Ghannouchi compagnon du prophète?

Sidi Ghannouchi, sauveur de la Zitouna, vient d'être promu compagnon du prophète. C'est l'imam de la mosquée lui-même qui lui improvisa ce titre. Et après c'est nous qu'on traite de blasphémateurs!
L'expression "radhia allahou 3anhou" par lequel l'imam désigna Ghannouchi (expression réservée exclusivement aux compagnons et aux épouses de Mahomet) renoue avec une longue tradition tunisienne de léchage institutionnel du cul de nous gouvernants. Sauf qu'en l'occurence, Ce Rached Ghannouchi n'a aucune fonction officielle dans l'Etat (ou de ce qu'il en reste...)... à part peut-être celle de le brader.
Voir cet article de: www.bensimpsonsnews.com
Le flamant et le savant...


(voir cet article ici)
Ben Jaafar se félicite de la victoire de la Gauche Française
Ben Jaafar se croit-il encore de gauche (lui qui collabore avec l'extrême-droite tunisienne) pour se féliciter de la victoire de Hollande aux présidentielles? (voir ici)
Avant de se réjouir, Il devrait réfléchir sérieusement à son avenir politique le jour où Nahdha perdrait le pouvoir.

Quoi qu'il en soit, il y a moins lieu de s'inquiéter pour l'avenir politique de Sarko que pour celui de la Morue(zouki) et de Ben Jaafar le Thon...
Allah! une sacrée affaire
Hier à New York s'est vendu le fameux tableau "le cri" du peintre norvégien Edvard Munch à plus de 120 millions de Dollars...somme colossale déboursée semble-t-il, par le fille d'un émir (voir ici)
Aujourd'hui à Tunis, pour une oeuvre sacrément plus importante, les enchères n'ont atteint que 2400 malheureux dinars. L'heureux acquéreur est un homme d'affaire tunisien...

2400 dinars! Voilà à quel prix nos tribunaux soumis à la nouvelle bigoterie ambiante, ont bien voulu brader Allah!
(lire article ici)
Prise de la Bastille!
Saluons amis révolutionnaires, le courage de nos frères qui ont abandonné femmes et enfants, qui ont quitté leur travail une semaine durant, pour purifier du mauve la télé nationale...Cela, bien entendu, au nom du peuple tunisien, certifié 99% Halal, il ne va sans dire!

Arrêtez de dire que Ennahdha est derrière cette action. Il s'agit évidemment d'une initiative citoyenne spontanée. La présence massive de barbus et de flics sympas qui laissent faire, n'est qu'un pur hasard et n'y voyez nul complot ni une quelconque volonté du gouvernement de mettre la main sur la télévision nationale. Ces gentils citoyens décidés à nous débarrasser du mauve, le font bien sûr pour défendre la liberté de l'information et l'indépendance du service public! Qu'ils aient insulté, tabassé, et attaqué à l'arme blanche des journalistes sous le regard complice de la police, n'est qu'un détail...
Soyons sérieux!
Mes amis, nous n'ignorons pas qu'un grand nettoyage reste à faire dans tous les établissements publics, dont les médias, infestés effectivement de corrompus de l'ancien régime. En revanche, s'il est vrai que la ligne éditoriale de la télévision nationale n'est visiblement pas pro-gouvernementale, nous ne pouvons nullement accuser la chaîne de rouler pour le mauve ni pour un quelconque parti. Elle pêche surtout par l'incompétence de ses techniciens et de ses journalistes, maladie qui affecte toute la profession dévastée par des dizaines d'années de dictature. Cependant le seul acquis palpable de la révolution, c'est l'apprentissage de la non-allégeance au pouvoir chose que le gouvernement ne semble pas apprécier surtout venant de la télévision nationale. Cette dernière devient ainsi pour lui une cible, une sorte de territoire à reconquérir. S'explique cet acharnement soudain contre la watanya, comme s'explique le lâché de salafistes dans les universités, également territoires libres et non soumis.
Nahdholéon
Ce que nous ignorons, c'est la feuille de route de ces campagnes "nahdholéoniennes". S'agit-il du début d'un processus, ou alors observons nous la dernière étape d'une vaste conquête qui aurait déjà intégré dans ses territoires le ministère de l'intérieur et celui de la justice?
J'opterai pour la deuxième hypothèse. Car sinon, comment expliquer que ces bastions hautement plus stratégiques mais surtout hauts-lieux du mauvembrisme, ne semblent pas déranger nos gentils manifestants ni nos pieux salafistes. S'ils veulent taper du mauve comme ils le disent, qu'ils aillent camper devant le ministère de l'intérieur et qu'ils nous fassent une vraie prise de la bastille à l'avenue Bourguiba. Bastille mauve qui réprimait, qui réprime, et qui nous réprimera encore ce premier mai!
Solution finale
Pas de panique, la télé aussi finira bien par s'incliner ! notre guide suprême a une superbe idée:
Et ce n'est même pas une blague ( voir ici )
La machine infernale reprend du service
Les dernières agressions perpétrées contre des opposants nous rappellent le bon vieux temps, cette époque révolue où l'on voyait la vie en mauve. Le retour des anciens réflexes a amené l'équipe de DEBATunisie à revenir sur les anciennes usines du Changement (voir notre reportage d'il y a trois ans ici). Quelle ne fut notre surprise de retrouver les anciens locaux toujours en activité...Juste un changement au niveau de la direction.



