DEBATunisie

27 novembre 2016

Fidel rejoint les siens

Allah vient de recevoir Fidel dans son royaume. Je ne sais pas quand Fidel a vraiment déconné. Quand il a mis en prison ses opposants, ou quand il a mis son survêt Adidas. Faire la pub durant sa retraite, d'une des marques les plus emblématiques du capitalisme sportif est un blasphème pour toute une tradition de lutte contre le grand capital. Mais pardonnons-lui ses égards. Car Fidel est le symbole de quelque chose qui est au-delà des erreurs humaines.

A tous ceux qui ne retiennent de ce monsieur que son atteinte aux droits de l'homme, renseignez-vous et lisez un peu plus sur le contexte de Cuba. Pitié ! cessez de faire les perroquets et de reprendre à votre compte les arguments du SYSTEME. Oui ! il a torturé, oui ! il a condamné à mort. Pour moi aussi, ceci suffit pour le disqualifier et le compter comme un tyran de plus à jeter dans la poubelle de l'Histoire. Et pourtant, comment ne pas lui trouver des circonstances atténuantes quand on mesure le minable chantage, dont a été victime son pays qui a refusé de se plier au SYSTEME. Mais qu'est ce que ce SYSTEME alors ?

De quoi suis-je en train de parler?

Mes amis, Ben Ali a été un tyran, il a torturé pour plaire au SYSTEME. Il a voulu faire de son pays un mégaprojet qatari où les tunisiens seraient les jardiniers, maçons et femmes de ménage de riches résidents étrangers vivant dans des enclaves résidentielles. Il a privilégié une caste et terrorisé l'ensemble de la population afin de réaliser par la petitesse de sa vision, ce projet de société. Son idéal était celui d'un cafard. Castro c'est autre chose :
Il a naïvement cru que l'homme n'était pas un cafard et qu'il fallait éduquer, et soigner et faire vivre convenablement toute la société. Mais pour cela il fallait nationaliser pour avoir le contrôle sur l'économie et ne pas subir la loi du marché. Mais voilà cela n'a pas plu au SYSYEME. Le 6 avril 1960, Lester D. Mallory, sous-secrétaire d’État américain, adjoint aux Affaires interaméricaines affirma que « la majorité des Cubains soutenait Castro » et qu’il « n’existait pas une opposition politique effective », en ajoutant que « le seul moyen prévisible de réduire le soutien interne passait par le désenchantement et le découragement basés sur l’insatisfaction et les difficultés économiques (…) Tout moyen pour affaiblir la vie économique de Cuba doit être utilisé rapidement (…) : refuser de faire crédit et d’approvisionner Cuba pour diminuer les salaires réels et monétaires dans le but de provoquer la faim, le désespoir et le renversement du gouvernement. »( source Wikipedia )
Voilà comment le SYSTEME a tout fait pour que les opposants sincères de Castro deviennent des traîtres malgré eux. Voilà comment Castro par la tyrannie du SYSTEME est passé lui-même pour un tyran... Voilà comment Castro, est devenu lui-même à la fin de sa vie, une enseigne publicitaire du...SYSTEME

FIDEL

Hasta el System, Siempre !

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21 novembre 2016

Quand l'IVD met à nu le système...

Dans mon dernier post je vous parlais de la conspiration Orange (voir ici). J'étais loin de penser que Trump l'Orange, allait être élu président de la planète. Rien de réjouissant dans ce tableau. C'est la merde partout au point que même en France, l'heureuse éviction de Sarkozy des primaires de droite, semble annoncer l'avènement d'une Marine Le Pen à la présidence.

Dans ce contexte mondial de plus en plus sombre, la Tunisie continue doucement sa dégringolade loin des regards de la planète. Cependant, un fait singulier s'est produit dans notre pays et a attiré l'attention de la presse internationale : L'audition publique par l'IVD* des victimes des violations des droits de l'Homme (voir ici). Depuis le protectorat, les tunisiens ont toujours su que la torture est une tradition bien de chez nous. Mais le fait que le principal instrument de propagande de L'Etat, la télévision nationale, accepte de diffuser en direct les témoignages de citoyens ayant subit les pires humiliations de l'Etat, constitue en soi une énorme victoire contre la banalisation et l'oubli de cette abjection. Mieux encore: le temps accordé à chaque témoin, a offert la possibilité de décrire, de raconter et de contextualiser. Les récits ajoutés les uns aux autres reconstituent un bout de cette audieuse réalité. Le 17 et 18 Novembre, se révélait ainsi en direct devant des millions de spectateurs le mode de fonctionnement du terrible système d'oppression utilisé, encouragé et toléré par nos élites au pouvoir depuis 1955.

Mais voilà...

L'Etat profond, ses sbires, ses serviteurs, ses élites économiques et les éternels profiteurs du système, n'ont pas du tout apprécié.

IVD

Sihem Ben Sedrine, La présidente de l'IVD, personnage très complexe et antipathique, fut comme à l'époque de la dictature, l'objet d'une cabale médiatique. En réaction contre cette mise à nu du système, la propagande a ressorti les mêmes arguments fabriqués sous Zaba pour discréditer Ben Sedrine. Les Ben Simpsons qui sont des moutons, ont repris à leur compte bêtement toute la campagne de diffamation. La Ben Simpsonnie (parmi lesquels je salue au passage mes amis) sont des poissons rouges sans mémoire, qui mordent à l'hameçon et qui en plus nous donnent des leçons.

Lettre aux Ben Simpsons

Ben Simpson et Ben Simpsonne ! je me sens dans le devoir d'être à mon tour antipathique et de vous dire en face : Vous êtes bêtes ! A l'époque mauve, personne ne vous reprochait votre apolitisme. Vous aviez même raison d'ignorer les bassesses de Zaba et de ses sbires. Vous vous êtes épargnés les Mouldi M'barek, les Hmida Ben Jemaa, les Mezri Haddad et toute la SBA. Vous ne les connaissiez pas. Vous n'aviez jamais entendu parler du site Belmakchouf. Vous aviez bien raison de vous protéger de ces poisons mauves et de ces boules puantes jetées par la presse pro-régime pour casser et diffamer les dissidents.
Ce que je ne comprends pas avec vous, alors que vous aviez applaudi la Révolution et qu'enfin ! vous vous intéressiez à la chose publique, que certains parmi vous ont créé des partis, des associations, qui sont même devenus ministre ! Comment se fait-il que vous vous partagiez des articles de Mezri Haddad, des vidéos de Ben Arfa ou de Businessnews. Comment se fait-il que vous repreniez à votre compte les insultes, les diffamations, les censures contre tout ce qui s'oppose au système. Vous étiez apolitiques sous Zaba et c'était tant mieux, mais aujourd'hui, vous êtes complices et responsables du travail de sape et du rouleau compresseur qui veut écraser la mémoire et faire oublier que l'Etat tunisien est une machine à oppression.

