DEBATunisie

20 août 2015

Le règne de ZABAjboujALLAH (2)

Le contexte du terrorisme conjugué à la léthargie estivale offre au gouvernement le cadre idéal pour faire voter en catimini la prétendue loi de "réconciliation nationale". Rappelons que cette loi à visée purement économique (dixit Zabajbouj) témoigne d'abord de l'absence de projet économique tout court. Puis surtout, ce projet de loi accrédite la thèse de la compromission du parti Nida (et aussi Nada) avec les corrompus et les anciens mafieux de l'époque Zaba. Toute cette chakchouka révèle que le système perpétue ses vieilles habitudes sans aucune volonté de rompre avec le passé, avec toujours la même arrogeance et le même mépris pour le bien commun. Le urnes n'ont servi qu'à rassembler tous les avatars du passé sous une seule bannière "démocratique" nommée ZABAjboujALLAH.  

Ridha Belhaj -chef de cabinet de Zabajbouj- semble très sûr de lui en affirmant qu'à part quelques petits emmerdeurs de la société civile et quelques minorités vaincues lors des élections, toute la Tunisie s'en fout comme de l'an quarante du projet de réconciliation nationale (voir ici) ... Est-il vraiment si sûr de lui ?     

excuses

Je vous livre ci-joint le témoignage d'un emmerdeur de la société civile nommé Azyz Amami: vidéo

08 août 2015

Le Barrage de la Révolution cède...

A croire les blogueurs et autres rigolos de mon espèce, le pays s'enfoncerait chaque jour dans ce fameux gouffre. A part reprendre depuis 4 ans ce même thème du gouffre dans lequel la Tunisie ne cesse de plonger, nous autres blogueurs et autres emmerdeurs nous n'apportons rien de neuf. Outre notre pessimisme chronique, nous ne cessons d'accuser notre intelligentsia d'être nulle, bête et fourbe (d'ailleurs, nous ne prétendons faire partie d'aucune intelligentsia et ce "nous" reste encore à définir...)

Avec la terrible vague de terrorisme du Bardo et de Sousse, le gouffre est devenu une réalité et la stupidité de nos élites une évidence. Les scandales se succèdent l'un après l'autre. Des cas de torture avérés et des lois de réconciliation nationale avec les mafieux et personne ne moufte. Notre rôle d'emmerdeur facebookien devient une nécessité vitale. Nous n'apporterons toujours rien de neuf, mais que c'est bon de péter un bon coup histoire de les emmerder encore. Parmi cette élite, je distingue certains universitaires, journalistes et hommes ou femmes de lettres qui s'expriment ici et là.

Ainsi ai-je noté dans la suite de l'affaire du prétendu kidnapping et torture de 7 individus soupçonnés de terrorisme, l'empressement systématique de nos intellos à s'en remettre à la version officielle. Je note le cas de l'universitaire Raja Ben Slama par exemple, qui s'en prend carrément aux sceptiques et les accuse de défendre le terrorisme : "Le terrorisme a ses défenseurs. Ils appellent l'arrestation kidnapping. Les terroristes seraient au dessus des lois. Les médias relaient leurs allégations. Le terrorisme profite d'une justice complaisante et de médias aux ordres" (écrit le 5 Août sur sa page FB). Cette dame ignore le concept de présomption d'innocence et semble beaucoup plus outrée par les avertissements des sceptiques que par l'usage probable de la torture.
Ceci n'est qu'un exemple parmi tant d'autres illustrant une tendance générale qu'il est difficile d'expliquer. Est-ce la peur maladive de tout ce qui porte une barbe qui appauvrit leur raisonnement ? Est-ce la loyauté aveugle à l'ordre bourguibiste ? Est-ce leur nostalgie inavouée au Benalisme ? ... *

La trahison des clercs ** 

Un intellectuel par son savoir et ses connaissances, incarne la mémoire et l'oeil vigilant du citoyen. Dans les sociétés tourmentées, l'intellectuel redouble de vigilance. Le monde arabe, par exemple, est un terrain qui exige de lui une attention plus accrue encore. Un penseur rigoureux qui étudie ce terrain ne peut occulter l'importance de la terreur policière que subissent les populations (surtout les plus fragiles) depuis plus d'un demi siècle. Les régimes arabes, du Maroc jusqu'en Irak, représentent des variations sur le même thème de la matraque et de la torture. Pas besoin de faire une thèse d'État pour saisir cette caractéristique.
Et pourtant, ils n'en ratent pas une, nos intellos pour donner toujours carte blanche au ministère de l'intérieur et participer avec les syndicats de police aux campagnes de dénigrement des associations de Droit de l'Homme, exactement comme à l'époque de Ben Ali. 

tortureveule

On pouvait encore excuser leur silence complice sous la dictature de Zaba, mais aujourd'hui ?

"Sauterie" d'intellos contre le terrorisme

Nous pourrons apprécier le zèle et l'enthousiasme de nos intellos tunisiens le Mercredi 12 Août dans une conférence intitulée "Congrès des intellectuels tunisiens contre le terrorisme". Tous nos cerveaux vont se creuser les méninges au Palais des congrès de Tunis à Partir de 17h. Ce conclave sera modéré par la Journaliste Meriem Belkhadi. Cette dernière, dans une déclaration récente, nous explique qu'éteindre sa cigarette sur un suspect ne relève pas de la torture, mais de la psychologie. Bref, ça promet de chauffer pour les terroristes. Ne ratez donc pas l'événement ! (voir ici)

La Révolution est un barrage trop fragile

Les révolutions arabes sont trop récentes et encore trop fragiles pour contrer une prédisposition quasi congénitale à la violence d'État et à la corruption. On peut même constater les difficultés voir l'échec des dites révolutions face à la tentation pavlovienne de la matraque et de "l'argent sale" (fiasco notoire en Égypte en Syrie et en Libye). Demeure donc la Tunisie, seul îlot de "résistance". Ce pays s'est constitué en barrage. Un barrage en béton mais qui craque déjà. La pression est telle que de nombreuses fissures se forment...

barrage

Pour agrandir cliquez ici

Sur ce, bon bronzage !

* Beaucoup de mes amis reconnaissent trouver beaucoup de mal à critiquer cette prétendue élite, du fait des relations professionnelles voire amicales qui se sont nouées après la Révolution. Je remercie donc Allah, Jésus et Boudha de m'avoir permis de préserver au maximum mon anonymat et d'échapper ainsi à certaines mondanités castratrices...

** "La Trahison des Clercs" est un ouvrage de Julien Benda paru en 1927 à une époque où de nombreux intellectuels et artistes se tournaient vers la politique au nom du réalisme. L'auteur leur reproche de se détourner des valeurs cléricales, c'est-à-dire la recherche du beau, du vrai, du juste. Cet ouvrage vise plus particulièrement les intellectuels qui prônent l'ordre, un état fort, le nationalisme, les traditions…(Wikipédia)

30 juillet 2015

Terrorisme de la loi antiterroriste

Quelque chose ne tourne pas très rond dans le royaume de ZabajboujAllah. Un texte de loi contre le terrorisme rédigé dans l'urgence des attentats a été soumis à l'approbation des élus. La majorité a voté pour mais quelques 33 malheureux se sont abstenus ou se sont absentés. Quelle ne fut pas leur surprise de se retrouver listés dans le registre des soutiens au terrorisme. Des journalistes n'ont pas hésité à les traiter de traîtres. Une élue a carrément appelé à juger ceux qu'on appelle désormais "les députés du terrorisme" *. Une cabale orchestrée par le tout Tunis qui n'est pas sans nous rappeler la liste noire de Zaballah, ou surtout -plus dangereuse encore- la liste mauve de Zaba! Rappelez-vous chers amis, combien le système Ben Ali a su imposer la terreur par ce même procédé de diabolisation. Les méchants contre les gentils. Le noir ou le blanc. Pas de nuance. La négation de toute complexité dans la pensée. Ainsi s'est construite notre dictature. Si l'on s'oppose à la loi anti-tabac, c'est que l'on défend le cancer du poumon. Si l'on vote contre la loi antiterroriste, c'est qu'on est terroriste ! Voilà comment fonctionne l'esprit binaire d'un nombre flippant de nos leaders d'opinion.
Mes amis, ici je ne discute même pas du contenu de cette loi**(et dieu sait combien elle est inquiétante à commencer par l'introduction de la Peine capitale). Je relève simplement le terrorisme intellectuel très familier à une catégorie de journalistes de la dictature qui reprennent, grâce à ZabajboujAllah, du poil de la bête ( quelques échantillons ici et ...)

Analogie entre le texte de loi et le texte sacré

Il y a quelque chose de très similaire "au takfir" (ex-communication) dans l'attitude de notre élite progressiste. Il y a même lieu de penser que ce comportement tire son essence de la pensée islamique elle-même. Je m'aventure ici sur un terrain glissant, mais permettez-moi cette digression : Rappelons, quand même, la spécificité de notre si belle religion, bâtie sur un texte sacré considéré comme parole d'Allah. Cette parole est un Tout indissociable. Il n'est théoriquement pas possible de faire abstraction de certains passages "litigieux" où il est question de châtiments corporels (pour ne citer que cela). Il s'agit d'un corpus indivisible dont l'interprétation littérale mène inévitablement au wahhabisme et au Daechisme. Tout le monde le sait mais feint de l'ignorer.

Le refus d'une partie, est considéré par l'esprit littéraliste comme une trahison du Tout. C'est ainsi que se construit l'esprit takfiriste et c'est ainsi que se fabriquent les fatwas, le Djihad  et le terrorisme contre les insoumis au Texte. Exactement de la même manière que l'on a vu nos élus et nos journalistes hurler contre les traîtres du Texte de loi (voir ici). Et pourtant la simple réintroduction de la peine capitale (pour ne citer que cela) justifie le refus de la loi antiterroriste de la même manière que l'on peut refuser le Coran tout entier à cause de ses versets misogynes, esclavagistes, homophobes, sanguinaires...

TERREUR

Ceci n'est pas vraiment une caricature

Conclusion

Mes amis, j'espère que vous avez bien compris :  je ne soutiens tout de même pas le terrorisme. Merde alors ! Nous revoilà à nouveau obligés de montrer patte blanche. Le climat de terreur s'installe en douceur sur la Tunisie et l'on se retrouve amené à s'excuser de ne pas penser vraiment comme les autres. 

* Ons Hattab, élue de l'ARP précise à La Presse : "j’ai bien exigé que les députés du terrorisme soient privés de leur immunité parlementaire pour que la justice puisse leur infliger les sanctions pénales qu’ils méritent. Pour moi, il n’est plus question que des députés qui incitent à la haine et soutiennent les terroristes puissent continuer à siéger au sein du Parlement et à tenir un discours double qui ne peut plus tromper personne" : voir ici

** Le contenu de la dite loi antiterroriste est controversé et critiqué par de nombreuses ONG : voir ici

20 juillet 2015

le règne de ZABAjboujALLAH

Béji Caïd Essebsi, apothicaire de médina, séducteur de bourgeoise et vendeur de formules toutes faites, administre à petite dose son poison tue-la-révolution. Une fois installé derrière le comptoir de sa boutique présidentielle, ce chimiste de Zaouïa n'a eu pour seule obsession que la réhabilitation du business traditionnel. Ça le démangeait depuis le début. C'était, semble-t-il, sa seule et unique mission: Réhabiliter l'ancien régime, restaurer les vieilles habitudes et blanchir les vieux caïds...sa pilule magique, celle qu'il croit nous faire avaler, s'appelle : "réconciliation nationale".

C'était juste après les attentats du Bardo que Béji, profitant du traumatisme général, nous annonça son projet de "réconciliation nationale" (quel hypocrite euphémisme pour faire la nique à la Révolution !). Béji n'a eu aucun scrupule à se faire l'avocat du lobby pétrolier et du patronat quand avait éclaté le mouvement "winou el pétrole?". Béji, l'herboriste de la Kasba, avec ses recettes toutes faites, est allé jusqu'à accuser ce mouvement d'être responsable des attentats de Sousse (voir ici). Et de profiter une deuxième fois du traumatisme général pour proposer au conseil des ministres, son projet final de loi de réconciliation nationale...(voir ici)

AMNISTIE

Dans la nouvelle rhétorique présidentielle, les martyrs de la révolution, ce ne sont ni les blessés ni les victimes de l'ancien régime. Ce sont les anciens corrompus de Zaba. Sous le règne de Zabajboujallah (alliance du Zabajboujisme avec le Zaballahisme), ce n'est pas seulement la révolution qu'on a empaillée, c'est le "Politique" dans son sens le plus noble qui vient d'être enterré. Le Politique qui n'est devenu qu'une vulgaire vitrine de pharmacie de marché.

Lettre ouverte

Le gouvernement gouverne par la peur. Après la menace terroriste, le gouvernement use de la menace économique pour justifier le retour des anciens investisseurs corrompus. L'exécutif voudrait leur passer l'éponge au nom de l'urgence économique, et ce par le biais de la pilule "Réconciliation nationale". Ce choix politique témoigne de l'incapacité du gouvernement à formuler un projet de société innovent comme il l'avait prétendu durant sa campagne électorale. Ce choix est un retour aux vieilles habitudes. Ce choix n'est pas celui de la réflexion, il est celui du réflexe de crise, de la facilité, où faute d'idée on recycle les mêmes recettes et les même têtes. La cause du malheur tunisien est la corruption. Et c'est cette même corruption qu'on compte nous recycler au nom d'une prétendue amnistie nationale. C'est céder au chantage de la mafia du business que d'accepter cette réconciliation. Ne tendons jamais la main à ceux qui nous l'on tordue.

Refusons cette fatalité !

Le collectif Vérité et Justice réagit par cette lettre ouverte adressée aux élus:
http://lady-justy.blogspot.fr/2015/07/lettre-ouverte-aux-representant-e-s-du.html
Signons ce papier !

PS: l'ironie du sort voudrait qu'en ce moment précis où Essebsi enterre la révolution, vienne en Tunisie en visite officielle Sarkozy, l'apothicaire en chef de la blingblinguerie française. Celui-là même qui avait soutenu Zaba contre la révolution, mais qui a détruit la Libye au nom de la révolution, ose féliciter Bajbouj, fossoyeur de la Révolution, du succès de la...Révolution (voir ici). Monde de merde, où une clique d'épiciers gouverne la planète.

13 juillet 2015

Un mur anti-barbu ?

Rappelez-vous chers amis du plus grand drapeau du monde déployé en plein désert. Composé de 80 km de tissus, cette performance artistique aux couleurs du drapeau tunisien constituait une première mondiale. On la doit en grande partie à notre ministre du tourisme qui a voulu par cette action promouvoir le tourisme tunisien. Malheureusement, cette oeuvre incroyable sera balayée par le sable et par les terroristes qui chasseront du bled tous les vacanciers étrangers. Mais notre classe politique n'est jamais à court d'idées: après le plus grand drapeau du monde, le chef du gouvernement imagine le plus long mur anti-barbu du monde. S'étendant sur 150 km, cette oeuvre de "land art" située sur les frontières libyennes devra chasser les terroristes et faire ainsi revenir les touristes. Bref un nouvel exploit bientôt inscrit au Guiness des records.

Le mur du çon *

La Tunisie de Nida-Nada est une muraille de conneries solides et entêtées. Inutile ici de disserter sur l'absurdité même de l'idée du mur. A l'époque où les réseaux terroristes deviennent dématérialisés et déterritorialisés, notre premier ministre continue à croire que son mur épargnera la Tunisie du djihadisme. Absurde idée alors que notre pays est le fournisseur officiel de Daech. C'est plutôt à l'Algérie et à la Libye de construire des murs pour se protéger de nos jeunes écervelés.
Le mur est pourtant la source même de nos problèmes. Nul besoin de le bâtir, il est déjà érigé depuis longtemps au coeur même de notre société. Il la coupe en deux. Il est cette ligne imaginaire à partir de laquelle se construisent tous les fantasmes, les ressentiments, les peurs qui séparent deux Tunisie qui se côtoient sans jamais se rencontrer. La télévision et l'internet sont les seuls fenêtres par lesquelles communiquent ces deux mondes séparés. Chaque partie retient une image suramplifiée, déformée, distorsionnée de l'autre. Un feuilleton télévisé** où chacun croit reconnaître l'autre. Ramadan est le mois de ce spectacle***.
L'Etat semble ignorer cette réalité et croit unir ce beau monde autour d'un drapeau. L'Etat est pourtant l'architecte même de ce mur et le responsable de ses clivages...       

FEUILLETON

* inspiré du titre d'une rubrique du "Canard enchaîné"

** Les feuilletons télévisés de Ramadan sont symptomatiques de cette distorsion. Ils agissent comme des verres grossissants et provoquent des polémiques. C'est la série "Hkeyet Tounseya" qui en ce moment focalise toute l'attention. Elle enregistre à la fois le plus haut taux d'audience et récolte les plus véhémentes critiques. Cette série est une banale fiction à la sauce mexicaine dépourvue de toute forme d'intelligence. Les acteurs sont le Fric, l'Alcool, la drogue et le sexe. Les dits "progressistes" y voient une sorte de psychanalyse freudienne de la société tunisienne et savourent le bras d'honneur fait aux islamistes, alors que les conservateurs voient dans cette idiote série télévisée, la promotion d'une modernité bourgeoise débauchée.
Il est tout simplement triste de constater qu'une aussi médiocre production, puisse faire autant de bruit et continue ainsi à consolider le mur de séparation.        

