DEBATunisie

29 novembre 2020

Le RDV secret entre MBS et Nétanyahou

Les amoureux du prophète, les allahistes, les panarabistes et tous les protecteurs de la oumma et de la religion, sont toujours en première loge pour dénoncer le blasphème et l'atteinte au sacré. Curieusement, alors que le gardien de leur temple vient de commettre le blasphème suprême en accueillant Nétanyahou au pays du prophète (voir ici), ils sont tous aux abonnés absents.

NETANYAHOU_MBS_KAABA

Atteinte au sacré au pays des droits de l'homme 

Bien que l'Etat français a su se montrer du côté des caricaturistes et de la liberté d'expression après l'affaire Samuel Paty, au point que l'on s'est retrouvé presque à soutenir Macron lorsqu'il a fait la leçon aux arabes à Aljazira, voilà que le gouvernement de ce même Macron veut faire passer une loi pour interdire de filmer les forces de l'ordre (Loi sécurité globale). Dans un contexte de violences policières, de bavures à répétition et de racisme systémique, voter cette loi c'est enlever aux citoyens et aux journalistes leur dernier recours contre l'inquiétante dérive sécuritaire en France. Voter cette loi, c'est mettre la police au-dessus de tout...même du sacré ?  

FLOUTAGE

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26 novembre 2020

Main d'Allah

Le monde entier a rendu hommage à Maradona, appelé par Dieu ce Mercredi 25 Novembre 2020. Le décès de cette icône mondiale du football, ne pouvait laisser indifférent personne, encore moins nous autres tunisiens. Il est bon de rappeler que c'est l'un des nôtres, l'arbitre tunisien Ali Bennaceur, qui en quart de finale de la coupe du monde de 1986, valida à tort un but du joueur argentin, marqué avec la main. Un deuxième but du même Maradona, permit aux Argentins d'accéder au tour suivant, puis à la finale, et de remporter ainsi leur deuxième Coupe du monde.

Maradona évoqua alors la "main de Dieu" pour qualifier son but. Cette expression devenue célèbre, ne précise pas que c'est du Dieu Allah qu'il est question. L'arbitre tunisien, en bon musulman, aurait pu intervenir contre la volonté de n'importe quel Dieu, mais pas contre celle d'Allah... 

maradona

Comme je disais, la planète toute entière s'est émue de la mort de Maradona. Même les allahistes n'ont pas manqué sur le net d'exprimer leur peine et leur profonde tristesse. Toutefois, il était intéressant de noter, que pour ce joueur touché pourtant par la grâce d'Allah, aucune formule de miséricorde ne lui a été rendue par ces mêmes allahistes. Maradona est un chrétien certes, mais quand même, pourquoi cette discriminiation ? Que réserve donc Allah aux non musulmans ? 

J'espère qu'un jour on pourra débattre sur la géographie de l'au-delà. En tant qu'architecte urbaniste, je veux bien savoir dans quel quartier du paradis, seront logés les non musulmans qui ont beaucoup apporté à l'humanité ? Je veux qu'on me renseigne par exemple, de combien de mètres carrés sera plus grand le loft de Zaballah comparé à celui de Maradona ou d'Einstein ? Si tant est que Maradona et Einstein aillent au paradis...Remarquez d'ailleurs que cette question embrasse souvent les allahistes. Ok, j'arrête. 

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22 novembre 2020

Kamourisation versus Abir-Moussisation

Inutile d'assombrir encore plus le tableau. Après 10 ans de révolution, la Tunisie est au bout du rouleau.
En plus du Corona, nous observons deux nouvelles formes d'épidémie, aussi contagieuse l'une que l'autre :

La kamourisation

Partie du Kamour, zone pétrolière du sud tunisien, une protestation tout à fait légitime commencée en 2016 (voir ici) s'est transformée au cours du temps, en un imposant groupe de pression qui a réussi à faire fléchir le gouvernement en bloquant toute la production d'or noir de la région. Nés dans un territoire marginalisé depuis l'indépendance, les jeunes du Kamour ne faisaient que réclamer leur dû, exactement comme leurs voisins du bassin minier. Notre nouveau premier ministre Mechichi, récupérant la patate chaude, a décidé de céder à toutes leurs revendications (voir ici). Les kamouriens ont crié victoire. Leur lutte s'est avérée payante, donnant des idées à d'autres. Sauf que notre mollassant chef de Gouvernement, n'a jamais précisé comment financer ses promesses et se retrouve déjà débordé par une kamourisation généralisée.

