbèrent ni la détermination du saint âne à suivre la volonté du troupeau, ni la détermination du troupeau à suivre la volonté de l'âne... 

caravenerie

Mais les vivres commencent à manquer, et les âneries ne suffiront plus à nourrir des ventres de plus en plus affamés. Mais le saint âne est toujours confiant. Il n'a pas hésité lors de son dernier voyage dans les forêts du nord à annoncer la bonne nouvelle à la planète tout entière. Mais il semble que sa parole n'ait pas trouvé l'écho mérité, le Nord ne comptant pas autant d'ânes et de moutons réceptifs à son appel...

Morale de l'Histoire : Quand les ânes prennent le Pouvoir, les flamants deviennent des chiens, et les loups volent dans le ciel. 

* Je me suis quelque peu inspiré d'une fable de Gilbert Naccache qui sera éditée bientôt et dont j'ai illustré la pochette de couverture. A suivre... 

Posté par __z__ à 17:03 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,

13 février 2022

Zabaïed n'aime pas les riches ?

Zaba avait les moyens de sa dictature. Il avait su profiter d'une conjoncture mondiale favorable aux despotes orientaux qui prétendaient faire barrage au terrorisme. C'était l'alibi de Ben Ali, lui qui a bien su incarner le chien de garde contre les barbus. La Tunisie bénéficiait alors des faveurs de l'occident, qui nous envoyait fric et touristes contribuant ainsi à faire tourner l'économie. On a vécu des années durant dans l'illusion d'un pays qui fonctionne. Certains parlaient même du "miracle tunisien", même si au fond, personne n'était dupe de l'envers du décor. 

Zabaïed, 10 ans après, remet le couvert. Profitant de l'échec d'une classe politique corrompue qui a rendu tout un peuple allergique à l'idée même de démocratie, Zabaïed instaure une nouvelle dictature mais sans les moyens requis. Le soutien qu'il aurait pu attendre de l'occident n'est plus garanti et l'aide du FMI que nenni. La Tunisie a perdu son statut sexy de "l'unique démocratie arabe", et retombe dans l'anonymat. Zabaïed est aux abois, et tente depuis son coup d'état d'amuser la galerie. Il scénarisera la série "la chasse à Zaballah" composée de plusieurs épisodes histoire de gagner du temps. Rebondissements et suspense garantis ! ça dissout, ça gèle, ça assigne à résidence. La proie -Zaballah- est cernée, mais on la laisse en liberté pour maintenir la tension. On profite de l'anniversaire de l'assassinat de Chokri Belaïd pour ressortir les vieux dossiers en y rajoutant encore de nouveaux éléments croustillants. Le public apprend que Zaballah est encore plus méchant. On le savait assassin, gourou, parrain de mafia, voilà qu'on le découvre Big Brother auprès d'Ooridoo. La tension arrive à son paroxysme, Zaballah est carrément assiégé dans son château (voir ici)...mais toujours pas inquiété. Selon ses proches il en a profité pour faire la sieste. 

Zabaïed, cet idiot du village, s'avère finalement être un habile scénariste qui sait faire usage de l'émotion pour tenir les foules en haleine. Sa diversion lui permet en parallèle de faire tomber un à un, les derniers contre-pouvoirs et ce sous les applaudissements d'un public qui a complètement perdu la raison. 

Le dernier bastion tombé fut le Conseil Supérieur de la Magistrature, salué par tous, même par le comité de Chokri Belaïd...

BELAID

Et après ?

Tout cela ne résout pas le problème de Zabaïed à long terme. A moins de signer un contrat avec Netflix pour une deuxième saison de "la chasse à Zaballah", il faudra bien nourrir la foule en popcorn ou gare à la révolution. L'occident boudant la Tunisie, il est urgent de se tourner vers des pays moins regardants...  

Le 10 Février, dans un discours aussi décousu qu'indigeste (comme d'ailleurs tous ses discours) Zabaïed nous sort une perle. Persuadé de son éloquence, il se laisse emporter par ses palabres et trahit le fond de ses pensées. Ainsi nous révèle-t-il son aversion pour les riches, et déclare-il deux fois, refuser de s'assoir à côté de personnes manifestant des signes de richesse. Certes, et pour ne pas décontextualiser ses propos, Zabaïed s'attaquait à la corruption des fonctionnaires et des juges, mais sa confusion entre les riches et les corrompus est trop fréquente pour qu'elle ne passe inaperçue. 

Nos quelques milliardaires (les 40 familles qui tiennent l'économie) ont dû trembler un instant, mais pas trop longtemps, car eux aussi savent que tout cela fait partie du show. D'ailleurs le jour-même, Zabaïed a reçu à Carthage toute une délégation de Wahha(grosses)bites pour négocier une aide et préparer la venue de l'héritier du trône saoudien MBS, un gars qui ne sent, mais vraiment pas du tout, ni le fric ni la corruption...
ASSOIR

Certes, nous sommes peut-être sur le point de nous débarrasser définitivement de Zaballah, mais je crains que ce soit au prix de notre wahha(grosse)bitation profonde... à suivre

08 février 2022

Tabula Rasa

Dans sa stratégie de "tabula rasa", après avoir suspendu le Parlement, la Constitution, Zabaïed vient de dissoudre le Conseil Supérieur de la Magistrature (voir ici). Sous prétexte que la Justice est incapable de se nettoyer par elle-même, notre Président jette l'eau du bain avec le bébé sous les applaudissements des Ben Simpsons mais aussi de certaines figures de la gauche tunisienne. 

