DEBATunisie

15 juin 2020

Qu'est ce que l'Allahisme ?

Le texte qui suit n'a aucune valeur scientifique, comme tout ce que j'écris d'ailleurs. Mais si j'éprouve cette fois le besoin de le rappeler, c'est parce que dans cet article je prétends en toute modestie, poser les bases d'une réflexion sérieuse sur la notion du sacré à l'ère des réseaux sociaux . Avec la quantité de "violences électroniques" récoltées sur FB depuis 13 ans de caricature blasphématoire (insultes et menaces), j'ai accumulé suffisamment de "matière anthropologique" pour avancer l'hypothèse selon laquelle Allah n'est plus Dieu. Le concept d'Allah aurait muté, ou peut être incarne-t-il la résurgence d'un culte plus ancien...
L'Allahisme est un néologisme que j'ai imaginé pour désigner le culte voué à cette entité. L'allahiste, étant l'adepte de ce culte.

Agression de Jalel Brick

Ce tunisien exilé à Paris, est le poil à gratter de toute la classe politique tunisienne. Il est le seul depuis 2011 à oser rappeler que sans résoudre la question de Dieu, aucun salut politique n'est possible. Cela n'est pas sans générer des inimitiés de la part d'une large frange de la société tunisienne et des médias qui se sont donnés le mot pour ignorer jusqu'à son existence. Il aura fallu qu'émerge une vague de sympathie à la suite de son agression à Paris ce 10 juin,  pour que Samir Wafi daigne lui accorder la parole dans son émission "Wa7ch Echecha", voir ici.
On ne peut que se réjouir de la solidarité exprimée en faveur de Jalel Brick, mais ce qui m'intéresse dans cette histoire, c'est hélas le soutien affiché et assumé en faveur des agresseurs. Parmi ces témoignages, je relève celui d'un jeune homme qui s'est exprimé par une vidéo. Son discours résume pour moi la matrice de la pensée allahiste. 
Il nous donne à voir le processus mental à l'oeuvre par lequel il justifie avec toute l'aisance du monde, la violence physique contre Jalel Brick.
Malheureusement cette vidéo vient d'être supprimée de FB je ne pourrai donc que vous résumer son contenu :
Le blogueur explique que la violence (physique) est la juste compensation de la violence (verbale) de Jalel Brick contre Allah. Il tient pour preuve une vidéo où ce dernier imitant un muezzin, chante "Qui d'autre qu'Allah est corrupteur, le même Allah qui vous fornique dans les cieux et sur terre". Le jeune est horrifié par le blasphème et exprime une douleur sincère expliquant que c'est "son" Dieu qui a été vandalisé par les propos de JB et qu'une "ligne rouge" a été franchie. "Allah" est vu comme une propriété privée protégée par une clotûre qui aurait été violée. D'où la riposte contre l'intrus en guise de légitime défense. 
D'autres commentateurs "allahistes" sur FB ajoutent qu'attenter à Allah c'est toucher à leur mère. Ce parallèle avec la mère est très recurrent. Sur ma page DEBATunisie il est très étonnant de constater le nombre de commentaires où revient cette étrange analogie entre l'atteinte à la sacralité d'Allah et le corps de la mère... 

Allah serait matière ?

Cette confusion entre le matériel et l'immatériel, le physique et le symbolique, le charnel et l'abstrait, pose la question du concept d'"Allah" : métaphysique ou/et physique ?

Je sais que je me lance dans un sujet qui dépasse mes compétences.
Je ne veux pas imaginer tout ce qui pu être écrit sur ces questions, que ce soit en Histoire, en anthropologie, en psychologie et puis surtout en philosophie. Je n'ai pas tout lu, tout examiné mais permettez-moi d'exposer, de mon point de vue de caricaturiste blasphémateur, ma théorie balbutiante sur la nature d'Allah. Je postule ceci :

Allah comme concept, dans notre inconscient culturel, du moins tunisien, n'est pas "Dieu" entendu comme entité supérieure bienveillante ayant créé l'univers et l'humanité. Il me semble qu'un énorme malentendu est entretenu sur la nature de Dieu par ce qu'est devenu l'islam, ou peut être par ce qu'a toujours été l'islam :

Une religion profondément idolâtre de par ses origines, mais qui paradoxalement est obsédée par le désire d'abstraction (hérité du christianisme et du judaïsme). L’idolâtrie, pour rappel, implique l'intermédiation d'une représentation matérielle (statue, pierre ou image) entre la divinité et son sujet. Allah serait donc une synthèse bâtarde : une idole dépouillée de sa consistance physique puisqu'il n'a plus d’effigie, de statuaire, de représentation. Et c'est à cause de ce dépouillement, qu'Allah s'est incarné dans l'abstraction de tout ce qui lui est associé et qui fait corps avec lui, comme par exemple le Coran, ou la figure du prophète.
Dans cette étonnante réincarnation de l'idole, il est logique de considérer qu'une caricature du prophète (Charlie Hebdo), une satire du Coran(#Emna_Chargui) ou une imitation du muezzin (JB), est tout naturellement interprétée comme une violence physique et non abstraite, car c'est le corps d'Allah qui est touché ("mass" bel mou9addasset).

SACRE

"L'allahiste" zélé, peut au nom du culte qu'il voue à son idole, jouer le rôle de gardien du temple. Il a pour mission de neutraliser par tous les moyens qui lui sont donnés, l'intrus qui souille, qui profane, qui menace l'intégrité "physique" de l'idole. Alors que l'islam a multiplié les lieux physiques sensés incarner Allah, que ce soit par la Kaaba et tous les lieux saints, reste encore béante l'absence physique de l'idole. Alors on compense comme on peut, on incarne Allah partout. Même les pensées hostiles à Allah sont incarnées et interprétées comme autant de violences physiques qu'il s'agira de venger.

Allah Idole ?