*** "Le spectacle n'est pas un ensemble d'images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images", La société du spectacle, Guy Debord

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02 juillet 2015

L'historique déculottée de la Police tunisienne

On mesure encore mal l'ampleur du scandale sécuritaire que vient de révéler le carnage de Sousse. Avec ce fiasco total on vient d'avoir la preuve définitive et absolue que notre police nationale n'avait pour seule compétence que la répression du citoyen. Tout l'argent public versé dans les caisses du ministère de l'Intérieur depuis Zaba* n'avait pour unique but que de former les policiers à contrôler, humilier et censurer le tunisien. Aucun enseignement n'a été tiré des derniers attentats. Le Bardo puis Sousse, et toutes ces autres fois où il fallait faire preuve d'efficacité et de réactivité, nos forces de l'ordre n'ont su montrer que leur profonde nullité (voir ici
Dire que le vendredi du drame, la police chargée de la zone touristique de Sousse était regroupée au centre-ville pour fliquer les restos ouverts pendant la période de ramadan. Rendez-vous compte mes amis de l'ampleur du scandale...

DECULOTTEE

Pour Bajbouj & Co, tout va bien, tout va très bien. Aucune démission, aucune remise en question...

* On se demande ce que cet argent aurait pu donner si l'Etat l'avait investi à l'époque dans l'enseignement, la culture et l'art. Cela aurait peut-être permis à l'auteur du massacre de continuer sa carrière de danseur. On aurait évité cette tragédie et ses conséquences futures qui feront que l'argent public continuera à renflouer les caisses de la police au détriment du savoir et de la culture... La boucle est bouclée.

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27 juin 2015

Du Coran en Tunisie

Je sais que beaucoup d'amis et de gens sincères, continuent à voir dans l'Islam et ses textes sacrés quelque chose de sublime et de merveilleux. Après l'attentat infect d'hier, je continue à sombrer dans mon rejet définitif et irréversible de cette chose qui rend monstrueux notre pays. Si Dieu s'était exprimé vraiment par le Coran, il n'aurait jamais permis une telle interprétation de son message. Jamais. Et si Dieu se devait d'exister, il ne pourrait s'adresser à nous autres que par la musique et la poésie. Ses seuls messagers auraient été les artistes et les poètes, les passeurs de sa transcendance. 

Le livre saint

La Tunisie est un livre de Coran. C'est le premier article de notre constitution qui nous le dicte puisqu'il y est stipulé que l'Islam est religion d'État*. Il n'est donc pas exagéré de considérer que nous vivons dans un texte, entre des mots. Nous en avons été biberonnés depuis notre plus tendre enfance grâce à papa et l'instituteur. Chacun sa page, son chapitre, chacun sa sourate, son verset. Les esprits bien nourris, éclairés et en paix avec eux-même pourront loger dans les versets sympathiques du Livre Saint. Mais dans une société dévorée par la misère, l'injustice, ce Livre offre une multitude de replis, de cavernes ténébreuses, où nicheront de plus en plus d'âmes perdues. Mais tous logent à la même enseigne, qu'on se le dise :
Aussi bien nos élites et intellectuels protecteurs de l'Islam modéré, aussi bien notre État et notre police qui chasse en Ramadan les non-jeûneurs (voir ici), aussi bien ces jeunes déprimés qui zigouillent du mécréant dans un hôtel à Sousse ou dans un musée à Tunis. Aucune différence de nature ne les sépare, ils habitent tous la même maison, le même livre. C'est seulement le numéro de page qui les distingue.

 CORAN

Cette guerre que croit mener l'État tunisien contre le terrorisme est perdue d'avance. Le mal est consommé. Trop nombreux nichent dans les cavernes du Livre. La solution n'est plus dans la cohabitation hypocrite voulue par Zaballah, ni par l'extermination radicale appliquée en son temps par Zaba. La solution ne peut passer d'abord que par la sortie définitive du livre... 

*Article n°1 de la Constitution Tunisienne de 2014: "La Tunisie est un État libre, indépendant et souverain, l'Islam est sa religion, l'arabe sa langue et la République son régime. Il n'est pas permis d'amender cet article"

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14 juin 2015

Ramadan et Daech aux portes de la Tunisie

Il est étonnant de remarquer qu'après 4 ans de révolution, persiste l'impression de ne rien piger aux affaires publiques. Tout conspire pour que le citoyen n'y voit que dalle et qu'il soit totalement dépossédé de l'information. Les médias ont complètement échoué dans leur mission pédagogique et on en arrive à voir du complot partout*. La dernière théorie du complot, celle portant sur les prétendus puits de pétrole cachés (mouvement "Winou el Pétrole") a révélé par la violence de ses détracteurs (hommes de pouvoir, businessmans, journalistes) une véritable collusion d'intérêts entre médias, ambassades étrangères et pouvoir en place. La très méchante répression policière contre la manif "Winou el Pétrole" du 6 Juin, montre que ces "conspiratonnistes" ont réussi à toucher un point très sensible (voir ici). La boîte de pandore des énergies naturelles semble avoir été bien secouée mais son secret demeure encore bien gardé.

Une autre affaire qui n'arrange rien à ce sentiment de dépossession générale: On vient d'apprendre que le tribunal administratif vient d’annuler le décret portant sur la confiscation des biens mal acquis de la famille de l’ancien président et de ses proches (voir ici). Explication: Après 23 ans de dictature et de pillage de biens publics par Zaba et sa famille, et suite à une révolution qui s'est levée justement contre une dictature et son pillage, un tribunal vient tout simplement de considérer que Zaba peut en toute légalité récupérer la caisse...
J'arrête mes élucubrations, je m'en vais remplir mon stock de bière, il paraît que Ramadan et Daech sont aux portes de la Tunisie ! 

 RAMADAN

* lire le tout récent article "Vous avez dit « complot » ?, Le symptôme d'une dépossession" de Frédéric London, Monde diplomatique, Juin 2015

01 juin 2015

Découverte d'un nouveau gisement de Gaz en Tunisie

Mes amis, nous savons combien le secteur pétrolier en Tunisie est couvert de mystères et de secrets. Depuis l'indépendance, l'État semble être complice de transactions occultes entre fonctionnaires, intermédiaires locaux et grosses firmes étrangères. Rien de singulier en soi, puisqu'aucun secteur dans le bled n'a échappé à ces pratiques mafieuses. De Bourguiba à Zaba, le tunisien n'a jamais eu accès à l'information. Et c'est bien le propre des dictatures que d'entretenir l'opacité et le flou, car cela enlève au citoyen toute possibilité de contrôler et de demander des comptes au Pouvoir. Ôter au peuple le savoir, c'est l'exclure du Pouvoir.

Mais voilà, la Tunisie s'est soulevée contre cette gestion opaque du bien public et le peuple a même mis à la tête de l'État (en 2012) un homme libre et indépendant qui allait justement démanteler tous les anciens réseaux occultes qui ont gangrené le bled. Personne ne sait vraiment ce que Marzouki a bien pu faire durant ses deux années de présidence à Carthage. Alors qu'il a eu accès à tous les dossiers sensibles ce n'est que maintenant, après sa défaite aux dernière élections, que Marzouki se rend compte de l'ampleur de la corruption ! Et même -selon ses dires- nous nagerions sans le savoir sur des puits de gaz et de pétrole! 
Bonté divine!

Bassprom

C'est lors de son dernier voyage au Qatar, pays du gaz et de la transparence, qu'il aurait eu cette divine révélation. Et depuis c'est toute la Tartourie qui s'agite dans tous les sens criant :"Winou el Pétrole? Winou el Pétrole ?" slogan d'une nouvelle campagne citoyenne(?) (Lire cet article
La morale de l'histoire, c'est qu'à trop entretenir le secret, non seulement l'État se rend complice des magouilles, mais surtout il ouvre un Boulevard à ceux qui croient encore à Tartour, aux trésors cachés, aux miracles et aux prophètes...

Paragraphe Ajouté le 02/06/2015

Après réflexion, et au vue de l'évolution de la situation, je me rends compte que ce dernier article est mal venu quand on sait combien on a besoin en ces temps difficiles, de campagnes citoyennes appelant à la transparence. Puis l'objet même de la campagne - les énergies fossiles- est d'autant plus intéressant qu'il constitue à lui seul une énorme boîte de pandore dont l'ouverture pourrait nous révéler un univers de magouilles, d'escroquerie, de corruption et d'ingérences étrangères...

Je ne suis pas en train de m'excuser, ni de me justifier. Je maintiens toujours ma position critique par rapport à la Tartourie, (champ large de connerie allant de Marzouki à Recoba en passant par les Abbou, Ayari et la Badi). Sa récupération -voire son initiation- de la campagne "Winou el Pétrole" me semble suspecte et relève selon moi d'une stratégie politicienne plus large dans laquelle la Tartourie elle-même pourrait-être le pion d'une partie d'échec opposant Zaballah à Essebsi. J'en veux pour preuve une vidéo où Ghannouchi s'en prend sévèrement aux contrats signés par Marzouk aux states, signe d'une tension latente entre les deux formations (voir ici).
Il ne faudrait pas que leurs calculs politiques mettent le doute sur la justesse de la cause "Winou el Pétrole". Il est évident qu'aujourd'hui n'importe quelle cause sera l'objet de récupération par les uns ou par les autres. La mobilisation ne devrait donc pas reculer surtout quand on sait combien ça pue le scandale...

Le scandale

- Je ne sais pas pour vous, mais pour moi il y a quelque chose de scandaleux dans les milliards Suisses de la "dynastie" Bouchamaoui révélés par un lanceur d'alerte (voir ici). Rappelons que la fortune de cette famille est liée à l'industrie pétrolière et qu'une "certaine" Wided Bouchamoui, présidente du patronat tunisien, pèse de tout son poids sur la politique tunisienne (rappelons son rôle central dans le dit "dialogue national"; partie d'échec Nida/nada)

- Il y a également beaucoup à dire sur Afek Tounes parti libéral allié à Nida qui semble nier toutes les malversations liées au secteur pétrolier et qui, en même temps, fait passer par le biais de son chef de parti et ministre de développement, Yacine Brahim, un nouveau code d'investissement, réduisant à 25% l’impôt sur les sociétés étrangères! en plein campagne "Winou el Pétrole", c'est carrément de la provocation ! (voir ici)

- Enfin, il n'y a pas plus facile pour mesurer l'ampleur du scandale que de relever le coefficient d'hypocrisie des médias type Nessma, Businessnews, African Manager, Kapitalis... Quand leur CH (Coefficient hypocrisie) s'approche de 7, c'est que le scandale est bien fondé...

Tout ça chers amis pour dire que : au-delà de sa récupération politicienne, au-delà du Pétrole et du gaz (que Boukornine et la sainte Sebkha nous préservent de ces richesses naturelles empoisonnées), la campagne "Winou el Pétrole" reste utile, car elle emmerde les partisans de l'opacité. Cette campagne devra être défendue tant qu'elle participe à intégrer la transparence dans l'ADN de l'Etat. N'oublions pas que cette lutte s'inscrit dans un objectif plus large visant à ce que nos dirigeants rendent public tout ce qui relève de près ou de loin, de l'intérêt général !