Allahluia!
Zaballah au secours d'Ennahdha...
J'ai été quelque peu choqué d'apprendre qu'un compatriote tunisien de Mahdia, vient d'être condamné à 7 ans de prison pour avoir simplement repris des textes et des caricatures blasphématoires (voir le rapport de Human Rights Watch). A ce rythme s'ils me chopent, moi, caricaturiste blasphémateur notoire, ils me colleront illico la peine capitale...

Il me semble que depuis l'arrivée de nos "conservateurs" au pouvoir, une stratégie d'ex-communication publique appuyée sur la religion vient d'être instaurée. Elle ne vient pas directement du parti lui-même mais d'une "société civile" armée d'avocats. Il y a eu le procès de Nessma, du quotidien Attounsiyya et maintenant ce scandale de 7 ans de prison pour caricatures blasphématoires. Ennahdha, comme d'ailleurs tout parti religieux musulman ou autre, introduit le religieux dans le débat public comme filtre servant à ostraciser ses rivaux politiques, considérés -selon leur "sainte" grille de lecture- comme des impurs, des mécréants...
Ainsi, ai-je retenu des mails du premier ministre Hammadi Jebali (piraté hier par Anonymous), cet extrait qui illustre parfaitement cette quasi théorie du complot islamiste:
Dans un message adressé par un certain H.abdel Hamid, est expliquée pédagogiquement la stratégie de bannissement public des "ennemis de la révolution" (Ennahdha se considérant bien entendu comme la seule incarnation politique de la dite Révolution) il dit ceci:(je traduis de l'arabe et c'est moi qui souligne):
"[...] Mon cher frère, nous sommes un gouvernement particulier, un gouvernement de révolution, qui se trouvera confronté à d'immenses difficultés, c'est pourquoi nous devrons protéger cette révolution et être en état d'alerte contre ses ennemis. Il faut imposer un état d'alerte maximal organisé par une société civile dense et pacifique qui exerce une pression constante sur ses ennemis. Je dis pacifique car nos adversaires nous poussent sciemment à user de la matraque et ce serait là un énorme piège dans lequel il ne faudra surtout pas tomber. Nous devrons agir en les tuant civilement, en amenant le peuple à les honnir et à leur cracher dans la figure. Nous devrons dévoiler leur manigance et les parer des oripeaux de la trahison et du complot pour toujours! Il faudra qu'on dévoile leur apostasie, leur débauche, et leur atteinte à l'identité musulmane de ce grand peuple! Tout cela ne peut s'accomplir que dans le cadre du parti et de la société civile en dehors du gouvernement et des ministères [...]"
(voir ici l'original)
Tout est dit. S'explique ainsi la horde de salafistes dont le pacifisme par contre laisse à désirer. S'expliquent surtout tous ces débats théologiques vers lesquels ils nous ont entraîné. Ils ont réussi à nous faire parler de charia, de port du voile, d'identité musulmane, tandis que les véritables maux de la société, ceux contre lesquels s'est élevée la révolution de Janvier, à savoir le chômage, la pauvreté et la corruption, sont restés lettres mortes. Nous sommes tous tombés dans ce piège. Et ce ne sera peut-être que le début d'une longue série de chantages religieux qu'ils nous feront à chaque fois qu'ils se heurteront à des difficultés...