Mais vous me direz donc, pourquoi l'idole génère-t-elle cette attitude ? En quoi une conception plus classique d'Allah Comme un Dieu abstrait et unique nous épargnerait-elle ces monstruosités ?
Je ne fais pas le procès du paganisme ni de l’idolâtrie. Les zaouïas et le maraboutisme que nous connaissons, sont de l'avis des chercheurs, des réminiscences du paganisme ancestral. Nous savons combien ces lieux ont rarement généré du fanatisme et on accuse même le démantèlement des Zaouïas par Bourguiba d'avoir été une des raisons de l'islamisation, ou plutôt de l"'allahisation"*. Il s'agit d'une sorte de retour du refoulé provoqué par la disparition d'un vaste tissu maraboutique qui canalisait sur l'ensemble du territoire ce besoin charnel et physique de Dieu.

Cependant, l’idolâtrie répond à un besoin politique d'identification du groupe à une entité supérieure, un saint, un ancêtre voire un djinn... L'idole est d'abord une bannière matérialisée et localisée territorialement qui réunit la tribu, le clan et la famille. C'est pourquoi, attenter à l'idole c'est s'attaquer à la famille, à la mère ! La riposte devient alors une question d'honneur.
Nous sommes ici très loin de la question métaphysique de Dieu et de la création de l'univers. L'idolâtrie est d'abord une affaire d'hommes.

Conclusion

Je ne me base que sur mon intuition. Ce que j'expose ci-dessus manque cruellement de références. Je vous conseille cependant un bouquin assez indigeste mais tellement riche en enseignements, "le livre des idoles" (كتاب_الأصنام) d'Ibn el Kalbi, écrit en 201 après l'hégire. Cet ouvrage liste les tribus et leurs idoles respectives et montre que les divinités préislamiques parmi lesquelles figuraient déjà Allah, sont avant tout des signaux d'affiliation tribales.
Il est utile de savoir qu'"Allah" désignait le Dieu Houbal, divinité locale dans le Hijaz. Il est représenté par un Croissant de Lune ou par un taureau. Cette divinité est une déclinaison arabe de Baal (Hou Baal) qu'on retrouve chez les phéniciens et à Carthage.
Il est d'autant plus intéressant d'apprendre qu'une aire dédiée à Baal se situait à Boukornine (qui s'appelait "Ba'al karnine") peut être à cause des deux cornes de la montagne qui rappellent la forme des cornes du taureau...ou d'un "Hilal" couché ?

On peut donc s'interroger sur la symbolique cachée du "Hilal" qui arbore nos drapeaux, et se demander même si L'Allahisme tunisien, ne serait-il pas une résurgence du ...Boukornisme ?
Merde alors ! Pour en savoir plus, cliquez ici.
لا بوكرنين الاّ بوكرنين، ولا سبخة الاّ السّبخة

*Bourguiba a mené une guerre contre les Zaouïas au nom de la lutte contre le charlatanisme et la prétendue collaboration des confréries maraboutiques avec le colon. Mais le démantèlement de ce vaste patrimoine faisait partie d'un marchandage avec les zitouniens, les tenants de l'Islam officiel, qui ne supportaient pas la concurrence de l’idolâtrie maraboutique. Ce quasi "génocide culturel" a créé un vide que l'"allahisme" a très vite fait de combler...

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12 juin 2020

La foire aux idoles

Une motion a été présentée le 9 Juin au parlement, demandant à la France des excuses officielles sur les crimes commis durant la colonisation. Initiative salutaire et nécessaire. En effet, il faudrait dans la suite des travaux de l'IVD, examiner de plus près le passé  dans un cadre scientifique orchestré par des historiens des deux rives. Nous n'avons pas tout réglé avec la France à cause de notre perpétuelle dépendance économique envers ce pays. Pardon, il ne faut pas dire dépendance mais partenariat. Il n y a donc rien de mal à vouloir crever cet abcès avec nos anciens colons. Cela nous permettrait d'assainir nos relations avec un pays qui nous a pénétré le corps certes, mais aussi le coeur et l'esprit. 

Malheureusement cette motion est proposée par la "coalition de la karama", ce fameux conglomérat d'allahistes fréristes qui ont réussi l'exploit de passer directement de facebook à l'assemblée nationale. Leur démarche ne s'inscrit dans aucun travail de mémoire (ces gens n'ont dû ouvrir aucun livre d'histoire) mais pour simplement emmerder les néo-bourguibistes et gagner des likes sur facebook. Et s'ils n'ont pas réussi à faire passer leur motion*, ils ont au moins déclenché la fureur de Moussi et ses abiroïdes.

Les idoles

Le député Rached Khiari de la "karama" dans sa prise de parole, a évoqué la collaboration de Bourguiba avec les Français. Cette simple déclaration a provoqué une scène d'hystérie collective anthropologiquement intéressante. Ce spectacle a été donné dans un parlement où déjà les députés arboraient les effigies de leurs idoles donnant à l'hémicycle du Bardo, un air de Kaaba préislamique. Chaque clan protégeant jalousement sa divinité païenne (Bourguiba, Hached, Ben Yousef, Momo...) dans une atmosphère de surenchère générale, où la moindre offense devient blasphème, profanation et atteinte au sacré. Le prophète, qui à son époque, avait récupéré le concept d'un Dieu unique, voulait justement réunir tout le monde autour d'une seule bannière afin d'éviter ces malheureuses querelles et créer une Nation (la Oumma). Mais rien n'y fait, 14 siècles après, en Tunisie et dans toutes les contrées allahisées, l'idolâtrie reste profondément ancrée dans notre inconscient collectif. Momo doit se retourner dans sa tombe en apprenant qu'après Ellat, Ozza et Manat, notre panthéon arabe compte une centaine de nouveaux idoles, dont Naceur, Sadam en passant par Bourguiba. 

FOIREAUXIDOLES

Je voudrais à cet effet, offrir à la science ma modeste expérience de blogueur ayant attenté à la sacralité de Ben Ali, Momo, Allah ou Bourguiba. Je dispose depuis 2007 d'une belle collection d'insultes, de menaces qui témoignent d'un continuum anthropologique entre toutes ces figures sacrées et qui pourrait à mon avis servir de thèse de recherche en socio ou en ethnologie. Attention, ce que je dis là va plus loin que le simple constat de l'analogie entre la violence d'un Ben Simpson hystérique offensé par une caricature sur Bourguiba ou d'un allahiste anti Charlie. C'est plus profond que cela. Ce phénomène n'est pas seulement observable sur les réseaux sociaux. Il brasse toutes les catégories d'âge et ce quelque soit le niveau d'éducation. Une pulsion exterminatrice à l'encontre du clan adverse qu'illustre la toute récente agression de Jalel Brick à Paris (voir ici), et qu'entretient le parlement tunisien devenue une foire aux idoles....   

*Le texte n’a pas obtenu les 109 voix nécessaires à son adoption, 77 ont voté pour 5 contre et 46 se sont abstenus.

08 juin 2020

Le charme débordant de la Moussi

La révolution nous a au moins permis de savourer la défaite de Zaba, et ce par le spectacle de sa minable fuite en Arabie, et sa lente agonie à l'exil. Une sorte de justice naturelle a permis de régler son compte à ce piètre personnage.
On espérait presque le même sort pour Zaballah. Au moins une humiliation par les urnes, ou mieux encore une condamnation par la justice. Mais voilà qu'Abir Moussi, confisque à elle seule la lutte contre Zaballah, pour remettre Zaba au goût du jour.
Ainsi lors de la plénière du 3 Juin où il était question d'auditionner Ghannouchi sur ses ingérences libyennes, c'est Moussi qui a encore réussi à attirer sur elle le feu des projecteurs (voir ici). Le public n'a retenu que l'intervention musclée de cette dame devenue à elle seule le poil à gratter de tous les barbus du bled. Moussi a littéralement bouffé du Ghannouchi et poursuit son massacre annonçant aujourd'hui son projet de loi classant les frères musulmans comme organisation terroriste (voir ici).
Bref, une victoire au moins symbolique sur Zaballah aux yeux des Ben Simpsons. Mais c'est surtout la revanche de Zaba et sa réhabilitation prochaine qu'annonce ce tour de force de la présidente du PDL. Mais, pour un Ben Simpson peu importe l'histoire ou le passé de la Moussi. Cachons vite la poussière sous le tapis pourvu que l'on débarrasse à tout prix, Ghannouchi de notre Tunisie...

BENSIMPSON-ABIR 

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01 juin 2020

L'Amérique à Genoux ?

J'ai toujours pensé que les USA par leur flicage, contrôle et domination du monde, devraient faire participer le reste du monde, aux élections de leur président. Pour avoir mis un Trump à la tête de leur pays, on se rend compte des dégâts que quelques millions d'idiots américains peuvent faire subir à la planète toute entière en exposant l'humanité aux hasardeuses déjections de l'idiot qu'ils ont installé à leur maison blanche (pourquoi est-elle blanche ?). Nous sommes suffisamment colonisés par leur cinéma, musique, internet, économie pour que merde ! nous puissions aussi avoir notre voix au chapitre !

Nous sommes les "noirs" de l'extérieur. Notre libération du joug américain, ne viendra peut-être que du réveil de l'Amérique elle-même. Ce réveil qui est à l'oeuvre en ce moment. Non pas celui de la Silicon Valley, d'Elon Musk ni de Zuckerberg, mais le réveil de ces "noirs" de l'intérieur, ceux qui portés par ce même sentiment de mépris éprouvé en Amérique du sud, Afrique ou monde arabe, tentent la Révolution mondiale. 
Puisse la colère suscitée par la mort de George Floyd (tué par la police le 25 Mai) rendre justice à Iyad Halak (palestinien assassiné par la police Israélienne le 30 Mai) et mettre à genoux cette Amérique laide dont Trump incarne le plus hideux des visages...  

TRUMP

28 mai 2020

#free_Emna_Chargui

Le procès d'Emna Chargui, prévu aujourd'hui contre cette internaute accusée "d'atteinte au sacré", vient d'être reporté. Le juge n'a pas fixé la date de sa prochaine audience (voir ici)...

Restons alertes et continuons à soutenir Emna Chargui.
Ce n'est pas la première fois qu'un tel procès a lieu en Tunisie. Rappelons-nous de l'affaire Jabeur Mejri.
Les amis, nous devons aller plus loin encore dans nos revendications car l'Allahisme gagne toujours plus de terrain. Soyons plus offensifs et cessons de mendier notre droit à la "liberté d'expression", principe devenu fourre-tout que même les allahistes ont appris à utiliser pour appeler à zigouiller du mécréant. Non chers amis ! le cas Emna Chargui nous invite à revendiquer le droit au blasphème, le droit de toucher au sacré, le droit de douter de l'existence d'Allah ou même de le moquer. Je rajoute que ce droit n'a de sens que si en outre il est exprimé dans l'espace public !
 

TRIBUNAL

Suite Ajoutée le 29 Mai:

J'avoue être surpris par la timidité, voire le silence radio d'une grande frange de la "gauche" sur l'affaire Emna Chargui. Je ne parle même pas d'Issam Chebbi qui a osé appeler à condamner la blogueuse pour atteinte au sacré (voir ici). Je fais ce constat au vu d'affaires similaires (Persépolis, Jabeur Mejri...) qui à l'époque avaient joui de plus de visibilité et de mobilisation.

Pour cette énième affaire d'atteinte au sacré, cet étrange silence interpelle et nous invite à réfléchir en tout sérénité sur ses raisons.
Je parle ici de la gauche, non pas des pseudo-progressistes anti nahdha, dont le rapport au sacré ne diffère pas trop des islamistes. Cette frange ne nous intéresse pas, car ses revendications relèvent de la lutte pour le pouvoir et non pour un quelconque progrès social, et encore moins sociétal (libertés, moeurs, culture...). D'ailleurs vous les reconnaîtrez à leur "abirophilie" qui se mesure sur une échelle de 1 à 7.