 

25 mai 2015

Nombril Karoui

J’avoue ne plus vraiment m’intéresser à l’actualité du bled. Je comptais me retirer pour commencer à rédiger mes mémoires de sebkhiste ou intégrer la voie d'Allah pour mes prochaines vacances en Syrie. J’étais bien tranquille dans ma léthargie quand soudain je tombe sur Nabil Karoui -patron de Nessma TV- qui annonce sur sa propre chaîne son entrée en politique (voir l'interview ici )

karoui

Ce spectacle télévisé, dédié à la gloire d’un patron de Télé, programmé en prime-time et animé de sucroît par Borhene Bsaies, ex-laudateur du  Benalisme et ancien membre de la patrouille d’élite des chiens de garde (la SBA : Système Ben Ali) m’a subitement réveillé. J’ai vu défiler 7 ans de ma vie. Puis j’ai compris: au fait, ils nous ont endormi. Karoui, et tous ces patrons de médias furent les artisans de notre amnésie. Ces salauds ont méticuleusement organisé notre sommeil. Depuis on avale tout, on ne s’indigne même plus. Le mépris des lois, le conflit d’intérêt, le mélange des genres ne semble déranger plus personne. www.Bensimpsonnews ne relève dans cet affront à la démocratie que le pic d’audience qu’a généré l’émission (voir ici) et le caricaturiste Lotfi Ben Sassi juge que la critique de Karoui n’est que l’œuvre « de brigades numériques »(voir ici). A part ça tout va très bien, tout va très bien…

Le cas de Karoui n’est qu’un exemple bien entendu, et il serait plus juste envers-lui de rappeler qu’il n’est en réalité qu’un spécimen évoluant dans un écosystème plus large où des espèces de tout genre niquent et forniquent entre-elles dans tous les sens et ce dans le mépris total des lois de la nature. Depuis la révolution, Footeux, religieux, politicards, patrons de médias, journalistes crapuleux, partouzent à longueur de journée au vu et au su de tous et ce au nom de la liberté d’expression ! Ceux là-même qui sous Zaba n’ont soufflé mot contre la dictature, occupent aujourd’hui tout l’espace médiatique.  A part ça tout va très bien, tout va très bien…

La théorie des cordes

Le poison qui contamine la démocratie tunisienne, demeure toutefois plus supportable que celui qui paralyse l’Egypte. D’ailleurs il n’est plus question de parler de démocratie dans ce pays.
Et dire que notre élite s’est  réjouie de l’arrivée de Sissi au pouvoir et que certains ont même applaudi la toute récente condamnation à mort de Morsi. Dans ce minable esprit revanchard nous ne voyons pas combien nous répétons à chaque fois l'Histoire, et que demain nos enfants verront des barbus condamner le fils d'Essebsi à la peine capitale...

morsissi7

La Sebkha est solidaire avec Morsi, non pas seulement par opposition à la peine capitale, mais surtout par rejet, refus, détestation du principe -très répandu dans nos contrées- selon lequel il est très normal d'appliquer le fascisme contre le fascisme, d'appliquer la barbarie contre la barbarie, d'applaudir Sissi qui zigouille du Morsi.

Merde ! on en est à défendre des islamistes à cause de vos conneries...

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02 mai 2015

Sofiene Chourabi et Nadhir Guetari, perdus en Libye...

Le doute même s'il laisse la place à l'espoir, est un supplice pour ceux qui attendent...L'Etat tunisien dans cette affaire de disparition de Chourabi et Guetari en Libye, a fait preuve d'une incroyable incompétence et d'un quasi mépris du sort des journalistes disparus depuis septembre 2014 dans d'obscures circonstances... ( voir ici )

sofienadhir

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22 avril 2015

De la Symbologie

Désolé de revenir sur la question des symboles et des icônes, mais le sujet ne cesse inlassablement de revenir sur la table. Une vraie crise secoue les tunisiens à commencer par la jeunesse. Ainsi à Jandouba, pour les festivités qui précèdent le Bac sport ( une tradition d'ados boutonneux bien de chez nous) les lycéens ont fait preuve d'une très fertile imagination, en préparant pour l'occasion une gigantesque Banderole de Hitler. A Kairouan, ce fut dans un autre style, tout aussi original. Les lycéens ont choisi de peindre un énorme bourreau Daechiste.  ( voir ici )  
Tout ça pue le bouton infecté, mais témoigne surtout de la crise profonde et de la totale perte de repère et d'idéaux qui ravage nos jeunes. Le débat en cours sur le système éducatif devrait être une priorité nationale et le pouvoir doit réfléchir sérieusement sur son enseignement de l'Histoire et de la religion.

Mais dans des pays où le pouvoir ne fait que réécrire l'Histoire et instrumentaliser la religion et Allah, il sera toujours difficile même après une Révolution de s'attendre à une refonte totale du système éducatif. Et d'ailleurs, en parlant de révolution, l'Etat commence déjà son entreprise d'effacement progressif de la mémoire de la dite Révolution. Pas à pas, l'un après l'autre, lentement mais sûrement. Observez chers amis comment le bourguibisme revient sur le devant de la scène (avec bientôt ses statues dans les espaces publics) et comment en parallèle un travail de sape s'exerce insidieusement contre les symboles de la révolution, comme le font ci-bien remarquer nos amis  du collectif "Vérité et Justice" (une espèce rare de sebkhistes non encore identifiée). Dans leur page ils dénoncent l'abandon des blessés de la Révolution et ils épinglent la "ministre des martyrs" qui se permet d'annoncer des chiffres astronomiques pour "quantifier" le coût de ceux, qui en 2011, ont payé de leur santé ou de leur vie pour s'opposer à la police de Ben Ali.