Ces auditions, ne sont que le début d'un long procès public contre un SYSTEME et on s'en fout de Ben Sedrine. Durant plus d'un demi-siècle, depuis les français, jusqu'aux islamistes en passant par Bourguiba et Zaba, ce système fut l'instrument de destruction mentale utilisé par le pouvoir contre tout ce qui menace l'ordre établi. Cette machine est encore à l'oeuvre même après la Révolution. Elle a changé de modus operandi. Elle assassine des Chokri Belaid, des Mohamed Brahmi. Elle crée des milices et les défait. Elle libère les lyncheurs de Lotfi Nagdh et perpétue ainsi le chape de plomb.

Mais vous Ben Simpson et Ben Simpsonne, vous continuez à ne voir que le doigt...

Conclusion

A propos de Mezri Haddad, l'intellectuel raté qui faisait la propagande de la dictature. Celui-là même qui à travers son blog "Tunisie-secret" crache jour et nuit contre la révolution. Ce monsieur révèle par ses écrits un profond mépris pour l'idée même de libération des peuples arabes. Il est l'héritier d'une longue tradition d'auto-racisme transmise par le colonisateur. Comme Bourguiba, il fait partie de cette génération qui a appris la leçon de la France et qui ne jure que par le bâton et la matraque contre les sous-développés du sud. Il ne peut se libérer psychologiquement de son complexe qu'en adoptant les attitudes du colon et en prêtant allégeance aux autocrates arabes. Si je parle de lui, c'est parce qu'au même moment où passaient les auditions, ce monsieur s'affichait avec Marine le Pen. Dans une photo (voir ici), où il fait un baisemain à la candidate d'extrême droite, il renoue non seulement avec sa systématique allégeance au pouvoir, mais en l'occurrence, il prête allégeance à l'incarnation même du colon : Marine le Pen, la fasciste, fille de son papa, tortionnaire en Algérie...
La boucle est bouclée.

* IVD: Instance Vérité et Dignité, est une structure indépendante créée à la suite de la Révolution, pour démanteler le système autoritaire en révélant la vérité sur les violations du passé et en déterminant la responsabilité de l’État dans ces violations.

07 novembre 2016

Orange mécanique

Tout d'abord, je préviens mon lectorat que cet article a été écrit et dessiné sous substance, dans un délire paranoïaque aigu, avec une bonne dose de conspirationnisme, le tout sur fond de JCC.

Je vais vous raconter l'histoire de dame Tunisie. Celle-ci est une miniature du drame qui se joue à l'échelle de la planète. Ce drame n'est pas nouveau en soi. Il est celui de l'Humanité toute entière. En dehors des arts et de la création, cette humanité est une machine à produire du laid. Il n'y a pas de complot, ni de conspiration mais juste une tumeur du cerveau qui aliène l'esprit : dans nos contrées cela s'appelle le capitallahisme. Il opère sur le corps social par la religion, les médias et le foot.  

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ORANGE 

En voulant rejoindre un ami à la cité Olympique, j'ai pris la ligne 2 de notre valeureux "métro léger" tunisien. Cela faisait des années que je ne me suis pas frotté à la foule inspirée et transpirée de nos transports publics. A ma grande surprise les stations ne portaient plus de nom. Elles étaient rhabillées par une campagne publicitaire de l'opérateur téléphonique ORANGE. Pas moyen de reconnaitre l'arrêt si l'on n'a pas l'habitude d'emprunter cette ligne. J'étais bien embêté et j'en voulais à la ville d'avoir laissé la publicité proliférer aussi sauvagement. Cet incident m'a permis de réaliser subitement que la pub avait envahi la totalité de la cité depuis longtemps déjà. Partout, des affiches géantes d'opérateurs téléphoniques, de yaourts, de banques...

Depuis la Révolution, une prédation générale orchestrée progressivement par les publicitaires et les capitalistes a eu raison de ce qui nous restait de l'espace public. "Espace public ! dites-vous", me lança en rigolant un ivrogne intello m'écoutant raconter mon histoire dans un bar du centre ville. "- Il n'existe plus d'espace public Monsieur, depuis qu'ils ont mis la main sur le pays ! ". Il marqua un long silence et toute l'assitance se tut. "- Avant c'étaient les mauves, aujourd'hui ce sont les ORANGES qui possèdent tout". Il rajouta ensuite " - Personne ne les voit, ils sont partout et nulle part"

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Depuis presque dix ans déjà que j'écris et que je dessine sur ce blog, j'ai toujours essayé grâce à mon anonymat de garder le maximum d'indépendance et de liberté de ton. Mais je commence à douter de moi-même. Un matin, prenant mon café et errant sur Facebook, un fantôme du passé entra en chat avec moi et m'accusa de travailler pour les frères Mabrouk (propriétaires entre autres de ORANGE). Il a très justement observé que depuis mes débuts sur internet je me suis attaqué à tout le monde, Zaba, Zaballah, Allah et son prophète...mais jamais aux frères Mabrouk. Le doute s'est sérieusement installé en moi.
En fouillant sur Google on ne trouve pratiquement rien sur les Mabrouk. Ce qui, à vrai dire, est très étrange pour l'ex beau-fils de Zaba, le seul rescapé de la Révolution qui a réussi à préserver son empire économique (ORANGE, GEANT, BIAT...). Soudain mon téléphone ORANGE sonna. C'était ma mère qui me demanda d'aller acheter du poulet chez GEANT et de déposer un chèque à la BIAT...

BANANE

Chafik Jarreya est le visage hideux de la corruption assumée qui se fait inviter à la télé. Cet homme d'affaire qui a fait fortune sous Zaba grâce au commerce de la banane, a ouvert après la Révolution un souk dans lequel il vend et achète des journalistes et des députés. Dans une des dernières émissions de Samir Wafi, il a provoqué la colère de la corporation des journalistes en reconnaissant fièrement se donner à ce genre de business. Plutôt que d'enquêter sur la question et faire leur examen de conscience, nos journalistes ont préféré porter plainte contre Jarreya...
Quelque chose me dit, que la Banane cache la forêt. Jarraya n'est qu'un clown comparé aux Oranges. Mais ne comptons pas sur la corporation des journalistes pour enquêter sur ORANGE...Certes Jarreya jette des cacahuètes aux journalistes, mais ORANGE, en tant que premier annonceur du bled, semble tenir par les couilles toute la profession...   

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CERISE

Je déteste ce fruit. Il m'empêche toujours de savourer pleinement le gâteau: l'année dernière, aux JCC, alors que j'étais moi-même membre du Jury (voir ici), j'ai retenu de tous les films que j'ai dû voir, seulement les paillettes, le tapis rouge, les projecteurs et toutes ces femmes sublimes qui m'ont contaminé l'esprit. 
C'est certes une perversion de ma part que je compte bien soigner. Mais je ne suis pas le seul atteint. Cette perversion s'est généralisée et semble avoir empoisonné la dernière session des JCC: Le public, les organisateurs et même les cinéastes eux-même n'ont bouffé que de la cerise...
La perversion fut telle que le président Béji a reçu de Brahim Ltaief, (organisateur du festival), un Tanit d'or renouant ainsi avec une longue tradition de flagornerie et de "mauvièvrerie" bien de chez nous (voir ici).
Bref la cerise est pourrie.

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ROSE

Dans tout ce bordel chers amis, démeure la contemplation du monde tel qu'il est...
Dans cette laideur généralisée je continue à percevoir de la poésie et à croire encore en l'idée de la Révolution. Beaucoup de mes fidèles amis sebkhistes ont déserté le blog et ne comprennent pas cette obsession que j'ai pour la Révolution. Certains me soupçonnent même de travailler pour les services secrets américains (voire pour ORANGE! ) à cause de ma pugnacité à défendre un printemps arabe devenu pour eux synonyme de catastrophe générale.

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... Que l'on se comprenne bien. Le diagnostic médical de Dame Tunisie est aujourd'hui plus alarmant qu'à l'ère Ben Ali. La Révolution n'a jamais été une promesse de bonheur, mais simplement une étape nécessaire dans la guérison du mal. La révolution est la Révélation du Mal. Dame Tunisie est une cancéreuse. Elle était sous drogue puis s'est soudain soulevée contre son médecin et a enlevé la perfusion qui lui a permis de tenir endormie 23 ans durant. Elle découvre qu'elle n'a jamais été traitée entre-temps, et que sa tumeur s'est généralisée. Alors quelle malédiction cette révolution, car non seulement le mal continue et prolifère, mais en plus, cette fois, la patiente Tunisie n'a plus la drogue mauve pour atténuer ses symptômes et ses douleurs... Quelle Malédiction cette Révolution n'est ce pas ?

Mais croyez-moi chers amis, avec le temps et l'amour peut-être, lui sauverons-nous son âme... 

gulliver

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31 octobre 2016

Le Broi du Maroc menacé de poubelle de l'Histoire ?

Chaque Ben Simpson pleure sa Tunisie à chaque délocalisation d'une usine au Maroc, à chaque inauguration d'un mégaprojet royal au Maroc, à chaque article du Figaro vantant la bonne gouvernance du Roi du Maroc. Ce pays voisin est devenu pour nombre de tunisiens, un miroir de ce qu'aurait pu être la Tunisie d'aujourd'hui, si ce foutu marchand de légume de Sidi Bouzid n'avait pas allumé le feu. Le Maroc nourrit une nostalgie pour Ben Ali et sert souvent d'argument contre la Révolution...
Et pourtant, ce doux pays, a y regarder de près, semble lui aussi comme à l'époque de Zaba, tenir qu'à un fil...
(voir ici)

broyeurmaroc

Après le marchand de légume tunisien, c'est au tour d'un vendeur de poisson marocain de faire trembler tout un système...
Mais attention ! la tâche sera plus ardue pour les révolutionnaires marocains et tous ceux qui luttent contre la "Hogra" et qui aspirent à plus de libertés et de Justice sociale. Plus ardue car, chez nos amis marocains, les superstitions religieuses de la population ont sacralisé à la tête de l'Etat, une indéboulonnable mafia séculaire appelée Maghzen...

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21 octobre 2016

P_Z_ychanalyse: le cas Alaa Chebbi

Aussi bien dans la classe politique que dans les médias, nous sommes entourés d'une bande de traumatisés du sexe. Mes amis, il faut les comprendre, ils l'ont eu bien plus profond que nous. Ils ont dragué le pouvoir et l'ont approché de plus près que nous. Zaba ne les a pas ratés. J'entends encore la voix orgasmique d'un Nabil Karoui patron de Nessma parler de "son doux papa" en évoquant Ben Ali. Toute cette bande de perturbés sexuels mes amis, sévissent autour de nous et souffrent de grave troubles psychologiques.
Ils ont développé le syndrome du "violé coupable". Alors ils se vengent sur nous :  

Après le cas du sadique Samir Wafi, qui a invité "Amina ex Femen" pour l'humilier en public en la traitant de folle (voir ici), voilà que c'est le tour d'un autre clown télévisuel, Alaa Chebbi, qui dans son émission de télé réalité, ridiculise de la manière la plus ignoble une mineur victime de viol, en lui proposant de se marier avec son violeur pour éviter le scandale (voir ici)
La Sebkha organise des séances de "psycaricatures" dans lesquelles seront invités tous ces enfants malades de la Télé Zaba, à commencer par les Nabil Karoui, Borhane Bsais, Moez Ben Gharbia, Sami el Fehri et tous les autres orphelins de la dictature, qui pour se venger de la Révolution, nous vomissent leur liberté d'expression tous les jours pour nous la faire regretter.... 
alaachebbi

Nous ouvrirons leurs crânes, nous introduirons nos plumes au plus profond de leurs âmes.. Ils ne dormiront plus la nuit... 

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16 octobre 2016

Quand Jemna fait datte!

Dans la tragédie Syrienne qui risque de se transformer en conflit international, la Tunisie semble avoir joué le rôle du petit grain de sable qui a grippé la machine toute entière. Le hasard a voulu que le premier acte soit inauguré à Sidi Bouzid, par l'immolation d'un jeune homme désespéré. Ce petit coup de briquet a déclenché un vent de révolutions sur toute la région. 5 ans après, face à l'échec de la classe politique tunisienne et la déconfiture générale du monde arabe, le mot révolution à lui seul devient aussi amer et douloureux que l'évocation du prénom d'un amour déchu. Et pourtant, dans cette sombre mélancolie planétaire, surgissent quelques lueurs d'espoir :

Jemna la Rebelle !

Loin de la capitale, loin du pouvoir central et loin de tous les plateaux télé et du monde du spectacle, que se joue en ce moment un épisode passionnant de la dite Révolution. Jemna, une oasis du sud tunisien, fait un doigt d'honneur à tous les tenants de l'étatisme corrompu en offrant un contre-exemple de la gestion du bien commun. Réputée par l'excellente qualité de ses dattes depuis l'époque des colons jusqu'aux dictatures, les habitants de cette oasis ont été mis au service d'exploitants dont les profits restaient entre les mains "du grand capital" et de l'État central (Tunis). Mais avec la révolution, les habitants ont repris la main sur la gestion de l'exploitation, faisant profiter directement la communauté des fruits de leur récolte. Grâce aux revenus de l'oasis, la coopérative a fait le boulot de l'État absent et défaillant, en finançant, des travaux d'infrastructure, d'équipements publics, culturels et sociaux. Ils ont réussi par une gestion participative efficace et solidaire à se substituer à l'État... Mais voilà, l'État n'est pas content ! (voir ici)

JEMNA

Cet épisode de l'histoire, n'est pas sans nous rappeler un autre, plus ancien encore, où à chaque fois, l'aspiration à l'indépendance, à la liberté, sont considérées comme des affronts, des péchés suprêmes contre l'ordre établi, contre le pouvoir et contre Dieu ! 