Ayant exclu cette catégorie qui brasse beaucoup de monde, demeurent donc nos camarades de lutte, nos amis révolutionnaires, les blogueurs, les féministes et autres défenseurs des droits humains. Où sont-ils ?

Je n'ai pas de réponse définitive. Il y a sûrement des facteurs purement objectifs liés à la crise sanitaire et à la fin du mois de Ramadan... ou encore la perte d'une des figures les plus audibles dans ce genre d'affaire, je parle bien sûr de notre regrettée Lina Ben Mhenni.

Mais il y a aussi plusieurs autres explications plus profondes voire idéologiques...

-Peut-être est-ce lié au profil atypique d'Emna Chargui, jeune fille, au look "dévergondé" un peu trop occidentalisée aux yeux d'une certaine gauche allergique à tout ce qui peut rappeler les attributs de nos ex-colonisateurs.

-Peut-être aussi qu'il y a de la part de nos amis militants, une forme de lassitude, de résignation par rapport à la question religieuse. Le peuple est allahisé par définition, cela fait partie de son essence et qu'il s'agit là d'un fait anthropologique. Il est donc naturel que l'Etat condamne les perturbateurs du type Emna Chargui et ferme les yeux sur les centaines de commentaires d'internautes qui appellent à la violer et à la zigouiller.

-Peut-être est ce lié à la crainte de se voir taxé de sioniste, de vendu à l'occident, de perdre sa "clientèle" sur les réseaux sociaux, en prenant parti dans une affaire liée à la religion et s'inscrire ainsi dans la propagande anti-islam (qui existe certes) et passer ainsi pour l'idiot utile de la "désislamisation" menée par nos anciens colons ?

-Est ce tout simplement la peur de se retrouver soi-même au tribunal ? Je ne crois pas trop à cette hypothèse. Je connais très bien le courage de ces personnes qui n'ont pas besoin comme moi d'être anonymes pour défendre leurs idées.

Cette liste d'hypothèses n'est pas exhaustive.

Le résultat de ce silence quelles qu'en soient les raisons, n'est pas tant que la religion continue à gagner du terrain (elle est déjà partout). Ce qui est à craindre, c'est que l'on abandonne définitivement cette idée qu'a fait naître en nous la Révolution, cette idée magique selon laquelle la Liberté de s'exprimer contre une autorité qu'elle soit physique ou métaphysique, demeure le fondement même de tout projet de société.

Inutile de citer ici, les personnes qui défendent contre vents et marées les libertés individuelles, et qui sont de toutes ces luttes quelle qu'en soient les risques*. Nous manquent ces personnes rares qui pour défendre leurs convictions ne craignent ni pour leur intégrité physique et encore moins pour leur image écornée... et Lina manque gravement à Boukornine.

*Il est à signaler, et pour ne pas être injustes avec les partis de gauche, que le POCT et Al Massar ont émis des communiqués officiels dénonçant l'accusation d'atteinte au sacré. On attend juste qu'ils agissent !

27 mai 2020

Zaballah un jour, Allah pour toujours

Zaballah court... 

Ça fait déjà quelque temps que ça va mal pour Zaballah. Mais ces dernières semaines l'étau se resserre encore plus contre lui. En dehors de ses habituels ennemis, à savoir les fachos mauves et leurs satellites ben Simpsonniens qui font tourner sur internet une pétition demandant à enquêter sur sa fortune (voir ici) ou qui appellent à un méga-rassemblement le 14 juin pour le destituer du parlement, Zaballah a réussi à se mettre à dos des barbus de son propre camp, et même notre président, qui l'attend au tournant.   

zaballahfuite

Ne cachons pas notre joie chers amis, de voir ce fossoyeur de révolution se casser les dents. Savourons ce spectacle même si nous ne sommes pas dupes que derrière cette chasse à l'homme, se cache en grande partie le revanchisme de ceux qui ne se sont toujours pas remis de la Révolution. 

Allah court toujours... 

La dénonciation de l'islamisme c'est bien. Mais en Tunisie cette dénonciation, rappelons-le quand même, n'est pas tant motivée par la sécularisation de l'espace public comme on aimerait nous le faire croire. Elle n'est même pas mue par sa prétendu lutte contre l'incompétence, la corruption ou le passé terroriste d'Ennahdha. Elle semble d'abord animée par une lutte pour le pouvoir, menée par une certaine bourgeoisie ne supportant pas de voir autant de "gueux" proliférer dans les hautes sphères du pouvoir.  
Car ces arguments que ne cessent de mettre en avant les ennemis de l'islamisme tombent les uns après les autres par les contradictions que révèle leur sympathie affichée pour
Abir Moussi :
- qui est aussi conservatrice que les barbus sur les questions sociétales (homosexualité et héritage).
- qui a fait partie du régime le plus corrompu de l'histoire du pays et qui continue à nier la corruption mauve. 
- qui en matière de terrorisme, n'a rien à envier aux islamistes et ce par son négationisme de 50 ans de terrorisme d'Etat menés par ses idoles Bourguiba et Ben Ali... et qui nie justifie. 

Selon mon raisonnement, une énorme hypocrisie se cache derrière cette prétendue lutte contre l'islamisme. La sécularisation, la lutte contre la corruption et le terrorisme ne sont pas les véritables enjeux de cette bataille. Ce pour quoi se battent ces gens obsédés par l'islamisme, c'est le maintien de leur monopole sur l'idole Allahique afin qu'aucun gueux ne menace d'en faire joujou. On rejoue au 21ième siècle la même séquence historique de Kouraich contre le prophète où sous couvert de guerre d'idoles, (Allah contre les trois déesses), on se disputait surtout le Pouvoir. Allah a certes gagné depuis, mais l'idolatrie, elle, continue encore aujourd'hui à dominer les esprits des contrées allahisées.     

