DEBATunisie

06 septembre 2016

Word War _Z_

Dans ma quête désespérée d'inspiration, il m'arrive de regarder des blockbusters de science-fiction post-apocalyptique américains. Très révélateurs de l'inconscient collectif de la première puissance mondiale, ces films peuvent servir d'efficaces outils de compréhension géopolitique. Si l'on pousse loin l'analyse, ces films nous donnent un avant goût de la sauce à laquelle nous risquons d'être bouffés si nous nous bougeons pas le cul, nous autres peuplades des pays sous-développés.
C'est avec cette grille de lecture que j'ai regardé depuis mon poste de commande de la Sebkha, un gros navet qui a dû coûter 10 fois le budget annuel de la ville de Tunis. Il s'agit du film Word War Z. Le beau Brat Pitt y joue le rôle du sauveur de l'humanité contre l'invasion planétaire des Zombies. Lui, l'américain bien-veillant qui aime sa famille et sa patrie, se bat contre un virus inconnu qui transforme sa proie en Zombie et qui par simple morsure, prolifère à une vitesse exponentielle. L'humanité est ainsi divisée entre le camp des non contaminés -une minorité de privilégiés- et le grand nombre de Zombies, morts-vivants assoifés de sang qui se meuvent en foules déchaînés. Dans des scènes impressionnantes et parfaitement bien rendues (au moins ça), est dépeint le pire scénario de l'émeute globale, où la police et l'armée ne peuvent plus rien contre la détermination d'une masse humaine d'enragés. On y lit une allusion inconsciente à ce que l'imaginaire américain -voir occidental- peut craindre de pire si devaient un jour fusionner les émeutes "noires", le printemps arabes et les révolutions sud-américaines. Dans ce scénario catastrophe jusqu'à là classique, c'est l'évocation d'Israël qui m'a interpellé : Brad Pitt, en soldat de la paix, est amené dans ses pérégrinations à s'intéresser à l'une des dernières forteresses de l'humanité : Jérusalem. On nous explique que le pays a su se protéger avant tout le monde grâce à une gigantesque muraille qui ceinture la cité (Allusion évidente au Mur "anti-palestinien"). La caméra à un moment donné, filme un drapeau Israélien flottant fièrement dans un univers dévasté. Le réalisateur du film, révèle peut-être un autre a priori de l'imaginaire collectif américain: Israël est à l'avant-garde de la guerre à venir contre les zombies. Entourés de tous ces arabes, le foyer juif n'est-il pas depuis un demi siècle un exemple en la matière ? Les humains contre les Zombies (terroristes, barbares, arabes, musulmans, pauvres, réfugiés, migrants...)
Ce Blockbuster dans sa naïveté, annonce une idée monstrueuse de l'avenir: l'israélisation contre la zombification. Ce qu'on appelle la montée de l'extrême droite en occident, n'est qu'un euphémisme pour nommer un phénomène plus inquiétant que seul le cinéma ou la littérature sont capables d'anticiper. Ce phénomène est déjà à l'oeuvre. Nous l'observons en Europe où s'érigent des murailles infranchissables contre la horde de clandestins, migrants, réfugiés violeurs d'allemandes... L'Amérique votera peut-être bientôt pour le président capable de repousser enfin les Zombies drogués mexicains en dehors des frontières...Partout nous observons des signes annonciateurs de cette guerre civile globale...Impossible dans tout ça de ne pas évoquer Daech qui incarne la vitrine médiatique du processus de zombification/israélisation.

Nous sommes les _Z_ombies !

Je ne crois pas que la pauvreté, la misère ou la colonisation expliquent à elles seules la "zombification" de certaines communautés humaines. En Zaballahie par exemple, et pour revenir à nos moutons (c'est bientôt l'aïd), nous sommes les premiers responsables de notre barbarie. Nous ne sommes pas seulement victimes du Satan occidental qui nous a spolié nos terres et nos richesses. Je reste persuadé que nos croyances religieuses constituent la source invisible de notre sous-développement. C'est même ce qui a dû faire de notre pays et ses voisins Zombies, des territoires colonisables.

À l'heure où l'Humanité débat sur le climat, l'intelligence artificielle, la mécanique quantique, Le boson de higgs, le voyage dans l'espace, les exoplanètes et j'en passe... nous en sommes encore à discuter du code vestimentaire des femmes, de la représentation du sacré, de la taille de la Chleka de la dernière épouse du prophète... 
Pas étonnant qu'à un moment donné, avec l'Israélisation de la planète, nous nous fassions exterminés. Que peut-on faire contre la sélection Darwinienne si nous continuons à exhiber aussi stupidement nos tares ?  
Si j'en suis arrivé à de telles dangereuses conclusions mes amis, c'est parce que j'ai pété un câble. Parmi les derniers éléments déclencheurs de mon pétage de plombs, c'est cette nouvelle passée presque inaperçue: Le ministère des affaires religieuses qui, pour lutter contre le réchauffement climatique, appelle à : la prière de la pluie*.
Certes c'est une tradition de zombie bien de chez nous, mais aujourd'hui j'en ai honte... Même que je flippe pour l'avenir.

BOULLAH

En attendant, la cariatide ne cesse de gronder. Tic tac ...
Comme c'est la merde partout, réservez votre place au paradis en vous convertissant dès à présent au Boukornisme, nouvelle religion de votre humble serviteur _Z_, Zombie de la Sebkha...