EDEN

08 octobre 2016

P_Z_ychanalyse (ou l'homosexualité refoulée de Samir Wafi)

Le monde arabe doit passer sur le divan. Son problème n'est ni économique ni culturel. Il est d'abord psychanalytique.
Il est la résultante de strates et de couches de tabous et de non-dits hérités depuis la nuit des temps. Tout ce merdier niche dans l'inconscient de ses sujets depuis des générations. Chacun possède au plus profond de son âme un bout de névrose. Ce nœud gordien ne remonte pas seulement à l'époque des dictatures ou des colonisations. Il doit tirer ses racines de plus loin encore. Il faut sonder jusqu'à l'époque du prophète. Ce personnage puissant et étrange a lui seul a du transmettre une grande partie de ses frustrations sexuelles a des millions de personnes.
Mes amis, je dois certainement être contaminé, car sinon comment expliquer ma manie maladive de dessiner des seins et des bites toute la journée. Pour ceux qui pensent que je fais du Charlie ils se mettent le doigt dans le cul, pardon, dans l'oeil. C'est plus grave que ça. J'ai hérité moi aussi des névroses du prophète et de son rapport particulier avec les femmes. Même si je ne suis pas orphelin comme lui, je dois, quelque part, entretenir des rapports ambiguës avec mon père et je dois souffrir de graves troubles affectifs. Mais moi, chers amis, je le reconnais haut et fort et j'assume ma part de névrose !

Amina met à poil la société    

Toute société humaine fonctionne sur le mode de la domination-soumission. Depuis la cellule familiale jusqu'aux hautes sphères du pouvoir, les sociétés humaines ont créé des hiérarchies qui sont des courroies de transmission de la domination: d'abord le père, ensuite le patron, puis le roi et enfin Dieu. Sans faire de la sociologie a deux balles, il semblerait que dans nos sociétés, ce rapport ne s'exerce que par une forme de violence. Allah lui-même, dans son (prétendu) Texte sacré, légitime son autorité sur l'homme par la menace de l'enfer. Le roi ou le tyran, par la menace de l'épaie. Le père et l'instit, par celle du bâton. Ce n'est pas propre qu'à nos cultures, mais avouez que nous perpétuons plus que d'autres ce système violent de valeurs. Plus le rapport de domination se renforce, et plus le sentiment de soumission augmente. Au point que dans le monde arabe le sentiment d'humiliation est naturel car le viol symbolique est généralisé. Il n'y a pas plus caricatural que le nom de la religion qui unit tout ce peuple -Islam- et qui signifie en arabe : Soumission.
Dans cette solidarité qui lie les humiliés, il n'y a pas plus insupportable que les individus qui aspirent à l'émancipation et à la liberté. Les révolutions arabes ont été à cet effet, une belle démonstration d'élan émancipatoire mais qui a vite tourné au vinaigre. Car face à cet élan d'énergie, il y avait des siècles de soumission. En Tunisie l'échec n'a pas été total et la révolution persiste par des élans collectifs (voir cet exemple) et parfois individuels.

Amina, la jeune rebelle, ex Femen, cristallise autour d'elle, toute cette haine viscérale que rassemble nos millions d'humiliés.
Elle fait l'objet ces derniers jours d'une incroyable cabale. Tout a commencé par des intimidations et des attaques puis d'une pétition signée par un groupe de voisins de Sidi Bou Said qui demandent son expulsion du quartier (voir ici). On l'accuse a elle seule d'accueillir tout Sodom et Gomorrhe dans son appartement de la chic banlieue de Tunis. Amina n'est pas soeur Emmanuelle, elle boit, elle fume, elle fait l'amour avec les filles et les garçons. Elle le crie haut et fort et pour nos milliers d'humiliés soumis, l'idée même de l'existence de cette personne sur terre est une provocation.
Les médias se sont intéressés à cette histoire et nous ont montré qu'ils ne sont pas du côté des libertés. Ils nous ont fait la démonstration magistrale que dans la tête du régisseur, du cameraman, de l'invité et de l'animateur télé, niche le même complexe hérité de siècles d'humliation...

samirwafi

Amina, qui rappelons-le, est victime d'une campagne haineuse, se retrouve sur le banc des accusés. Comme dans le cas de Myriam, la femme violée qui devient accusé, ou le cas de Jabeur Mejri, l'athée menacé de mort qui se retrouve en prison, notre société fonctionne comme un rouleau compresseur qui écrase tout ce qui menace l'ordre établi et la soumission généralisée. Islamistes/RCDistes, conservateurs/progressistes, BenSimpsons/zeweli, tous sont unis contre ces transgressifs. Au point que dans l'émission de Samir Wafi, l'invité Rached Khiari, Islamiste-conspirationniste qui a un poichiche à la place du cerveau, a avoué préférer prendre place près de Abir Moussa, RCDiste notoire, que de s'assoire près de Amina. Cet islamiste qui dit avoir été torturé par Zaba, admet en public qu'il préfère se mettre du côté de ses enculeurs que de se rapprocher de celle qui met à nu le viol dont il a été victime durant des années (voir cette vidéo à 9mn22)

Oui ! car Amina, nonobstant ses maladresses, ne fait que mettre à nu le viol collectif dont sont victimes toutes ces vierges effarouchées qui peuplent le monde arabe !

Conclusion  

Je n'ai même pas parlé du corps de la femme, des pratiques incestueuses ou de l'homosexualité refoulée. J'envisage d'organiser des séances de psychanalyse tous les vendredis à la Sebkha. Nous sommes en train d'installer des milliers de divans pour une thérapie collective où l'on traitera ensemble tous ces problèmes. Mais en attendant, Parlons de Nahed Hattar :
Cet écrivain Jordanien connu pour ses transgressions et ses provocations contre l'ordre établi a été convoqué par le juge pour avoir publié sur Facebook un dessin blasphématoire (voir le dessin ici). A peine arrivé au tribunal, un inconnu l'assassine en lui tirant dessus. L'Homme qui a porté le coup fatal contre l'écrivain, n'a fait que terminer le travail de toute la société. Il n'est que le doigt qui pousse la gâchette. Il faut regarder la main pour se rendre compte que ce n'est pas que la Jordanie, mais aussi l'Egypte, la Syrie, la Libye, et la Tunisie qui tire sur tout ce qui bouge...et d'ailleurs, Daech n'est que la partie visible de cet énorme iceberg de misère sexuelle et de siècles de soumissions...

