DEBATunisie

22 février 2020

Les impasses existentielles de _Z_

Il m'arrive quelques fois de lire d'anciens articles de mon blog rédigés il y a dix ans. Je m'étonne de découvrir la longueur de mes textes d'antan et l'énergie que je déployais à analyser en profondeur les sujets abordés. Que s'est-il passé depuis pour que mes écrits et mes dessins se rapetissent pour n'être plus que le vulgaire écho du fil d'actualité de mes réseaux sociaux. Je sais que je lis de moins en moins les journaux. Les livres ne se superposent plus sur ma table de nuit. Oui je constate que je m'abrutis et que mes neurones se font aspirées chaque jour par mon smartphone.
Ce phénomène concerne aussi mon lectorat atteint peut être encore plus que moi de cette maladie. Le public internet en général, est de plus en plus volatile et ne se nourrit que de textes grossiers et d'images chocs. L'humanité toute entière inaugure le règne de l'idiocratie.

En écrivant ces mots, je tente de sauver les meubles en m'adressant aux 5% qui auront la patience de me suivre. À cet instant précis où je rédige cette introduction, j'ignore la pensée qui motive ce texte, si pensée il y a réellement. Je sais juste, chers lecteurs, que mes derniers articles et dessins peinent à traduire cette incompréhensible impasse idéologique dans laquelle je me situe en tant qu'observateur de la Tunisie et de la France, ces deux pays dans lesquels moi oiseau migrateur, j'ai choisi d'élire domicile. Impasse que je tenterai de passer au peigne fin pour espérer en déceler la sortie. 

Première impasse :  L'affaire René Trabelsi

Notre ministre du tourisme René Trabelsi a été l'un des rares ministres depuis la révolution à avoir gagné la sympathie des professionnels du tourisme mais aussi du grand public grâce à son dynamisme et sa communication. Les chiffres confirment un retour à la normale du tourisme en Tunisie et les spécialistes lui reconnaissent un rôle important dans la stabilisation du secteur, voire de la hausse d'activité enregistrée en 2019 (voir ici). Mais alors, comment expliquer l'éviction d'une telle compétence du nouveau gouvernement d'Elyes Fakhfakh ? 

RENE_TRABELSI

Le non maintien de Trabelsi dans ses fonctions est une condition qu'avait posé le Mouvement du Peuple. Les raisons invoquées par le secrétaire général de ce parti -à tendance nationaliste arabe- est la suspicion de normalisation avec l'entité sioniste qui pèse sur le ministre du tourisme. "C’est soit nous, soit René Trabelsi !" dixit Moncef Bouazizi, chef de ce parti. On ignore si ses accusations sont fondées et rien ne permet de prouver ou de contredire la possible complaisance de Trabelsi envers l'État d'Israël. À se demander si ce n'est pas la judaïcité de Trabelsi qui le rend plus suspect qu'un autre. Sans vouloir tomber dans l'amalgame qui associe l'antisionisme à l'antisémitisme, je m'interroge juste sur cet acharnement le concernant, alors que nous savons tous que notre élite dans son ensemble collabore depuis belle lurette avec Israël, à commencer par Zaballah en personne qui fut invité en 2011 par le puissant lobbie sioniste WINEP (voir ici et ici). Alors pourquoi René et pas les autres ?  

Il faut dire que la lutte contre la normalisation offre à ses partisans un vaste terrain de chasse qui s'étend au-delà du champs politique. Récemment, la tenniswoman Ons Jabeur en jouant contre une israélienne dans une compétition internationale (voir ici) a été dans leur collimateur. Également visée, la cinéaste Manel Labidi pour avoir laissé diffuser son film dans un festival Israélien  (voir ici). On pourrait en effet dresser à l'infini la liste des collabos, des lâches et de tous ces traîtres de la cause palestinienne. Mais n'est il pas temps de légiférer sur cette affaire pour ne pas laisser aux tribunaux populaires le pouvoir de juger, évincer un ministre, salir voire détruire la réputation des gens à cause d'une suspicion, ou d'une rumeur ?     

De manière générale, la lutte contre Israël semble avoir aspiré l'activisme panarabiste qui ne trouve plus que dans la guerre contre le sionisme, sa raison d'être. La lutte légitime contre la colonisation semble se perdre dans une chasse sans fin aux traîtres, aux collabos, aux normalisateurs, oubliant au passage les vrais ennemis de l'intérieur que sont les dictateurs, les barbus, les émirs, les princes et les rois du pétrole. Et je me demande souvent où étaient tous ces défenseurs de la Palestine quand on luttait contre Zaba et où sont-ils aujourd'hui quand il s'agit de dénoncer la politique saoudienne dans la région ?

Mais d'un autre côté, je ne vois pas comment en dehors du cadre panarabiste, et sans le travail efficace de BDS, on pourrait mener une telle guerre, puisque le caractère universel de la cause Palestinienne n'a plus de valeur dans un monde où l'occident allié à Israël, a phagocyté le concept même de l'universel au nom de ses intérêts géopolitiques ? 

Je reconnais être dans l'impasse totale.

Deuxième impasse :  L'affaire Pavlenski

Ce qui se passe en France en ce moment me paraît incroyable. Je suis en désaccord total avec la lecture communément admise qui considère encore le pays des droits de l'Homme comme une démocratie. Je constate de mon point de vue de tunisien ayant vécu la dictature de Zaba, que la France d'une manière plus sophistiquée et subtile, creuse de plus en plus le fossé entre ses élites et son "peuple", même si reste préservée la vitrine démocratique. Ce n'est pas parce que la police ne tire pas encore à balles réelles, qu'elle ne torture pas ou qu'elle ne censure pas (les journalistes savent le faire à sa place), que les indicateurs de la "démocracité" seraient au vert.   