Mes amis, c'est en ce sens que la criminalisation du blasphème est dangereuse car on ne saura plus où commence et où se termine la ligne rouge. C'est pourquoi je considère que dans ce blog il n'y aura tout simplement pas de ligne rouge et l'accusation de blasphème à laquelle je m'expose, est complètement assumée et ce afin de lutter à ma manière contre ces minables chantages. Sachez, d'ailleurs, que je ne considère pas mon attitude offensante pour les croyants sincères, car je ne m'attaque pas à leur foi. Je m'attaque seulement au commerce politique de la foi. Je m'attaque à Zaballah et à ses sbires comme je m'attaquais à Zaba et ses mauves. Sortons donc tous ces thèmes de nos débats, dégageons les salafistes et les marchands de foi de nos rues et de nos universités, sortons donc dans l'avenue en ce 9 avril, fête des martyrs et rappelons à nos élus les priorités de la révolution! Dignité, travail, et j'ajouterai bonheur!
Merde! j'ai oublié que l'avenue est interdite de manifestation!
Au moment-même où je vous écris, des manifestants se font tabassés, matraqués et "lacrymogénés" par les forces de l'ordre. La police s'attaque violemment à la foule qui a osé braver l'interdiction de manifester sur la symbolique Avenue Habib Bouguiba à Tunis. Cette manif succède à une autre organisée samedi dernier -violemment réprimée- que le journal en ligne Alfajr d'Ennahdha qualifie de marche insignfiante conduite par des communistes (athées?) (voir ici)
Mes amis il ne s'agit pas ici de contester le monopole de l'état sur la matraque (oui je ne suis pas un anarchiste), et d'ailleurs ne vaut-il pas mieux la violence officielle du ministère que la violence officieuse des salafistes, telle que le suggère le mail de Jebali.
Cependant dans ce cas précis, il y a dans l'interdiction de l'avenue et l'usage de la violence policière qui s'en suit, quelque chose de certes légal, mais certainement pas légitime! Au-delà du fait d'interdire les manifs sur l'avenue la plus symbolique de la révolution, nous avons tous en mémoire le laxisme des forces de l'ordre en faveur des salafistes. D'abord à la Manouba, ensuite dernièrement sur l'avenue. Rappelez-vous du 25 Mars dernier, jour où la police a laissé ces barbus s'attaquer ouvertement à une manif d'artistes concomitante à la leur. Bien sûr que pour nos amoureux de Zaballah, l'art et la culture sont une expression occidentale de la débauche...Mais là n'était pas la question. Cet incident semble avoir servi au ministère de l'intérieur d'excuse pour interdire toute manif sur l'avenue. Les groupes salafis firent office d'épouvantail donnant ainsi au ministère une justification pour boucler l'artère centrale de Tunis et s'épargner un 14 Janvier Bis...

Plus de manif du tout et le problème est réglé!
A propos, ce dernier dessin est loin d'être une caricature: une campagne de pub lancée par une marque de boisson (voir la photo ici) a suscité l'ire des E-salafistes de facebook. Ils avaient cru que les emballages des troncs d'arbre en arc-en-ciel étaient un appel télépathique pour une manif gay sur l'avenue. Indignés, ils appelèrent à ce que le ministère de l'intérieur agisse en toute urgence contre ces symboles de débauche et de dépravation! Dans le royaume de Zaballah, pas de gays, pas d'artistes, pas de théâtres, pas de manif, pas de transgression, pas d'opposition, sinon gare au blasphème, à l'ex-communion au tribunal d'inquisition!
Et les Ben Simpsons dans tout ça?
Les Ben Simpons qui l'année dernière étaient contre toute manif visant à bloquer le gouvernement et l'économie nationale, répondent aujourd'hui présents à toutes les marches contestataires dès qu'il s'agit de taper sur Ennahdha. Au fond d'eux même s'ils avaient à choisir entre Zaba ou Zaballah, il n'y a pas photo, ils préfèrent sans hésitation le grand mauve au grand bleu. Ils avaient accueilli avec beaucoup d'espoir la rumeur selon laquelle le Général Rchid Ammar, excédé par l'incompétence du gouvernement, aurait menacé de siffler la fin de la récré!
Le blog DEBATunisie confirme l'info...