06 septembre 2016

Word War _Z_

Dans ma quête désespérée d'inspiration, il m'arrive de regarder des blockbusters de science-fiction post-apocalyptique américains. Très révélateurs de l'inconscient collectif de la première puissance mondiale, ces films peuvent servir d'efficaces outils de compréhension géopolitique. Si l'on pousse loin l'analyse, ces films nous donnent un avant goût de la sauce à laquelle nous risquons d'être bouffés si nous nous bougeons pas le cul, nous autres peuplades des pays sous-développés.
C'est avec cette grille de lecture que j'ai regardé depuis mon poste de commande de la Sebkha, un gros navet qui a dû coûter 10 fois le budget annuel de la ville de Tunis. Il s'agit du film Word War Z. Le beau Brat Pitt y joue le rôle du sauveur de l'humanité contre l'invasion planétaire des Zombies. Lui, l'américain bien-veillant qui aime sa famille et sa patrie, se bat contre un virus inconnu qui transforme sa proie en Zombie et qui par simple morsure, prolifère à une vitesse exponentielle. L'humanité est ainsi divisée entre le camp des non contaminés -une minorité de privilégiés- et le grand nombre de Zombies, morts-vivants assoifés de sang qui se meuvent en foules déchaînés. Dans des scènes impressionnantes et parfaitement bien rendues (au moins ça), est dépeint le pire scénario de l'émeute globale, où la police et l'armée ne peuvent plus rien contre la détermination d'une masse humaine d'enragés. On y lit une allusion inconsciente à ce que l'imaginaire américain -voir occidental- peut craindre de pire si devaient un jour fusionner les émeutes "noires", le printemps arabes et les révolutions sud-américaines. Dans ce scénario catastrophe jusqu'à là classique, c'est l'évocation d'Israël qui m'a interpellé : Brad Pitt, en soldat de la paix, est amené dans ses pérégrinations à s'intéresser à l'une des dernières forteresses de l'humanité : Jérusalem. On nous explique que le pays a su se protéger avant tout le monde grâce à une gigantesque muraille qui ceinture la cité (Allusion évidente au Mur "anti-palestinien"). La caméra à un moment donné, filme un drapeau Israélien flottant fièrement dans un univers dévasté. Le réalisateur du film, révèle peut-être un autre a priori de l'imaginaire collectif américain: Israël est à l'avant-garde de la guerre à venir contre les zombies. Entourés de tous ces arabes, le foyer juif n'est-il pas depuis un demi siècle un exemple en la matière ? Les humains contre les Zombies (terroristes, barbares, arabes, musulmans, pauvres, réfugiés, migrants...)
Ce Blockbuster dans sa naïveté, annonce une idée monstrueuse de l'avenir: l'israélisation contre la zombification. Ce qu'on appelle la montée de l'extrême droite en occident, n'est qu'un euphémisme pour nommer un phénomène plus inquiétant que seul le cinéma ou la littérature sont capables d'anticiper. Ce phénomène est déjà à l'oeuvre. Nous l'observons en Europe où s'érigent des murailles infranchissables contre la horde de clandestins, migrants, réfugiés violeurs d'allemandes... L'Amérique votera peut-être bientôt pour le président capable de repousser enfin les Zombies drogués mexicains en dehors des frontières...Partout nous observons des signes annonciateurs de cette guerre civile globale...Impossible dans tout ça de ne pas évoquer Daech qui incarne la vitrine médiatique du processus de zombification/israélisation.

Nous sommes les _Z_ombies !

Je ne crois pas que la pauvreté, la misère ou la colonisation expliquent à elles seules la "zombification" de certaines communautés humaines. En Zaballahie par exemple, et pour revenir à nos moutons (c'est bientôt l'aïd), nous sommes les premiers responsables de notre barbarie. Nous ne sommes pas seulement victimes du Satan occidental qui nous a spolié nos terres et nos richesses. Je reste persuadé que nos croyances religieuses constituent la source invisible de notre sous-développement. C'est même ce qui a dû faire de notre pays et ses voisins Zombies, des territoires colonisables.

À l'heure où l'Humanité débat sur le climat, l'intelligence artificielle, la mécanique quantique, Le boson de higgs, le voyage dans l'espace, les exoplanètes et j'en passe... nous en sommes encore à discuter du code vestimentaire des femmes, de la représentation du sacré, de la taille de la Chleka de la dernière épouse du prophète... 
Pas étonnant qu'à un moment donné, avec l'Israélisation de la planète, nous nous fassions exterminés. Que peut-on faire contre la sélection Darwinienne si nous continuons à exhiber aussi stupidement nos tares ?  
Si j'en suis arrivé à de telles dangereuses conclusions mes amis, c'est parce que j'ai pété un câble. Parmi les derniers éléments déclencheurs de mon pétage de plombs, c'est cette nouvelle passée presque inaperçue: Le ministère des affaires religieuses qui, pour lutter contre le réchauffement climatique, appelle à : la prière de la pluie*.
Certes c'est une tradition de zombie bien de chez nous, mais aujourd'hui j'en ai honte... Même que je flippe pour l'avenir.

BOULLAH

En attendant, la cariatide ne cesse de gronder. Tic tac ...
Comme c'est la merde partout, réservez votre place au paradis en vous convertissant dès à présent au Boukornisme, nouvelle religion de votre humble serviteur _Z_, Zombie de la Sebkha...

*Dans un communiqué rendu public ce jeudi 01 septembre 2016 sur sa page officielle Facebook, le ministère des affaires religieuses a appelé tous les directeurs régionaux des affaires religieuses à coordonner avec les autorités régionales dans tous les gouvernorats du pays et avec les imams des différentes mosquées pour accomplir la prière rogatoire dans l’ensemble des région de la République et ce dans les plus brefs délais. Rappelons que l’ancien ministre de l’Agriculture Saâd Seddik avait affirmé que la Tunisie est actuellement frappée par la sécheresse et est en dessous du seuil de pénurie hydraulique avec 460 m3 par habitant et par an. D’après lui, la situation risque de se détériorer davantage s’il n’y a pas de pluies dans les mois à venir.(source)

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29 août 2016

Ça chauffe dans l'entrecouilles de Boukornine !