Car voyez-vous, les zaballahistes, les fachos mauves, les Ben Simpsons et une grande partie de notre gauche ne voient aucun problème à ce qu'Allah reste gravé dans le marbre constitutionnel, à ce que les enfants continuent à subir le lavage de cerveau allahiste à l'école, à ce que l'alcool par son statut illicite continue à alimenter le marché noir *, à ce que la dictature du jeûne au mois de Ramadan ne soit jamais remise en question, à ce que la femme continue à valoir la moitié d'un homme et à ce que homosexuels et athées continuent à raser les murs le soir...

Un internaute risque la prison pour atteinte au sacré 

Une jeune internaute du nom d'Emna Chargui a été accusée d'atteinte au sacré et d'incitation à la violence (!!) et ce pour avoir partagé sur internet une sourate ironique sur le Coronavirus (voir ici). Elle passera devant le juge demain jeudi 28 Mai 2020. 
Tous nos zélés ennemis de Zaballah et les prétendus défenseurs de la laïcité ne semblent pas concernés par ce scandale. Pire encore; des figures de la "gauche" telle que le secrétaire général du "Jomhouri", Issam Chebbi, appellent même à la condamnation d'Emna Chargui (voir ici) . J'ai honte pour eux. 

Soutenons donc Emna Chergui non pas au nom du principe devenu obsolète de "liberté d'expression", principe fourre-tout que même les allahistes ont appris à utiliser pour appeler à tuer les mécréants. Non chers amis ! le cas Emna Chargui nous invite à la soutenir ouvertement au nom du droit au blasphème, du droit de toucher au sacré, du droit de douter de l'existence d'Allah ou même de le moquer. Je rajoute que ce droit n'a de sens que si en outre il est exprimé dans l'espace public !  

Eh oui ! car neutraliser l'espace public de l'emprise du religieux passe douloureusement par la banalisation du blasphème dans l'esapce public. L'objectif sur le temps long, n'étant pas d'interdire la pratique religieuse ni de transformer les mosquées en musées ou encore moins de nier l'emprunte de la civilisation islamique sur l'identité du pays. Il s'agit simplement de dégager le religieux de l'espace politique, de l'éducation, de la Constitution. Il s'agit de faire tomber l'idole Allahique une bonne fois pour toute. 

Sans ça, dégager Zaballah aujourd'hui, fera émerger un Makhlouf demain...et nous ne sortirons jamais de ce cercle vicieux qui ne trouvera contre ces allahistes, que des Zaba et des Moussi. Jusqu'à quand allons-nous perpétuer le cercle vicieux d'un fascisme contre un autre ?

Sortons du religieux une bonne fois pour toute !
Soutenons Emna Chargui demain jeudi 28 Mai et partageons comme elle des versets ironiques inspirés du Coran ! 

EMNA-CHERGUI2

Nouveau front de lutte :

A travers la vidéo ci-dessous, je compte me lancer dans une nouvelle expérience artistique, qui par le biais d'une série de dessins animés, vise à banaliser le blasphème et à créer pour la première fois en Tunisie et dans les contrées Allahisées, une plateforme libre et indépendante dans laquelle nous tutoierons en toute liberté des concepts pris en otage par les institutions étatiques sous couvert de religion. Nous devons nous réapproprier Dieu, le Cosmos, la Mort, le Beau, le Vrai et le Juste, pour que ces questions essentielles ne soient plus entre les mains du Pouvoir. Aucune réforme politique sérieuse, aucune justice sociale n'est vraiment possible si nous ne mettons pas à plat ces questions fondamentales. Ne leur laissons plus le pouvoir de fixer les règles du débat sur une des plus passionnantes et énigmatiques questions de l'Humanité à savoir: Pourquoi merde tout ce bordel de notre putain d'existence ?  

*3 personnes sont mortes et 14 sont en réanimation, non pas du covid mais pour consommation d'alcool frelaté à cause de la stupide fermeture des points de vente officiel d'alcool durant le mois de ramadan (voir ici)

16 mai 2020

La postérité de Zaballah

Zaballah demeure le dernier avatar de l'islamisme "old generation" en Tunisie. Il gère très mal sa sortie et semble avec l'âge redoubler d'autoritarisme même au sein de son propre parti. Il vient tout juste de dissoudre son bureau exécutif (voir ici). Très contesté également au parlement qu'il préside, Ghannouchi est en outre accusé de trop rouler pour les turcs et les qataris. Son leadership est sérieusement menacé sans que la relève ne soit assurée.
Et pourtant c'est peut être ailleurs qu'il faut commencer à entrevoir sa postérité...  

Makhlouf

Seif Eddine Makhlouf

Ce "jeune" (plus si jeune que ça) de 44 ans,  leader de la "coalition de la dignité", s'est miraculeusement imposé dans les législatives remportant 21 sièges. Personne ne se rappelle de ses prétendues luttes contre la dictature, et pourtant celui-ci se réclame de la Révolution. Il fait surtout partie de ces allahistes qui avaient soudainement émergé après la fuite de Ben Ali et qui orbitent autour d'Ennahdha comme de petits astéroïdes (pour ne pas dire mouches) qui s'agglomèrent et grossissent avec le temps pour devenir ce qu'ils sont aujourd'hui : un amas compact et rocailleux (ou racailleux) de "fréristes" allahistes. L'histoire retiendra peut être que Makhlouf aura été le premier à conduire le "frérisme allahique" au parlement.

