DEBATunisie

21 octobre 2019

Moment révolutionnaire

Profitons chers amis des derniers instants révolutionnaires avant que nous nous heurtions très vite à l'amère réalité. Le raz-de-marée Kaïs Saïed (72% des voix) a balayé symboliquement par son intensité, toute cette classe politique qui a trahi la révolution de 2011. La débâcle de Nombril Kakaroui et tous ses soutiens a été tellement savoureuse que je ne cesse de m'en délecter sadiquement. Avec tous les procès qui lui collent au cul, j'imagine bientôt Karoui et sa smala fuir le pays comme Ben Ali et ses trabelsites (voir ceci). Mais attention, ne nous réjouissons pas trop vite. Notre expérience de la Révolution, nous a appris à nous méfier des orphelins du système déchu qui nous attendent toujours au tournant...      

FUITE

(dessin inspiré de cet article publié le 08 Janvier 2011) 

Parmi ces "déchus", qui ont été ses soutiens directs et indirects, figure une bonne partie des médias "Ben Simpsonniens". Cette élite dite progressiste, depuis qu'elle a eu droit à la parole grâce à la Révolution, elle n'a fait qu'agiter l'épouvantail islamiste tombant dans une facilité intellectuelle à laquelle répondait positivement son public de Ben Simpsons. Une culture de l'entresoi s'est développée durant ces dernières années faisant émerger des figures médiatiques persuadées de leur pertinence, voire de leur héroïsme (Mohamed Boughalleb, Maya Ksouri, Lotfi Laamari...*). Elles se sont complus dans cette confortable lutte banalisant au passage le retour des anciennes figures du benalisme, fermant les yeux sur la corruption de leurs patrons, mais surtout, vidant de leurs substances les aspirations sociales de la Révolution qu'il leur arrive de rappeler mais seulement pour se donner bonne conscience.

Certes, l'islamisme est un monstre. Je dirais même plus, qu'Allah est la tête du monstre qu'il faut commencer par couper si l'on veut lutter sérieusement contre l'islamisme. Oui, je comprends très bien que des gens puissent faire de l'islamisme un sujet de lutte politique et philosophique. Mais lorsqu'on en arrive à ce qu'une Olfa Youssef (voir ici), universitaire, prenne ouvertement la défense d'un mafieux avéré, ploutocrate spaghetti du nom de Nabil Karoui et ce par anti-islamisme primaire (mixé forcément à une bonne dose d'opportunisme), alors stop ! arrêtons immédiatement ce cirque médiatique et recommençons à zéro. 

Kaïs Terminator SAÏED, an Ier

L'espoir que semble avoir ressuscité l'élection de ce nouveau président, fait souffler sur la Tunisie un vent de révolution. Des jeunes se réapproprient l'espace public en organisant des campagnes de nettoyage de rues, de plantation d'arbres, ou de coloriage de trottoirs (voir ici). Ce mouvement lancé sur internet prend des allures de jeunesses communistes, de quoi effrayer les déchus du Karouisme et d'une frange de la bourgeoisie, pour qui le peuple ne peut être mu que par les ficelles d'associations islamistes ou par les services de renseignement américano-sionistes.
N'en déplaise aux aigris, aux déchus, aux rabat-joies, aux précieux, aux snobs...quelque chose se prépare. Ce Kaïs Saïed n'est que le véhicule d'un quelque chose que nous ignorons. Bien entendu, il risque de nous décevoir, de tomber en panne, ou de se refermer sur nous comme un nouveau piège à cafards. Mais savourons encore cette parenthèse enchantée comme lorsque nous étions enfants, et ce même si la réalité nous rattrapera de toute façon.

* Mes propos ne sont surtout pas destinés à excuser les campagnes de lynchage lancées contre ces journalistes (voir ici). La moindre menace contre un journaliste est une menace contre TOUS. La liberté d'expression est un droit non négociable...même pour ceux qui n'en sont pas à la hauteur.

13 octobre 2019

Débat, suite et fin.

Loin de moi l'idée d'influencer votre vote chers amis. Simplement je souhaite donner une suite au dessin de mon dernier article (repris ci-dessous) dans lequel je m'étais fait berner par l'équipe de campagne de Nombril Kakaroui, pensant que le lion qu'elle nous dépeignait, allait dévorer tout cru son rival Kaïs Saïed lors du débat présidentiel de vendredi dernier. 

GLADIATEUR01

Je ne ferai pas le bilan de ce débat pauvre en idées, mais riche en théâtralité. J'ai retenu surtout que Karoui en plus de sentir le souffre, le mensonge, le fric pas net et le mafieux de quartier, se révèle intellectuellement tellement limité qu'il s'est fait écraser sans le moindre effort par son rival. 

GLADIATEUR02

J'avoue avoir eu beaucoup de peine pour l'homme qu'il est. Mais je reste très dubitatif quant à ses soutiens. Je ne parle pas de la Ben Simpsonnie mue par ses réflexes de classe. Non, je parle de ces journalistes, universitaires, intellectuels qui malgré la débâcle qu'a subi leur poulain, continuent à lui trouver encore des excuses. Sont-ils bêtes à ce point ? je préfère penser que Karoui leur a fait individuellement des promesses, que par opportunisme ils ont fermé les yeux sur l'évidence !

Mais alors qu'en est-il du psycho-rigide Kaïs Saïed ?  

Il y a chez ce monsieur une fascination pour le concept de la loi, qu'elle soit coranique ou constitutionnelle, qui révèle un rapport textuel, théorique et platonicien au monde. Il ne sera pas l'homme du concert ni encore moins l'homme du présent. Il se posera comme une stèle totémique au milieu d'un écosystème pollué dans lequel sévissent des Karoui, Ghannouchi et toutes ces hyènes (ces "nmouras" dirait Karoui) qui finiront probablement -ou pas- par le "tartouriser". Saluons à cet effet le seul moment de vérité de Karoui lorsqu'il exprima cette prophétie, lors des dernières minutes du débat juste avant qu'il ne subisse la savoureuse estocade finale de Saïed. 
(Revoir le débat, traduit en français ici)    

11 octobre 2019

Le débat...

L'énorme saga politique qui a commencé l'été est loin d'être terminée, mais ce soir nous assisterons à l'un de ses moments clefs: le débat entre les deux candidats finalistes, Nabil Karoui et Kaïs Saïed.
Notons qu'il s'agit du premier débat du genre dans l'histoire du pays. En 2014 pourtant il en était question si Béji Caïd Essebsi ne s'était pas désisté par crainte de se faire bouffer par son rival Tartour (voir ici). Pour les tunisiens aujourd'hui sera donc soirée pop-corn, pistache, thé ou Celtia et le blog DEBATunisie, créé en 2007 avec la modeste prétention de réhabiliter le débat public en Tunisie, ne peut que se réjouir de cet événement. Certes, nous savons très bien que la confrontation de ce soir ne portera pas sur les idées, mais beaucoup plus sur la psychologie des deux rivaux qui ne parlent visiblement pas la même langue, mais qui surtout, ne sont pas de la même espèce... 

GLADIATEUR

N'oubliez pas chers amis, que si l'on se tient aux révélations du lobbyste de Karoui * (voir ici), ce duel présidentiel s'inscrirait dans une logique plus large dans laquelle notre Justice sous pression américano-zaballahiste aurait libéré Karoui en échange de l'alliance de son parti avec les islamistes et ce afin de conforter une majorité parlementaire. Bien sûr nous nageons en plein délire complotiste, mais il n'est pas invraisemblable de penser que Karoui est le candidat idéal de la préservation de l'ordre établi régional selon la vision néo-colonialiste américaine pour qui les barbares que nous sommes, ne peuvent être gouvernés que par des mafieux occidentalisés mixés à des conservateurs allahisés, le tout dans la marmite du néolibéralisme le plus éhonté.
Inutile de revenir ici sur les défenseurs assumés de Karoui, dont une partie le soutient par ignorance, stupidité ou réflexe de classe, et l'autre partie -plus grave-, journalistes et affairistes connaissant pourtant tout cela et qui, contre vents et marrées, défendent ce sombre personnage pour des raisons bassement opportunistes. Ce groupe redessine exactement sous nos yeux, en ce moment-même, l'exacte réplique du schéma de compromission de l'élite qui avait soutenu 23 ans durant, la dictature de Ben Ali. 
Pour votre vote de demain, chers amis, vous savez ce qu'il vous reste à faire...

* Le lobbyste Ari Ben Menash révèle la nature de son contrat avec Karoui et explique dans le détail le contenu de leurs discussions pourtant privées, et ce dans une volonté évidente de se vanger de son client qui aurait nié jusqu'à leur rencontre mettant ainsi en doute la crédibilité d'un vieux routard du lobbying. Beaucoup à dire sur cet entretien avec Ben Menash, retenons simplement que cette affaire dans sa complexité, révèle une chose simple : Karoui à Carthage c'est la victoire du trabelsisme.       

06 octobre 2019

Zaballah et Kakaroui au coude à coude

Et nous revoilà chers amis à nouveau sommés de choisir entre Zaba et Zaballah.
Selon un a priori très tenace, le "peuple" serait allahisé par nature (ce qui objectivement n'est pas si faux que cela). Depuis Bourguiba déjà, l'élite au pouvoir avec ses satellites bourgeois prostrés par cette peur du peuple, a accepté de pactiser avec n'importe quelle entité capable de contrer le péril allahiste. Après les tumultes des débats enflammés, on en arrive comme après la sortie d'un embouteillage en heure de pointe, au seul horizon politique possible : choisir entre Zaba et Zaballah.

L'éternel retour

La dernière séquence de ce feuilleton fut en 2014.  "L'entité" présentée contre Zaballah fut un papi beldi sorti des archives de Bourguiba. Le pari fut réussi jusqu'à ce que ce vieux loup finisse par pactiser avec Zaballah...

alternance1

(dessins extraits de deux articles, l'un datant de Novembre 2014 et l'autre de Février 2015

La séquence d'aujourd'hui où nous sommes appelés à voter pour les législatives, une "entité" se distingue du peloton et remet au goût du jour le vote utile contre Zaballah. J'ai nommé Nombril Kakaroui, dont le parti -ramassis de mafieux, d'opportunistes et de clowns en manque de notoriété- semble être au coude à coude avec le parti de Zaballah et qui -mon petit doigt me dit- pourrait pactiser avec Zaballah sitôt au pouvoir... et le foutre bien profond dans le cul de dame Tunisie et de tous ces Ben Simpsons qui appellent à voter Karoui. 

COUDES

Mes amis, si vous ne voulez plus de Zaballah...organisez-vous contre vos privilèges de classe et tuez Allah une bonne fois pour toute !

Ou sinon, convertissez vous au Boukornisme
لا بوكرنين الاّ بوكرنين، ولا سبخة الاّ السّبخة

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04 octobre 2019

Ça pue le Kakaroui en Ben Simpsonnie

Si vous pensez que je vais rajouter l'histoire du document fuité (voir ici) pour participer à la lapidation publique de Karoui, alors vous vous trompez chers amis. Que ce soit un coup monté contre lui, ou que ce soit la vérité, pour moi _z_ dessinateur et témoin de la vie publique depuis 2007, Nabil Karoui (voir mes archives) avait déjà tous les attributs de l'homme d'affaire véreux, ni meilleur ni pire que tous ces affairistes qui niquent et reniquent en public depuis le départ de Ben Ali. La seule différence, c'est que ce monsieur est aujourd'hui candidat au second tour des présidentielles. La justice l'a certes rattrapé pour fraude fiscale et blanchiment d'argent, mais le timing de son arrestation ne cesse de nourrir les rumeurs d'une évidente ingérence de l'exécutif dans cette affaire et de la possible implication des islamistes qui veulent sa peau.

Par contre, ce qui me donne envie de foutre une bombe _z_ sur le zoo humain qu'est devenue cette Tunisie, ce sont les défenseurs, les laudateurs, les hypocrites qui ont vu dans ce sombre personnage, un espoir pour leurs intérêts le pays. 

 KAROUI
Que nos Ben Simpsons prennent sa défense, n'est plus étonnant pour notre bourgeoisie prête à pactiser avec le diable pour garder ses privilèges de classe et ses soi-disant valeurs progressistes. La collaboration est intrinsèque à toute bourgeoisie en Tunisie comme ailleurs. Mais ce sont tous ces gens que j'ai connus -ça fait mal-, les Taoufik Ben Brik* et j'en passe, qui rappellent combien l'Humanité perfectible pourtant, est d'abord corruptible. Elle est capable de grandeur cette Humanité, mais elle a un potentiel infini de bassesse. Car je ne m'explique toujours pas, tout en sachant qu'un Kais Saïed n'est certainement pas la solution, que des gens puissent lui préférer un monsieur -et je m'excuse pour la vulgarité- qui pue autant la merde...

Et sinon, il parait que ce sont les législatives en ce moment ?

* Le journaliste écrivain Taoufik Ben Brik, connu pour sa lutte acharnée contre la dictature de Ben Ali, s'est transformé en petit toutou de Karoui, appelant jusqu'à lever les armes pour libérer son maître...Taoufik Ben Brik que j'ai bien connu et pour qui je garde pourtant une tendresse. Je ne regrettrai jamais d'avoir publié une centaine de mes dessins dans son journal "Contre le Pouvoir" (de 2012 à 2014) et je ne regrettrai pas non plus d'avoir illustré les couvertures de ses romans dont "Kalb ben Kalb"(2013) véritable best-seller tunisien. A ce propos, Kalb ben Kalb fut édité par Apollonia, maison d'édition d'Abelaziz Belkhodja, actuel porte-parole du parti de Karoui. Je me rends compte après coup, que je faisais partie de la mafia kakarouiste sans le savoir...

30 septembre 2019

Saïedologie

Chers amis, j'aimerais m'excuser pour ce long silence dans une période aussi trouble et passionnante de l'histoire du pays.
Je ne sais comment rattraper ce retard. Peut-être, devrais-je commencer par la première séquence : le 25 Juillet, décès du faux apothicaire de Carthage, promu soudain saint national. Une grandiose cérémonie funèbre fut organisée par Zbidou (ministre de la défense) en l'honneur de notre défunt président mort en ce jour symbolique de la fête de la République. A en croire les Ben Simpsons, un tapis rouge lui aurait été déroulé à son arrivée au ciel où il fut reçu par Bourguiba en personne (toujours sous la supervision de Zbidou). Allah était tout aussi ému que Youssef Chahed et Ghannouchi en accueillant Essebsi au paradis.      

REPUBLIQUE0

Ce décès imprévu, chamboula le calendrier électoral. L'Instance Supérieure Indépendante pour les Élections (ISIE) décida alors d'anticiper les élections présidentielles pour le 15 Septembre, au lieu du 17 Novembre 2019. La course pour Carthage commença alors plus tôt que prévu et les candidats en un temps record, ont su offrir aux tunisiens un spectacle riche en couleurs. On retiendra les mauveries de Moussi, le fan club de Zbidou, les Jebbas de Mourou, l'hélicoptère de Riahi, les danses de Marzouki, les doigts de Chahed, les oreilles d'âne d'Elloumi ou encore l'arrestation de Nombril Karoui. Mais le résultat des urnes fut encore plus surprenant. Un inconnu du bataillon, Kaïs Saïed, rafla toute la mise. Ce candidat indépendant se retrouva qualifié au second tour (18,4%) face à Karoui (15,6%) toujours en prison. Et pour rajouter à la chakchouka plus de piment, Zaba décide le 19 Septembre de rejoindre Essebsi au ciel. Zbidou mauvais perdant des élections, n'était pas en forme pour organiser une cérémonie en l'honneur de Zaba qui fut pourtant son patron. Un accueil très froid lui fut réservé. 

REPUBLIQUE1

Mais qui est Kaïs Saïed ?