"Lorsque la cariatide, ou petit peuple, s'avise de se mêler de ce qui ne la regarde pas, à savoir la gestion des affaires publiques, l'oligarchie dominante répond par un feu roulant visant à écraser toute velléité d'indépendance" *

Mes amis je vous prends à témoin, avant que la "cariatide" ne se réveille, avant que la colère refasse exploser le volcan révolutionnaire et surtout avant que n'éclate le feu de notre oligarchie trébuchante encore timide mais qui déjà s'agite dans tous les sens ne sachant plus que faire devant la catastrophe imminente. Mes amis, je profite de la torpeur de la qayla pour vous faire part de mes inquiétudes et du mauvais pressentiment qui habite la Sebkha.
Nous avons tous observé le tout récent spectacle de la dite Oligarchie. Sous couvert de Gouvernement d'Union Nationale, elle a eu l'honnêteté de reconnaître qu'elle est vraiment unie : Mauves, zabatistes, zaballahistes, syndicalistes, gauchistes et capitalistes sont représentés dans le nouveau cabinet dirigé par le nouveau premier ministre Youssef Chahed. Ce premier de la classe, à peine 41 ans, col blanc et superbe cravate, le gendre idéal, bon élève de l'establishment et de la culture OGM, nous a gratifié d'un poignant discours devant l'assemblée le vendredi 26 août 2016 (voir ici). La majorité des élus (167 /217) ont apporté leur vote de confiance. Les médias ne se sont toujours pas remis de leurs émotions tellement il est beau, tellement il cause bien notre nouveau premier ministre. Puis la Ben Simpsonnie se félicite encore de la pertinence du discours du technocrate qui a osé dire enfin la vérité aux tunisiens !

youssef-CHAHED

Mais qu'a dit vraiment notre nouveau premier ministre ?

D'abord, et avant de faire l'exégète d'un discours que certains qualifient déjà d'historique (voir ici), notez mes amis que plus le pouvoir, ou plutôt l'oligarchie, se targue d'unir ses différentes sensibilités, ses différents courants, ses différents partis (...) plus la situation, ou plutôt SA situation, va mal. On se serre les rangs, on oublie ses anciennes querelles, ses jalousies et on s'unit tous en pointant son arme contre la menace de la cariatide qui gronde. Dans les couloirs du palais, on chuchote qu'un vent de colère populaire se prépare. Certains parient sur Octobre, d'autres le prédisent pour Novembre. Quoi qu'il en soit, l'entrecouilles de Boukornine s'échauffe et ça se sent de partout. Alors bien sûr, Youssef Chahed dans ce contexte de tempête imminente, promet de lutter contre la corruption et tout le monde applaudit. La mémoire courte de la Bensimpsonnie oublie que Ben Ali lui-même faisait de la lutte contre la corruption son slogan de campagne. La perspicacité de Chahed lui fait constater que la situation va mal, et encore une fois tout le monde applaudit. Il rappelle que le pays est endetté et qu'une politique d'austérité sera nécessaire. Chahed reconnaît l'échec de l'Etat, mais insiste sur la responsabilité des grévistes, des "sitinneurs" et de manière général le citoyen coupable selon-lui du stationnement sauvage, de la saleté dans les rues et du bordel général. Chahed use de manière plus fine de la rhétorique mauve selon laquelle le tunisien n'est tout simplement pas mûr... ( cette analyse a largement servi d'argument pour justifier la dictature et dédouaner le régime de toute responsabilité)

Que propose-t-il ?

Rien. Il nous présente simplement un diagnostic et des idées vagues de thérapies mais sans nous expliquer vraiment comment il compte opérer. En réalité, le jeune Youssef Chahed n'aurait pas pu faire plus. Simplement, je m'interroge sur l'enthousiasme général qui a suivi son discours. La peur semble gagner l'oligarchie au pouvoir mais aussi la bourgeoisie qui s'accroche comme elle peut à tout ce qui bouge tant que ça porte une cravate et que ça ressemble à un banquier combien même celui-ci appelle à l'austérité.

Conclusion

Je n'ai pas de conclusion pour cet article, cela fait longtemps que je n'ai plus écrit sur ce blog, j'ai perdu l'esprit de synthèse ( si tant est que j'en ai vraiment eu ) J'en suis à sentir les choses plus qu'à les penser, et je trouve rien de bon dans ce qui s'offre à nous sous couvert de Gouvernement d'Union Nationale. Il n'y a pas plus honteux que de chercher des compromis mous entre acteurs politiques et ce après une révolution puis d'accuser le peuple d'incivisme pour justifier ses échecs. En attendant la cariatide se réveille...

* extrait de la conférence d'Henri Guillemin sur la Révolution française ( voir ici )

16 août 2016

Boukornisme : la nouvelle religion

Chers amis, chers fidèles, vous qui avez constaté mon silence, c'est à vous que je m'adresse aujourd'hui. Je compte sur votre attention et votre totale adhésion.

À l'heure où la Révolution vient d'être enterrée, à l'heure où l'on observe le retour en force du népotisme, de la mafia et de tous ces dégueulasses puants qui contaminent les scènes politiques de tous les pays. À l'heure où la planète toute entière se prépare au retour imminent de la barbarie générale, nous n'avons plus que trois choix: Se replier sur soi et abandonner les grandes luttes du genre humain, se faire exploser au nom d'une religion...ou alors créer une nouvelle religion ! 

À la Sebkha* de Tunis, nous cogitons justement depuis quelque temps sur une nouvelle spiritualité plus adaptée aux besoins et aux attentes du terrien du 21ème siècle. La Tunisie pionnière en expériences révolutionnaires, sera cette fois non pas un laboratoire politique, mais un champ d'essais religieux. Cette nouvelle foi que nous allons vous présenter est en open source. Elle se nourrit des apports de sa communauté mais comprend un dogme et un mythe fondateur. Aussi anticipe-t-elle ses dérives fanatiques car toute religion qui se respecte se doit de générer de l'extrémisme. Sauf que Chez nous à la Sebkha, la violence potentielle de nos intégristes est un paramètre qu'on intègre en amont afin d'en contrôler l'impact (c'est d'ailleurs le reproche principal que l'on peut faire aux Moïses, Jésus et Mohamed qui n'ont pas réalisé d'études prévisionnelles sur le potentiel fanatique de leur projet religieux)

Chers amis, chers fidèles, Au nom de Boukornine, je vous révèle ci-dessous le Boukornisme**, ma nouvelle religion, dont je suis -très modestement- le prophète. Préparez-vous au décollage ! 

* La Sebkha désigne ici la lagune de Tunis (wikipedia)

** Boukornisme est un néologisme inspiré de Boukornine qui est une montagne à deux cornes culminant sur la baie de Tunis. A l'époque carthaginoise une aire sacrée y est dédiée à Ba'al Kornine, seigneur aux deux cornes en langue punique, nom que les Romains transcrivent en Balcaranensis (wikipedia)

 

I-Le dogme:

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II-Le mythe fondateur

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 III-La décadence

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09 mai 2016

Pas d'égalité dans l'héritage, parole d'Allah !