C'est bien le système Macron qui consomme la rupture définitive. Voilà un président élu par défaut contre l'extrème droite en 2017, qui met en coupe réglée les acquis sociaux de son pays au profit de l'oligarchie financière. La notion d'intérêt général est enterrée par un jeunot en service commandé, qui profite d'une brèche électorale pour injecter des lois dictées par les puissances capitalistes (pour lesquels il travaillait avant de se lancer en politique). 

Elections-presidentielles

(dessin datant de 2017, extrait de cet article)

Après une année de révolte, celle des Gilets jaunes, il persiste et signe en cassant ce qui reste du système de retraite et ce dans le mépris total des classes populaires et contre l'avis même des économistes libéraux qui ne cessent de l'alerter contre les dangers de sa politique. Il s'agit, ni plus ni moins, d'une guerre déclarée contre le bien commun menée par Marcon et sa clique au pouvoir, le tout dans un contexte d'une opposition divisée, d'un mépris de classe de la bourgeoisie (les Bens Simpsons existent aussi en France) et de médias aux ordres. 

À partir du moment où l'on s'accorde sur ce constat, il devient évident que l'on ne peut plus réfléchir dans le cadre traditionnel que permet la démocratie. On peut donc tout à fait comprendre la pertinence d'actions révolutionnaires, voire d'actes de guerre, comme fut la résistance sous la dictature de Zaba. C'est ici que j'en viens au cas Pavlenski.

Cet activiste russe, réfugié politique ayant fuit la dictature de Poutine, s'en prend à l'un des plus importants agents du macronisme, Benjamain Griveaux. Il diffuse sur les réseaux sociaux une sextape du bras droit de Macron (en train de se masturber) provoquant un scandale politique sans précédant. Griveaux candidat à la mairie de Paris, se trouve obligé d'annoncer son retrait des municipales, ce qui est une bonne nouvelle pour Paris pour les raisons suivantes : Griveaux en cohérence avec la macronnie, ne craint pas le conflit d'intérêt entre son projet de devenir maire de la capitale et ses proximités incestueuses avec le puissant groupe immobilier "Unibail" (auquel il vendrait son "influence" pour 17 000 euros par mois selon l'avocat activiste Juan Branco, voir ici )

Les médias (et la plupart de mes collègues caricaturistes) ne retiennent de toute cette histoire que l'atteinte à la vie privée de Griveaux et oublient -ou alors ignorent- l'historique de l'ex-candidat aux municipales et le système auquel il appartient. Je suis dans l'impasse, car tout en étant dégoûté par les moyens utilisés par Pavlenski, je demeure encore plus dégoûté par cette classe politique corrompue dont Benjamin Griveaux incarne la parfaite caricature. 

Dans un pays où la guerre est déclarée contre l'intérêt général, où les médias comme les politiques sont sponsorisés par le grand capital responsable de cette casse sociale, il ne reste que l'activisme comme seule voie de salut.

Troisième impasse :  Le cas Zineb El Rhazaoui

J'ai personnellement connu cette activiste dans une des nombreuses conférences où je fus invité après la Révolution. C'était l'époque où notre activisme arabe était encore à la mode en occident. Zineb était une sorte de Lina Ben Mhenni marocaine, pourvue d'une incroyable éloquence et d'un courage sans limites. Elle devait être parmi les rares de son pays à afficher aussi vigoureusement son opposition à la monarchie. Elle s'est également attaquée à la bigoterie ambiante qui contamine son pays et s'est faite remarquée en tentant un pique-nique en plein mois de Ramadan. Ses luttes l'acculèrent à l'exil en Slovénie puis en France où en 2013 elle fut embauchée par Charlie Hebdo. Ses articles publiés dans le fameux journal satirique se destinaient alors au public français. Elle a dû mettre en second plan sa lutte contre la monarchie au profit de ses enquêtes sur l'Islam de France. Sa plume était puissante et incisive et Zineb avait l'avantage de bien maîtriser son sujet. Mais elle n'était plus l'activiste marocaine que l'on connaissait.

L'attentat de Charlie Hebdo en 2015 marque son basculement définitif du statut d'activiste à celui de suppôt du pouvoir. Zineb est élevée au rang de Marianne de la République et défile depuis dans les plateaux télé en "lanceuse d'alerte" contre le péril Islamiste qui menacerait la France. Elle n'a certes rien perdu à sa verve et à son éloquence mais Zineb transpose dans un contexte occidental acquis à sa cause, le discours qu'elle aurait dû porter dans nos pays du sud où l'Islam n'est pas seulement un péril, mais il est carrément au pouvoir. Quel gâchis de voir toute cette intelligence dévoyée au profit d'une fausse lutte, si tant est que la vraie lutte demeure d'abord contre le Pouvoir, en l'occurence, Macron.

Zineb El Rhazoui nous met dans l'impasse, car elle participe à faire récupérer par l'extrême droite occidentale, nos luttes légitimes contre l'Islam politique d'ici bas.        

Quatrième impasse :   notre héros Julian Assange

A commencé hier à Londres le procès du fondateur de Wikileaks (voir ici). Assange risque l'extradition vers les État Unis et la prison à vie, pour avoir publié sur Internet en 2010 près de 250 000 câbles diplomatiques et 500 000 documents classés par Washington. Grâce à lui furent révélées les horreurs des américains en Irak. Ces documents fuités ont permis de montrer le vrai visage de nombreux régimes et de mettre à nu le fonctionnement de grandes multinationales. Il est le "lanceur d'alerte" global, celui qui s'adresse à tous les citoyens au-delà des frontières. Il incarne la figure "christique" de l'activiste par excellence qui lave l'humanité de ses péchés en offrant son corps à l'empire qui prépare en ce moment sa crucifixion. N'oublions pas ce que nous lui devons, nous autres tunisiens en 2010. Wikileaks, donna le "La" de la révolution tunisienne et même du printemps arabe. Rappelez-vous de ces révélations sur les Materi, Trabelsi et tout le système Ben Ali...

wikileaks2

      (dessin datant de 2010, extrait de cet article)

La logique révolutionnaire exigerait aujourd'hui que la Tunisie accorde à ce héros l'asile politique. Kaïs Saïed, fruit de la Révolution, est-il suffisamment renseigné sur ce que la Révolution doit à Assange, pour pouvoir assumer politiquement cette demande ?
Où sont les activistes tunisiens, où sont les révolutionnaires, où sont tous ces gens pour exercer ce lobbying auprès du président et conscientiser l'opinion sur l'importance de ces figures transnationales ?

Bref, ce ne seront ni les panarabistes (occupés à lister les normalisateurs), encore moins les Ben Simpsons (pas touche aux américains) sur qui l'on pourra compter pour solliciter une telle requête. 

Où suis-je moi-même dans tout ça ? nulle part.

Conclusion

Merci cher lecteur d'avoir atteint cette ligne.

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17 février 2020

Le chantage de Zaballah

Le poulain du président, Elyes Fakhfakh, chargé de former un nouveau gouvernement, annonce aux tunisiens ce samedi, sa liste de ministres et secrétaires d'états (voir ici). De nombreux islamistes dans le lot mais aucun karouiste comme l'avait promis Fakhfakh. Mais à la surprise générale, après avoir présenté les membres de son cabinet, Fakhfakh avoue à demi-mot, avoir reçu une menace de Zaballah qui refuserait de donner son vote de confiance et donc faire échouer la constitution d'un nouveau gouvernement.
Zaballah fait payer à Fakhfakh, mais surtout à Saïed, l'éviction des karouistes... Karouistes qui rappelons-le (de l'avis de l'entourage du président, des honnêtes gens et des sebkhsites...), sont des symboles de corruption*.
Les tunisiens assistent donc en direct à une nouvelle opération de chantage conduite à distance par Zaballah. Mais ce qui est nouveau cette fois, c'est la mise à nu du "deal du siècle" entre Zaballah et Karoui, ennemis d'hier, assumant aujourd'hui publiquement les liens indéfectibles de leur douteux mariage... et ce au point de prendre Dame Tunisie en otage.   

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La question qui taraude les esprits en ce moment, concerne la nature même de ce deal. Que diable cache cette circonstantielle union sacrée, entre un parti accusé d'entretenir un appareil occulte de terrorisme et un homme d'affaire véreux ? La réponse est dans la question...et dans ce joli dessin qui m'a pris une journée de travail...   

Sinon, pour un complément d'information, je vous invite à lire cet article de Hatem Nafti (voir ici).

* Il est aussi important de rappeler que jusqu'à tout récemment, Zaballah jurait Allah et son prophète, qu'il ne s'allierait jamais avec Karoui à cause des soupçons de corruption qui pèsent sur l'homme d'affaire. 

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08 février 2020

Un alien à Carthage

Certes, c'est toujours plus sympathique pour le premier pays des révolutions arabes, d'avoir installé à la présidence un ovni politique à la place d'un corrompu spaghetti ou d'une Abir Moussi. Mais quand même, un alien reste un être imprévisible. Même le personnel politique qui l'entoure demeure aussi perplexe que les scientifiques sur le métabolisme, l'anatomie, le mode de reproduction et la psychologie de cette entité venue d'aillleurs. Depuis son installation à Carthage, les tunisiens commencent sérieusement à douter de la capacité du martien de la Mnihla à présider le pays et à gérer sa politique étrangère surtout avec son allergie chronique aux avions *...

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*Le président vient une nouvelle fois d'annuler un voyage important (voir ici), de quoi raviver la rumeur tenace quant à sa phobie des avions (voir ici).

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07 février 2020

CORANavirus

Beaucoup de mes lecteurs sado-maso qui viennent se faire du mal sur ma page, ne comprennent toujours pas pourquoi j'associe Allah et le saint Coran à Ghannouchi. Ils me demandent pourquoi salir le livre d'Allah en l'associant aux manigances et aux fourberies de Ghannouchi ? Je sais que vous n'aimez plus mes dessins à cause de cela. J'aimerai juste vous rappeler que ce même Ghannouchi que vous honnissez tant, s'il s'est imposé dans le débat public depuis plus de 40 ans, ce n'est ni pour son souci de l'intérêt général, ni pour son humanisme, ni pour sa science. C'est seulement parce qu'il a hissé le Coran comme seul et unique slogan.   

assise

Il demeure le maître du jeu. Et même quand ça va mal pour lui, il arrive à se ressaisir et montrer qu'il tient toujours les commandes. Ses communiquants n'ont pas hésité hier à inonder les médias des photos de son luxuriant salon, où à été mise en scène sa rencontre avec le novice Fakhfakh sommé de s'incliner devant sa majesté pour négocier avec lui la composition du nouveau gouvernement (voir ici). Les discussions, comme vous pouvez l'imaginer, n'ont dû porter ni sur l'intérêt général, ni sur la question sociale, ni sur l'éducation, ni sur la culture, encore moins sur l'urgence climatique. Il n'était question que de dossiers, de clans à protéger, d'intêrets particuliers à épargner, de magouilles à occulter. Voilà comment par le Coran et l'idôlatrie Allahique, on se tape un chef de secte, secondé par un parrain de mafia, qui décident du sort de dame Tunisie...    

MCR

Certes, vous me direz, que Zaballah est sur le déclin. Mais soyez certains que la relève est assurée. Les Makhlouf, Khiari & co sont les allahistes nouvelle génération de demain.

Ne vous méprenez pas sur moi. Je n'ai pas fait de la religion un ennemi. Je ne suis pas un allergique à la question de Dieu ni un athée qui refuse d'admettre les mystères du cosmos. Je suis simplement pour qu'on remette le Coran dans une bibliothèque dans le rayon ésotérisme ou science fiction, et qu'on cesse de propager son virus dans l'espace public et les écoles. C'est le seul vaccin contre l'islamisme, ou alors la Moussi prendra le pouvoir *

Allez sans rancune et au revoir !

L'ironie du sort voudra que le jour où celle-ci prendrait vraiment le pouvoir, je me retrouverai dans le même cachot que les Makhlouf, Khiari & co, victimes et alliés objectifs contre la nouvelle dictature...  

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28 janvier 2020

Lina, monument national de la Révolution

Je suis profondément opposé au principe de la mort. Je suis contre cette dictature imposée par la loi de la nature. Surtout quand cette foutue mort décide un beau matin d'emporter avec elle des gens comme Lina. 
Tout le monde en Tunisie a entendu parler de Lina. Même les montagnes. Même les oiseaux. Mais nous avons encore une chance de la maintenir en vie, si nous ne la tuons pas une seconde fois par l'oubli.

RIPLINA2

Pas seulement une rue à son nom, ni même un monument à sa gloire ! Exigeons surtout qu'on lui attribue la place qu'elle mérite dans L'histoire. La mémoire collective ne se maintient que par l'éducation, l'université et ses supports physiques que sont les bibliothèques, musées et archives nationales. Redonnons aux historiens, aux universitaires, aux cinéastes, aux artistes les moyens pour que jamais les vrais acteurs de l'histoire du pays ne sombrent dans l'oubli ou restent les propriétés et symboles exclusifs des partis...Luttons pour que jamais le temps long de la Grande Histoire du pays ne soit pris en otage par les bas calculs du temps court du politique. 
Car oui ! je suis persuadé que Lina, n'est pas seulement une importante protagoniste de la révolution, elle a toute sa place dans l'Histoire du pays. Alors chers amis, nous savons ce que nous avons à faire.
Que Boukornine veille sur son âme...

16 janvier 2020

Safi Saïd au Bardo

Avant de revenir sur l'actualité très chaude du moment, où Zaballah continue à se faire défoncer la gueule en public par la Moussi (voir ici), je voudrais par ce petit post détendre l'atmosphère et vous parler de culture et de patrimoine :
Suite à la courageuse prise de parole du député Safi Saïd qui a enfin osé rappeler que les bi-nationaux sont tous des bâtards*, une pétition circule sur internet pour ériger ce grand homme en exemple de pureté raciale (voir ici). En plus de l'immunité dont il jouit au parlement du Bardo, il pourrait ainsi jouir de l'immortalité grâce à un monument à son effigie au musée du Bardo. Après toutes ces statues de bâtards, d'Hannibal à Jugurtha en passant par Didon et Massinissa, notre musée national pourrait enfin accueillir une sculpture en marbre de Safi Saïd, afin que les générations futures puissent apprécier les belles proportions, la fière silhouette, le subtil déhanché d'un des derniers représentants d'une noble lignée de pures souches tunisiens !

safisaid

*En tant que tuniso-sebkhiste, je sais combien je peux être bâtard. Il était temps qu'un représentant du peuple au parlement le clame haut et fort !

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13 janvier 2020

La déculottée de Zaballah...

Chers amis et fidèles lecteurs, bonne année 2020. Des flamants roses m'ont raconté qu'il ne nous reste plus que vingt ans avant l'apocalypse. Donc cessez de fabriquer des enfants, contentez-vous de niquer et jouissez pleinement avant la fin du bal. Les agitations que nous observons ici et là, les Trumpomanies, le feu en Australie et les chlékatologies de Safi Saïd* ne sont que le prélude du jugement dernier. Allah nous abandonne trop déçu du sort qui a été fait de sa dernière religion. 14 siècles qu'il espérait voir un allahiste sur Mars. Au lieu de ça, son nom n'est associé qu'aux wahhabites, aux Ayatollah, aux Ben Laden, aux Baghdadi, aux Erdogan et aux Zaballah...Marre ! il en a Marre le Allah. Plus que vingt ans je vous dis, avant le grand co-allah-ps final.  

Allah lâche Zaballah 

Les signes avant-coureurs de la fin du monde ont commencé à se faire sentir dans les rangs d'Ennahdha. Depuis que Ghannouchi, alias Zaballah, a été élu président du parlement en Novembre 2019, il ne dort plus la nuit, hanté par le démon mauve...  

cauchemar

Sa maigre victoire aux législatives lui offrait encore la possibilité de former un gouvernement. Il a chargé un inconnu, Habib Jemli, de faire le casting à sa place. Mais avec le bilan de 8 calamiteuses années de pouvoir, personne ne voulait de ses ministres. Habib Jemli a été jeté en pâture au Parlement ce 10 Janvier 2020 où il fut dévoré tout cru par des députés désireux d'en découdre avec le Zaballahisme (voir ici). Ghannouchi sent que le vent tourne. Il aura pourtant tout tenté pour convaincre mais rien n'y fait. Maintenant il revient au président de la république, l'étrange Kaïs Saïed (lui aussi signe avant-coureur de la fin du monde), de désigner un autre chef de gouvernement...

jemli

L'heure est grave

Sitôt la défaite annoncée, Zaballah s'envole vers la sublime porte (voir ici)

deculotee

Sachez chers amis, que parmi les grandes succursales mondiales qui se partagent Allah en tant qu'instrument de pouvoir, notre modeste Zaballah représente en Tunisie la franchise d'Erdogan. Il lui rend compte constamment de ses activités allahistiques locales.
Après sa dernière déculottée, il s'est donc fait convoquer en toute urgence pour faire état de la gravissime situation que traverse l'allahisme en Tunisie en ce moment. Car oui, l'heure est grave... 

* Le député indépendant Safi Saïd, durant la plénière dédiée au vote de confiance du gouvernement (le 10 Janvier), a tenu des propos insultants envers les bi-nationaux, les traitant de "bâtards étrangers" (voir ici). Ce personnage qui incarne la parfaite synthèse entre la bêtise et l'arrogance, jouit d'une inquiétante popularité auprès de 80% des taxis que j'ai pu prendre durant les deux dernières années. 

09 décembre 2019

Abir Moussi et ses Abiroïdes

Avant de m'élancer dans une nouvelle diatribe contre Abir Moussi, je tiens à informer ce qui reste de mon lectorat Ben Simpsonnien, que j'ai été effectivement diagnostiqué crypto-islamiste à tendance proto-daechiste. Mon psy (qui habite à la Marsa) m'a expliqué que si je ne soutiens pas, spontanément, Abir Moussi dans sa lutte héroïque contre les frères musulmans, c'est que je dois être barbu de l'intérieur.
C'est pourquoi, chère Ben Simpsonne et cher Ben Simpson, ne perdez plus votre temps sur le Blog d'un islamiste refoulé. 

Merci fidèle lecteur !

Ayant perdu mon public Allahiste depuis que je m'en prends à Allah, et maintenant que je perds en plus, mon lectorat Ben Simpsonnien, toi fidèle lecteur ici présent, je te remercie de ta patience et de ton soutien. Je voulais donc parler avec toi d'Abir Moussi, héritière du Ben Alisme. Cette dame a de la suite dans les idées. Personne ne peut lui nier sa force de caractère et sa détermination. Elle ne rêve que de putsch, de coup d'État et de restauration de la dictature. Elle est comme le loup dans la bergerie. Elle a attendu de mettre le pied dans le parlement, pour y semer la zizanie. Alors que le pays tout entier pique du nez, Moussi  provoque, menace, attendant le premier faux pas de ses adversaires -une insulte à son encontre- pour bloquer les travaux et saboter le parlement par un sit-in (voir ici)

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avion2

Les Abiroïdes 

Ce qui est fascinant pour moi caricaturiste suivant de près le bestiaire Ben Aliste depuis 2007, c'est la résurgence des figurants mauves. Il s'agit de ces mollusques à visage humain qui font partie du décor. Ils sont essentiels dans toute pièce de théâtre mauvembriste. La Tunisie vient de découvrir les abiroïdes (mollusques de Moussi) grâce au dernier spectacle de leur sit-in au parlement, avec la désormais célèbre soirée pyjama qui rentrera dans l'histoire du pays (voir ici).   

Conclusion

J'aime Ennahdha.

29 novembre 2019

Stasis

Excusez-moi de jouer mon intello de base, mais je n'ai trouvé meilleur mot pour décrire le nauséabond climat social que nous vivons en ce moment en Tunisie. En effet ce terme employé par les grecs anciens désigne la crise morale qui résulte d'un conflit interne entre l'aristocratie et le peuple (voir wikipedia). Conflit pouvant dégénérer en effondrement des valeurs de l'aristocratie et la révolte des masses.

Nous y sommes en Tunisie : nos Ben Simpsons faisant office d'une "aristocratie" sans valeurs, opposés à une "populace" revancharde. La réflexion que je tiens ici, s'incrit dans l'actuel contexte politique particulier, où un "président du peuple", Kaïs Saïed, a écrasé électoralement un candidat de la Ben Simpsonnie corrompue, le dénommé Nabil Karouï. Cette conjoncture renforce symboliquement cette chose insaisissable nommée "peuple" qui prend sa revanche à travers des formes détestables:  

Les Benous Simsims 

- Des nouvelles figures émergent sur la scène politico-médiatique telle que l'allahiste élu au parlement Seif Eddine Makhlouf, qui accuse de trahison la bourgeoisie vendue à la France et qui trouve beaucoup trop d'excuses à Daech dont il s'est fait le brillant avocat. Ce jeune homme au look bling bling, pourrait être le Zaballah de demain.

- Certaines figures médiatiques se repositionnent en fonction de la nouvelle donne, et prennent à leur tour une forme détestable tel que l'humouriste Lotfi Abdelli. En effet, cet acteur, animateur, comédien de génie, -le génie ne protégeant pas de la bêtise- s'est mis du côté de l'ignominie en défendant le rappeur Klay BBJ qui, dans sa dernière chanson, appelle carrément au viol ! (voir ici)

- Ce qui nous ramène au cas de Klay BBJ, très intéressant par ailleurs, par lequel le concept de Stasis prend toute son ampleur. Cet artiste né de la Révolution, incarnant le jeune de quartier en lutte contre la Police et l'Etat, a eu un différend dans un plateau télé avec l'égérie même de la Ben Simpsonnie, la fameuse Baya Zardi. Je passe ici les détails de leurs passes d'armes respectifs via réseaux sociaux interposés. On retiendra seulement la chanson appelant au viol de la chroniqueuse, que le rappeur a composé en guise de riposte et qui lui a valu arrestation (voir ici). Au delà de l'incitation au crime (le viol étant un crime, on continuera de le rappeler pour ceux qui feignent encore de l'ignorer), la chanson de Klay BBJ est un vomitoire d'une haine plus large contre toute une catégorie sociale. Klay BBJ par le mode d'expression qu'il utilise sort du cadre révolutionnaire et met le pied dans le terrain du fascisme pour qui la domination phallique des femmes est un préalable.