*Dans un communiqué rendu public ce jeudi 01 septembre 2016 sur sa page officielle Facebook, le ministère des affaires religieuses a appelé tous les directeurs régionaux des affaires religieuses à coordonner avec les autorités régionales dans tous les gouvernorats du pays et avec les imams des différentes mosquées pour accomplir la prière rogatoire dans l’ensemble des région de la République et ce dans les plus brefs délais. Rappelons que l’ancien ministre de l’Agriculture Saâd Seddik avait affirmé que la Tunisie est actuellement frappée par la sécheresse et est en dessous du seuil de pénurie hydraulique avec 460 m3 par habitant et par an. D’après lui, la situation risque de se détériorer davantage s’il n’y a pas de pluies dans les mois à venir.(source)

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29 août 2016

Ça chauffe dans l'entrecouilles de Boukornine !

"Lorsque la cariatide, ou petit peuple, s'avise de se mêler de ce qui ne la regarde pas, à savoir la gestion des affaires publiques, l'oligarchie dominante répond par un feu roulant visant à écraser toute velléité d'indépendance" *

Mes amis je vous mets à témoin, avant que la "cariatide" ne se réveille, avant que la colère refasse exploser le volcan révolutionnaire et surtout avant que n'éclate le feu de notre oligarchie trébuchante encore timide mais qui déjà s'agite dans tous les sens ne sachant plus que faire devant la catastrophe imminente. Mes amis, je profite de la torpeur de la qayla pour vous faire part de mes inquiétudes et du mauvais pressentiment qui habite la Sebkha.
Nous avons tous observé le tout récent spectacle de la dite Oligarchie. Sous couvert de Gouvernement d'Union Nationale, elle a eu l'honnêteté de reconnaître qu'elle est vraiment unie : Mauves, zabatistes, zaballahistes, syndicalistes, gauchistes et capitalistes sont représentés dans le nouveau cabinet dirigé par le nouveau premier ministre Youssef Chahed. Ce premier de la classe, à peine 41 ans, col blanc et superbe cravate, le gendre idéal, bon élève de l'establishment et de la culture OGM, nous a gratifié d'un poignant discours devant l'assemblée le vendredi 26 août 2016 (voir ici). La majorité des élus (167 /217) ont apporté leur vote de confiance. Les médias ne se sont toujours pas remis de leurs émotions tellement il est beau, tellement il cause bien notre nouveau premier ministre. Puis la Ben Simpsonnie se félicite encore de la pertinence du discours du technocrate qui a osé dire enfin la vérité aux tunisiens !

youssef-CHAHED

Mais qu'a dit vraiment notre nouveau premier ministre ?

D'abord, et avant de faire l'exégète d'un discours que certains qualifient déjà d'historique (voir ici), notez mes amis que plus le pouvoir, ou plutôt l'oligarchie, se targue d'unir ses différentes sensibilités, ses différents courants, ses différents partis (...) plus la situation, ou plutôt SA situation, va mal. On se serre les rangs, on oublie ses anciennes querelles, ses jalousies et on s'unit tous en pointant son arme contre la menace de la cariatide qui gronde. Dans les couloirs du palais, on chuchote qu'un vent de colère populaire se prépare. Certains parient sur Octobre, d'autres le prédisent pour Novembre. Quoi qu'il en soit, l'entrecouilles de Boukornine s'échauffe et ça se sent de partout. Alors bien sûr, Youssef Chahed dans ce contexte de tempête imminente, promet de lutter contre la corruption et tout le monde applaudit. La mémoire courte de la Bensimpsonnie oublie que Ben Ali lui-même faisait de la lutte contre la corruption son slogan de campagne. La perspicacité de Chahed lui fait constater que la situation va mal, et encore une fois tout le monde applaudit. Il rappelle que le pays est endetté et qu'une politique d'austérité sera nécessaire. Chahed reconnaît l'échec de l'Etat, mais insiste sur la responsabilité des grévistes, des "sitinneurs" et de manière général le citoyen coupable selon-lui du stationnement sauvage, de la saleté dans les rues et du bordel général. Chahed use de manière plus fine de la rhétorique mauve selon laquelle le tunisien n'est tout simplement pas mûr... ( cette analyse a largement servi d'argument pour justifier la dictature et dédouaner le régime de toute responsabilité)

Que propose-t-il ?

Rien. Il nous présente simplement un diagnostic et des idées vagues de thérapies mais sans nous expliquer vraiment comment il compte opérer. En réalité, le jeune Youssef Chahed n'aurait pas pu faire plus. Simplement, je m'interroge sur l'enthousiasme général qui a suivi son discours. La peur semble gagner l'oligarchie au pouvoir mais aussi la bourgeoisie qui s'accroche comme elle peut à tout ce qui bouge tant que ça porte une cravate et que ça ressemble à un banquier combien même celui-ci appelle à l'austérité.

Conclusion

Je n'ai pas de conclusion pour cet article, cela fait longtemps que je n'ai plus écrit sur ce blog, j'ai perdu l'esprit de synthèse ( si tant est que j'en ai vraiment eu ) J'en suis à sentir les choses plus qu'à les penser, et je trouve rien de bon dans ce qui s'offre à nous sous couvert de Gouvernement d'Union Nationale. Il n'y a pas plus honteux que de chercher des compromis mous entre acteurs politiques et ce après une révolution puis d'accuser le peuple d'incivisme pour justifier ses échecs. En attendant la cariatide se réveille...

* extrait de la conférence d'Henri Guillemin sur la Révolution française ( voir ici )

16 août 2016

Boukornisme : la nouvelle religion

Chers amis, chers fidèles, vous qui avez constaté mon silence, c'est à vous que je m'adresse aujourd'hui. Je compte sur votre attention et votre totale adhésion.