JUSTICE00

JUSTICE01

Je me revendique moi-même d'une sensibilité de gauche, mais pitié ne me confondez jamais avec cette gauche tunisienne revancharde prête à s'allier avec n'importe quel dictateur au nom de sa lutte aveugle contre les islamistes.
Gauche qui par ailleurs, ne s'est jamais vraiment battue pour évacuer l'Islam de la Constitution et de l'éducation nationale, et qui accuse les gens comme moi de rouler pour les islamistes... 

Le drame dans tout cela, c'est que Zaballah court toujours et continue à se faire passer à l'étranger pour le gardien de la Démocratie.

Kaiser le Bulldozer

Si beaucoup de tunisiens soutiennent Saïed c'est parce qu'ils sont bêtes. Désolé mais je n'ai pas trouvé d'autre explication à ce phénomène. Ils sont bêtes. Tout à fait ! J'en suis sûr. Je ne vais même pas démontrer ce que je viens d'écrire, car quel autre adjectif saurait mieux qualifier ceux qui pensent que la terre est plate ? ils sont bêtes. Aussi bêtes que 1+1 font 3. C'est certain.

Je suis désolé chers lecteurs pour la pauvreté de mon analyse, mais nous en sommes en Tunisie à devoir encore expliquer après deux dictatures (Bourguiba et Zaba) pourquoi ce qu'un homme qui s'arroge les pleins pouvoirs et qui suspend toutes les instances constitutionnelles est appelé DICTATEUR. Dans notre pays, nous en sommes encore à démontrer que la terre est ronde tandis que nos détracteurs nous accusent d'être des satellites islamistes. 

C'est leur bêtise qui a laissé Saied mener son chantier méthodique de démolition des maigres acquis de la Révolution. Et c'est parce que résiste le dernier pilier, celui de la liberté, que ces imbéciles se croient peut-être en démocratie. Alors préparez vous chers amis, ce n'est plus qu'une question de jours ou de semaines, car Zabaïed entame sa dernière ligne droite...

TABULARASA

Je me demande d'ailleurs par quelle force occulte, je continue à perdre mon temps à suivre l'actualité d'un pays où l'espoir semble être anéanti. Peut être à cause de Boukornine ?  

25 janvier 2022

Démission de Nadia Akacha

Nadia Akacha, énigmatique conseillère du président, vient de démissionner (voir ici). Cette dame au look austère, s'est imposée comme un personnage clef dans la hiérarchie du pouvoir. Elle est l'ombre de Saïed, la gardienne de ses secrets, sa "secrétaire" personnelle au sens propre du terme. Alors quand celle qui est dans le secret des Dieux claque la porte dénonçant un profond désaccord avec son chef et qu'en plus elle prie pour le salut du pays dans sa lettre de démission, il y a lieu de s'inquiéter et d'exiger des comptes.

Exiger des comptes ? mais que dis-je ?

Nous savons depuis longtemps que dans nos pays de m*de, les gens du Pouvoir ne rendent jamais de comptes. Quelles explications peuvent-ils sérieusement soumettre à leurs citoyens, quand ce sont d'abord les intrigues du palais qui décident du sort de millions de gens ? Quoi rendre compte quand la chose publique se trouve piégée entre les mains de personnes médiocres projetées par le hasard de l'Histoire dans les sommets du Pouvoir ?
Je pense que la réalité de ce départ intempestif d'Akacha s'inscrit dans cette médiocre réalité. Un fait banal, une simple -et pourtant cruelle- lutte de pouvoir et hop! elle claque la porte. Je ne crois pas que cette dame soit partie pour des raisons relavant d'un désaccord politique au sens noble du terme, au sujet du bien commun, de l'espace public ou de l'écosystème (encore moins des flamants roses) .
Non ! je ne crois pas que ces gens débattent sérieusement de ces questions. La plupart des conflits qui ont dû faire trembler les murs de Carthage depuis sa construction, de Bourguiba à Saïed, n'ont dû concerner que les luttes de clans et les égos surdimensionnés de ses locataires.
Nous ne saurons donc rien du départ d'Akacha car la banalité de son départ est inavouable.
Toutefois, cette dame était la seule personne qui pouvait donner un semblant de normalité dans cet asile de fous qu'est devenu ce château de Carthage. Son départ ne présage donc rien de bon...

ZABAIED01

ZABAIED02

ZABAIED03

.. je confirme, ça va très bien !

Posté par __z__ à 01:53 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , , ,