DEBATunisie

13 juin 2019

Quand Ammar 404 frappe le New York Times

Une nouvelle histoire de caricature secoue en ce moment la presse américaine. Le dessin ci-dessous du portugais Antonio Moreira Antunes publié le 27 Avril dans le New York Times a provoqué une telle polémique que le journal a décidé le 10 Juin, de ne plus du tout publier de dessins politiques dans son édition internationale (voir ici).

NEWYORKTIMES-orginal

Considéré comme antisémite, le dessin a suscité un tollé non seulement au sein de la communauté juive mais au delà. On peut constater effectivement que la caricature évoque cette idée sous-jacente du juif qui domine le monde, cliché qui au 19ième et vingtième siècle, rappelons-le, avait conduit aux pogroms, aux génocides et tout ce que l'Europe fasciste a pu produire d'horrible et d'affreux. Les caricatures antisémites de l'époque étaient non seulement le reflet d'une grande partie de l'opinion européenne, mais pire encore, du Pouvoir lui-même. Ces dessins combinaient des poncifs récurrents tels que l'étoile de David, le rabbin, ou encore des personnages diaboliques aux nez crochus pour désigner les juifs. 
Mais alors, devrons-nous dans le contexte mondial actuel continuer à crier au loup à chaque dessin à charge affichant une étoile de David ou un rabbin ? Est ce que ces mêmes symboles gardent encore aujourd'hui les mêmes significations dans un monde où un État qui se dit juif, pratique une politique d'apatheide et de colonisation avec le soutien inconditionnel de la première puissance mondiale ?

Pas si sûr ...    

Le dessin en question a été publié à la suite de la déclaration de la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan. Cette décision unilatérale, à été prise par Trump fin Mars et ce au mépris de la Syrie en guerre puis surtout contre le consensus international. En pleine campagne électorale israélienne, cette annonce semblait dictée par Netanyahu qui d'ailleurs remportera les élections et récompensera son maître (allusion au dessin) en donnant le nom de "Trump" à l'une de ses colonies sur le plateau du Golan. C'était à l'occasion des fêtes de la Pâque Juive que le premier ministre israélien a annoncé le 23 Avril dernier, cette "heureuse" nouvelle (voir ici).
La question de savoir si Trump était guidé en aveugle par Netanyahu se posait déjà à l'époque du transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem (voir ici), et ce toujours dans le mépris des palestiniens et de la communauté internationale. De manière plus générale, cet aveugle soutien de la droite évangéliste américaine pour l'État hébreux s'inscrit dans une longue tradition biblique qui voudrait que Jésus revienne sur terre si seulement Israël est reconnue comme État juif.

Alors oui ! il y a une dimension religieuse évidente n'en déplaise à mon ami caricaturiste Kichka qui considère que ces symboles seraient inutiles à la compréhension du dessin (voir ici). Si le dessinateur s'interdit d'en faire allusion en se justifiant des grilles de lecture des années 30, c'est qu'il cède sans le savoir à une pression qui montre bien que le Pouvoir est du côté, des intérêts israéliens, des évangélistes américains ou du lobby sioniste. Le vrai Pouvoir se localise d'ailleurs toujours derrière les censeurs (j'en sais quelque chose, coucou Ammar...)

Puis franchement, ressortir les vieux poncifs des années 30 pour salir un dessinateur de presse contemporain, user du sempiternel chantage à l'antisémisme au point de pousser un journal comme le New York Times à ne plus publier de la caricature, c'est une honte et un signal très dangereux. C'est aussi le meilleur cadeau qu'on puisse offrir aux frères Kouachi, aux allahistes et aux wahha(grosse)bites qui se frottent les mains en ce moment même.

Deux poids deux mesures ?

Les lobbystes des pétrodollars seront bientôt en mesure, comme leurs potes sionistes, de considérer le dessin ci-dessous aussi islamophobe que n'est antisémite le dessin ci-dessus...Dessin (le mien) qui d'ailleurs colle parfaitement à l'actualité saoudienne dont la dimension religieuse est intrinsèquement liée à toutes les aventures militaires conduite au Yémen et ailleurs, profitant encore une fois d'un soutien aveugle et inconditionnel de ses alliés américains... 
NEWYORKTIMES

Le caricaturiste Antonio est membre de Cartooning for Peace, réseau de dessinateurs internationaux (dont je fais partie aussi). Plantu grand manitou de la secte des cartoonistes s'est déclaré inquiet de cette censure généralisée qui menace sérieusement notre business (voir ici).   

07 juin 2019

Footballah(3)

Je n'ai rien contre le Football en tant que sport, rien contre Allah en tant qu'idole, rien contre la drogue ni l'alcool.
Wallah mon frère ! je vous jure. Je suis espérantiste depuis toujours et jusqu'à mes 8 ans je fus un fervent allahiste observant mes 5 prières par jour.

Le grand CAFouillage

Dans la récente affaire de la Finale de la CAF (Confédération Africaine de Football) qui s'est tenue à Tunis, il est plus que probable que l'équipe tunisienne -l'Espérance- jouant contre le Wydad marocain, ait été victime d'une injustice à cause d'un imbroglio juridico-"VAR"esque sur fond de corruption (voir ici). Alors qu'ils ont gagné le match, les tunisiens sont menacés de devoir rejouer la partie.

Cette affaire a rendu fous les espérantistes et a sincèrement indigné le public qui n'y comprend plus rien. L'affaire qui a pris une tournure politique rappelle combien le Football n'appartient plus à ses supporters mais plutôt à ces cravatés de l'ombre, ces politicards et autres lobbyistes dont le business échappe à tout regard. On se moque de l'intelligence des gens et on les transforme en foule d'écervelés dont on joue comme d'un ballon de football. De la même manière que les capitallahistes wahha(grosses)bites ont spolié Allah aux foules musulmanes, pour en faire aussi le plus juteux des business après le pétrole et ce loin du regard, loin du débat public. Nos élites dirigeantes ont bien compris qu'il tiennent notre aliénation par le foot et la religion, ces deux puissants opiums des peuples.
  
Ci-dessous, un dessin qui ne fait que dévoiler l'amère réalité que nous connaissons tous...un dessin qui vaudra à son auteur, _Z_ votre humble serviteur, de très prometteurs compliments. Sur ce, joyeuses fêtes de l'Aïd quand même !   

FOOTBALLAH

Posté par __z__ à 20:03 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,

30 mai 2019

L'Allaherie de Nombril Karoui

Le 27 Mai, Nabil Karoui, patron de Nessma TV, annonce sur sa chaîne télévisée, sa candidature officielle aux présidentielles de 2019 (voir ici). Ce n'est pas la première fois sur ce blog que l'on s'attarde sur le cas de ce personnage. Si nous y revenons à chaque fois, c'est parce que l'émergeance de ce type d'individu dans l'espace public résume à elle seule le mal profond qui ronge la démocratie tunisienne. Mais il n'est que l'arbre qui cache la forêt, et nous essaierons sur ce blog, par esprit d'équité, de brosser le portrait de tous les autres cas d'espèces.    

KAROUIALLAH

l'Hubris de Tunis

Patron de média depuis Ben Ali, Nabil Karoui avait profité de ses sympathies avec la dictature pour fonder sa télévision avant tout le monde. Refusant de se plier aux nouvelles réglementations audiovisuelles fixées par la HAICA* (après la révolution), il a continué à faire la nique aux nouvelles institutions. Il a très vite mis à profit son média pour entrer dans l'arène politique (c'était en Mai 2015, voir ici). Son seul programme pour le pays se résume à la charité spectacle, mettant en scène sur écran son amour soudain des misérables de la terre. Son association de générosité calculée, porte le nom de la figure de "martyre" national de son fils (tué dans un accident de voiture à la sortie d'une soirée à Gammarth, voir ici).
Suspecté d'évasion fiscale par l'ONG Iwatch, il n'hésitera pas à faire usage de son armée de journalistes (larbins) pour fabriquer des fake news et salir la réputation de ses détracteurs (voir ici).   
Ami de Berlusconi, Nombril Hubris Karoui est l'incarnation de l'homme politique à l'égo surdimensionné. Professionnel du clientélisme et de la politique spectacle, il n'hésitera pas à défier les lois et l'éthique pour arriver au pouvoir. Dans sa dernière déclaration où il annonce sa candidature aux présidentielles, il invoque Allah et complète ainsi par sa bigoterie le kit complet du stéréotype du politique véreux **.

Conclusion

Mes amis, qu'on se le dise, ce monsieur est parmi les plus anciens responsables de la détérioration de notre débat public. Il mérite à cet effet une caricature bien animée. Vous excuserez les imperfections de cette vidéo par laquelle j'annonce moi aussi par la volonté d'Allah mon entrée dans l'univers de l'animation ! (Je remercie à cet effet l'ami qui se reconnaitra et qui a prêté sa belle voix de stentor à Allah).

*HAICA: La Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle est une instance constitutionnelle chargée de l'organisation du domaine audiovisuel en Tunisie.
**Il est assez plaisant de constater que le logo de Nessma TV, évoque l'idée d'un ver se tortillant à l'intérieur d'une pomme. 

Posté par __z__ à 12:09 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

26 mai 2019

la Circulaire fantôme

La polémique sur la circulaire "fantôme" est au RDV chaque mois de Ramadan. Il suffit d'une fermeture forcée d'un café ou d'un resto, (souvent dans les quartiers populaires), pour que soit remis sur la table avec les briks et la salade Mechouia, le sempiternel débat sur les relations entre notre Constitution et Allah (voir ici).

Article 1, piège à cons

Et pourtant, nous savons que tout débat sur la question est presque inutile tant que l'article 1* de notre Constitution stipulera que l'Islam est religion de L'État. Tout débat devient donc restreint au cadré fixé par la religion elle-même, et explique la dite circulaire fantôme et d'autres à venir...     

article1
(dessin extrait de cet article qui date de Juin 2012)

Article 6, piège à ultra-cons

On a souvent tendance à croire que l'article n°6 (celui qui nous garantit la prétendue liberté de conscience) est ZE article qui nous protège de l'allahisme et ses circulaires. Certains même s'en vantent jusqu'à qualifier de laïque la Constitution tunisienne. Mais à le regarder de près, cet article semble même nous l'enfoncer encore plus profond qu'on ne le pense. Que dit donc l'article 6 (Constitution de 2014)?    
 
"L'État est gardien de la religion. Il garantit la liberté de croyance, de conscience et le libre exercice des cultes ; il est le garant de la neutralité des mosquées et lieux de culte par rapport à toute instrumentalisation partisane. L’État s’engage à diffuser les valeurs de modération et de tolérance, à protéger les sacrés et à interdire d’y porter atteinte, comme il s’engage à interdire les campagnes d’accusation d’apostasie et l’incitation à la haine et à la violence. Il s’engage également à s’y opposer."
 
-La mention "L'État est gardien de la religion" porte la source même de nos emmerdes : le simple fait que ce soit "la" religion (et non "les" religions) suggère bien l'idée qu'il est ici question de la religion de l'État et donc de l'Islam. On peut alors comprendre que dans ses fonctions de "gardiennage" de la dite religion, la police joue pleinement son rôle en appliquant la circulaire "fantôme" qui oblige à l'observation d'un des 5 piliers de la Religion, le jeûne. Estimons-nous même heureux que d'autres circulaires ne viennent assurer le kit complet de gardiennage des 4 autres piliers.

controlejeune
(dessin extrait de cet article qui date de Juillet 2013)

 
-Ensuite:
"Il garantit la liberté de croyance, de conscience et le libre exercice des cultes". Ces belles promesses ne sont assurées que si et seulement si l'État se positionne à égale distance entre toute forme de croyance. Ce qui est démenti par la simple la mention "L'État est gardien de la religion", qui est un positionnement explicite en faveur du fait religieux, en l'occurence l'Islam. Ou alors qu'il nous précise de manière explicite, si ces sympathiques garanties de liberté ont droit d'expression de manière égale dans l'espace public
Puis-je par exemple construire mon temple boukorniste et appeler à la prière 13 fois par jour ? ou alors puis-je ouvrir une chaîne Athée, L'athée TV (au même titre que la Zitouna TV), dans laquelle je prêche nuit et jour l'inexistence de Dieu et dans laquelle Jalel Brik présenterait le JT ? 
-Puis interrogeons-nous sur le sens du mot conscience (ضمير) flanqué entre la croyance (عقيدة) et l'exercice de culte. Il s'agit d'un euphémisme qui en évitant de nommer clairement les choses, l'athéisme par exemple, nie jusqu'à son existence. 
Ainsi donc, l'article n°6 par ses non-dits en dit beaucoup plus qu'on ne le pense et montre qu'on peut transformer le pays en un État allahiste sans rien changer au texte de la Constitution. Voilà ce que dit implicitement l'article n°6 aux non allahistes :

"Attention, l'État est gardien de l'Islam puisque l'Islam est sa religion. Toute autre forme de croyance, même l'athéïsme (astaghfiroullah!) vous est garantie par l'État mais dans le confinement de l'espace privé. Comme Allah est déjà dans la constitution on n' a plus besoin des mosquées pour faire sa propagande politique, ceci est une bonne garantie de la neutralité des lieux de culte. L'État s'engage à tolérer votre existence (vous pouvez nous remercier) mais attention !! Gardez-vous surtout de porter atteinte au sacré (Allah) ! L'État, s'engage à ce que personne ne vous traite d'athée car c'est la pire des insultes (qu'Allah nous en préserve !)"

Conclusion

Pour la garantie d'un vivre ensemble harmonieux sans que l'État n'ait à intervenir sur nos croyances et nos pratiques religieuses il est non seulement nécessaire d'abroger la mention de "l'Islam religion de l'État" dans le premier article de la Constitution, mais il est aussi urgent de modifier l'article 6 et d'introduire la notion d'espace public et espace privé de sorte que l'on sache clairement qui du buveur de Celtia ou du jeûneur de Ramadan a droit au trottoire. En tant que constitutionniste sebkhiste et rédacteur en chef du saint Sebkhan, je propose en toute modestie ce modèle fortement inspiré de la Constitution de 1959**  :

"La République Tunisienne garantit les libertés fondamentales et les droits de l'homme dans leur acception universelle. La République Tunisienne garantit l'inviolabilité de la personne humaine et la libre expression dans l'espace public de sa croyance religieuse, spirituelle ou de son athéïsme. Elle garantit le libre exercice des cultes seulement dans les espaces alloués à cet effet"

takeabeer
(dessin extrait de cet article qui date de Juin 2011)

La Tunisie est un État libre, indépendant et souverain, l'Islam est sa religion, l'arabe sa langue et la République son régime. Il n'est pas permis d'amender cet article.
** L'article n°6 est plus "allahiste" que son équivalent (l'ex article 5) de la Constitution de 1959, qui stipulait ceci:
"La République Tunisienne garantit les libertés fondamentales et les droits de l'homme dans leur acception universelle, globale, complémentaire et interdépendante. La République Tunisienne a pour fondements les principes de l'Etat de droit et du pluralisme et œuvre pour la dignité de l'homme et le développement de sa personnalité. L'Etat et la société œuvrent à ancrer les valeurs de solidarité, d'entraide et de tolérance entre les individus, les groupes et les générations. La République Tunisienne garantit l'inviolabilité de la personne humaine et la liberté de conscience, et protège le libre exercice des cultes, sous réserve qu'il ne trouble pas l'ordre public."

Posté par __z__ à 18:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

22 mai 2019

Bourguiba faisait pipi, mais aussi caca

S'est tenue à Tunis le 16 Mai l'ouverture du procès de l'assassinat du dirigeant politique Salah Ben Youssef. Cet ancien compagnon de route de Bourguiba devenu son rival, a été abattu en 1961 en Allemagne. Même si Bourguiba lui-même assuma plus tard avoir zigouillé son ancien camarade, la famille du défunt demande aujourd'hui à faire reconnaître par la Justice tunisienne l'assassinat de Ben Youssef comme crime d'État (voir ici).
Alors certes, dans la déconfiture générale dans laquelle nous pataugeons en ce moment, on peut se poser la question de l'utilité d'un tel procès. Mais à écouter toutes ces voix qui s'élèvent contre les profanateurs de l'idole Bourguiba, ces pleureurs et ces pleureuses,  l'on ne peut que se réjouir d'un procès qui participe à la déconstruction de nos mythes nationaux. Bien sûr que toute nation a besoin de mythes fondateurs, et Bourguiba a naturellement sa place dans le récit national. Mais l'Histoire et la Justice n'ont que faire des symboles sacrés. Elles doivent être au-dessus de ces considérations métaphysiques.           

bourguiba3

Il faudrait d'ailleurs faire le même travail (et le même dessin ) pour le prophète Mohamed dont les idolâtres aujourd'hui se comportent exactement comme les bourguibistes. Les uns comme les autres refusent l'examen de l'Histoire, et veulent que la Justice, loi des hommes, se soumette à celle de leurs Dieux. Remercions au moins la Révolution de nous avoir permis d'entamer ce processus lent, douloureux, mais nécessaire. 

11 mai 2019

Les 7 vies de Ben Ali

Ben Ali continue de hanter nos nuits depuis qu'il est parti en Arabie. Chaque année la rumeur nous annonce son décès, par un cancer ou par un AVC. On ne sait jamais si ce sont ses fans ou ses détracteurs qui alimentent ce genre de fake news. En tout cas, chaque fois qu'il ressuscite, en pyjama ou en jogging, Ben Ali semble prendre un malin plaisir à nous rassurer sur sa bonne santé.
La toute dernière rumeur date d'il y a deux jours, et faisait état de sa grave maladie. C'est le pitre Mohsen Marzouk qui semble avoir été le premier à annoncer cette nouvelle. Il s'est fendu d'un larmoyant communiqué, appelant au pardon de Ben Ali et à son inhumation en Tunisie (voir ici). Les mauves ont pleuré, les barbus ont fait mine de prier* jusqu'à ce que soit annoncée son énième résurrection grâce à une nouvelle photo (voir ici). Ben Ali dans cette dernière apparition pose en tenue décontractée et semble continuer à péter la forme. Et d'ailleurs pour les présidentielles de 2019, contrairement aux prédictions de Sigma, l'oracle de la Sebkha prévoit après la septième mort de Zaba, une miraculeuse résurrection plus surprenante encore...  

7viesbenali

7viesbenali2

Et comme je vous l'ai déjà annoncé ici, La sebkha continue à soutenir le cheval gagnant Abir Moussi...N'en déplaise aux, Chahed, Ghannouchi, Karoui...

Posté par __z__ à 00:38 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

05 mai 2019

Ramadan, ou la fête du capitallahisme

C'est enfin Ramadan. Alors que les jeûneurs jeûnent ! que les avaleurs de bricks s'empiffrent ! que les télés vomissent leurs pubs ! que les adorateurs d'Allah s'allahisent encore plus et que la Capitallahisme tourne à plein régime. Pas de problème, chacun est libre de ses perversions.

Mais tant que l'Etat continue à intimider ceux qui ne jouent pas le jeu, en bâchant ou en fermant les cafés au nom d'une curieuse conception du respect de la majorité *, alors mes amis, je ne sais pas ce que nous attendons depuis notre putain de Révolution pour faire tomber enfin l'un des derniers verrous de la dictature : l'Allahisme. 

Soyons bien clairs : il n'y a aucune raison de "respecter" la tradition, le prophète et toutes les allaheries si la prétendue majorité ne respecte pas notre différence et qu'elle use de la police pour nous imposer sa loi. Puis surtout, lorsqu'on sait combien cette farce religieuse nommée Ramadan, constitue le mois du capitallahisme et de l'idolâtrie marchande, alors merde ! qu'est ce que nous attendons encore pour faire tomber toute la citadelle du sacré. Qu'est ce que, merde ! attendent les cinéastes, les poètes les dessinateurs pour faire la guerre symbolique à l'allahisme pour que plus personne ne vienne décider à notre place de boire ou pas une putain de Celtia dans les cafés de nos quartiers ?! ** 
coransupermarché

* Une circulaire de 1981 ordonne la fermeture des cafés durant le mois de Ramadan. Le ministère de l'Intérieur justifie encore aujourd'hui l'application de la dite circulaire au nom du respect des jeûneurs et afin d'éviter les attentats. Cependant, il n'y a pas de poursuite contre les cafés ouvrant dans la "discrétion".

** La vente d'alcool est interdite durant le mois de Ramadan. La consommation d'alcool durant cette période est punie par la loi sur la base de l'article 226 du code pénal considérée comme "outrage à la pudeur".

Posté par __z__ à 08:17 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

30 avril 2019

Sidi Bouzid...Reload ?

Les américains sous couvert d’opérations de "coopération" et d'"entraînement" avancent doucement mais sûrement leurs pions en Tunisie et ce depuis la Révolution. Mon taxiste -qui me lit souvent et que je salue au passage- voyait d’un bon œil le mouillage à la Goulette d’un de leurs navires de guerre il y a un mois de cela (voir ici). Sans le regard d'aigle de mon taxiste, je n’aurais peut-être pas prêté attention à la pourtant imposante silhouette du mastodonte flottant dont les deux énormes canons menaçaient Tunis, la Sebkha et Boukornine.

Sur ce média officiel français (article France info ici) le journaliste note à juste titre comment la Tunisie petit à petit, s’est transformée en base américaine. Il corrobore la rumeur déjà très répandue d’une importante présence US sur notre sol. Aucun média local ne semble avoir mené une enquête sérieuse sur cette affaire. Puis de toute façon, ni le parlement, ni mon taxiste, ni mon père ni ma mère ni encore moins la chienne de mon voisin ne semblent être affectés par cette présence.

J’aime le jazz, j’aime Hollywood, j’utilise Facebook, et je ne peux plus me passer de mon iPhone. Mais j’avoue qu’avec l'âge, je commence à développer une aversion incommensurable contre la domination mondiale de l'oncle Sam, au point de trouver sympathique Ben Laden et son 11 Septembre. Je regrette qu’autant d’intelligence et de beauté soient entre les mains de ces prédateurs aussi bêtes que méchants dont la gueule de Trump incarne la meilleure synthèse.

Je n’appellerai pas au djihâd, mais j’enverrai deux flamants roses cogner les deux tours de la Kasbah, pour que Super Jo, notre chef de gouvernement, ancien employé de l’ambassade américaine, (faut-il le rappeler) nous dévoile la mesure exacte du degré de pénétration des ricains dans nos entrailles.

Nombril Karoui le sauveur de l'Humanité

La fermeture de Nessma par la Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle (HAICA), me réjouit au plus haut point. Je ne sais pas si c'est l'âge encore une fois qui me radicalise, mais je me surprends à souhaiter la censure de toutes les autres chaînes avant que ne commence la grande messe de Ramadan. Ces vomitoires télévisuels ont fait de la Liberté d'expression arrachée par le sang un produit de supermarché. Alors quand le symbole même de cette corruption, Nombril Karoui patron de Nessma, se trouve dans la tourmente, je jubile sadiquement et je remercie Bourkornine et la sainte Sebkha d'avoir exaucé mes prières... même si je n'ignore pas que ce prétentieux personnage demeure victime d'une minable revanche de Super Jo qui roule des mécaniques à quelques mois des présidentielles.

Rappelons quand même que Nombril Karoui a inauguré le concept de la charité spectacle sur sa chaîne télé. Il s'est auto-proclamé porte-parole de tous les "zwewlas" du bled, lui le copain des pires capitalistes (de Berlusconi à Ben Ammar). Il est allé aujourd'hui à Carthage pleurnicher auprès du Président pour l'alerter de la possible révolte des miséreux privés par la HAICA de sa baraka. Car pour Karoui nulle générosité en dehors des caméras. Je vous prie chers amis d'écouter ici son allocution et de mesurer le degré de son indécence.

Accident mortel dans la région de Sidi Bouzid

Et pour finir sur une note encore plus tragique, ce terrible accident de circulation qui a pris la vie à douze personnes, dont sept ouvrières agricoles transportées comme du bétail sur une camionnette (voir ici). Drame qui a rappelé à nos élites urbaines les conditions inhumaines dans lesquelles vivent de nombreux tunisiens. Drame qui risque de faire exploser la colère populaire en ces temps compliqués... 

accident

Posté par __z__ à 08:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

17 mars 2019

DEBAlgérie

Nous autres tunisiens, suivons avec beaucoup d'intérêt et de passion ce qui se passe en ce moment en Algérie. Grâce aux algériens, nous revivons avec nostalgie notre Révolution de 2011. Mais nous nous inquiétons souvent de voir se reproduire chez nos voisins les mêmes erreurs. Certaines analogies troublantes telle que cette annonce de "futur gouvernement de jeunes et de technocrates" (voir ici) nous rappelle certains amers souvenirs...

BOUTEF3

(ce dessin est une reprise d'une caricature sur la Tunisie dessinée ici le 11 Février 2011)

Si la Tunisie a su tirer les leçons de la révolution algérienne des années 90 et s'épargner un bain se sang, que la Sebkha et Boukornine, fassent que l'Algérie retienne à son tour les leçons de la révolution Tunisienne et évite de tomber dans le panneau du ce prétendu gouvernement de "jeunes technocrates". Pour avoir cédé sur ce point, la Tunisie voit défiler encore aujourd'hui de vieux papis (coucou Essebsi !) et des ploutocrates plus voraces les uns que les autres au point de nous avoir enlevé aujourd'hui tout espoir de voir se relever le pays... Alors que se poursuive jusqu'au bout la révolution Algérienne et point de compromis !

Posté par __z__ à 16:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

15 mars 2019

La Sebkha vote Abir Moussi !

Je sais : il y a eu un terrible attentat en Nouvelle-Zélande (voir ici), il y a une Révolution en cours en Algérie (voir ici), 11 nouveaux nés sont décédés dans une maternité (voir ici)... Tant de sujets urgents et nécessaires. Beaucoup de mes amis me reprochent de ne pas internationaliser mes dessins, de ne pas tenter de travailler pour des grands journaux européens, mais je n'y peux rien. Je reste l'enfant de Ben Ali et sans lui je suis perdu. 
Mais heureusement, la relève est assurée. La Benaliste Abir Moussi en ce moment fait des ravages. Elle fait lever les foules à chacun de ses passages (voir ici).  

abirmessie

 Je déclare officiellement ce soir que je me rallie à cette grande dame. D'ici les élections présidentielles je ferai campagne pour elle afin qu'elle soit élue et que le mauve revienne enfin au pouvoir. Comme moi votez Abir, votez mauve, votez pour elle pour que triomphe la caricature et la satire ! 

Posté par __z__ à 22:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

01 mars 2019

Le régime Bouteflika ne tient plus qu'à un fil ?

Notre communauté de destin arabo-musulmane tient souvent à cette tragi-comédie politique que nous nous partageons du Maroc à l'Irak et qui se résume à ces régimes aux manifestations diverses : militaires, policiers, monarchiques, islamistes, présidentiels... et qui tous ont de commun le mépris total de leurs populations. 
Alors oui ! soutenons nos amis algériens dans leur révolte contre l'humiliation collective infligée par cette momie baveuse proclamée président. 

BOUTEF2

Posté par __z__ à 15:45 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

20 février 2019

La menace qui plane sur l’Hôtel du Lac

Le cabinet Sebkha&Co, opérant en matière d’urbanisme et écosystème (certifié 404 depuis l’ère Zaba), alerte l’opinion sur le danger qui menace un monument de l’architecture moderne, « l’hôtel du lac »(voir ici). Ce bâtiment des années 70 construit par l’architecte italien Rafaele Contigiani est internationalement reconnu pour ses qualités architecturales et sa prouesse constructive. Sa silhouette en triangle inversé marque le panorama de la ville de Tunis et laisse rarement indifférent.
Fermé depuis plus de dix ans, l'hôtel a été acquis par un groupe libyen. Les intentions du promoteur demeurent bien obscures et personne n’est en mesure de savoir si l’acquéreur compte rénover ou détruire le bâtiment. Même si la ville de Tunis assure qu’aucun permis de démolir n’a été délivré, rien dans la loi n’empêcherait sa disparition puisque l'immeuble en question ne bénéficie d’aucune protection d'ordre patrimoniale (type classement, inscription...)
À part quelques architectes, (saluons à cet effet le militantisme intelligent du collectif "winou el patrimoine?") l’opinion n’est pas très sensible à la question du patrimoine (surtout moderne). Il est donc à craindre que dans une Tunisie sinistrée économiquement, où les politiques font l’amour nuit et jour avec les affairistes, que notre hôtel de la Sebkha disparaisse dans le silence et ce en toute légalité.

04

 Une affaire 100% sebkhiste !

Un taxiste me conduisant vers la Goulette, m’expliquait un jour que les maçons tunisiens de l’hôtel du lac avaient lu à l’envers les plans de l’architecte italien. Leur erreur d’interprétation, insistait mon taxiste, explique cette étrange forme de triangle inversé. « Travail d’arabe ! », pestait-il.

Pour mon taxiste, le bâtiment n’était pas forcément laid, mais il porte en lui une tare originelle, une sorte de bizarrerie. Certaines personnes sur Facebook témoignent de cette même aversion allant jusqu’à se féliciter de l’éventuelle démolition du bâtiment. À croire que l’hôtel de la Sebkha incarne aux yeux de certains esprits (pas très éclairés) une provocation à ciel ouvert, une sorte de transgression architecturale qu’il faudrait calmer un jour avant qu’elle ne contamine son environnement.

Contre projet 

Il est ennuyeux de reconnaître que beaucoup de nos amis tunisiens, sont plus enclins à défendre le patrimoine des kottabs que l’architecture brutaliste des années 70. Certes leur unique référence architecturale demeure le minaret du quartier ou alors le cube de parpaings nommé Kaaba et l’urbanisme capitallahistiques qui va avec. En disant cela, je ne joue nullement à l’élitiste prétentieux qui veut donner des leçons de bon goût. Je blâme plutôt l’État tunisien qui n’a jamais pris au sérieux les questions liées à l’urbanisme et l’architecture. Quand on sait que "la boule de Zaba" (Cité de la Culture) demeure sa seule référence en la matière, on peut comprendre les raisons de notre misère architecturale.
Mais ne soyons pas défaitistes. Avec un peu de pédagogie et une bonne dose d’utopie on peut réussir à convaincre nos politiques et nos hommes d’affaire. le Cabinet Sebkha&co attend son rendez-vous chez Souad, pour la faire réfléchir sur un projet révolutionnaire qui redonnerait une seconde vie au bâtiment et qui surtout complète l’offre culturelle de la cité de Tunis.

02

Nous serons prêts à collaborer avec les Mabrouks et pardonner aux mafieux leurs magouilles s'ils pouvaient pour une fois investir dans un projet d'intérêt général capable d'offrir à tous les artistes tunisiens et internationaux un lieu exceptionnel en plein coeur de Tunis ! 
Avec le concours d'architectes et d'ingénieurs transformons cet hôtel en musée d'art contemporain afin d'ouvrir le bâtiment au public et faire découvrir aux enfants d'autres lieux que les Kottabs !  

03

Avec le concours de nos nombreux et talentieux commissaires d'exposition, nous pourrons varier la programmation et exposer un large panel d'artistes contemporains pour satisfaire toutes les sensibilités et les goûts de nos compatriotes...  

04

La réussite du projet tiendra au soin particulier accordé à la scénographie, à l'acousitique et à l'éclairage des espaces d'exposition.

05

Les architectes, les ingénieurs et les constructeurs devront établir un cahier des charges très précis afin de respecter les éxigences techniques d'aujourd'hui tout en tenant compte de la structure et de la morphologie singulière du bâtiment d'origine.  

06

Il faudra également intégrer en amont les questions liées à l'accessibilité et à la sécurité nécessaires pour tout établissement recevant du public.  

07

Bref, sans trop s'attarder sur les questions techniques, il est essentiel pour notre cabinet sebkha&co de faire la démonstration à la Souad que l'art et la culture demeurent les derniers véritables remparts contre l'obscurantisme et l'intégrisme religieux.

08

Je compte sur vous chers amis, pour défendre avec moi ce projet. L'amour de la Sebkha vaut bien un "Babour" !

لا بوكرنين الاّ بوكرنين ولا سبخة الاّ السّبخة

09 février 2019

DEBAFrance

Vivant entre la Sebkha tunisienne et la Seine parisienne depuis presque 19 ans, j'ai toujours été plus inspiré par l'actualité politique tunisienne que française. D'un côté j'étais poussé par une sorte de patriotisme inconscient qui au vue de la situation préoccupante à l'époque de Zaba me poussait à écrire et à dessiner sur la Tunisie. D'un autre côté, je n'ai jamais trouvé intellectuellement stimulante la situation française, pays riche, puissant, ayant réussi à acheter une relative paix sociale. Et puis, moi l'émigré arabe, que pouvais-je sincèrement apporter à ce pays qui jouit d'une intimidante tradition de journalisme et de caricature. Non, vraiment je n'avais rien à rajouter. Ce n'est point un complexe de néo-colonisé que j'exprime ici, je pense vraiment que c'est un fait objectif.

Certes, on s'est intéresse à moi en tant que dessinateur tunisien témoin du printemps arabe ou alors en tant que caricaturiste "musulman" anti-allahiste. Autant dire que cette dernière propriété pouvait faire de moi une vraie curiosité anthropologique très singulière aux yeux du journaliste bobo parisien. C'est ce qui d'ailleurs me fait passer en Tunisie aux yeux de certains pour l'arabe de service, le vendu de l'occident ou encore l'orphelin de la France coloniale ("aytem França"). Ce que je comprends très très bien.

L'avènement des Gilets Jaunes

Depuis qu'a éclaté le mouvement des "Gilets Jaunes" en Novembre dernier, cette "relative paix sociale" comme je le disais plus haut semble battre de l'aile. Les agitations de ces foules en colère font trembler l'imposant édifice "France". Des fissures apparaissent alors. Elles font ressortir des odeurs et des rumeurs. Des masques tombent. Émerge soudainement l'être bourgeois avec son mépris de classe et sa défense de l'ordre établi. Mais émerge aussi la vieille tradition contestataire de ce pays. Les intellectuels qu'on croyait endormis se réveillent. Todd, Onfray ou cette belle découverte nommée Béguaudeau...Sur le net également, une dynamique nouvelle qui rappelle la blogosphère tunisienne de 2010. Puis le mouvement en lui-même, celui des "Gilets jaunes", insaisissable, imprévisible, mais dont l'objectif reste d'une simplicité déconcertante : faire tomber le régime ("Isqat ennidham"). 

Ce qui est intéressant dans ce phénomène pour nous tunisiens, c'est que derrière les "ors de la République" et la sophistication d'un pays comme la France, nous arrivons à identifier l'équivalent des Trabelsi, des Ben Simpsons, des Borhène Bsaies et des Mezri Haddad. Les chaînes télés et les médias, avec bien sûr plus de sophistication, font de la propagande pour contrer le mouvement en focalisant sur la violence des Gilets Jaunes et en serrant les rangs autour de leur président Macron. La question épineuse du partage équitable des richesses (rétablissement de l'ISF) puis surtout le démantèlement de l'élite capitaliste qui fait du chantage à l'impôt*, voilà ce qu'évite d'aborder sérieusement les commentateurs du système et la bourgeoisie bêtement complice. La consigne étant de ne jamais reconnaître que la France (comme la Tunisie de Ben Ali, certes avec plus de sophistication je me répète) est une ploutocratie, dans laquelle le système lui-même par ses lois et par ses politiques légalise ce fonctionnement oligarchique.

Macron "la poupée gonflable" du système**

Bien entendu, Macron protecteur en chef de ce système a été élu, comme rempart contre le fascisme (comme Ben Ali rempart contre l'islamisme). La bourgeoisie ("les Bensimpsons") adhère hypocritement à cet argument parce qu'elle profite encore un peu plus que les autres du gâteau. Alors quand le chef de l'ordre établi est dans l'embarras on serre les rangs autour de lui, quitte à jouer avec lui la comédie. La pièce de théâtre du "grand débat national" animé par Emmanuel Macron, qui se poursuit alors que celui-ci a prévenu qu'il "tiendrait le cap" (en gros qu'il ne changera rien à sa politique) en est la parfaite illustration. Ce show rappelle pour nous tunisiens, toutes ces vaines tentatives entreprises sous la dictature de Ben Ali pour simuler un semblant de débat public (Rappelez-vous du "Hiwar Achabeb").    

DEBAFrance

Bien sûr mes amis, Macron n'est pas Ben Ali, mais je vous invite sincèrement à opérer une "transposition" d'une réalité sur une autre, de pratiquer une petite gymnastique mentale, pour comprendre que l'occident, derrière l'écran de sa superpuissance technologique, poursuit avec la même perfidie, mais avec plus de subtilité, l'exclusion de "la foule" du VRAI débat public: le débat sur le partage juste et équitable des richesses, du pouvoir et du savoir.

Conclusion

Maintenant que je suis banni en Tunisie à cause de mes dessins blasphématoires, vais-je peut-être transformer mon DEBATunisie en DEBAFrance et devenir un cheval de Troie du Boukornisme en Europe...
Pour finir je remercie tous ceux qui ont soutenu la page Facebook DEBATunisie contre la campagne de signalement qui a été orchestrée par des allahistes qui n'ont pas supporté mon dernier dessin sur le Coran (voir l'article précédent). Grâce à votre mobilisation, la Page a pu résister. Merci et encore Merci ! 
لا بوكرنين الاّ بوكرنين، ولا سبخة الاّ السّبخة    
     

* L'argument classique est d'expliquer que la baisse des impôts en faveur des plus riches permettrait de les retenir et de ne pas les voir investir ailleurs. Il est incroyable de voir combien cet argument, qui revient en réalité à céder au chantage à l'impôt exercé par la minorité fortunée, n'est même plus discutable par certains. Alors que ne viendrait à l'esprit de personne de négocier l'impôt pour les catégories inférieures, on l'accepte volontiers pour la catégorie des privilégiés. S'il existe des politiques incitatives à imaginer afin d'encourager les riches à ne plus voir ailleurs, il existe aussi des politiques coéercitives (la prison par exemple) tout aussi efficaces.    
** Expression de Michel Onfray (voir cette vidéo)

Posté par __z__ à 12:53 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

06 février 2019

Le règne du Corange

Après les années mauves, la Tunisie a viré progressivement à l'orange. Mais personne ne mesure vraiment la domination orange qui règne sur le pays, car comme me l'a dit un soir un ivrogne intello (faut toujours écouter les ivrognes du centre ville), "Avant c'étaient les mauves, aujourd'hui ce sont les ORANGES qui possèdent tout. Personne ne les voit, ils sont partout et nulle part" (voir ici)

Mabrouk le Marabout  

Issu déjà d'une riche famille, ce monsieur avec ses frangins, a quadruplé sa fortune en épousant l'une des filles du dictateur. Il était le plus discret des gendres présidentiels et fut relativement épargné par la chute du régime en 2011. Il a grassement payé tout le landerneau politique tunisien (toute couleur confondue) afin d'acheter leur silence et poursuivre dans l'ombre la reconstruction de son géant empire orange (Géant, Biat, Orange...). Restait simplement pour ce marabout, l'épineux problème du gel de ses comptes en Europe. Pour notre saint patron, son nom continuait à figurer parmi cette emmerdante liste des 48 hommes d'affaires (corrompus) et ce depuis l'époque de la Révolution. 

Mais voilà, une intervention divine vient d'intercéder en sa faveur: Super Jo, notre premier ministre, champion de la lutte anti-corruption, vient de faire une requête à l'Union européenne pour que celle-ci lève le gel sur les avoirs de notre super marabout (voir ici). Et comme rien n'est gratuit sur terre, Super Jo inaugure comme par hasard, son nouveau parti Yahya Tounes quelques jours plus tard (voir ici). Tout est en marche pour la course à la présidence de 2019 et l'on peut être sûr que fort de ce soutien, Youssef Chahed volera haut...

TAHYA-TOUNES

Coran

Cette malédiction qu'est la religion continuera à nous hanter tant que se poursuivra la conjugaison de la misère économique à la misère intellectuelle. Un "fait divers" nous le rappelle une nouvelle fois. Il s'agit de cette terrible histoire de l'école coranique de Régueb dans laquelle viennent d'être révélés les abus sexuels et les maltraitances exercés sur ses jeunes élèves (voir ici). S'agit il vraiment d'un "fait divers", ou est-ce un système toléré et accepté par la zaballahie (toujours au pouvoir) ?
ECOLECORANIQUE

La prolifération de L'Orange dans un monde coranisé, s'incrit mes amis dans la logique capitallahistique qui reste et demeure notre ultime destinée...Sur cette conclusion pas très inspirée, je vous salue tous et vous souhaite une belle soirée.  

17 janvier 2019

Zaba Kaaba

Je vous souhaite, chers amis, une bonne année 2019. Je vous souhaite également un joyeux an huit après la fuite en Arabie Saoudite. Rappelez-vous, c'était un 14 Janvier 2011, jour historique de la Révolution. Ce fut ce jour où Zaba le mauve fit ses valises vers Djeddah. Ben Ali qui nous a terrorisé durant 23 ans de Dictature, nous a révélé en moins de 24 heures, qu'il n'était qu'un piètre tigre de papier, selon l'expression de feu Tarak Mekki.

exodus

(Dessin publié ici le 8 Janvier 2011)

Le grand mauve, a depuis plongé dans le silence. Des tas de rumeurs avaient circulé quant à son éventuel AVC (voir ici) ou son cancer. On avait même raconté à l'époque qu'il s'était fait larguer par Leila la diablesse (voir ici). Quant aux mauves restés sur place, ils ont du faire profil bas le temps que se dissipe la tempête révolutionnaire.
Je ne vais pas ici vous faire l'historique des 8 années qui ont suivi, mais vous témoignerez avec moi en toute objectivité, que le mauve a très vite repris du poil de la bête et l'on est presque en droit de penser que Ben Ali depuis sa planque saoudienne, manigance avec les renseignements saoudiens et leurs acolytes émiraties, contre notre démocratie balbutiante.