En 2016, des investigations journalistiques et des enregistrements fuités, avaient permis déjà de documenter la personnalité sulfureuse de Nabil Karoui. Tout était déjà à disposition du public depuis trois ans pour rendre compte du degré de pollution que provoque Karoui sur le paysage médiatique et politique tunisien. Et pourtant nos Ben Simpsons préfèrent soudain enquêter, fouiller, investiguer, psychanalyser, théoriser sur Kaïs Saïed car il n'a pas la tête habituelle du mafieux trabelsique beldi qui les protège des gueux, du "zaweli" et de tout ce peuple de la Révolution qu'on a cru avoir domestiqué. La droiture de ce prof de droit leur est trop suspecte. Pas assez filou à leur goût. 
Il doit bien cacher quelque chose ...   

KAISAIED

12 août 2019

Allah otage des Saoudiens

En plein fête de l'Aïd, l'Arabie Saoudite a mené ce dimanche 11 août des frappes sur Aden qui ont fait 40 morts (voir ici). Ce bombardement s'inscrit dans la longue série de massacres conduits par les saoudiens contre le Yémen depuis 2015. Le silence complice de nos contrées "allahisées" face à ces horreurs donne au méchoui de l'Aïd un goût amer et doit interroger chacun de nos merguez sur notre degré de collaboration passive avec ce pays, dont les dirigeants, rappelons-le, administrent le loft d'Allah...
Et je ne parle même pas de la collaboration active de ces milliers de pèlerins qui chaque année renflouent les caisses du royaume en allant sur place faire tourner la machine de guerre wahhabite...

AID

Foule giratoire

Outre le coût faramineux* du pèlerinage à la Mecque, on peut sérieusement se demander en plein massacre du Yémen si ces millions de pèlerins sont complices des crimes de guerre ou s'ils sont crétins au point d'ignorer leur participation tacite au financement de la guerre. La réponse est simple mes amis. L'allahisme** est un crétinisme de masse qui rend aveugle. À lui seul, il explique en partie l'état d'aliénation -depuis un siècle- de populations exposées à la corruption de leurs élites...Élites qui entretiennent justement la bigoterie générale pour perpétuer une domination efficace sur les foules. Élites appuyées tacitement par les intellectuels et artistes qui évitent d'aborder le sujet par peur de fâcher la masse.

Et pourtant, imaginez le potentiel artistique, poétique, cinématographique si l'on pointait nos plumes, nos pinceaux, nos caméras sur ce monstre sacré qu'est Allah pour le déconstruire une bonne fois pour toute !
Je ne vous souhaite donc pas de joyeux Aïd. J'appelle au Boycott du hajj !

PS: Le décès du réalisateur français Jean Pierre Mocky (ce 8 août 2019) nous invite en toute urgence à revoir son film "le miraculé" qui porte un regard cinglant sur le business religieux du pèlerinage de Lourdes...

* "Le conseiller du ministre tunisien des Affaires religieuses, Hakim Amayri a déclaré jeudi, 16 mai 2019, que le coût du Hajj pour cette saison dépassera les 14.000 dinars, en raison du taux de change du dinar tunisien qui est en baisse par rapport au riyal saoudien" (source : Tunisie Numérique). Il oublie de préciser que s'y rajoute le coût de l'effort de guerre ! 

** L'allahisme (néolgisme sebkhiste) étant la résurgence contemporaine du culte des idoles- l'idole Allah en l’occurrence- sous couvert de religion monothéiste révélée (Islam)

09 août 2019

VOTEZ _Z_ !

Plus que quelques minutes avant la clôture des inscriptions aux présidentielles !
Riche du parrainage des 77 000 abonnés de ma page Facebook, et confiant sur le contenu de mon programme politique (présenté déjà en 2011), j'ai pu accomplir aujourd'hui comme mes 12 millions de compatriotes, mon devoir citoyen de me présenter aux élections présidentielles de 2019 :

 candidature2

Militant infatiguable pour la justice et l'égalité, j'invite les électeurs à voter pour moi pour une Tunisie réconciliée dans sa foi et sa bonne humeur !

affiche-FR

Réjouissons-nous chers amis de l'afflux de tant de candidats dans ces élections. Avec toute cette animation, on peut reconnaître qu'après lui avoir ôté ses ciseaux, la Révolution aura donné à Ammar la direction du plus grand cirque à clowns au monde et rien que pour ça, buvons à la santé de tous une bonne Celtia ! 

لا بوكرنين الاّ بوكرنين، ولا سبخة الاّ السّبخة

(...و لا سلتيا الاّ سلتيا !)

23 juillet 2019

Le Prophète a déjà marché sur la Lune *

Devant un guichet d'hôpital public**, j'ai pu tester pour la première fois de ma vie, l'expérience d'une queue exclusivement masculine. Un guichet juste à côté, était destiné seulement aux femmes. Un panneau officiel au-dessus de chacun des deux guichets, comme dans les chiottes, indiquait le sexe de la file d'attente. Une barrière empêchait tout contact entre les deux. L'administration tunisienne commence donc à imposer doucement mais sûrement la séparation des sexes dans l'espace public. 

Dans cette attente parmi les mâles, je lisais sur mon smartphone de marque américaine, des articles sur les 50 ans du premier homme sur la Lune***. Ce profond contraste entre ma condition d'allahisé d'Afrique du Nord et la condition de celui qui marcha sur la Lune me plongea dans un profond désarroi...
Pourquoi l'histoire récente de nous autres allahisés, nous exclut-elle de toutes ces prouesses humaines ? Est-ce seulement la colonisation, l'impérialisme ou le sionisme qui nous accule à patauger dans ces marécages de superstitions religieuses, de pauvreté et de corruption de nos élites. Est-ce la France, Israël ou L'Amérique qui a décidé dans le merdier qu'est devenu notre hôpital public, de séparer nos mâles de nos femelles ?   

objectiflune

* Selon une tradition musulmane, le prophète n'aurait pas marché sur la Lune, mais il l'aurait coupé en deux. Il s'agit de la théorie de la division de la Lune (en arabe : انشقاق القمر) largement défendue par nombre de nos ingénieurs et médecins allahisés. Cette théorie trouve sa justification dans les versets coraniques 54:1-2. D'après wikipédia, certains commentateurs musulmans, en particulier de la période médiévale, interprètent l'événement comme une division physique littérale de la Lune par Mahomet, tandis que d'autres l'identifient comme un événement qui se produira au jour du jugement. D'autres considèrent que cela a été une simple illusion d'optique.

** Observation que j'ai pu mener en accompagnant un membre de ma famille à l'Hôpital Farhat Hached de Sousse. 

*** Le 21 Juillet 1969, Neil Armstrong est le premier homme a avoir posé les pieds sur la Lune grâce à la Mission Apollo 11.

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19 juillet 2019

Les difficiles érections présidentielles

Notre convalescent président ne dort plus la nuit. A peine sorti de l'hôpital, qu'il est déjà obligé avant la clôture imminente de son mandat (et de sa vie), de prendre une décision historique : Ouvrir son palais à tous les prétendants à la présidence, ou alors filtrer l'entrée. Lourde tâche pour celui qui en 5 ans n'a jamais su prendre aucune ferme décision. Lui l'apôtre de la bite molle et du consensus. Lui le prétendu progressiste qui s'est allié aux islamistes et qui a blanchi les corrompus de l'ancien régime. Essebsi l'impuissant, est aujourd'hui sous les feux des projecteurs. On attend de lui qu'il assume une fois pour toute son destin !  

Premier scénario : Open Bar

Si Essebsi refuse de signer l'amendement de la loi électorale, l'Assemblée pourrait se replier sur l'ancien texte appliqué en 2014.
Rappelez-vous chers amis, c'était il y a 5 ans, quand le pays inaugurait ses premières élections présidentielles. La loi électorale, (encore en vigueur jusqu'à là) ouvrait le bal à tout le monde. On a bien rigolé à l'époque. Ça sentait surtout le mâle, la testostérone, l'égo, mais il y avait de la diversité : les figures connues, les subterfuges de l'ancien régime, les barbus puis un tas de gugus, de clowns, d'ovnis qui ajoutaient une bonne dose d'exotisme à la chakchouka nationale.        

bites2014

(dessin extrait d'un article de debatunisie rédigé à la veilles des élections de 2014  ici)

La Tunisie de l'époque, était sortie affaiblie de 3 ans de Troïka et d'assassinats politiques. Mais elle restait pulpeuse, toujours convoitée et jouissait encore à l'international d'une relative attractivité. 

Deuxième scénario : Club privé

Si Essebsi valide l'amendement, il sera alors appliqué à partir du 22 Juillet 2019 (voir ici), et alors seront exclus de la course à la Présidence une catégorie de candidats. Rappelons que cet amendement voté à quelques mois de la présidentielle (le 18 Juin dernier), sentait gros la panique des partis bien établis face à la fulgurante montée d'ovnis politiques. En effet, certain(e)s gugus(ses) encore sympathiques en 2014, ont commencé à caracoler dans les sondages tel notre Citizen Kane national, "Nombril" Karoui qui à lui tout seul, dépasse toutes les formations traditionnelles. Mais il y a aussi cet étrange juriste nommé Kaïs Saied qui radote comme un robot. Il y a également l'ovni Olfa Terras parachutée du grand Capital. Sans oublier la diabolique Abir Moussi la mauve en pire, seule femme dans ce bled capable de faire trembler autant de bites. Contre ces nouveaux prétendants qui se sont auto-invités dans la compétition, l'amendement de la loi électorale semble avoir été taillé sur mesure pour leur barrer la route... 

bites2019

On se demande comment cette Tunisie de 2019, affaiblie, abîmée, abusée, arrive-t-elle encore aujourd'hui à attiser autant de convoitise. Que cherchent tous ces gens qui se bousculent au portillon ?

27 juin 2019

Vacance de Pouvoir

Personne n'a encore suffisamment de recul et d'éléments pour analyser les évènements qui ont eu lieu aujourd'hui : deux attentats d'un côté et la disparition du président de l'autre. Tout le monde s'interroge sur l'étrange concomitance des faits. Serait-elle le fruit du hasard ou le produit d'une machination voulant saboter les élections présidentielles de Novembre ?
Rappelons tout de même que jusqu'ici, nous ne sommes toujours pas en mesure de confirmer le décès du président, et ce même si la rumeur via les réseaux sociaux demeure tenace. Avec l'appétit vorace des affamés du pouvoir dans un contexte pré-électoral explosif, on peut comprendre que l'État préfère temporiser...

BEJIMORT

Par contre les dégâts sur la saison touristique de 2019 ne sont plus à vérifier. Même si les deux attentats-suicides d'aujourd'hui dirigés contre les forces de l'ordre n'ont pas eu de graves conséquences (un mort et huit blessés), on peut craindre que leur impact médiatique fasse tomber à l’eau tout le boulot de notre super ministre du tourisme Cyril Hanouna...

ORAGE

Mais connaissant l'aptitude tunisienne à toujours savoir traverser les grandes catastrophes naturelles et les crises politiques, on ira quand même bronzer cet été à la plage avec ou sans Béji. 
vacances

13 juin 2019

Quand Ammar 404 frappe le New York Times

Une nouvelle histoire de caricature secoue en ce moment la presse américaine. Le dessin ci-dessous du portugais Antonio Moreira Antunes publié le 27 Avril dans le New York Times a provoqué une telle polémique que le journal a décidé le 10 Juin, de ne plus du tout publier de dessins politiques dans son édition internationale (voir ici).

NEWYORKTIMES-orginal

Considéré comme antisémite, le dessin a suscité un tollé non seulement au sein de la communauté juive mais au delà. On peut constater effectivement que la caricature évoque cette idée sous-jacente du juif qui domine le monde, cliché qui au 19ième et vingtième siècle, rappelons-le, avait conduit aux pogroms, aux génocides et tout ce que l'Europe fasciste a pu produire d'horrible et d'affreux. Les caricatures antisémites de l'époque étaient non seulement le reflet d'une grande partie de l'opinion européenne, mais pire encore, du Pouvoir lui-même. Ces dessins combinaient des poncifs récurrents tels que l'étoile de David, le rabbin, ou encore des personnages diaboliques aux nez crochus pour désigner les juifs. 
Mais alors, devrons-nous dans le contexte mondial actuel continuer à crier au loup à chaque dessin à charge affichant une étoile de David ou un rabbin ? Est ce que ces mêmes symboles gardent encore aujourd'hui les mêmes significations dans un monde où un État qui se dit juif, pratique une politique d'apatheide et de colonisation avec le soutien inconditionnel de la première puissance mondiale ?

Pas si sûr ...    

Le dessin en question a été publié à la suite de la déclaration de la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan. Cette décision unilatérale, à été prise par Trump fin Mars et ce au mépris de la Syrie en guerre puis surtout contre le consensus international. En pleine campagne électorale israélienne, cette annonce semblait dictée par Netanyahu qui d'ailleurs remportera les élections et récompensera son maître (allusion au dessin) en donnant le nom de "Trump" à l'une de ses colonies sur le plateau du Golan. C'était à l'occasion des fêtes de la Pâque Juive que le premier ministre israélien a annoncé le 23 Avril dernier, cette "heureuse" nouvelle (voir ici).
La question de savoir si Trump était guidé en aveugle par Netanyahu se posait déjà à l'époque du transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem (voir ici), et ce toujours dans le mépris des palestiniens et de la communauté internationale. De manière plus générale, cet aveugle soutien de la droite évangéliste américaine pour l'État hébreux s'inscrit dans une longue tradition biblique qui voudrait que Jésus revienne sur terre si seulement Israël est reconnue comme État juif.

Alors oui ! il y a une dimension religieuse évidente n'en déplaise à mon ami caricaturiste Kichka qui considère que ces symboles seraient inutiles à la compréhension du dessin (voir ici). Si le dessinateur s'interdit d'en faire allusion en se justifiant des grilles de lecture des années 30, c'est qu'il cède sans le savoir à une pression qui montre bien que le Pouvoir est du côté, des intérêts israéliens, des évangélistes américains ou du lobby sioniste. Le vrai Pouvoir se localise d'ailleurs toujours derrière les censeurs (j'en sais quelque chose, coucou Ammar...)

Puis franchement, ressortir les vieux poncifs des années 30 pour salir un dessinateur de presse contemporain, user du sempiternel chantage à l'antisémisme au point de pousser un journal comme le New York Times à ne plus publier de la caricature, c'est une honte et un signal très dangereux. C'est aussi le meilleur cadeau qu'on puisse offrir aux frères Kouachi, aux allahistes et aux wahha(grosse)bites qui se frottent les mains en ce moment même.

Deux poids deux mesures ?

Les lobbystes des pétrodollars seront bientôt en mesure, comme leurs potes sionistes, de considérer le dessin ci-dessous aussi islamophobe que n'est antisémite le dessin ci-dessus...Dessin (le mien) qui d'ailleurs colle parfaitement à l'actualité saoudienne dont la dimension religieuse est intrinsèquement liée à toutes les aventures militaires conduites au Yémen et ailleurs, profitant encore une fois d'un soutien aveugle et inconditionnel de ses alliés américains... 
NEWYORKTIMES

Le caricaturiste Antonio est membre de Cartooning for Peace, réseau de dessinateurs internationaux (dont je fais partie aussi). Plantu grand manitou de la secte des cartoonistes s'est déclaré inquiet de cette censure généralisée qui menace sérieusement notre business (voir ici).   

07 juin 2019

Footballah(3)

Je n'ai rien contre le Football en tant que sport, rien contre Allah en tant qu'idole, rien contre la drogue ni l'alcool.
Wallah mon frère ! je vous jure. Je suis espérantiste depuis toujours et jusqu'à mes 8 ans je fus un fervent allahiste observant mes 5 prières par jour.

Le grand CAFouillage

Dans la récente affaire de la Finale de la CAF (Confédération Africaine de Football) qui s'est tenue à Tunis, il est plus que probable que l'équipe tunisienne -l'Espérance- jouant contre le Wydad marocain, ait été victime d'une injustice à cause d'un imbroglio juridico-"VAR"esque sur fond de corruption (voir ici). Alors qu'ils ont gagné le match, les tunisiens sont menacés de devoir rejouer la partie.

Cette affaire a rendu fous les espérantistes et a sincèrement indigné le public qui n'y comprend plus rien. L'affaire qui a pris une tournure politique rappelle combien le Football n'appartient plus à ses supporters mais plutôt à ces cravatés de l'ombre, ces politicards et autres lobbyistes dont le business échappe à tout regard. On se moque de l'intelligence des gens et on les transforme en foule d'écervelés dont on joue comme d'un ballon de football. De la même manière que les capitallahistes wahha(grosses)bites ont spolié Allah aux foules musulmanes, pour en faire aussi le plus juteux des business après le pétrole et ce loin du regard, loin du débat public. Nos élites dirigeantes ont bien compris qu'il tiennent notre aliénation par le foot et la religion, ces deux puissants opiums des peuples.
  
Ci-dessous, un dessin qui ne fait que dévoiler l'amère réalité que nous connaissons tous...un dessin qui vaudra à son auteur, _Z_ votre humble serviteur, de très prometteurs compliments. Sur ce, joyeuses fêtes de l'Aïd quand même !   

FOOTBALLAH

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30 mai 2019

L'Allaherie de Nombril Karoui

Le 27 Mai, Nabil Karoui, patron de Nessma TV, annonce sur sa chaîne télévisée, sa candidature officielle aux présidentielles de 2019 (voir ici). Ce n'est pas la première fois sur ce blog que l'on s'attarde sur le cas de ce personnage. Si nous y revenons à chaque fois, c'est parce que l'émergeance de ce type d'individu dans l'espace public résume à elle seule le mal profond qui ronge la démocratie tunisienne. Mais il n'est que l'arbre qui cache la forêt, et nous essaierons sur ce blog, par esprit d'équité, de brosser le portrait de tous les autres cas d'espèces.    

KAROUIALLAH

l'Hubris de Tunis

Patron de média depuis Ben Ali, Nabil Karoui avait profité de ses sympathies avec la dictature pour fonder sa télévision avant tout le monde. Refusant de se plier aux nouvelles réglementations audiovisuelles fixées par la HAICA* (après la révolution), il a continué à faire la nique aux nouvelles institutions. Il a très vite mis à profit son média pour entrer dans l'arène politique (c'était en Mai 2015, voir ici). Son seul programme pour le pays se résume à la charité spectacle, mettant en scène sur écran son amour soudain des misérables de la terre. Son association de générosité calculée, porte le nom de la figure de "martyre" national de son fils (tué dans un accident de voiture à la sortie d'une soirée à Gammarth, voir ici).
Suspecté d'évasion fiscale par l'ONG Iwatch, il n'hésitera pas à faire usage de son armée de journalistes (larbins) pour fabriquer des fake news et salir la réputation de ses détracteurs (voir ici).   
Ami de Berlusconi, Nombril Hubris Karoui est l'incarnation de l'homme politique à l'égo surdimensionné. Professionnel du clientélisme et de la politique spectacle, il n'hésitera pas à défier les lois et l'éthique pour arriver au pouvoir. Dans sa dernière déclaration où il annonce sa candidature aux présidentielles, il invoque Allah et complète ainsi par sa bigoterie le kit complet du stéréotype du politique véreux **.

Conclusion

Mes amis, qu'on se le dise, ce monsieur est parmi les plus anciens responsables de la détérioration de notre débat public. Il mérite à cet effet une caricature bien animée. Vous excuserez les imperfections de cette vidéo par laquelle j'annonce moi aussi par la volonté d'Allah mon entrée dans l'univers de l'animation ! (Je remercie à cet effet l'ami qui se reconnaitra et qui a prêté sa belle voix de stentor à Allah).

*HAICA: La Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle est une instance constitutionnelle chargée de l'organisation du domaine audiovisuel en Tunisie.
**Il est assez plaisant de constater que le logo de Nessma TV, évoque l'idée d'un ver se tortillant à l'intérieur d'une pomme. 

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26 mai 2019

la Circulaire fantôme

La polémique sur la circulaire "fantôme" est au RDV chaque mois de Ramadan. Il suffit d'une fermeture forcée d'un café ou d'un resto, (souvent dans les quartiers populaires), pour que soit remis sur la table avec les briks et la salade Mechouia, le sempiternel débat sur les relations entre notre Constitution et Allah (voir ici).

Article 1, piège à cons

Et pourtant, nous savons que tout débat sur la question est presque inutile tant que l'article 1* de notre Constitution stipulera que l'Islam est religion de L'État. Tout débat devient donc restreint au cadré fixé par la religion elle-même, et explique la dite circulaire fantôme et d'autres à venir...     

article1
(dessin extrait de cet article qui date de Juin 2012)

Article 6, piège à ultra-cons

On a souvent tendance à croire que l'article n°6 (celui qui nous garantit la prétendue liberté de conscience) est ZE article qui nous protège de l'allahisme et ses circulaires. Certains même s'en vantent jusqu'à qualifier de laïque la Constitution tunisienne. Mais à le regarder de près, cet article semble même nous l'enfoncer encore plus profond qu'on ne le pense. Que dit donc l'article 6 (Constitution de 2014)?    
 