À l'heure où la Révolution vient d'être enterrée, à l'heure où l'on observe le retour en force du népotisme, de la mafia et de tous ces dégueulasses puants qui contaminent les scènes politiques de tous les pays. À l'heure où la planète toute entière se prépare au retour imminent de la barbarie générale, nous n'avons plus que trois choix: Se replier sur soi et abandonner les grandes luttes du genre humain, se faire exploser au nom d'une religion...ou alors créer une nouvelle religion ! 

À la Sebkha* de Tunis, nous cogitons justement depuis quelque temps sur une nouvelle spiritualité plus adaptée aux besoins et aux attentes du terrien du 21ème siècle. La Tunisie pionnière en expériences révolutionnaires, sera cette fois non pas un laboratoire politique, mais un champ d'essais religieux. Cette nouvelle foi que nous allons vous présenter est en open source. Elle se nourrit des apports de sa communauté mais comprend un dogme et un mythe fondateur. Aussi anticipe-t-elle ses dérives fanatiques car toute religion qui se respecte se doit de générer de l'extrémisme. Sauf que Chez nous à la Sebkha, la violence potentielle de nos intégristes est un paramètre qu'on intègre en amont afin d'en contrôler l'impact (c'est d'ailleurs le reproche principal que l'on peut faire aux Moïses, Jésus et Mohamed qui n'ont pas réalisé d'études prévisionnelles sur le potentiel fanatique de leur projet religieux)

Chers amis, chers fidèles, Au nom de Boukornine, je vous révèle ci-dessous le Boukornisme**, ma nouvelle religion, dont je suis -très modestement- le prophète. Préparez-vous au décollage ! 

* La Sebkha désigne ici la lagune de Tunis (wikipedia)

** Boukornisme est un néologisme inspiré de Boukornine qui est une montagne à deux cornes culminant sur la baie de Tunis. A l'époque carthaginoise une aire sacrée y est dédiée à Ba'al Kornine, seigneur aux deux cornes en langue punique, nom que les Romains transcrivent en Balcaranensis (wikipedia)

 

I-Le dogme:

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II-Le mythe fondateur

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 III-La décadence

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09 mai 2016

Pas d'égalité dans l'héritage, parole d'Allah !

Le mufti de la République l'a bien rappelé, le texte sacré, sur la question de l'héritage, est sans équivoque. L'Homme hérite plus que la femme, parole d'Allah ! Pourtant un député indépendant a osé proposer un projet de loi pour l'égalité suscitant une vive polémique (voir ici). Quelle mouche a piqué cet élu pour oser contredire la parole d'Allah ! A t-il oublié que tant que l'Islam demeure religion d'Etat (article n°1 de la Constitution), alors s'appliquera sur la société tunisienne d'aujourd'hui, la même loi d'il y a 14 siècles régissant des tribus bédouines d'Arabie. D'ailleurs, à part notre député, personne n'y trouve rien à redire:
Pour les Benou Simpsons quoi de plus naturel : Baignant depuis des générations dans la science fiction d'Allah et son prophète, pas question pour eux de réinterpréter la parole de Dark Vador. Saluons à juste titre la cohérence entre ce qu'ils croient et ce qu'ils appliquent. Chez eux pas de conflits, pas de discussions...
Ben-Simsim

Chez les Ben Simpsons, ça se complique un peu plus. Eux, ils prônent la modernité et le progrès. Ils sont fiers du code du statut personnel et de l'émancipation de la Femme. Cependant, quand leurs convictions butent contre le texte sacré ( l'exemple de l'héritage ou encore de l'homosexualité), s'arrête alors net tout débat.  Car oui, pour les Ben Simpsons comme pour les Benou Simpsons, la Tunisie demeure un pays musulman et pas touche à l'article n°1 de la Constitution...

BenSimspons

La solution est pourtant simple : Plutôt que de négocier des parcelles de lois, Libérons l'ensemble du terrain constitutionnel de l'emprise de l'Islam.  

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05 mai 2016

DSK en renfort de Bajbouj et Zaballah !

Chers amis, après avoir fait ma star de Carthage à Cambrai*, je reviens à la Sebkha perdu et paumé. Je ne comprends plus rien à la politique tunisienne du moment. Je n'y comprends rien car aussi je n'y crois plus. Les partis nous ont trahi. En Tunisie comme partout ailleurs, se pose sérieusement la question d'une révolution mondiale contre la dite démocratie représentative, désormais minée par le mariage consommé du politique et du fric. Les idéaux, qui jadis guidaient les partis, ont cédé la place à des ambitions d'experts comptables vénaux. À la tête de la Tunisie a été élu un épicier de Médina nommé Caïd Essebsi qui depuis sa montée au trône drague les hommes d'affaire en leur promettant une loi de réconciliation nationale (une sorte de combine juridique qui officialise officieusement l'impunité de la corruption). Notre apothicaire de souk a réussi à allier à sa cause Zaballah, qui, en contrepartie, obtient du président l'élargissement de la liste de dédommagement de ses copains islamistes (victimes de Zaba). Tout ça bien entendu, au frais du contribuable tunisien... 
Dans ce contexte de partouze générale, on apprend que l'Etat, incapable de combler les besoins d'une Tunisie sinistrée économiquement, lance un appel d'offre pour se faire aider. Devinez qui a été choisi ? (voir ici)

DSK

Il ne s'agit pas ici de juger DSK sur ses frasques connues de tous, mais seulement de rappeler que cet expert international, ex-patron du FMI, et favori des élections françaises de 2012, a été l'un des fervents défenseurs du système Ben Ali dont il félicitait «les réformes» adoptées qui ont -selon lui- «permis au pays de réduire l'impact de la crise financière et économique internationale». Cette grande expertise ne l'a visiblement pas aidé à anticiper la Révolution qui aura lieu quelques mois après qu'il n'ait prononcé ces mots (voir cette vidéo ). C'est ce même DSK qui sera payé encore ! par le contribuable tunisien pour venir en aide aux incompétents qui niquent en ce moment dame Tunisie.