Par contre, prenez garde chers amis à ne surtout pas leur rappeler leurs condition de satellites d'Ennahdha. Makhlouf le supporte très mal. Le chroniqueur de Mosaïque FM Haythem Mekki (blogueur de la Révolution, lui pourtant on s'en rappelle) en a payé cher les frais. Dans sa chronique satirique du 14 Mai, Mekki explique comment la "coalition de la dignité" propose à l'assemblée les projets de lois qu'Ennahdha n'ose pas directement assumer. Mekki les compare à un oiseau qu'on appelle pour accomplir les basses besognes.
En guise de riposte, Makhlouf s'invite le lendemain sur la même chaîne pour insulter en direct le chroniqueur en le traitant de "chien vendu". La véhémence de ses propos et sa nervosité au micro révèlent une personnalité inquiétante et annonce la couleur de la tyrannie que lui et sa bande de copains pourraient nous préparer demain si l'allahisation du pays parviendrait à son terme. 

Il est à noter que la loi que nos fréristes allahistes veulent proposer au parlement (celle dont parle Haythem Mekki) est censée dispenser les médias de l'autorisation de la HAICA (haute instance de l'audiovisuel), ce qui -d'après Mekki-, arrange bien les affaires d'Ennahdha et ses amis, propriétaires de médias, justement, hors la loi. Seif Eddine Makhlouf défend sa prétendue loi en invoquant sa foi en la liberté d'expression.

On peut dire que la violence avec laquelle il s'est exprimé contre le journaliste a eu le mérite au moins de démontrer au public et en direct, où se situe sa véritable foi.  

Heureusement qu'existe Abir Moussi

Ne vous inquiétez pas chers amis, contre les astéroïdes d'Ennahdha, on pourra toujours compter sur Abir Moussi et ses abiroïdes !  

POSTERITE

(dessin paru dans Nawaat ici)

D'ailleurs en ce moment-même, Abir et ses abiroïdes organisent un sit-in ouvert à l'assemblée pour dénoncer les violences verbales (et physiques selon ses dires) du même Seif Eddine Makhlouf (voir ici).

La confrontation des deux postérités dégage sur la scène politique tunisienne une odeur de plus en plus nauséabonde au point de contaminer le coronavirus lui-même qui affiche depuis un net recul (voir ici). Ce serait bien que le Docteur Raoult vienne installer son laboratoire dans nos contrées pour étudier de plus près ce phénomène (en veillant à bien porter son masque). 

En m'excusant de la vulgarité de ces dessins, je vous salue chers amis et je profite de cette conclusion pour exprimer ici mon entière solidarité envers Haythem Mekki et tous les journalistes et dessinateurs sur terre menacés dans l'exercice de leur profession. 

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18 avril 2020

La Tunisie à la pointe de la recherche

Notre petit pays ne cessera d'impressionner le monde. Alors que les grandes puissances peinent à trouver une solution contre la propagation du Covid19, la Tunisie ouvre à Sousse une unité de traitement unique en son genre. Bâti en seulement 15 jours grâce à un Bill Gates local, ce nouveau centre a été inauguré le jeudi 16 avril en présence d'innombrables personnalités parmi lesquelles figurent notre illustre ministre de la santé, le patron de l'UGTT et le patron de l'UTICA...(voir ici)
Ceci a donné lieu en plein confinement, à des scènes de liesses populaires orchestrées par les pouvoirs publics pressés peut-être de remplir au plus vite les quelques 30 lits disponibles. Scènes de liesses qui ne sont pas sans nous rappeler les inaugurations folkloriques de l'époque de la peste mauve...
inauguration

Hélas, il s'agit d'un énième exemple illustrant la pathétique capacité de nos politiques à contaminer tout ce qu'ils touchent...

13 avril 2020

Quand Corona touche au sacré...

Les émirs saoudiens ne sont pas au bout de leurs peines. Après avoir été confinés en 2018 par le prince Mohamed Ben Selman au Ritz-Carlton de Riyad pour les guérir du virus de la corruption (voir ici), les voilà à nouveau confinés pour cause de...Coronavirus (voir ici). Ils seraient 150 membres de la famille royale à être touchés. Leur lieu de confinement VIP est l'un des plus protégés du royaume. 

kaabunker

Maintenant que Corona touche au sacré, il y a sérieusement lieu de paniquer...Mais que fout donc Allah ?

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03 avril 2020

La malédiction du Progrès*

Je ne sais quel auteur avait dit que "la vie n'est qu'un sombre accident entre deux éternels sommeils". J'ai peur de découvrir que derrière cette sublime phrase se cacherait la plume d'un pédophile antisémite sioniste colonialiste et violeur de femmes, et que ma simple évocation de la dite phrase, ferait de moi le complice de ses crimes. J'avoue ne m'être pas bien remis des interminables débats que j'ai pu avoir sur internet et avec quelques amis, sur la sempiternelle question de la séparation de l'oeuvre et de l'artiste.
Oui, l'on peut être facho génie de la plume, virtuose de piano ou maître du pinceau. Je reste perplexe quant aux capacités intellectuelles de ceux qui n'ont toujours rien pigé à l'idée simple que des cons peuvent générer du génie, de la même manière que des intelligents peuvent produire de la connerie (cas souvent plus fréquent).  
Mais en ces temps obscurs de Coronavirus, j'en arrive à la conclusion que ces objecteurs de bonne conscience, qu'ils soient activistes féministes, racialistes, libérateurs de la Palestine, renifleurs de l'antisémitisme, véganes et autres écolo-fascistes, ne m'ont jamais semblé aussi futiles que bêtes. Même si j'ai toujours été un sincère allié de toutes leurs causes, je prétends reconnaître le seuil à partir duquel, leur "progressisme" devient contreproductif et absurde.           