 Après les jeunes du Kamour, c'est autour du "chlékeux" député de Jandouba Fayçal Tebini, de menacer de fermer la vanne du barrage de Béni Mtir et faire chanter le gouvernement (voir ici). Dans la foulée, d'autres mouvements se manifestent ici et là (voir ici). En plus du caractère régional, émergent des revendications à caractère corporatiste, tels que ces juges qui réclament la construction d'un hôpital pour les magistrats et leurs familles (voir ici). Mechichi ne voulant décevoir personne, dit si si ! 

kamourisation

Cette kamourisation du bled horrifie nos Ben Simpsons au plus haut point. Ils ne dorment plus la nuit. Ils craignent l'ouverture de la fameuse boîte de Pandore. Ils y voient la main des turcs, des libyens et leur relai local, Ghannouchi. Certes, il ne faut jamais négliger la part d'ingérence étrangère. Il est vrai aussi, que Ghannouchi semble se réjouir de cette mosaïque de revendications qui menace l'unité du pays (voir ici). Mais évitez, quand même, de rappeler aux Ben Simpsons que ces mouvements sont d'abord le fruit d'un demi siècle de politique de marginalisation, organisée et planifiée par Bourguiba et Ben Ali. Ils vous accuseront d'islamo-gauchisme (expression à la mode) et se montreront très méchants. Car les Ben Simpsons chers amis, n'ont jamais appris à regarder dans le rétroviseur. 

L'Abir-Moussisation

Abir Moussi incarne pour ces Ben Simpsons un nouvel espoir. Cette Marine Le Pen à la sauce tunisienne, promet le retour à l'ordre et à la discipline. Elle fait de sa lutte contre les islamistes son cheval de bataille. Elle les accuse de tous les malheurs du pays et promet de nettoyer le bled de cette racaille. Sortie des rangs du RCD et se réclamant de Bourguiba, cette dame nie évidemment toute responsabilité de l'ancien régime dans le désordre actuel. Elle voue aux gémonies la révolution, qui ne serait selon elle, qu'un diabolique complot étranger destiné à islamiser la région avec la complicité passive des gauchistes et autres droits de l'hommistes patentés. 

Depuis que Moussi a accédé au parlement avec ses 17 sièges, elle multiplie les happenings en bloquant les plénières ou en organisant des sit-in, trouvant à chaque fois un prétexte pour dénoncer l'hégémonie des islamistes. Ses agitations se montrent très efficaces pour rallier à sa cause un public de plus en plus fanatisé, impatient de voir par la Moussi, réhabilité l'ordre et l'autorité.

Mais le plus intéressant dans cette contagion, c'est de voir aux côtés de cette dame et de manière assumée, certaines figures de l'"élite" intellectuelle et du monde du spectacle, telle que Maya Ksouri, ou Lamine Nahdi...Mon petit doigt me dit, que suivront comme sous Ben Ali, tout le reste de la clique (rappelez-vous de l'appel des 65) guidée par l'opportunisme, par la bêtise, ou par une combinaison des deux...

MAYAKSOURI

Conclusion
Entre la kamourisation d'un côté et l'Abir-moussisation de l'autre, on ne sait plus si dame Tunisie fonce droit dans le mur, ou si elle court vers le précipice...


aubordugouffre_blog

13 novembre 2020

Viol en bande organisée...

Le scandale des financements de l'étranger et des infractions durant la période électorale, tel que révélé par le rapport de la cour des comptes (voir ici), mettra-t-il le feu aux poudres ? Pas si sûr... Mais la grogne populaire monte depuis longtemps déjà, et mon bec de flamant rose semble reconnaitre en ce moment, cette même odeur de révolte qui s'est dégagée il y a dix ans. A l'époque ce fut Zaba sur qui s'est cristallisé le sentiment d'injustice. Aujourd'hui c'est un autre monstre plus vicieux, le dénommé Zaballah, qui pourrait concentrer contre lui ce même ressentiment. Mais par sa perfidie et son sens de la diversion, il arrive toujours à se tirer d'affaire. Le peuple ne sait plus sur qui taper. Avec lui la corruption n'est plus centralisée, elle s'est généralisée et se diffuse sur tout le territoire. Pourtant depuis 2011, nous avons suffisamment de recul pour réaliser que derrière tous les coups foireux, se cache encore et toujours...Zaballah le "chlékeux"*.  

VIOLJUSTICE

Rassurez-vous, alors que les mafieux courent toujours, nos juges bossent d'arrache-pied pour rétablir l'image de la Justice. Ils viennent ainsi de condamner Wajdi Mahouechi ce 12 Novembre à 2 ans de prison ferme pour offense à la magistrature. Cet activiste a osé en effet, rappeler la lâcheté du procureur quand il s'agit d'arrêter les corrompus et les terroristes (voir ici). L'honneur de dame Justice est sauf. Mais pas que. Le 10 Novembre, le tribunal de première instance de Tunis a condamné à 6 mois de prison un jeune pour avoir volé deux boites de thon dans un supermarché (voir ici). Les voleurs de l'argent public et les évadés fiscaux n'ont qu'à bien se tenir, la Justice veille au grain. Il y a quelques mois, rappelez-vous, c'était une blogueuse qui a vu toute la machine judiciaire s'activer contre elle, pour un minable partage d'un verset satirique sur son compte Facebook (voir ici)...