Exposition de _Z_ qui se tient dans la ville de Cambrai (Nord de la France) du 25 Avril au 9 Juillet. Voir ici 

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10 avril 2016

Quand le sage montre la Lune...

On avait tous deviné que l'élection d'Essebsi à Carthage allait sonner la fin de la récréation révolutionnaire. D'ailleurs à peine s'était-il installé au palais qu'il avait déjà sorti son projet de réconciliation avec le passé. La loi tant décriée dite de "réconciliation nationale" -avec les corrompus- n'a certes pas été votée, mais le climat général demeure très favorable aux caïds, aux mafieux, aux anciens mauves et aux contrebandiers. Tout récemment le saint patron Slim Chiboub, ex beau-fils de Ben Ali, vient d'échapper à la police. Celle-ci aurait désobéi aux ordres de la Justice concernant la confiscation de ses biens mal acquis. Selon une récente déclaration de la juge Leila Abid, la présidence de la république serait derrière ce blocage ( voir ici )

chiboub

Ce coup de pouce (ou plutôt coup de canne) n'est pas sans nous rappeler les relations privilégiées que semblent entretenir les deux hommes. L'occasion pour nous de signaler qu'un article de Nawaat publié en 2014 évoque le business qui lie l'homme d'affaire Chiboub et les Essebsi... Bref, encore une affaire de famille qui pue la corruption (voir ici)

Panama Papers

Ce climat délétère chers amis s'observe et se diagnostique quotidiennement. Mais nous attendions depuis longtemps ce grand jour où des preuves concrètes viendraient enfin révéler la magouille générale. Puis voilà, le monde entier se réveille un beau matin sur la plus grande fuite du siècle, le Panama papers : 11,5 millions de documents issus du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca détaillant des informations sur plus de 214 milles sociétés offshore ainsi que les noms des actionnaires de ces sociétés de part le monde. Le site Inkyfada détient l'exclusivité sur ces fuites en Tunisie. Ce webzine plutôt discret, considéré comme un ovni high-tech dans le paysage médiatique tunisien, est spécialisé dans le journalisme d'investigation. Depuis cette récente affaire du Panama Papers, les projecteurs se sont subitement braqués sur Inkyfada...   

ledoigt

Je vous épargne ici la description de la minable réaction de nombre de journalistes et d'analystes. Certes, le webzine a été débordé par les événements et semble avoir techniquement mal géré la situation. Mais plutôt que de profiter de la solidarité de la profession et du soutien de la population, voilà que le journal est accusé de complot. C'est ainsi que le premier nom révélé par Inkyfada (voir ici), Mohsen Marzouk, ancien directeur de campagne d'Essebsi, conforté par l'hostilité générale envers le site, attaque le webzine et porte plainte. Pour ne rien arranger, des hackers ont carrément bloqué l'accès au site pendant quelques jours. Nous sommes ici très loin du scénario Islandais, où le premier ministre démissionne après la révélation de son nom. Il est vrai, à la décharge de Marzouk, qu'à part quelques échanges avec le cabinet panaméen rien ne prouve sa compromission directe dans le business offshore. Cependant, pour un homme public, fondateur du parti au pouvoir, dans un pays ravagé par la corruption et l'évasion fiscale, la simple apparition de son nom dans une telle correspondance est en soi un élément à charge suffisant pour un article.

En Tunisie chers amis, faire de la politique après un demi-siècle de corruption généralisée, c'est s'obliger à faire preuve d'une totale exemplarité. Car descendre dans l'arène politique dans un pays aussi sinistré moralement c'est suspect, c'est comme naître en portant sur soi le péché orginel. C'est comme ça, ou alors que chacun reste chez soi. Pourquoi donc jouer au clown ? Personne n'a obligé les Marzouks & co à faire le cirque, alors qu'il laisse les médias faire leur boulot et qu'il arrête d'emmerder son monde parce qu'un journaliste s'interroge sur les raisons de sa correspondance avec un cabinet international d'évasion fiscale. Pourquoi donc bordel est-il entré en contact avec ce cabinet ? Posons-nous la question !  

Bordel de merde !

Afin de calmer les esprits dans cette période tourmentée rien de mieux que la religion ! A cet effet je vous convie personnellement à la chapelle sainte Monique à Carthage où je compte laver l'humanité de ses péchés en m'exposant durant 15 jours. Fidèles et infidèles vous êtes les bienvenus ! (voir ici). 

croix

En plus de Tunis, je ferai également une apparition dans le nord de la France, pour une autre exposition qui démarre aussi le 16 et à laquelle vous êtes conviés. C'est dans la ville de Cambrai que des irréductibles gaulois m'invitent pour prêcher la bonne parole jusqu'au 9 Juillet (voir ici).
Amis où que vous soyez, les voix du seigneur sont Panamétrables...
AMENenez-vous donc !