Faute de coup d'état militaire à l'algérienne, contentons-nous d'une douche froide et réveillons-nous!
Les blessés de la Révolution!
A une semaine de la fête des martyrs, se pose en Tunisie la question des martyrs de la révolution. Épineuse question celle du jour et de l'heure où la mort par balle fait de sa victime un martyr ou pas. Plus épineuse encore la question des blessés de la révolution. Eux au moins ils sont vivants et réclament leur dû. Mais tout un commerce de la martyrologie émerge ces derniers jours au détriment de ceux qui furent les réels héros de la révolution...

Heureusement que le tissu associatif contribue aussi à alléger la peine de certains...

Malheureusement, les vrais blessés, les vértibales héros de la Révolution, sont le plus souvent oubliés et croupissent loin de l'attention et du respect de tous...

De Zaba à Zaballah!
J'ai fait un horrible cauchemar ce soir. J'ai vu dans mon sommeil un débat télévisé de présidentielles à la française entre le président sortant Marzouki et le sbire Mezri Haddad en service commandé pour Essebsi (l'élu favori de la Ben Simpsonnie). Ça tapait sur la table et ça hurlait. Marzouki insultant son adversaire en lui rappelant ses années de collaboration avec Zaba. Haddad riant hystériquement de Marzouki l'accusant d'avoir naïvement cru en la maturité du peuple et d'avoir laissé salafiser le pays...A la fin ça se crachait dessus dans tous les sens jusqu'à ce que l'Iran envoie un gros missile sur la gueule de Mezri et qu'Israël réplique par une bombe H qui fit péter le plateau de TF1. C'est à ce moment précis que je me suis réveillé en sursaut...A peine ai-je retrouvé mes esprits que je suis tombé sur cette photo:

Je rassure mon lectorat qu'il m'arrive aussi de rêver de flamantes roses et de souvenirs d'enfance.
Mais il est vrai que depuis que ces anges de la mort font flotter leurs étendards sur l'espace public, de la Manouba à Tunis, quelque chose de noir est venue entacher mon optimiste et mon idéalisme d'oiseau rêveur.
Le ping pong dictature/islamisme, cette foutue malédiction qui frappe le monde arabe et qu'on a cru finie après le 14 janvier, refait surface à chaque fois que cette bande de salafisés ressort ses drapeaux au nom de leur Zaballah, un dieu imaginaire qu'ils font remonter à 14 siècles en arrirère et dont ils veulent nous imposer la dictature. Soyons clairs mes amis, il ne s'agit là que d'une minorité dont le projet zaballahiste ne verra jamais le jour, mais dont l'impact psychologique sur la foule aura pour conséquence de nous imposer la Charia ou de voir ressurgir les fantômes de Zaba.
C'est Zaba ou Zaballah...

Lire ici cet article de www.Bensimpsonsnews.com
Je ne déprime toujours pas. Je crois comme beaucoup d'autres que le salut nous viendra de Carthage!

Ouf!
_Z_ z'expose...

Cette exposition de caricatures aura lieu au Parlement européen à Bruxelles et fait partie de la conférence-débat "La Tunisie face à l'expérience démocratique". Le vernissage est prévu le 20 Mars à midi. Il y aura à boire et à manger pour tout le monde! venez nombreux l'Europe invite!
Inutile de rappeler, que cette expo s'inscrit dans le cadre du complot international orchestré par les orphelins de la France et du Benalisme et ce contre nos gentils dirigeants d'Ennahdha...
J'invite donc l'avocate qui a porté plainte contre Lina Ben Mhenni, de me mettre aussi dans son collimateur, afin de nettoyer la Tunisie une bonne fois pour toute, de tous ces traîtres qui salissent l'image de la patrie à l'étranger!
Hommage à Zouhaier Yahyaoui
Je ne pouvais rester amorphe ce soir.
Un discours cette fois, vaudra mieux qu'un long dessin.
Zouhaier Yahyaoui décédé un 13 Mars 2005, est devenu depuis longtemps un symbole de la cyberdissidence. Aujourd'hui ce sont les autorités de Carthage qui officialisent cette date comme étant celle de la liberté d'expression sur internet. A cette occasion le palais marzoukien a ouvert ses portes au gratin du web tunisien dont les blogueurs, mais aussi les "admins" des pages facebook.
De ce que j'ai compris des vidéos qui circulent sur internet, ces fameux admins, dont les pages comptent des milliers de fans, ont mal supporté que les blogueurs leurs volent la vedette à Carthage.
"Qui êtes vous? qui vous connais? Nous avons des milliers de fans, nous sommes des révolutionnaires, mais vous qui êtes vous?..." criaient-ils de toutes leurs voix à faire trembler les murs de l'ex château de Leila...
Ils n'ont pas si tort. En terme de chiffre, il est vrai qu'un blogueur reste un simple artisan de la plume. Ses revenus en nombre de visiteurs ne sont que miettes comparé aux millions de fans que produisent ces grands industriels du facebook. Car, mes amis, nous avons bien affaire à des industriels dont les pages (telles que Koora, "les vérités cachées"...) cumulent à elles seules la totalité du nombre de visiteurs de tous les blogs de l'histoire de la Tunisie. On pourrait même remonter à la préhistoire de l'internet, à l'époque de Takriz et tous les sites contestataires des touts débuts. Rajoutons à l'addition les visiteurs -et nous y voilà- de Tunezine, le site de Zouhaier dit "Ettounsi"* et nous pouvons être sûrs que nous serons encore loin du compte!
Proclamons 7 Novembre journée nationale des Admins!
Rassurons encore les admins des pages facebook que même "ettounsi" ne les détrônera pas en nombre de fans. Mais pour eux le nombre ne suffit pas. Comme ce fut le cas pour Ben Ali, la quantité d'électeurs gonflés à bloc, les pages de fans par milliers, le nombre, le taux, le score, aussi élevés soient-ils, ne suffisaient pas. Ce qui intéresse cette dictature du chiffre, c'est surtout la postérité et la reconnaissance publique! Ces admins doivent rager au fond d'eux même, que cet homme de Cro Magnon de l'ère préfacebookienne, le dénommé Zouhaier Yahyaoui, les détrône ce 13 Mars 2012 comme Bouazizi a su détrôner Zaba un 14 Janvier. Mais bien sûr ils ne se l'avoueront pas. Cependant ils cracheront tout leur venin sur les petits blogueurs qui ont pris la parole à Carthage. Du moins c'est ce que je retiens d'une des vidéos qui circule en boucle et le témoignage de la blogueuse Jolanare **
Conclusion
Que dire sinon que ces individus sont à l'image de nos nouveaux et anciens gouvernants. (Il n'est pas un hasard que ces individus soutiennent toujours le pouvoir). Eux aussi croient à la légitimité du nombre. Selon cette doctrine d'épicier trabelsiste, le nombre ferait loi. Peu importe les idées qu'ils défendent tant que celles-ci sont partagées par leurs milliers de fans. La quantité d'abord et merde la qualité. Leur compréhension de la démocratie est donc naturellement la dictature de leur majorité.
Le pitoyable spectacle observé à Carthage, rappelle les attaques publiques des mauves contre leurs opposants. Ces admins de pages facebook reprennent ainsi à leur compte les méthodes de l'ancien régime. On sait tous que la page Koora, par exemple, affichait explicitement son soutien à notre bien aimé ex-président. C'est dire à qui on a affaire! Une chose est sûre, durant les années de plomb, quand nous n'étions qu'une poignée à critiquer ouvertement la dictature, ces pages étaient aux abonnés absents.
Je considère donc, comme beaucoup de mes amis blogueurs, que ces personnes ont souillé la mémoire de Zouhaier. En outre, comme le disait très bien Sofiane Bel Haj, alias Kaloutcha, tant que les anciens tortionnaires de Zouhaier courent toujours, tant que Ammar 404 et tout le système de surveillance du web n'a pas été démantelé, dévoilé, décortiqué, disséqué...alors nous ne sommes pas vraiment tirés d'affaire.
Mes hommages donc ce soir à cette minorité qui a combattu la dictature, à Zouhaier le symbole. J'en profite pour saluer mon amie Fatma Riahi, dite Arabicca, dont la détention par Ammar en Novembre 2009, ne m'avait pas du tout laissé indifférent...
* à ce propos, on peut se poser la question légitime (que doit se poser chaque admin avant de dormir), à savoir ce qu'il en est du nombre de visiteurs de la page Tunezine d'"Ettounsi"...Nul ne le saura. Quoiqu'à l'époque, Zouhaier avait réussi à lui seul à faire le buzz (avant que le mot n'existe) auprès des flics du ministère de l'intérieur, ce qui lui valut un pic d’audience internationale, une année et demi de prison et une succession de grèves de la faim. Devenu fragile, il succomba quelques mois après sa libération à une crise cardiaque emportant avec lui au paradis les statistiques du son nombre de visiteurs...
** J'aimerai toutefois noter, que le ton universitaire de l'intervention de Jolanare, n'était pas du tout approprié à l'évènement et qu'elle a apporté de l'eau au moulin de ses détracteurs...(voir ici la vidéo)
Fête de la Femme