MARTYR

Loin de moi l'idée de sacraliser les blessés ou les martyres de la révolution, loin de moi non plus l'idée d'effacer Bouguiba de l'histoire du bled, je suis plutôt pour une réhabilitation équilibrée de tous nos symboles nationaux. A cet effet la sebkha organise un concours d'idées sur le réaménagement de la place du 14 Janvier. A cet effet, j'invite mes amis sebkhistes à me communiquer via ma page Facebook leurs esquisses afin de constituer une base de réflexion que l'on soumettra de toute urgence au ministère de l'équipement. 

En tant que bouaziziste assumé, je reconnais ma préférence personnelle pour les thèmes révolutionnaires trop souvent négligés.
Ci-joint quelques exemples qui pourront vous inspirer...  

- Monument station service

ESSENCE

 

- Sculpture classique à la manière du Bardo

On fera appel à un sculpteur de renom qui saura traduire la rondeur des seins de Faïda sans lesquelles Bouazizi n'aurait jamais prononcé cette phrase historique : «Avec quoi je vais peser maintenant que tu as pris ma balance, avec tes seins !». Phrase qui rappelons-le, suscita la Gifle de l'agente municipale, l'immolation du marchand de légume avec un bidon d'essence (voir monument ci-dessus), puis la révolution, le printemps et l'hiver arabe.     

FAIDA

 

- Monument dédié à l'écologie et à la nature

A la manière de Labib ( ce traître exilé à Paris avec Saida Agrebi) nous pourrons recréer une nouvelle mascotte nationale, neutre idéologiquement, et qui incarnerait la préservation de l'écosystème et du vivre ensemble.FLAMANT

 

- Monument dédié à un grand homme de la nation

Il n'y a pas que Bourguiba qui a marqué et réécrit l'Histoire !

BEN-ALI

 

- Carrefour giratoire 

Pourquoi d'ailleurs chercher à symboliser, on peut tout aussi bien imaginer des monuments neutres. Après tout, la place du 14 Janvier n'est qu'un simple carrefour...

KAABA

Je compte donc sur votre inspiration et sur vos envois ici !
Sur ce bonne journée.

13 avril 2015

_Z_ perd la tête

Je ne saisis nullement l'attrait intellectuel de l'actualité tunisienne surtout en ce moment. J'ai même pitié de nos journalistes et analystes politiques qui fatiguent leurs cerveaux à théoriser sur les luttes de clans au sein de Nida, sur les Jaraya, Eltaïef et leurs relations secrètes avec les putes, le Qatar, les zaballahistes, les crypto-mauves et que sais-je encore. Tout ça est d'un ennui abyssal et ne semble plus apporter le moindre savoir, la moindre pensée, la moindre poésie. Combien cette chose nommée Tunisie peut paraître futile et insignifiante par rapport aux vraies questions humaines. J'arrive aussi à un point où je ne saisis plus le sens et l'utilité même du militantisme, de la culture de l'indignation et de la perpétuelle dénonciation des injustices et des atteintes aux libertés. Tout ça manque cruellement de beauté, de sens, d'âme. J'ai envie d'être Daech pour emmerder tout ce monde et sombrer dans la quête irrationnelle d'un idéal. 
En attendant mon départ vers la Syrie, je vous livre mes dégoûts du moment. 

Le culte des morts 

C'était le 6 Avril dernier, avant de s'envoler à Paris, notre président s'est rendu au mausolée de Bourguiba pour fêter la 15ième année de sa mort ( mort de Bourguiba j'entends, voir ici )

essbsibourguiba

Il est intéressant de remarquer que chaque président tunisien au pouvoir s'engage dans une guerre de symboles. Pour Bourguiba, c'était simple, il avait le champ libre pour ériger sa propore personne en culte national. Sa présidence à vie lui offrit l'occasion d'élever des statues à son effigie dans tous les carrefours du bled. Une quasi religion païenne lui fut consacrée. Zaba ayant évincé Bourguiba du pouvoir, a fait comme le prophète à la Mecque : il a chassé les idôles du temple et a dû créer à son tour une nouvelle religion. Pour cela, il a fait aussi comme le prophète, il a choisi l'abstraction et a interdit toute figuration. Il a fabriqué un culte autour du mauve et du "7" et nous a fait tourner 23 ans autour d'une horloge en acier, comme tournent depuis 14 siècles des pèlerins autour de la Kaaba. Le 14 Janvier 2011 tomba Zaba. Est venu Bajbouj. Après le paganisme bourguibiste et le monothéisme mauvembriste, il n'était pas facile pour le nouveau pouvoir d'inventer une nouvelle religion et de nouveaux symboles. On décida alors de recycler une partie du mauve et de récupérer le culte de Bourguiba. On opéra une sorte de syncrétisme religieux. Ainsi, en marge d'une conférence portant sur "la pensée bourguibienne", tenue le 9 avril 2015, l'apôtre Mohsen Marzouk, a affirmé que les statues de Bourguiba récupéreront leur place dans les avenues et les rues de plusieurs villes (voir ici).
Merde ! alors que le pays sombre dans la pire crise économique de son histoire, les apôtres continuent à cogiter sur la pensée Bourguibienne et proposent en guise de solution à notre merdier national des statues de Bourguiba. C'est décidé, je prépare mes valises et je rejoins Daech.