Le mufti de la République l'a bien rappelé, le texte sacré, sur la question de l'héritage, est sans équivoque. L'Homme hérite plus que la femme, parole d'Allah ! Pourtant un député indépendant a osé proposer un projet de loi pour l'égalité suscitant une vive polémique (voir ici). Quelle mouche a piqué cet élu pour oser contredire la parole d'Allah ! A t-il oublié que tant que l'Islam demeure religion d'Etat (article n°1 de la Constitution), alors s'appliquera sur la société tunisienne d'aujourd'hui, la même loi d'il y a 14 siècles régissant des tribus bédouines d'Arabie. D'ailleurs, à part notre député, personne n'y trouve rien à redire:
Pour les Benou Simpsons quoi de plus naturel : Baignant depuis des générations dans la science fiction d'Allah et son prophète, pas question pour eux de réinterpréter la parole de Dark Vador. Saluons à juste titre la cohérence entre ce qu'ils croient et ce qu'ils appliquent. Chez eux pas de conflits, pas de discussions...
Ben-Simsim

Chez les Ben Simpsons, ça se complique un peu plus. Eux, ils prônent la modernité et le progrès. Ils sont fiers du code du statut personnel et de l'émancipation de la Femme. Cependant, quand leurs convictions butent contre le texte sacré ( l'exemple de l'héritage ou encore de l'homosexualité), s'arrête alors net tout débat.  Car oui, pour les Ben Simpsons comme pour les Benou Simpsons, la Tunisie demeure un pays musulman et pas touche à l'article n°1 de la Constitution...

BenSimspons

La solution est pourtant simple : Plutôt que de négocier des parcelles de lois, Libérons l'ensemble du terrain constitutionnel de l'emprise de l'Islam.  

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05 mai 2016

DSK en renfort de Bajbouj et Zaballah !

Chers amis, après avoir fait ma star de Carthage à Cambrai*, je reviens à la Sebkha perdu et paumé. Je ne comprends plus rien à la politique tunisienne du moment. Je n'y comprends rien car aussi je n'y crois plus. Les partis nous ont trahi. En Tunisie comme partout ailleurs, se pose sérieusement la question d'une révolution mondiale contre la dite démocratie représentative, désormais minée par le mariage consommé du politique et du fric. Les idéaux, qui jadis guidaient les partis, ont cédé la place à des ambitions d'experts comptables vénaux. À la tête de la Tunisie a été élu un épicier de Médina nommé Caïd Essebsi qui depuis sa montée au trône drague les hommes d'affaire en leur promettant une loi de réconciliation nationale (une sorte de combine juridique qui officialise officieusement l'impunité de la corruption). Notre apothicaire de souk a réussi à allier à sa cause Zaballah, qui, en contrepartie, obtient du président l'élargissement de la liste de dédommagement de ses copains islamistes (victimes de Zaba). Tout ça bien entendu, au frais du contribuable tunisien... 
Dans ce contexte de partouze générale, on apprend que l'Etat, incapable de combler les besoins d'une Tunisie sinistrée économiquement, lance un appel d'offre pour se faire aider. Devinez qui a été choisi ? (voir ici)

DSK

Il ne s'agit pas ici de juger DSK sur ses frasques connues de tous, mais seulement de rappeler que cet expert international, ex-patron du FMI, et favori des élections françaises de 2012, a été l'un des fervents défenseurs du système Ben Ali dont il félicitait «les réformes» adoptées qui ont -selon lui- «permis au pays de réduire l'impact de la crise financière et économique internationale». Cette grande expertise ne l'a visiblement pas aidé à anticiper la Révolution qui aura lieu quelques mois après qu'il n'ait prononcé ces mots (voir cette vidéo ). C'est ce même DSK qui sera payé encore ! par le contribuable tunisien pour venir en aide aux incompétents qui niquent en ce moment dame Tunisie.

Exposition de _Z_ qui se tient dans la ville de Cambrai (Nord de la France) du 25 Avril au 9 Juillet. Voir ici 

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10 avril 2016

Quand le sage montre la Lune...

On avait tous deviné que l'élection d'Essebsi à Carthage allait sonner la fin de la récréation révolutionnaire. D'ailleurs à peine s'était-il installé au palais qu'il avait déjà sorti son projet de réconciliation avec le passé. La loi tant décriée dite de "réconciliation nationale" -avec les corrompus- n'a certes pas été votée, mais le climat général demeure très favorable aux caïds, aux mafieux, aux anciens mauves et aux contrebandiers. Tout récemment le saint patron Slim Chiboub, ex beau-fils de Ben Ali, vient d'échapper à la police. Celle-ci aurait désobéi aux ordres de la Justice concernant la confiscation de ses biens mal acquis. Selon une récente déclaration de la juge Leila Abid, la présidence de la république serait derrière ce blocage ( voir ici )

chiboub

Ce coup de pouce (ou plutôt coup de canne) n'est pas sans nous rappeler les relations privilégiées que semblent entretenir les deux hommes. L'occasion pour nous de signaler qu'un article de Nawaat publié en 2014 évoque le business qui lie l'homme d'affaire Chiboub et les Essebsi... Bref, encore une affaire de famille qui pue la corruption (voir ici)

Panama Papers

Ce climat délétère chers amis s'observe et se diagnostique quotidiennement. Mais nous attendions depuis longtemps ce grand jour où des preuves concrètes viendraient enfin révéler la magouille générale. Puis voilà, le monde entier se réveille un beau matin sur la plus grande fuite du siècle, le Panama papers : 11,5 millions de documents issus du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca détaillant des informations sur plus de 214 milles sociétés offshore ainsi que les noms des actionnaires de ces sociétés de part le monde. Le site Inkyfada détient l'exclusivité sur ces fuites en Tunisie. Ce webzine plutôt discret, considéré comme un ovni high-tech dans le paysage médiatique tunisien, est spécialisé dans le journalisme d'investigation. Depuis cette récente affaire du Panama Papers, les projecteurs se sont subitement braqués sur Inkyfada...   

ledoigt

Je vous épargne ici la description de la minable réaction de nombre de journalistes et d'analystes. Certes, le webzine a été débordé par les événements et semble avoir techniquement mal géré la situation. Mais plutôt que de profiter de la solidarité de la profession et du soutien de la population, voilà que le journal est accusé de complot. C'est ainsi que le premier nom révélé par Inkyfada (voir ici), Mohsen Marzouk, ancien directeur de campagne d'Essebsi, conforté par l'hostilité générale envers le site, attaque le webzine et porte plainte. Pour ne rien arranger, des hackers ont carrément bloqué l'accès au site pendant quelques jours. Nous sommes ici très loin du scénario Islandais, où le premier ministre démissionne après la révélation de son nom. Il est vrai, à la décharge de Marzouk, qu'à part quelques échanges avec le cabinet panaméen rien ne prouve sa compromission directe dans le business offshore. Cependant, pour un homme public, fondateur du parti au pouvoir, dans un pays ravagé par la corruption et l'évasion fiscale, la simple apparition de son nom dans une telle correspondance est en soi un élément à charge suffisant pour un article.