19 mars 2016

La place du Choukept Novembre

Depuis la révolution se pose l'épineuse question de cette foutue place du 14 Janvier. Chaque gouvernement s'est penché sur le sujet, à savoir que faire de ce haut symbole du Ben Alisme érigé en plein coeur de Tunis...  

place-ZABA

L'année dernière (voir ici) Essebsi a trouvé la solution en proposant de remplacer l'horloge par la vieille statue équestre de Bourguiba. D'une pierre deux coups, le prétendu loup de Carthage par cette combine voulait se débarrasser et de Zaba et de la Révolution ( la place porte le nom de la date de la Révolution). Et puis cette année, rebelote, à l'approche du 20 Mars, fête de l'indépendance, Essebsi nous refait le coup de substituer le doigt de Zaba par le cheval de Bourguiba. Mais c'est sans compter sur le "mauvembrisme" ambiant. L'amour de Zaba par les propres troupes d'Essebsi semble aussi indéboulonnable que l'horloge du 7 Novembre.
Justement, depuis le retour en force des mauves dans les médias et dans les hauts postes d'administration, puis surtout grâce au terrorisme et l'état d'urgence, la nostalgie de Ben Ali se répand dans l'espace public comme une épidémie (lire cet article de Nawaat). Elle s'exprime de la manière la plus décomplexée comme nous en a fait la démonstration le désormais célèbre Khaled Chouket, porte-parole du gouvernement. Dans une émission de Radio, ce pitre a failli pleurer en souhaitant qu'Allah mette fin au calvaire de Zaba et que celui-ci revienne en grande pompe au Bled (voir ici)

Chouket n'a pu oser cette énormité que parce que le contexte général s'y prête. D'ailleurs Essebsi lui-même, inventeur de l'idée de réconciliation nationale, est le chef d'orchestre de ce ballet mauve. Pourquoi donc vouloir remplacer l'horloge de Zaba? elle n'a jamais été autant à sa place...

placeZAB

(La place du Choukept Novembre)


Ces déclarations du porte-parole du gouvernement on choqué tout le monde. Même Zaba en Arabie n'en revient pas ( et ne reviendra jamais !)

zabachouké

08 mars 2016

Quand la Tunisie ne reconnaît plus ses enfants

 Très dur réveil pour la Tunisie hier matin. Une attaque de djihadistes contre une caserne à Ben Guerdane a coûté la vie à une cinquantaine de personnes: une dizaine parmi les militaires et les civils. Le reste comptant parmi les "éléments terroristes" (expression lue dans plusieurs médias en ligne*). Ce drame est inédit par son ampleur. Il nous appelle à redéfinir notre terminologie à savoir si l'on doit encore parler de terrorisme ou tout simplement de guerre déclarée entre deux forces armées. Cependant, il n'a échappé à personne, que les dits terroristes sont des... tunisiens. Jeunes pour la plupart, ils ont intégré les rangs de Daech. Ceci complique encore l'analyse et rend difficile la qualification d'acte de guerre un phénomène qui s'apparente dans la forme à une insurrection armée, voire à une guerre civile. Même si l'action des djihadistes obéit à des intérêts étrangers, on ne peut pas ignorer leur appartenance au pays et ne pas se dire encore une fois ! Comment merde! a-t-on pu en arriver là ?  

benguerdane

Défilent depuis hier matin les pleureurs et les pleureuses de la Tunisie trois fois millénaires attaquées par les barbares. Le plus difficile à supporter dans ce bal d'hypocrites, c'est l'aveuglement volontaire de la plupart de nos élites quant à la tunisianité et à l'islamité de ces jeunes. Certains vont jusqu'à leur refuser l'appartenance à l'humanité se délectant des images de leurs cadavres. À les en croire, ces terroristes seraient des extraterrestres vénérant le culte de Satan.
Les plus lucides accuseront La révolution et Zaballah d'avoir  injecté à ces "bouaziziens" le poison du terrorisme. Le chef de fil des nostalgiques de Zaba, Mezri Haddad, reconnaît volontiers que Daech n'est pas seulement chez nous, mais bien en nous ! En revanche, rappelle-t-il, son inoculation dans le corps tunisien date de 2011 avec la révolution et l'arrivée des islamistes **. Manière de dire que le mal demeure étranger et exogène ( et que donc lui, Haddad, et ses copains mauves n'y sont pour rien).
Ce Haddad que je cite souvent, n'est intéressant que dans la mesure où il incarne la caricature parfaite de notre élite progressiste: bornée, stupide et incapable de reconnaître l'échec total du modèle sociétal qu'elle a mis en place depuis Bourguiba et du rapport malsain qu'elle nous fait entretenir avec la religion.  
Ces gens là nous ont mené vers l'impasse d'aujourd'hui dans laquelle les idéalistes de mon espèce ne peuvent passer que pour des naïfs ou pire encore : des idiots utiles de Daech. Car oui ! nous sommes bien en guerre et nous continuons à contester l'ordre établi, l'État, sa Police et ses mafias. On nous tire dessus et oui ! nous continuons à nous insurger contre l'absence de théâtres, de bibliothèques et de cinémas... 

L'expression "élément" pour désigner le terroriste, assimile l'individu à un électron libre détaché de la molécule. Procédé rhétorique refusant à l'individu son appartenance à un corps social et enlevant au phénomène terroriste son découlement d'une logique politique.

** M.Haddad écrit sur sa page FB le 7 Mars 2016: "Avec la nouvelle attaque sur Ben Guerdane, je lis dans nos médias que Daech est chez nous. Non, Daech n'est pas chez nous mais en nous...depuis janvier 2011"

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14 janvier 2016

Révolution ?