La vie n'est qu'un sombre accident entre deux sommeils infinis

J'ai eu le temps entre l'introduction et le début de ce paragraphe de vérifier l'identité de l'auteur de la phrase précitée. Il s'agit d'Alfred de Vigny, qui est un poète français romantique du 19ième siècle. Je suis soulagé de découvrir qu'il n'est ni pédophile ni violeur de femmes (du moins de ce que l'on sait), mais il a tout l'air d'être un salaud d'impérialiste, lui qui mena une carrière de militaire d'élite à l'époque où la France colonisait le monde. Bref, tout ce blabla c'est pour me donner le droit de faire mienne cette magnifique phrase, par laquelle de Vigny dans ses envolées lyriques décrivait l'insignifiance de l'individu. Je souhaite à mon tour appliquer cette pensée douloureuse à l'échelle de l'humanité toute entière et dire comme de Vigny que notre avènement parmi le règne animal, et même la simple vie sur terre, n'est qu'un sombre (ou lumineux) accident entre deux néants du vide cosmique.
Je me demande sérieusement en ces temps étranges de confinement planétaire, dans cette brèche du vide cosmique dans laquelle nous évoluons par accident, en quoi les idées dites "progressistes", celles qui prônent l'égalité entre tous, la collectivisation des moyens de production et le partage des richesses, en quoi la lutte pour l'égalité des genres, les luttes contre les racismes, ou contre le réchauffement climatique, bref toutes ces nobles causes qui nous rassurent, en quoi nous embarqueraient-elles dans une humanité plus valeureuse et signifiante que celle promue par les totalitarismes religieux ou idéologiques, ceux qui croient à la loi du plus fort, à la suprématie raciale, à la loi du marché ou au Darwinisme social et qui...ne sont pas moins progressistes que nous autres **.
Et puis surtout vers quelle direction mènera-t-on notre humanité si nous parvenons à nous débarrasser de ces connards contre lesquels nous autres,  les "bien-pensants" du progressisme, nous luttons ? Peut-être que nous trouvons sens à notre existence par ces luttes que nous menons contre eux ? Peut-être que nous avons besoin d'eux pour exister. Et s'ils n'existaient pas, nous les inventerions, nous les fabriquerions parmi nous autres pour avoir contre qui lutter. Nous sommes eux, ils sont nous, embarqués tous dans cette putain de galère... 
       

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Et là, soudain ! 

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La bonne nouvelle dans tout ça, quand sonnera l'heure de l'apocalypse, lorsque le sombre accident entre deux sommeils touchera à sa fin, l'humanité sera encore assez inventive pour se tirer d'affaire. Mais ne vous réjouissiez pas trop vite chers amis, car il y a de fortes chances que nous ne fassions pas partie de ce dernier équipage.
Sinon, comment va Abir Moussi ? 

Le titre de l'article est inspiré de cette citation de Paul Valéry : " En somme, à l'idole du Progrès répondit l'idole de la malédiction du Progrès; ce qui fit deux lieux communs". Ce dernier post dans son ensemble s'inspire de la lecture de l'ouvrage "Le sens du progrès" de Pierre-André Taguieff (2004)

** On oppose souvent les progressistes aux conservateurs. Mais il s'agit peut-être d'une fausse opposition ou d'une distortion optique relative à notre subjectivité. Voilà ce qu'en pense le grand philosophe sociologue allemand Georg Simmel dans son étude d'épistémologie (1892) : "La notion de progrès suppose celle d'un état final; cette dernière notion une fois définie, dans l'absolu et dans l'abstrait, on peut déterminer si tel ou tel changement va dans le sens de la réalisation de cet état final ou s'il correspond à un mouvement dans la direction de cet état final. Dans ce cas, on parelera de "progrès"[...] Le fait d'interpréter tel changement historique comme un progrès ou non dépend d'un idéal, dont la valeur n'émane en aucune façon des enchaînements historiques réels, mais est au contraire imposée à la réalité historique par la subjectivité de l'observateur".

18 mars 2020

Homovirus : la seule véritable pandémie

Rendez-vous compte chers flamants, camarades des sebkhas, des steppes et des jungles de par le monde, rendez-vous compte peuples de poules, de dindes, de vaches, de boeufs, de cochons et de moutons, rendez-vous compte vous les milliards de martyrs de l'enfer de ce qu'ils nomment industrie agroalimentaire, rendez-vous compte de l'incroyable exploit de notre héros planétaire : Corona. C'est lui le seul, depuis peste et grippe espagnole, à avoir réussi à faire autant trembler notre ennemi commun : l'homovirus !

corona

(pour agrandir cliquez ici)

Avant de devenir homovirus, il était homosapiens. Le seul parmi nous tous à avoir été doté de raison. Ce pouvoir magique qui lui a été conféré par mère nature, devait faire de lui le sage gardien de notre temple commun. Il remplit son contrat jusqu'à ce qu'il soit frappé par la démence de la théomanie. En inventant le concept du divin, il s'est pris lui-même pour Dieu et se donna le droit de domestiquer la faune et la flore. Il rompit le contrat qui nous liait et entama au nom du concept du progrès le démantèlement de notre temple commun.
Il nous déclara la guerre en nous traitant de bête. Il oublia que n'est bête que celui qui est pourvu de raison. Par sa bêtise l'homovirus creuse depuis sa tombe en se détruisant lui-même au nom du capital, cet autre concept qui s'est peu à peu substitué au divin. Le capital crée au sein même de la communauté humaine une domination de l'homme par l'homme.
Alors à la guerre comme à la guerre, inclinons-nous tous à la gloire de Corona !

...Ou alors convertissez-vous au Boukornisme, seule religion présidée par une bête (flamant rose), et qui réconcilie l'homme à l'animal dans le strict respect des lois de notre temple commun primordial ! cliquez ici
لا بوكرنين الاّ بوكرنين، ولا سبخة الاّ السّبخة

08 mars 2020

Fête de la Ben Simpsonne

Depuis que je me suis fait taper sur les doigts par des féministes qui m'ont révélé mon machisme inconscient, je me soigne. J'ai appris grâce à leur science que j'étais habité par le "male gaze" et que je dessinais avec mon pénis sans le savoir (le choc !). J'ai changé de lunettes depuis et je réapprends à dessiner avec les mains. J'avoue qu'il m'est un peu difficile de me défaire de mes vieux réflexes...

Journée internationale des droits des femmes 

Alors que je souhaitais me mettre à l'épreuve suite à ma nouvelle thérapie et aborder la journée des droits des femmes sous l'angle politique, économique et social, voilà que 50 femmes tunisiennes "influentes" nous exhibent dans les locaux de l'institut de France, leur théorie du genre... 