En Tunisie chers amis, faire de la politique après un demi-siècle de corruption généralisée, c'est s'obliger à faire preuve d'une totale exemplarité. Car descendre dans l'arène politique dans un pays aussi sinistré moralement c'est suspect, c'est comme naître en portant sur soi le péché orginel. C'est comme ça, ou alors que chacun reste chez soi. Pourquoi donc jouer au clown ? Personne n'a obligé les Marzouks & co à faire le cirque, alors qu'il laisse les médias faire leur boulot et qu'il arrête d'emmerder son monde parce qu'un journaliste s'interroge sur les raisons de sa correspondance avec un cabinet international d'évasion fiscale. Pourquoi donc bordel est-il entré en contact avec ce cabinet ? Posons-nous la question !  

Bordel de merde !

Afin de calmer les esprits dans cette période tourmentée rien de mieux que la religion ! A cet effet je vous convie personnellement à la chapelle sainte Monique à Carthage où je compte laver l'humanité de ses péchés en m'exposant durant 15 jours. Fidèles et infidèles vous êtes les bienvenus ! (voir ici). 

croix

En plus de Tunis, je ferai également une apparition dans le nord de la France, pour une autre exposition qui démarre aussi le 16 et à laquelle vous êtes conviés. C'est dans la ville de Cambrai que des irréductibles gaulois m'invitent pour prêcher la bonne parole jusqu'au 9 Juillet (voir ici).
Amis où que vous soyez, les voix du seigneur sont Panamétrables...
AMENenez-vous donc !

19 mars 2016

La place du Choukept Novembre

Depuis la révolution se pose l'épineuse question de cette foutue place du 14 Janvier. Chaque gouvernement s'est penché sur le sujet, à savoir que faire de ce haut symbole du Ben Alisme érigé en plein coeur de Tunis...  

place-ZABA

L'année dernière (voir ici) Essebsi a trouvé la solution en proposant de remplacer l'horloge par la vieille statue équestre de Bourguiba. D'une pierre deux coups, le prétendu loup de Carthage par cette combine voulait se débarrasser et de Zaba et de la Révolution ( la place porte le nom de la date de la Révolution). Et puis cette année, rebelote, à l'approche du 20 Mars, fête de l'indépendance, Essebsi nous refait le coup de substituer le doigt de Zaba par le cheval de Bourguiba. Mais c'est sans compter sur le "mauvembrisme" ambiant. L'amour de Zaba par les propres troupes d'Essebsi semble aussi indéboulonnable que l'horloge du 7 Novembre.
Justement, depuis le retour en force des mauves dans les médias et dans les hauts postes d'administration, puis surtout grâce au terrorisme et l'état d'urgence, la nostalgie de Ben Ali se répand dans l'espace public comme une épidémie (lire cet article de Nawaat). Elle s'exprime de la manière la plus décomplexée comme nous en a fait la démonstration le désormais célèbre Khaled Chouket, porte-parole du gouvernement. Dans une émission de Radio, ce pitre a failli pleurer en souhaitant qu'Allah mette fin au calvaire de Zaba et que celui-ci revienne en grande pompe au Bled (voir ici)

Chouket n'a pu oser cette énormité que parce que le contexte général s'y prête. D'ailleurs Essebsi lui-même, inventeur de l'idée de réconciliation nationale, est le chef d'orchestre de ce ballet mauve. Pourquoi donc vouloir remplacer l'horloge de Zaba? elle n'a jamais été autant à sa place...

placeZAB

(La place du Choukept Novembre)


Ces déclarations du porte-parole du gouvernement on choqué tout le monde. Même Zaba en Arabie n'en revient pas ( et ne reviendra jamais !)

zabachouké

08 mars 2016

Quand la Tunisie ne reconnaît plus ses enfants

 Très dur réveil pour la Tunisie hier matin. Une attaque de djihadistes contre une caserne à Ben Guerdane a coûté la vie à une cinquantaine de personnes: une dizaine parmi les militaires et les civils. Le reste comptant parmi les "éléments terroristes" (expression lue dans plusieurs médias en ligne*). Ce drame est inédit par son ampleur. Il nous appelle à redéfinir notre terminologie à savoir si l'on doit encore parler de terrorisme ou tout simplement de guerre déclarée entre deux forces armées. Cependant, il n'a échappé à personne, que les dits terroristes sont des... tunisiens. Jeunes pour la plupart, ils ont intégré les rangs de Daech. Ceci complique encore l'analyse et rend difficile la qualification d'acte de guerre un phénomène qui s'apparente dans la forme à une insurrection armée, voire à une guerre civile. Même si l'action des djihadistes obéit à des intérêts étrangers, on ne peut pas ignorer leur appartenance au pays et ne pas se dire encore une fois ! Comment merde! a-t-on pu en arriver là ?  

benguerdane

Défilent depuis hier matin les pleureurs et les pleureuses de la Tunisie trois fois millénaires attaquées par les barbares. Le plus difficile à supporter dans ce bal d'hypocrites, c'est l'aveuglement volontaire de la plupart de nos élites quant à la tunisianité et à l'islamité de ces jeunes. Certains vont jusqu'à leur refuser l'appartenance à l'humanité se délectant des images de leurs cadavres. À les en croire, ces terroristes seraient des extraterrestres vénérant le culte de Satan.
Les plus lucides accuseront La révolution et Zaballah d'avoir  injecté à ces "bouaziziens" le poison du terrorisme. Le chef de fil des nostalgiques de Zaba, Mezri Haddad, reconnaît volontiers que Daech n'est pas seulement chez nous, mais bien en nous ! En revanche, rappelle-t-il, son inoculation dans le corps tunisien date de 2011 avec la révolution et l'arrivée des islamistes **. Manière de dire que le mal demeure étranger et exogène ( et que donc lui, Haddad, et ses copains mauves n'y sont pour rien).
Ce Haddad que je cite souvent, n'est intéressant que dans la mesure où il incarne la caricature parfaite de notre élite progressiste: bornée, stupide et incapable de reconnaître l'échec total du modèle sociétal qu'elle a mis en place depuis Bourguiba et du rapport malsain qu'elle nous fait entretenir avec la religion.  
Ces gens là nous ont mené vers l'impasse d'aujourd'hui dans laquelle les idéalistes de mon espèce ne peuvent passer que pour des naïfs ou pire encore : des idiots utiles de Daech. Car oui ! nous sommes bien en guerre et nous continuons à contester l'ordre établi, l'État, sa Police et ses mafias. On nous tire dessus et oui ! nous continuons à nous insurger contre l'absence de théâtres, de bibliothèques et de cinémas... 

L'expression "élément" pour désigner le terroriste, assimile l'individu à un électron libre détaché de la molécule. Procédé rhétorique refusant à l'individu son appartenance à un corps social et enlevant au phénomène terroriste son découlement d'une logique politique.

** M.Haddad écrit sur sa page FB le 7 Mars 2016: "Avec la nouvelle attaque sur Ben Guerdane, je lis dans nos médias que Daech est chez nous. Non, Daech n'est pas chez nous mais en nous...depuis janvier 2011"

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