KLAYBBJ

Mais, (je déteste les mais), ce monsieur demeure un artiste et son incitation au viol est contenue dans une oeuvre musicale. C'est terrible à dire, mais mérite-il pour autant la prison ? ne risque-t-on pas d'ouvrir la porte de l'enfer à tout refrain, toute rime, tout dessin insinuant une forme de violence, fut-elle métaphorique ? J'en parle en connaissance de cause, moi le dessinateur "blasphémateur" dont les caricatures sont ressenties par certains comme une forme de violence.   
Oserai-je ici au nom du sacro-saint principe de liberté d'expression artistique, scander : #Free_KLAY_BBJ ?  

Climat allahique sous haute tension

La liberté d'expression est un sujet très difficile. Je suis pour la violence symbolique, mais je ne me reconnais pas du tout dans ces gens qui au nom de cette liberté dénigrent les femmes, les koffars ou les homos. Par contre, pour ces mêmes personnes, il ne faut surtout pas toucher à Allah et à son prophète ! Allah est dans toutes les bouches des Benous Simsims, de Makhlouf à Klay BBJ en passant par Abdelli. Tous rappellent qu'Allah est au-dessus de tout (Pourtant au dessus de Boukornine je n'ai vu que des nuages, mais ceci est un autre débat). Et d'ailleurs, pour rameuter ses fans à son procès qui se tient en ce moment même au tribunal de Tunis, Klay BBJ dans une vidéo, répète plusieurs fois qu'il ne craint que la Justice du "très haut" (voir ici).

Il est étrange de noter que pour nos figures "rebelles", Allah demeure un incontournable signe de ralliement. Si faire tomber Dieu est le préalable à toute philosophie révolutionnaire, avec ces clowns mes amis, on est loin de commencer notre vraie Révolution.

Je n'oublie pas de rappeler qu'Allah est aussi dans la bouche des Ben Simpsons qui le ménagent avec précaution avec cette peur aux tripes qu'Allah leur échappe et devienne le monopole des Benous Simsims plus nombreux et plus virulents encore. Surtout en ce moment où Kaïs Saïed ne dit mot et laisse couler l'eau. D'ailleurs à part sa distribution gratuite de bisous qu'est ce qu'il fout ?
Je vois que je m'égare du sujet à chaque fois que j'évoque Allah...mais on s'en fout.

Allah origine du mâle
(ajouté le 1er Décembre)

Le tribunal pourrait condamner Klay BBJ a 3 ans de prison. Pourquoi pas. Admettons alors que toute incitation à la violence conduise à la prison, fut-elle exprimée musicalement, picturalement, cinématographiquement...coraniquement aussi ?
ALLAH_BBJ

-ajouté le 7 Décembre-
Le tribunal de première instance de Tunis a finalement décidé de libérer le Rappeur. 
Quant à Allah, il court toujours.

18 novembre 2019

Les mamelles de Zaballah

Le leader historique du parti Ennahdha, Zaballah, a été élu ce 6 Octobre 2019 président du Parlement (voir ici). Il a bénéficié du soutien du parti de Nabil Karoui, comme je l'avais prédit, et vlan ! dans la gueule des Ben Simpsons. Mais c'est quand même incroyable, quand on y pense, ce phénomène de Zaballah que se coltine encore et toujours la Tunisie depuis 40 ans. Alors que nous avons fait élire un président hors-système, un vrai candidat du peuple, nous constatons que Zaballah continue à mener le jeu politique dans le pays...

ZABALLAHTUNISIE01

La nomination toute récente du premier ministre Habib Jemli, inconnu du bataillon, chargé de former un nouveau gouvernement, montre combien un âne ou un mouton auraient tout aussi pu faire l'affaire, tant qu'ils sont issus de la même basse-cour Halal d'Ennahdha. Jemli prétend avoir été déniché par Zaballah au ministère de l'agriculture (comme par hasard ) et ce pour, ne rigolez pas, ses prétendues compétences ! (voir ici).

Certes, Ennahdha a gagné les législatives et c'est la loi qui l'oblige à choisir un chef de gouvernement. Cependant depuis que ce parti a pris les rênes du pouvoir (2011), son chef Zaballah nomme son personnel politique selon le principe d'allégeance. Sa seule boussole a été la"moutonnabilité" de ses employés chargés à leur tour de "moutonniser" le peuple. L'écologie, l'urbanisme, l'économie, l'emploi ou encore les nouvelles technologies, il ne connait pas. Son seul dada c'est l'administration des bergers et du bétail humain. L'allahisme, religion qui sied bien à la philosophie du troupeau, est donc un excellent instrument pour asseoir son système. Le reste n'est qu'une histoire de branchement de conduits et de juste équilibrage entre les flux d'argents des pays du golfe et des mafias locales. C'est ça le système Zaballah ! 

ZABALLAHTUNISIE

Rendez-vous compte chers amis, que c'est depuis 40 ans que dame Tunisie se coltine ce médiocre personnage. Même lorsqu'il n'était pas au pouvoir, sous Bourguiba et Zaba, il avait déjà réussi à marquer de son empreinte le pays. C'est lui qui a donné de l'eau au moulin des deux dictatures qui s'étaient contre lui posées en rempart. À son retour de l'exil après la révolution, Zaballah a polarisé la vie politique et a su rendre aveugle la bourgeoisie qui a redoublé d'arrogance et de connerie en focalisant sur lui toute son attention. À cause de Zaballah, ils ont voté pour Essebsi et Karoui et sans lui, n'aurait jamais existé une Abir Moussi.
À bas Zaballah !

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23 octobre 2019

Un nouveau président à Carthage

A eu lieu aujourd'hui en grande pompe la cérémonie d'investiture du nouveau président élu Kaïs Saïed. Parmi les moments marquants on notera l'accueil de sa famille au palais de Carthage  (Voir ici la photo).
Les Ben Simpsons n'en démordent pas. Ce nouveau président est trop louche, trop parfait et doit bien cacher son jeu. Ils sont persuadés qu'il rase sa barbe d'islamiste avec une lame Gilette tous les matins !
Et d'ailleurs, comme le relève si bien un journaliste de Bensimpsonnews (voir ici), Saïed évite de rouler une pelle à son épouse. Il se contente juste de lui embrasser la joue. Un flagrant délit d'islamisme selon le journaliste...   