Zaballah sex symbol

Après les attentats du Bardo, tout se barre en couille. On remet des statues de Bourguiba dans les places publiques, et Zaballah devient carrément sympathique. Alors qu'il nous a bassiné des années durant avec Allah, Mohamed et le Califat, voilà que tout d'un coup il n'a plus rien à voir avec les salafistes, les extrémistes et les barbus de tout poil. Zaballah se présente même comme le chantre des libertés, de la démocratie et de l'égalité homme-femme. Du moins, c'est ce qu'il est allé chanter aux médias français (voir ici)

virginité

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25 mars 2015

2ème Attentat au Bardo

BARDOL1

BARDOL2

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19 mars 2015

Si la pauvreté est le moteur de la barbarie, l'Islam serait son carburant

C'est dans ce genre de drame national que l'on se rend compte de la vacuité politique du paysage tunisien. Essebsi comme on l'avait déjà prévu est incapable d'être à la hauteur de l’événement. Ce monsieur élu président est la pire escroquerie du siècle. Dire que l'on en est presque à regretter Tartour. Lui au moins avait le verbe. Feu Chokri Belaid aurait peut-être pu faire l'affaire.

Nouveaux paradigmes

Réfléchissons donc un instant à un nouveau discours possible. Maintenant que la Tunisie produit et exporte plus le Djihad que le phosphate, il y a lieu de révolutionner nos paradigmes culturels et politiques. C'est aujourd'hui que l'on se doit de faire preuve d'imagination et d'innovation. La réponse sécuritaire ne soigne que les symptômes. C'est une réponse court-termiste. Le mal ne se guérira jamais par la matraque. Élargissons donc un peu notre angle de vue:

Rappelons que la barbarie est inhérente à la condition humaine. La civilisation est née de la capacité de groupes humains à mieux canaliser leur barbarie, à la réduire, à la contrôler, voire à l'annihiler. Le contrat social est la manifestation de cette capacité. Il peut s'exprimer au travers d'une constitution, tradition ou religion. L'objectif du contrat c'est d'abord de minimiser l'impact des inégalités et injustices qui sont les moteurs de la barbarie. Il est souvent très triste de reconnaître que notre humanité se construit beaucoup plus par sa capacité à considérer le pire qu'à envisager le meilleur. Ainsi vont les choses.

Tunisie

La Tunisie expérience humaine parmi tant d'autres, génère de l'inégalité depuis très longtemps. De la colonisation à la Dictature cette inégalité avait produit son lot de barbarie. Exercée surtout par l'Etat contre ses sujets, à l'aide de milices, armée, ou police, cette barbarie venue du haut, permettait d'entretenir artificiellement l'équilibre social. La dite révolution avait apporté la promesse d'en finir avec cette fatalité. Après la chute du régime, il fallait se hâter d'écrire un nouveau pacte social (constitution). Nous avons réussi cet exploit, sans pour autant trouver la moindre solution contre la source première de la barbarie à savoir les inégalités. L'ironie du sort voudra que dans ce même lieu où fut rédigée la dite constitution (l'assemblée du Bardo), surgisse à quelques encablures (le Musée du Bardo) la plus ignoble barbarie pour nous rappeler nos échecs et notre incapacité à gérer collectivement nos clivages sociaux, nos injustices... nos inégalités. En quatre ans la société a continué à générer du ressentiment et de la frustration. Un bon nombre de jeunes issus des quartiers populaires et des "régions" en veut toujours au monde entier d'être né exclu des aménités de la ville, de ses loisirs, du travail, de l'amour, de l'éducation et de la vie digne *. Une bonne partie de ces jeunes s'est envolée en Syrie. Les tunisiens constituent, parait-il, le contingent le plus important de DAECH. Que faut-il encore attendre pour comprendre que les solutions sécuritaires ne pourront rien contre un phénomène de société. Que faut-il encore pour se pencher sérieusement sur la question de la barbarie tunisienne, devenue intrinsèque à nous?

La religion

ALLAHOUAKBARSi la pauvreté est le moteur de la barbarie, l'Islam serait son carburant. Cette religion offre suffisamment de symboles et de mythes pour donner du sens au nihilisme destructeur d'une jeunesse complètement déprimée. L'Islam lui-même est né dans un contexte d'inégalité sociale. Le prophète Mohamed a révolutionné les paradigmes de son temps en inventant une idéologie capable de canaliser la barbarie latente -liée aux injustices de son époque- vers un projet plus global de conquête territoriale. Il offre dans sa mythologie toutes une panoplie de slogans et de symboles capables de mobiliser les foules au nom d'un ordre supérieur (Allah en l'occurence).
Pourquoi donc nos historiens, intellectuels et savants, alors qu'ils reconnaissent le caractère éminemment politique et guerrier de l'Islam, continuent-ils encore à défendre les quelques parcelles "sympathique" de ses textes sacrés. Pourquoi donc devrait-on encore traîner une idéologie qui enflamme une partie de notre jeunesse paumée. Tout ça au nom de la tradition ? au nom des quelques "versets sympathiques"?
Pourquoi donc ne reconnaissons-nous pas, que ces textes sont DANGEREUX tant que notre système éducatif demeure défaillant et incapable d'inculquer l'esprit critique à nos jeunes? Pitié, que ceux qui continuent à nous défendre l'Islam modéré et ses versets sympathiques fassent preuve d'un peu de modestie et qu'ils reconnaissent que le commun des mortels n'est pas aussi armé qu'eux pour comprendre la subtilité et les métaphores de concepts aussi équivoques que la guerre sainte, le Djihad, l'enfer ou le paradis.

Et puis surtout, l'Humanité n'a-t-elle pas produit suffisamment de chefs-d'oeuvre de littérature, de philosophie, de poésie et de musique, pouvant ainsi nourrir nos enfants et leur offrir tout ce que réclame l'intelligence, la sensibilité et la morale. L'Humanité est riche de savoirs pour éclairer des générations entières sans nul besoin de se farcir des textes équivoques, obscures, sous prétexte qu'il s'agit de la parole de Dieu.
Pourquoi donc cette insistance maladive à vouloir sauver les meubles, à vouloir défendre un héritage qui crée plus de problèmes que de solutions ?

* Parmi les terroristes identifiés, l'un est originaire du quartier populaire cité Ibn Khaldoun à Tunis, et l'autre du gouvernorat de Kasserine (zone économiquement sinistrée)

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