Chers amis, je vous souhaite un joyeux 5ième anniversaire révolutionnaire.
Je suis aussi dégoûté que vous de la regrettable tournure des évènements. La scène politique tunisienne a évidement trahi les promesses de la Révolution. On se demande comment toutes les énergies vives de la société ont laissé cette bande de clowns dominer la scène politique. Leur spectacle devient de plus en plus piteux et obscène. Leurs cercles se resserrent et toutes les tares de l'ancien régime -affairisme, népotisme et clientélisme- refont surface. Nous avons eu droit à une extraordinaire démonstration de pornographie politique lors du dernier congrès de Sousse: du grand Zabajboujallah ! 

hosexualite

Je sais que vous excuserez l'obscénité de ce dessin et que vous conviendrez avec moi que ma caricature reste encore très loin de la vulgarité générale qui contamine le paysage politique tunisien. 
En ce triste temps, où la boucle semble être bouclée, où le débat est sur le point d'être clos... en ce triste temps, où l'opposition n'existe plus vraiment depuis que barbus et progressistes font l'amour en public, depuis que l'état d'urgence est devenu l'état normal et que partout sévit le flic... en ce triste temps, je souhaite pour ce 14 Janvier revenir aux fondamentaux et avoir une pensée fraternelle envers tous ceux qui ont donné leur vie pour cette Révolution, ceux qui en souffrent encore dans leur chair et ceux qui ne s'en sortent toujours pas. Aussi, je souhaite exprimer une pensée particulière pour toutes les victimes de l'homophobie et la courageuse association Shams qui défend leurs droits. Pour ce 14 Janvier, la sebkha rend un hommage à toutes ces personnes criminalisées par l'archaïque loi "anti-sodomite" n°230. Nous ne rappellerons jamais suffisamment le calvaire quotidien des homosexuels condamnés à se cacher, humiliés par les juges, la police mais aussi par 80% de la population tunisienne hostile à tout ce qui sort du lot, tout ce qui n'est pas net, tout ce qui n'est pas très musulman (voir ici).

Conclusion

Comprenez mes amis, la Révolution n'a jamais été tunisienne ni portée par la majorité. Elle est juste un souffle, une brèche de l'universel qui s'ouvre soudainement dans l'océan de la connerie ambiante. Mais c'est en cette brèche que nous continuons à croire. En attendant la grande marche armée vers la nouvelle Révolution  -qui pourrait être plus sanglante- je vous propose pour ce 14 Janvier en guise de cadeau d'anniversaire, une marche militaire : L'Opus 14. Il s'agit d'une première expérience musicale produite par le "Sebkha Orchestra", composée par votre humble serviteur _Z_, et arrangée par le talentueux compositeur Omar Aloulou

07 janvier 2016

Charlie me hante, Charlie me suit

L'actualité tunisienne est remuée en ce moment par le remaniement ministériel. L'info du jour sera marquée par cet évènement (sans grande importance à mon avis) et je serai peut-être parmi les seuls en Tunisie à dédier ce 7 Janvier au premier anniversaire du funeste attentat de Charlie Hebdo. Et pour cause, je ne m'en suis pas tout à fait remis de cette tragédie. Le trait est devenu moins léger, le crayon plus lourd.....Charlie me hante, Charlie me suit... 

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charlie06

Je suis sollicité depuis quelques jours pour témoigner ici et là dans les médias francophones. Je retiendrai cependant cet article paru hier dans le numéro spécial de Charlie Hebdo tiré à un million d'exemplaires 

- Charlie Hebdo

Mais aussi :
geopolis.francetvinfo.fr
France24

Ou encore, cette interview de 40 minutes sur RFI
Entretien avec Z

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26 décembre 2015

Compte à rebours

2015 n'a peut être pas dit encore son dernier mot. Pourvu qu'elle se termine vite. On n'en peut plus de cette foutue année de merde. Tic tac tic tac. Même à la sebkha ça ne va plus. Le flamants dépriment et Boukornine fait la gueule du haut de ses collines. l'Europe se fascise, l'arabie se daechise et la Tunisie se Zaballah-Bajboujise. Il n'y a que chez les Ben Simpsons que la vie semble suivre son cour normal...(voir ici)

etatdurgence

Seul clin d'oeil positif du destin, cette étrange coïncidence qui a voulu que l'année où l'on n'a cessé de se taper dessus à cause de Dieu, soit aussi l'année où le même jour, JC et Momo fêtent ensemble leur anniversaire. 

moulednoel

En espérant qu'Allah nous laisse en paix jusqu'au 31, je vous souhaite chers amis de belles fêtes de fin d'année et espère vous retrouver en 2016 avec encore plus de cul, de blasphème et de bonheur sur terre.  

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21 décembre 2015

On s'est fait baiser

Nous l'avions tous compris, l'Etat d'urgence n'était qu'un prétexte pour rétablir le régime policier.
Alors qu'il était question d'arrêter les terroristes, depuis les attentats nous n'avons vu la Police tunisienne déployer son génie que pour casser du jeune, de l'activiste et du chômeur. Plusieurs cas d'abus ont été enregistrés: 
Fin Novembre, Adnène Meddeb et Amine Mabrouk, deux jeunes tunisiens ont été arrêtés "pour consommation de matière stupéfiante". Selon leur avocat, la seule preuve qui a été retenue contre eux est un paquet de feuilles à rouler retrouvé dans leur voiture (voir ici). Trois autres jeunes, Fakhri El-Ghezal, Atef Maatallah et Ala Eddine Slim se retrouvent également en prison pour consommation de cannabis. Une quinzaine de policiers armés jusqu'aux dents croyant démanteler une dangereuse cellule terroriste ne trouvent que dalle et finissent par accuser les jeunes de consommation de cannabis en vertu de la loi 52 (voir ici) : une année de prison et à une amende de 1000 dinars ! *
Le 10 Décembre, 2015, six étudiants de Kairouan sont accusés de ... sodomie (si si ! ). Les flics qui adorent mettre leur doigt dans le cul du citoyen, les ont soumis au test anal en vertu de la loi 230. Ils sont condamnés à trois ans de prison et le tribunal a ordonné leur bannissement de la ville.  (voir ici). 