CRYPTOSIMPSON

Et si le Kaïs Saïed s'avère être un crypto-Ben Simpson ? On risque alors vraiment d'être dans le kaka...
Au secours Nabil, t'es où ?

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21 octobre 2019

Moment révolutionnaire

Profitons chers amis des derniers instants révolutionnaires avant que nous nous heurtions très vite à l'amère réalité. Le raz-de-marée Kaïs Saïed (72% des voix) a balayé symboliquement par son intensité, toute cette classe politique qui a trahi la révolution de 2011. La débâcle de Nombril Kakaroui et tous ses soutiens a été tellement savoureuse que je ne cesse de m'en délecter sadiquement. Avec tous les procès qui lui collent au cul, j'imagine bientôt Karoui et sa smala fuir le pays comme Ben Ali et ses trabelsites (voir ceci). Mais attention, ne nous réjouissons pas trop vite. Notre expérience de la Révolution, nous a appris à nous méfier des orphelins du système déchu qui nous attendent toujours au tournant...      

FUITE

(dessin inspiré de cet article publié le 08 Janvier 2011) 

Parmi ces "déchus", qui ont été ses soutiens directs et indirects, figure une bonne partie des médias "Ben Simpsonniens". Cette élite dite progressiste, depuis qu'elle a eu droit à la parole grâce à la Révolution, elle n'a fait qu'agiter l'épouvantail islamiste tombant dans une facilité intellectuelle à laquelle répondait positivement son public de Ben Simpsons. Une culture de l'entresoi s'est développée durant ces dernières années faisant émerger des figures médiatiques persuadées de leur pertinence, voire de leur héroïsme (Mohamed Boughalleb, Maya Ksouri, Lotfi Laamari...*). Elles se sont complus dans cette confortable lutte banalisant au passage le retour des anciennes figures du benalisme, fermant les yeux sur la corruption de leurs patrons, mais surtout, vidant de leurs substances les aspirations sociales de la Révolution qu'il leur arrive de rappeler mais seulement pour se donner bonne conscience.

Certes, l'islamisme est un monstre. Je dirais même plus, qu'Allah est la tête du monstre qu'il faut commencer par couper si l'on veut lutter sérieusement contre l'islamisme. Oui, je comprends très bien que des gens puissent faire de l'islamisme un sujet de lutte politique et philosophique. Mais lorsqu'on en arrive à ce qu'une Olfa Youssef (voir ici), universitaire, prenne ouvertement la défense d'un mafieux avéré, ploutocrate spaghetti du nom de Nabil Karoui et ce par anti-islamisme primaire (mixé forcément à une bonne dose d'opportunisme), alors stop ! arrêtons immédiatement ce cirque médiatique et recommençons à zéro. 

Kaïs Terminator SAÏED, an Ier

L'espoir que semble avoir ressuscité l'élection de ce nouveau président, fait souffler sur la Tunisie un vent de révolution. Des jeunes se réapproprient l'espace public en organisant des campagnes de nettoyage de rues, de plantation d'arbres, ou de coloriage de trottoirs (voir ici). Ce mouvement lancé sur internet prend des allures de jeunesses communistes, de quoi effrayer les déchus du Karouisme et d'une frange de la bourgeoisie, pour qui le peuple ne peut être mu que par les ficelles d'associations islamistes ou par les services de renseignement américano-sionistes.
N'en déplaise aux aigris, aux déchus, aux rabat-joies, aux précieux, aux snobs...quelque chose se prépare. Ce Kaïs Saïed n'est que le véhicule d'un quelque chose que nous ignorons. Bien entendu, il risque de nous décevoir, de tomber en panne, ou de se refermer sur nous comme un nouveau piège à cafards. Mais savourons encore cette parenthèse enchantée comme lorsque nous étions enfants, et ce même si la réalité nous rattrapera de toute façon.

* Mes propos ne sont surtout pas destinés à excuser les campagnes de lynchage lancées contre ces journalistes (voir ici). La moindre menace contre un journaliste est une menace contre TOUS. La liberté d'expression est un droit non négociable...même pour ceux qui n'en sont pas à la hauteur.

13 octobre 2019

Débat, suite et fin.

Loin de moi l'idée d'influencer votre vote chers amis. Simplement je souhaite donner une suite au dessin de mon dernier article (repris ci-dessous) dans lequel je m'étais fait berner par l'équipe de campagne de Nombril Kakaroui, pensant que le lion qu'elle nous dépeignait, allait dévorer tout cru son rival Kaïs Saïed lors du débat présidentiel de vendredi dernier. 

GLADIATEUR01

Je ne ferai pas le bilan de ce débat pauvre en idées, mais riche en théâtralité. J'ai retenu surtout que Karoui en plus de sentir le souffre, le mensonge, le fric pas net et le mafieux de quartier, se révèle intellectuellement tellement limité qu'il s'est fait écraser sans le moindre effort par son rival. 

GLADIATEUR02

J'avoue avoir eu beaucoup de peine pour l'homme qu'il est. Mais je reste très dubitatif quant à ses soutiens. Je ne parle pas de la Ben Simpsonnie mue par ses réflexes de classe. Non, je parle de ces journalistes, universitaires, intellectuels qui malgré la débâcle qu'a subi leur poulain, continuent à lui trouver encore des excuses. Sont-ils bêtes à ce point ? je préfère penser que Karoui leur a fait individuellement des promesses, que par opportunisme ils ont fermé les yeux sur l'évidence !