"L'État est gardien de la religion. Il garantit la liberté de croyance, de conscience et le libre exercice des cultes ; il est le garant de la neutralité des mosquées et lieux de culte par rapport à toute instrumentalisation partisane. L’État s’engage à diffuser les valeurs de modération et de tolérance, à protéger les sacrés et à interdire d’y porter atteinte, comme il s’engage à interdire les campagnes d’accusation d’apostasie et l’incitation à la haine et à la violence. Il s’engage également à s’y opposer."
 
-La mention "L'État est gardien de la religion" porte la source même de nos emmerdes : le simple fait que ce soit "la" religion (et non "les" religions) suggère bien l'idée qu'il est ici question de la religion de l'État et donc de l'Islam. On peut alors comprendre que dans ses fonctions de "gardiennage" de la dite religion, la police joue pleinement son rôle en appliquant la circulaire "fantôme" qui oblige à l'observation d'un des 5 piliers de la Religion, le jeûne. Estimons-nous même heureux que d'autres circulaires ne viennent assurer le kit complet de gardiennage des 4 autres piliers.

controlejeune
(dessin extrait de cet article qui date de Juillet 2013)

 
-Ensuite:
"Il garantit la liberté de croyance, de conscience et le libre exercice des cultes". Ces belles promesses ne sont assurées que si et seulement si l'État se positionne à égale distance entre toute forme de croyance. Ce qui est démenti par la simple la mention "L'État est gardien de la religion", qui est un positionnement explicite en faveur du fait religieux, en l'occurence l'Islam. Ou alors qu'il nous précise de manière explicite, si ces sympathiques garanties de liberté ont droit d'expression de manière égale dans l'espace public
Puis-je par exemple construire mon temple boukorniste et appeler à la prière 13 fois par jour ? ou alors puis-je ouvrir une chaîne Athée, L'athée TV (au même titre que la Zitouna TV), dans laquelle je prêche nuit et jour l'inexistence de Dieu et dans laquelle Jalel Brik présenterait le JT ? 
-Puis interrogeons-nous sur le sens du mot conscience (ضمير) flanqué entre la croyance (عقيدة) et l'exercice de culte. Il s'agit d'un euphémisme qui en évitant de nommer clairement les choses, l'athéisme par exemple, nie jusqu'à son existence. 
Ainsi donc, l'article n°6 par ses non-dits en dit beaucoup plus qu'on ne le pense et montre qu'on peut transformer le pays en un État allahiste sans rien changer au texte de la Constitution. Voilà ce que dit implicitement l'article n°6 aux non allahistes :

"Attention, l'État est gardien de l'Islam puisque l'Islam est sa religion. Toute autre forme de croyance, même l'athéïsme (astaghfiroullah!) vous est garantie par l'État mais dans le confinement de l'espace privé. Comme Allah est déjà dans la constitution on n' a plus besoin des mosquées pour faire sa propagande politique, ceci est une bonne garantie de la neutralité des lieux de culte. L'État s'engage à tolérer votre existence (vous pouvez nous remercier) mais attention !! Gardez-vous surtout de porter atteinte au sacré (Allah) ! L'État, s'engage à ce que personne ne vous traite d'athée car c'est la pire des insultes (qu'Allah nous en préserve !)"

Conclusion

Pour la garantie d'un vivre ensemble harmonieux sans que l'État n'ait à intervenir sur nos croyances et nos pratiques religieuses il est non seulement nécessaire d'abroger la mention de "l'Islam religion de l'État" dans le premier article de la Constitution, mais il est aussi urgent de modifier l'article 6 et d'introduire la notion d'espace public et espace privé de sorte que l'on sache clairement qui du buveur de Celtia ou du jeûneur de Ramadan a droit au trottoire. En tant que constitutionniste sebkhiste et rédacteur en chef du saint Sebkhan, je propose en toute modestie ce modèle fortement inspiré de la Constitution de 1959**  :

"La République Tunisienne garantit les libertés fondamentales et les droits de l'homme dans leur acception universelle. La République Tunisienne garantit l'inviolabilité de la personne humaine et la libre expression dans l'espace public de sa croyance religieuse, spirituelle ou de son athéïsme. Elle garantit le libre exercice des cultes seulement dans les espaces alloués à cet effet"

takeabeer
(dessin extrait de cet article qui date de Juin 2011)

La Tunisie est un État libre, indépendant et souverain, l'Islam est sa religion, l'arabe sa langue et la République son régime. Il n'est pas permis d'amender cet article.
** L'article n°6 est plus "allahiste" que son équivalent (l'ex article 5) de la Constitution de 1959, qui stipulait ceci:
"La République Tunisienne garantit les libertés fondamentales et les droits de l'homme dans leur acception universelle, globale, complémentaire et interdépendante. La République Tunisienne a pour fondements les principes de l'Etat de droit et du pluralisme et œuvre pour la dignité de l'homme et le développement de sa personnalité. L'Etat et la société œuvrent à ancrer les valeurs de solidarité, d'entraide et de tolérance entre les individus, les groupes et les générations. La République Tunisienne garantit l'inviolabilité de la personne humaine et la liberté de conscience, et protège le libre exercice des cultes, sous réserve qu'il ne trouble pas l'ordre public."

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