Bref, on s'est fait baiser. Heureusement que notre ministre de l'intérieur vient de réagir enfin en appelant les Tunisiens à signaler les abus de la police. Notre ministre a rappelé à cet effet que notre police nationale ne cherche qu'à garantir la sécurité et le droit des citoyens (voir ici)

depotdeplainte

Le Ministre reconnaît implicitement que même si sa flicaille ne fait qu'obéir aux lois, ces dites lois ne sont qu'une boîte à outil qu'utilise la police pour maquiller juridiquement les dépassements de ses agents programmés génétiquement à casser du jeune, du chômeur et du Zaweli...

ARRESTATION

(dessin datant du 21 Mai 2014)

Afra Ben Azza la Jeanne d'Arc tunisienne

Nous pouvons énumérer à l'infini les cas d'abus. On s'en lasse. On s'y habitue. Devient ordinaire ce qui devrait nous indigner. Mais il arrive que dans ce flot d'injustices ordinaires, émerge un évènement et une personnalité. C'est le cas de cette fille de 17 ans nommée Afra Ben Azza. Elle est jeune belle et rebelle. Elle s'insurge contre la destruction d'une partie de la zaouïa Sidi Makhlouf au Kef. Il s'agit d'un monument datant du 17ième siècle qui abrite la première confrérie des Issawia en Tunisie. La démolition est motivée par un projet privé d'Hôtel de charme. Un cas parmi tant d'autres où la promotion immobilière s'attaque au patrimoine architectural avec la complicité des autorités locales et de la flicaille. Sauf que la jeune Afra protesta en manifestant dans les rues du Kef ce qui lui valu arrestation et emprisonnement.
Son arrestation est une atteinte au code de protection de l'enfance (Afra est mineure). Mais l'atteinte la plus grave demeure l'humiliation qu'a subi l'adolescente au poste de Police. Afra révèle après sa sortie de prison le terrible sentiment d'impunité dont jouit la police. Elle nous rapporte les propos haineux de flics qui se targuent d'emmerder le citoyen, d'emmerder la constitution et la Révolution. Écoutez son témoignage recueilli ici par le site Nawaat et révoltez-vous comme elle !    
Le destin a voulu que cette jeune fille se fasse arrêtée la veille du 17 Décembre, date anniversaire de la Révolution...
5ans

Conclusion

A l'heure du bilan de 5 ans de Révolution, Ben Ali et sa flicaille sont toujours au pouvoir.

* Le Comité de soutien à Fakhri El Ghezal, Atef Maâtallah & Ala Eddine Slim organise une exposition et une projection en soutien à tous les détenus de la Loi 52 en Tunisie. Cet évènement aura lieu le Lundi 21 décembre 2015 au Pavillon Puebla à Paris, au 39 avenue Simon Bolivar, 75019 ( voir sur Facebook )

01 décembre 2015

Le fils à papa

Les "voteurs" et autres cireurs utiles doivent se sentir bien cons. Découvrir sur grand écran la nullité de leur papy gâteux, ça doit faire mal quand on a participé activement et gratuitement à sa propagande électorale l'année dernière. Pourtant on les avait bien prévenus. Mais ne soyons pas revanchards. Ne nous réjouissons pas d'avoir eu raison. Sauf qu'à cause de leurs conneries, la Tunisie toute entière est en train de subir les dérives d'un président gâteux détaché des réalités du pays, occupé seulement à veiller sur les intérêts de son clan. Ainsi, suite aux terribles attentats de Tunis, notre président, s'adressant depuis Carthage au peuple tunisien, a cru bon mettre l'accent sur les conflits internes de son parti (voir ici). Conflit est un euphémisme, car il est plus question d'un putsch militaire mené par fils à papa gâteux pour garder le parti dans le giron de la famille.  Le fils en question est un homme d'une flagrante nullité politique, une sorte d'ovni parachuté grâce à papa, qui ne semble rien piger aux affaires publiques. Essebsi lui-même doit être pleinement conscient de la médiocrité de son rejeton, mais peu importe, tant que demeure le pouvoir au sein de la famille. Comme à l'époque de Zaba et des Trabelsi...

Hafedh

(dessin inspiré d'une idée originale de G.Naccache)

Cette ambiance délétère sur fond de terrorisme mondial, profite évidement au retour en force de la flicaille et donne de l'eau de Zemzem au moulin de nos barbus.

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28 novembre 2015

_Z_ fait son cinéma

Alors que ça chauffe sur terre, que la tension monte, que ça se Bataclanise, que ça se Poutinise, et que ça se Daechise de partout, Tunis déroule le tapis rouge en l'honneur des invités de la 26ième édition des JCC. Ce grand évènement culturel qui met en compétition plusieurs oeuvres cinématographiques de la région, a été préparé avec le plus grand soin, dans la joie et la bonne humeur. En ces temps difficiles de lutte antiterroriste, a été élu invité d'honneur, le ministère de l'intérieur !

JCC01

L'important dispositif sécuritaire n'a rien enlevé à la beauté des actrices ni à la magie du cinéma. Pour avoir été moi-même invité en tant que membre du Jury, je peux témoigner de l'excellente organisation et de la superbe ambiance générale (même après l'attentat). Avec ou sans le terrorisme, le public a continué à affluer. Certaines projections affichaient même complet ! 

JCC02

Il y avait sur Tunis une atmosphère d'humanité réconciliée, de paix sur terre. C'était un peu comme à l'époque du 7 Novembre mais sans Ben Ali. Cependant les chats du centre ville étaient particulièrement agités. Quelque chose se préparait. Le calme avant la tempête...