On va tous les niquer! (je ne parle pas des femmes)
Ennahdha lâche!
L'air devient irrespirable. Cela a commencé il y a plus d'une semaine à cause d'une simple grève des éboueurs. Puis ce fut l'invasion du parvis de l'UGTT par des ordures et des sacs poubelle déposés, semble-t-il, par des bandes affiliées à Ennahdha. Du moins ce qu'assurent les syndicats qui voient dans l'agression "ordurière" de leur siège central un avertissement contre leur encadrement des grèves. Ces accusations mirent le feu au poudre et de nombreux locaux de l'UGTT furent saccagés. Ce fut la preuve que des "milices" pro-gouvernement (ou téléguidées par le gouvernement) tentent par la force de neutraliser les syndicats et étouffer ainsi les mouvements sociaux. Ennahdha sort ses griffes et ses couteaux maintenant qu'elle se rend compte que ni la charia ni sa bigoterie ne feront taire les revendications sociales...

Il y a moins d'une année, rappelez vous, l'UGTT fut accusée par la bourgeoisie d'être derrière les troubles sociaux et le blocage économique. Certes la campagne fut menée contre le secrétaire général de l'époque, le fameux Jrad, mais la distinction entre l'institution elle-même et la direction n'était pas évidente pour tout le monde.
Heureusement, toutes ces confusions se sont dissipées et une grosse manif fut organisée samedi dernier, en soutien à L'UGTT. Des milliers de personnes ont défilé pour dénoncer les attaques contre les locaux de la centrale syndicale. Nombreux furent les slogans hostiles au gouvernement. Les Ben Simpsons n'ont évidement pas manqué cette occasion pour crier leur haine contre Ennahdha, et ce, bien entendu, par solidarité pour la classe populaire...

Même Bensimsponsnews.com est devenue pour l'occasion porte-parole du syndicalisme militant (voir ici). On aura tout vu cette année! Bref, tout cela (la manif) fut mené dans la joie et la bonne humeur jusqu'à ce que les forces de l'ordre interviennent violemment vers la fin menaçant et insultant au passage les journalistes qui couvraient l'évènement (voir ici)
Des nouvelles du front de Carthage:
Comme tout va bien en Tunisie, notre bien élu président, s'occupe des grandes questions internationales:
-La Syrie au menu du jour!
(voir ici)
Armons-nous contre les salafo-prédicateurs!

Un journaliste est toujours arrêté à cause d'une couverture osée, des prédicateurs salafistes poussent comme des champignons, on va bientôt atteindre le million de chômeurs et le débat de l'Assemblée constituante est sur la Charia! Vous avez compris?
La révolution continue!
De la chienlit en Tunisie!
Les mayas l'avaient bien prévu: 2012 marquerait la fin des temps. Les tunisiens, ce grand peuple instigateur du printemps arabe, fait preuve encore une fois d'un avant-gardisme remarquable, en se préparant avant tout le monde pour cet évènement cosmique. Les autorités accueillent en ce moment des prédicateurs et des messies levant à leur passage des foules armées pour l'au-delà! Ce millénarisme enveloppe d'une brume d'encens les lieux de cultes et les parvis de mosquées...l'air irrespirable a fini même par déteindre sur le règne animal:

La Mecque et Médine, lieux saint de l'Islam, ne sont plus rien devant la nouvelle pieuse Tunisie. Et d'ailleurs afin de déménager la Kaaba et la tombe du prophète à Kairouan, puis réinstaller Zaba à Carthage, une supression de visa pour les saoudiens vient d'être décrétée, inaugurant ainsi l'annexion de l'Arabie à la nouvelle terre promise, la sainte Tunisie des fins de temps...