Mais alors qu'en est-il du psycho-rigide Kaïs Saïed ?  

Il y a chez ce monsieur une fascination pour le concept de la loi, qu'elle soit coranique ou constitutionnelle, qui révèle un rapport textuel, théorique et platonicien au monde. Il ne sera pas l'homme du concert ni encore moins l'homme du présent. Il se posera comme une stèle totémique au milieu d'un écosystème pollué dans lequel sévissent des Karoui, Ghannouchi et toutes ces hyènes (ces "nmouras" dirait Karoui) qui finiront probablement -ou pas- par le "tartouriser". Saluons à cet effet le seul moment de vérité de Karoui lorsqu'il exprima cette prophétie, lors des dernières minutes du débat juste avant qu'il ne subisse la savoureuse estocade finale de Saïed. 
(Revoir le débat, traduit en français ici)    

11 octobre 2019

Le débat...

L'énorme saga politique qui a commencé l'été est loin d'être terminée, mais ce soir nous assisterons à l'un de ses moments clefs: le débat entre les deux candidats finalistes, Nabil Karoui et Kaïs Saïed.
Notons qu'il s'agit du premier débat du genre dans l'histoire du pays. En 2014 pourtant il en était question si Béji Caïd Essebsi ne s'était pas désisté par crainte de se faire bouffer par son rival Tartour (voir ici). Pour les tunisiens aujourd'hui sera donc soirée pop-corn, pistache, thé ou Celtia et le blog DEBATunisie, créé en 2007 avec la modeste prétention de réhabiliter le débat public en Tunisie, ne peut que se réjouir de cet événement. Certes, nous savons très bien que la confrontation de ce soir ne portera pas sur les idées, mais beaucoup plus sur la psychologie des deux rivaux qui ne parlent visiblement pas la même langue, mais qui surtout, ne sont pas de la même espèce... 

GLADIATEUR

N'oubliez pas chers amis, que si l'on se tient aux révélations du lobbyste de Karoui * (voir ici), ce duel présidentiel s'inscrirait dans une logique plus large dans laquelle notre Justice sous pression américano-zaballahiste aurait libéré Karoui en échange de l'alliance de son parti avec les islamistes et ce afin de conforter une majorité parlementaire. Bien sûr nous nageons en plein délire complotiste, mais il n'est pas invraisemblable de penser que Karoui est le candidat idéal de la préservation de l'ordre établi régional selon la vision néo-colonialiste américaine pour qui les barbares que nous sommes, ne peuvent être gouvernés que par des mafieux occidentalisés mixés à des conservateurs allahisés, le tout dans la marmite du néolibéralisme le plus éhonté.
Inutile de revenir ici sur les défenseurs assumés de Karoui, dont une partie le soutient par ignorance, stupidité ou réflexe de classe, et l'autre partie -plus grave-, journalistes et affairistes connaissant pourtant tout cela et qui, contre vents et marrées, défendent ce sombre personnage pour des raisons bassement opportunistes. Ce groupe redessine exactement sous nos yeux, en ce moment-même, l'exacte réplique du schéma de compromission de l'élite qui avait soutenu 23 ans durant, la dictature de Ben Ali. 
Pour votre vote de demain, chers amis, vous savez ce qu'il vous reste à faire...

* Le lobbyste Ari Ben Menash révèle la nature de son contrat avec Karoui et explique dans le détail le contenu de leurs discussions pourtant privées, et ce dans une volonté évidente de se vanger de son client qui aurait nié jusqu'à leur rencontre mettant ainsi en doute la crédibilité d'un vieux routard du lobbying. Beaucoup à dire sur cet entretien avec Ben Menash, retenons simplement que cette affaire dans sa complexité, révèle une chose simple : Karoui à Carthage c'est la victoire du trabelsisme.       

06 octobre 2019

Zaballah et Kakaroui au coude à coude

Et nous revoilà chers amis à nouveau sommés de choisir entre Zaba et Zaballah.
Selon un a priori très tenace, le "peuple" serait allahisé par nature (ce qui objectivement n'est pas si faux que cela). Depuis Bourguiba déjà, l'élite au pouvoir avec ses satellites bourgeois prostrés par cette peur du peuple, a accepté de pactiser avec n'importe quelle entité capable de contrer ou du moins, contenir le péril allahiste. Après les tumultes des débats enflammés, on en arrive comme après la sortie d'un embouteillage en heure de pointe, au seul horizon politique possible : choisir entre Zaba et Zaballah.

L'éternel retour

La dernière séquence de ce feuilleton eut lieu en 2014.  "L'entité" présentée contre Zaballah fut un papi beldi sorti des archives de Bourguiba. Le pari fut réussi jusqu'à ce que ce vieux loup, sous prétexte de contenir le péril allahiste, finisse carrément par s'allier avec...

alternance1

(dessins extraits de deux articles, l'un datant de Novembre 2014 et l'autre de Février 2015

La séquence d'aujourd'hui où nous sommes appelés à voter pour les législatives, une "entité" se distingue du peloton et remet au goût du jour le vote utile contre Zaballah. J'ai nommé Nombril Kakaroui, dont le parti -ramassis de mafieux, d'opportunistes et de clowns en manque de notoriété- semble être au coude à coude avec le parti de Zaballah et qui -mon petit doigt me dit- pourrait pactiser avec Zaballah sitôt au pouvoir... et le foutre bien profond dans le cul de dame Tunisie et de tous ces Ben Simpsons qui appellent à voter Karoui. 

COUDES

Mes amis, si vous ne voulez plus de Zaballah...organisez-vous contre vos privilèges de classe et tuez Allah une bonne fois pour toute !

Ou sinon, convertissez vous au Boukornisme
لا بوكرنين الاّ بوكرنين، ولا سبخة الاّ السّبخة

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