Zaba remporte le Tanit d'or

Le Mardi 24 Novembre un kamikaze se fait exploser dans un bus de la présidence. 12 morts, état d'urgence puis couvre-feu de 21h à 5h. Ce drame se produit au coeur de Tunis non loin des festivités. La police d'abord discrète avant l'attentat, sort de son silence et occupe toute l'avenue. Commencent alors les perquisitions musclées comme à l'époque de Zaba (voir ici). l'Hôtel Africa - Lieu de résidence des invités des JCC - se transforme en bunker. A l'intérieur une ambiance à la Titanic. Pas très bon tout ça pour le moral du cinéma !        

tunisattack

Conclusion

Mes amis, la police ne pourra rien contre le terrorisme. La solution c'est le cinéma. C'est notre dernière cartouche !

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20 novembre 2015

Allah Queuleuleu

J'avoue que les attentats de Paris m'ont bien achevé. Pourtant a commencé bien plus longtemps ma dépression existentielle, celle qui m'a fait perdre foi en mes rêves, en la Sebkha et en la Révolution. J'ai atteint déjà le point culminant à la vue de Ben Brik faisant la lèche à Ben Goebbels Bsaiss et Nombril Karoui sur Nessma TV la semaine dernière (voir ici). Je me suis aussi senti très seul quand j'ai appris qu'Amira Yahyaoui coprésiderait le prochain Forum de Davos (voir ici). C'était trop pour moi que de voir ces symboles de la Révolution fricoter avec les puissants, le pouvoir et le grand capital. Cela me donne envie de me faire exploser au Bataclan ! Attention, je ne prône nullement la violence terroriste. Je pleure toutes les victimes de Paris, Beyrouth et ce pauvre berger de Sidi Bouzid (voir ici). Pourtant je reste beaucoup plus sensible aux violences symboliques:
- Je ne supporte toujours pas que Ben Goebbels Bsais après avoir accueilli Ben Brik, interviewe le cousin du berger décapité (voir ici). Est extrêmement violent pour moi, de voir cet ignoble personnage, ancien défenseur zélé de la dictature, utiliser ce pauvre garçon pour se racheter une conscience et accabler le peuple tunisien de son impuissance. Personne n'était là pour relever que ce berger comme le terroriste qui l'a décapité, sont tous cousins de la même misère sociale dont le système Zaba et sa propagande à la Ben Goebbels sont les architectes.
- De la même manière je vomis l'autre agent de la propagande novembriste, Le non moins pathétique Mezri Haddad qui suite à l'émission de Nessma se dit ému et s'incline devant le patriotisme du jeune Soltani (cousin du berger décapité). Il s'agit du même Mezri Haddad qui, juste avant le 14 Janvier 2011, traitait de gueux et de hordes sauvages tous les révolutionnaires de Sidi Bouzid. Dire que ces gens qui nous donnent des leçons de patriotisme aujourd'hui, furent les complices d'un système qui a évidement participé à la fabrique d'une génération entière de daechistes. 

La bête immonde

Ah le terrorisme ! tellement facile de réduire cette chose à une monstruosité sortie du néant. Pourtant combien nos élites et leurs suppôts cathodiques (qui adorent jouer aux vierges effarouchées) demeurent complices des architectes concepteurs de cette bête immonde. En Tunisie comme en France.   
Le premier ministre français Manuel Valls par exemple, au nom du grand capital, vient tout juste de signer des accords commerciaux avec l'Arabie saoudite. Juste quelques jours avant les attentats de Paris, l'Etat français affiche la plus grande complicité avec cette monarchie capitallahiste dont personne n'ignore l'implication directe dans le merdier djihadiste mondial. De la même manière, et dans le même mépris du bon sens et de la décense, l'élite occidentale affiche avec toute la bonne conscience du monde, son amitié avec les agents du fascisme israëlien producteur numéro un de la radicalisation des jeunes écervelés du monde arabe et des banlieues européennes. 
Mais alors ! est-ce par bêtise ou par pur cynisme que les choses tournent ainsi?  

allahqueuleuleu01

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Cliquez ici pour agrandir encore 

 Il y a certes du cynisme voir une bonne dose de sadisme. L'élite planétaire est évidement consciente de l'hypocrisie qui préside ce manège. Les victimes du terrorisme ne semblent être qu'un simple paramètre accessoire. L'essentiel étant que la machine continue à tourner. Mais rendons-nous bien compte chers amis, que ce système ne fonctionne que grâce aux drogues collectives qu'ils nous administrent à grande échelle. La religion fait partie justement de ce traitement de masse efficace pour faire accepter à la foule l'ordre établi et ce-même au détriment de ses propres intérêts. Ainsi le dessin ci-dessus fera de moi un blasphémateur, fils de pute, ennemi de cette même foule alors que j'y dévoile son ennemi numéro un :  Le capitallahisme planétaire.

... Foule qui se fait écraser, humilier (rappelons-nous des dernières bousculades mortelles) mais qui ne s'indigne que des dessinateurs blasphémateurs, des mécréants, des prostitués, des homosexuels, des athées alors que le premier profanateur de son temple sacré se cache dedans ! Foule qui malheureusement accouche de gamins zélés qui se vendent à Daech et se font bataclaniser. Toute cette énergie dévoyée vers un prétendu Dieu qui n'existe même pas, quel gâchis quand même !
Alors mes amis, arrêtons la révolution autour de la Kaaba, la vraie révolution dans le monde arabe ne se fera qu'en marchant sur la Kaaba! Voilà de quoi me faire remonter le moral, et sortir mon âme de la dépression générale !