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Attention ! ne vous méprenez pas sur moi. Je ne suis un pas un vilain réactionnaire choqué par la nudité. Je trouve très séduisantes ces femmes et j'adore la robe scintillante de la chroniqueuse Maya Ksouri (voir ici). Ce n'est pas mon pénis qui parle ici, c'est mon côté esthète. Cependant, à l'aune de #metoo, #enazeda et toutes ces luttes qui ont eu pour enjeu principal la libération du corps de la femme, comment expliquer que notre élite féminine continue à entretenir le spectacle de son corps ? Comment cette belle brochette de tunisiennes qui se targuent de progressisme, réitère le cliché de la femme objet étalant ses atouts féminins comme dans un vulgaire mariage traditionnel ? Certes elles ne sont pas voilées, elles sont modernes et raffinées. Mais elles semblent vouloir revendiquer leur progressisme non pas en vertu de leur engagement politique, mais plutôt à travers leur fantaisie vestimentaire. Nos Ben Simpsonnes se plient (malgré elles ?) au diktat phallocratique sous le regard bienveillant et ô combien paternaliste (et orientaliste) de son excellence l'ambassadeur de France. Heureusement que Maya Ksouri défile en portant un livre, pour rappeler à la communauté des pénis, qu'en plus du vestimentaire, une femme peut porter de la matière grise. Ouf ! l'honneur des femmes est sauvé !
Bref, la phallocratie n'est pas le monopole des pénis, nos Ben Simpsonnes y contribuent allègrement...

Et sinon, après la sauterie, défile une autre catégorie de femmes...

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06 mars 2020

Séparer l'homme de l'artiste ?

La dernière cérémonie des Césars 2020 récompensa cette année le film "j'accuse" du réalisateur Polanski. La consécration du cinéaste (reconnu coupable en 1977 d'actes sexuels sur mineur et accusé aujourd'hui de viol) déclencha la fureur d'une partie de l'opinion jugeant scandaleux de récompenser (5 césars !) un prédateur sexuel. En pleine épidémie mondiale de coronavirus, Paris durant cette semaine, connut une véritable guerre de tranchées médiatiques entre les féministes et ceux pour qui, il faut séparer l'oeuvre de l'artiste.

Pour avoir osé dans ma modeste page Facebook (voir ici) aborder la question, je me suis attiré les foudres des féministes tunisiennes en osant poser à mon tour l'épineuse question : Doit-on séparer l'homme de l'artiste ?

Attentat à Tunis 

Tunis s'est réveillée ce matin sur un double attentat suicide qui a visé des policiers près de l'ambassade des États-Unis. Un agent est décédé et cinq autres sont blessés dont une civile. Cet attentat terroriste n'est pas sans nous rappeler l'attaque contre la même ambassade en 2012 qui a eu lieu suite à la diffusion d'un film "blasphématoire" sur le prophète (voir ici).
Les terroristes agissent à chaque fois au nom d'Allah, du Coran et du prophète et le débat continue à faire rage...

ARTISTEHOMME

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02 mars 2020

Le grand jeu

Comme tout semble rentrer dans l'ordre en Tunisie, que nous avons enfin un gouvernement, que nous avons le meilleur des présidents, et que nous sommes protégés du Coronavirus par la baraka de Boukornine et du saint Sebkhan, alors peut-être devrait-on se préoccuper un peu plus de ce qui se passe en dehors de chez nous.

Je n'aurai pas de mots pour commenter la guerre absurde que se livrent en ce moment un dictateur arabe et un nostalgique du Califat. Une guerre qui prend en étau à Idlib, un million de personnes. La pire crise humanitaire depuis 2011. Non je suis incapable de réfléchir ou de livrer la moindre pensée intelligente sur ce genre de tragédies humaines devenues cruellement habituelles. Lisez plutôt ceci

Désolé de passer sans transition à l'actualité française, où les problèmes restent ceux de pays où les populations restent relativement choyées. Choyées mais pas pour longtemps. C'est sur ce point précis que se situe l'enjeu des actuelles confrontations en France. En y regardant de près, en acceptant de changer de lunettes, on pourrait entrevoir les prémices d'une guerre que se livrent en ce moment-même deux factions : La minorité au pouvoir contre la masse : les "choyés de naissance" contre les moins choyés. Cette minorité, conglomérat d'affairistes, politiques et gens du spectacle, disposent de la police, de la loi et de la propagande pour convaincre la population de la nécessité de se faire moins choyer. Sauf que la "fabrication du consentement"* bat de l'aile et l'État semble de plus en plus tenté de ne plus respecter les règles du jeu démocratique. Certes, ça a tout l'air d'être une description caricaturale d'une bien complexe réalité, et pourtant...

      Macron493

* Concept repris par Noam Chomsky par lequel il explique comment l'élite au pouvoir (évoquant le cas des États Unis) formate l'opinon par le biais des médias, afin que celle-ci adhère à ses politiques et soit entretenue l'illusion de la démocratie.

29 février 2020

Passation de pouvoirs

Les tunisiens ont pu aujourd'hui assister au beau spectacle de passation de pouvoirs entre l'ancien et le nouveau chef de gouvernement (voir ici). C'est avec une grande émotion que Fakhfakh reçoit de Chahed les clefs du premier ministère. Super Jo, éreinté par l'interminable formation du nouveau gouvernement, peut enfin aller se rhabiller. 

PASSATION

Si en Tunisie tout semble rentrer dans l'ordre, en terre wahhabite, une catastrophe imminente se profile à l'horizon...
coronakaaba

Le Coronavirus frappe à la porte de la maison d'Allah. Afin de prévenir la propagation de la maladie, les autorités saoudiennes ont été obligées de placer la Kaaba en quarantaine (voir ici). On aura donc attendu 14 siècles d'incubation pour vivre enfin ce moment...