Dans les cercles de discussions sebkhiques, on raconte qu'Essebsi est l'agent de cette déstabilisation diabolique. Pion idéal du rétablissement du vieux monde, le loup gâteux de Carthage a été cependant boudé un temps lorsqu'il s'était marié avec Ghannouchi. Mais maintenant qu'il a officialisé sa rupture avec les islamistes (septembre 2018, voir ici), on peut être certain que la machine malvo-wahha(grosse)bite tournera à plein régime en vue des élections législatives et présidentielles de fin 2019. Objectif : exterminer les islamistes et rétablir l'ordre ancien. (Tout ça bien entendu est à inscrire dans la guerre que livrent les saoudiens contre leurs ennemis jurés qataris, eux-mêmes sponsors officiels des frères musulmans dans la région...z'avez compris quelque chose ?) 

500 millions de dollars

Une dépêche de la TAP passée complètement inaperçue, nous informe laconiquement que l'Arabie Saoudite vient d'accorder un prêt de 500 millions de dollars pour le budget de l'état tunisien (voir ici). Silence radio, personne n'en touche mot. Ridha Chalghoum, actuel ministre des finances, s'est rendu en terre allahique pour signer le dit crédit ce 14 Janvier 2019 annonçant "hisser la coopération financière tuniso-saoudienne à un palier supérieur" (Pour trouver la bonne info, il faudra maintenant consulter ce site d'info chinois, ici).

Ils ont choisi le 14 Janvier pour nous rappeler combien nous pouvons hisser notre Révolution au plus profond palier de notre cul, tant notre dépendance à la machine malvo-wahha(grosse)bite reste et demeure notre unique destinée. Pour rappel, ce Ghalghoum était ministre des finances sous Zaba. L'ironie du sort voudrait que celui-ci eût été nommé ministre un 14 Janvier 2010 (source wikipédia) soit une année, jour pour jour avant la Révolution. Je sais, c'est le hasard des calendriers, mais tout de même, avouez que le hasard se joue de nous...

Essebsi gracie le Goebbels mauve

Pour nous narguer encore plus, le loup gâteux de Carthage, signe ce 10 décembre 2018 une "amnistie spéciale" au profit de Borhane Bsaïes, ex-propagandiste mauve devenu entretemps haut dirigent du parti d'Essebsi (voir ici). Rappelons que Bsaïes a été condamné par la justice à 2 ans de prison ferme et à une amende dans une affaire de corruption aggravée et d’emploi fictif. Vous remarquerez qu'encore une fois, ils ont bien choisi leur date : le 10 Décembre, jour du 70ième anniversaire de la Déclaration des Droits de l'Homme pour gracier celui qui fut le premier défenseur de la répression des Droits de l'Homme sous Ben Ali. Hasard de calendrier direz-vous ? Et puis dans 70 il y a 7 ou c'est moi qui voit du mauve partout ?
Tout ça ne sent pas très bon les amis. L'occasion pour moi de vous rappeler qu'il y a 10 ans, commentant le 60ième anniversaire des Droits de l'Homme j'écrivais ceci (Voir ici). Certes on l'a eu notre Révolution depuis, mais avec tout ce qui se prépare en ce moment, ça sent un peu le roussi et le retour à la manière Sissi de l'ordre établi. 

Zaba Kaaba

Et comme si tout cela ne suffisait pas, Zaba nous nargue en personne en célébrant depuis son exil à Djeddah, le mariage de sa fille avec un ex-rappeur de la révolution. Toute la Tunisie n'a pu rater sur internet la photo d'un Ben Ali posant avec Leila Trabelsi auprès des deux tourtereaux. Une famille enfin réconciliée, avec un Zaba papi, une Leila pieuse, un garçon du peuple, et la belle princesse qui s'est enfin débarrassée de l'antipathique Sakher el Materi (voir ici). Le magnétisme a vite opéré et l'inconscient collectif mauve s'est mis en marche...

 ZABAJEDDAH

Dans les cercles de discussions sebkhiques on raconte que la dernière visite de MBS à Carthage (fin Novembre) a porté sur le nouveau pèlerinage à Djeddah (voir ici). Alors que le monde entier évitait d'approcher l'assassin de Khashoggi, le loup gâteux de Carthage a bien voulu le recevoir pour discuter des modalités de ce pèlerinage. En vue du grand retour de Zaba à Tunis, il était important d'envisager cette étape, nécessaire à la préparation psychologique du peuple tunisien.

Pourtant, quelques temps après la révolution, de nombreuses délégations de mauves ont entamé secrètement les premières circumambulations. Mais bientôt, grâce à l'alliance malvo-wahha(grosse)bite, les Ben Simpsons pourront également se rendre en vol charter dans la ville sainte. Ce fut d'ailleurs un des points discuté avec le Prince. Le 7 Novembre 2019, juste avant les élections, le pélerinage sera couvert par Bensimpsonnews et Leaders qui annonceront depuis Djeddah le retour en grande pompe du sauveur de la Tunisie...

Conclusion

Je ne vais pas rajouter du noir au mauve, mais avouez que l'année 2019 s'annonce très difficile. Avant que la guerre généralisée n'éclate je vous livre ci-joint une photo de famille dans laquelle règne encore un calme relatif avant la tempête.
Encouragez-moi à suivre l'actualité et souhaitez pour le bien du pays que Boukornine ne me donne plus raison...

PSYCAR00

 (Dessin publié sur Nawaat ici)