Aidez moi à rédiger une conclusion...

* il y a toute une science à développer autour de la culture de la Chléka en Tunisie...

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07 novembre 2020

Joyeuse fête de la Zaba !

La mémoire du 7 novembre reste encore vive dans l'inconscient collectif de nombreux tunisiens. Les rites de "T7in", "Sabben", "9offa", "9weda" et "Tal7iss" sont restés encrés dans l'anthropologie de certains de nos concitoyens. Chaque 7 Novembre ces derniers ressentent plus que d'habitude le manque terrible de leur objet de culte. Mais comme la nature a horreur du vide, une figure a réussi à se substituer à leur idole déchue...

ZABAKAABA

(reprise d'un dessin accompagnant cet article ici)

C'est la très charismatique Abir Moussi, qui a réussi à s'imposer comme la figure de substitution. En quelques années, cette dame a récupéré à elle seule l'héritage de 23 ans de mauvembrisme. Cependant, elle a dû revisiter le rituel en interdisant toute représentation du sacré. Ainsi le chiffre "7", le mauve et l'image de Zaba, n'apparaissent plus dans aucun des rituels. Elle les a remplacés par le portrait de la divinité Bourguiba et la couleur rouge du drapeau tunisien. Cependant, elle a gardé le culte de lapidation du diable islamiste et a introduit le mythe du complot de la révolution. 

Mais pour ce 7 Novembre 2020, Abir a cédé à la tentation mauve de ses partisans. Une cérémonie a été organisée au cœur du Parlement (voir ici). Des abiristes vêtus de leurs plus beaux habits, se sont réunis et ont chanté et applaudi toute la journée comme au "mauvieux" temps. Certes, personne n'osait prononcer le mot magique de Zaba, mais il était dans l'esprit de tous les pèlerins. Officiellement ils étaient rassemblés pour parler économie et business, mais comme je viens de vous le dévoiler, c'est le 33ième anniversaire du prophète Zaba que ces gens sont venus célébrer.

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03 novembre 2020

Free Wajdi Mahouechi !

En ces temps obscurs de coronavirus et de fièvre allahiste, la police continue à s'acharner sur les activistes.
Tout a commencé par une vidéo dans laquelle l'imam Mokhtar Dallali, ancien prof d'éducation religieuse, explique et justifie la décapitation de Samuel Paty, Coran et Hadith à l'appui (voir la vidéo ici). En ce moment particulier, où les amoureux du prophète sortent leurs couteaux, plusieurs internautes ont signalé la vidéo et se sont interrogés sur le silence radio des pouvoirs publics. 

Wajdi Mahouechi*, fut parmi ceux-là. Cet activiste, ancien de Takriz, est allé plus loin. Dans une vidéo (voir ici), il interpelle directement le procureur de la République et le traite de lâche ("ta7an"). Alors que l'Imam n'a toujours pas été inquiété, la police débarque chez le jeune homme à 3 heures du matin. Il est en ce moment en état d'arrestation.

WEJDI

Cependant, on peut comprendre l'embarras que peut avoir la Justice à devoir convoquer un Imam qui ne fait que lire et rappeler les versets "criminels" du Coran. Il est plus facile pour nos juges de criminaliser une Emna Chargui qui a osé partager des versets satiriques plutôt que d'inquiéter un Imam qui n'a fait que son boulot. Terrible paradoxe pour nos magistrats qui prêtent tous serment sur ce même bouquin ! Puis surtout, terrible paradoxe pour tout un pays qui prétend combattre le terrorisme alors qu'est gravé l'Islam (et donc l'appel au crime qui y est intrinsèque) dans sa Constitution...  

* Wajdi était déjà dans le collimateur du ministère de l'intérieur. Il s'est rendu célèbre récemment grâce à une photo dans laquelle on le voit dans une manif tendre un billet à la Police. Par ce geste provocateur, l'activiste dénonce la corruption des flics. Cette photo est devenue virale et résume à elle seule tout le mouvement de contestation du projet de loi de protection des forces de l'ordre, dont Wajdi s'est fait malgré lui le porte-parole.

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02 novembre 2020

Macron joue l'appaisement...

Après les hurlements des amoureux du prophète contre la France et son président, il semblerait que Macron ait réussi à calmer le jeu grâce à une interview fleuve qu'il a accordé à la chaîne Qatari Al-Jazira (voir ici).

aljazeera

Le business de la France avec les Qataris méritait un peu de pédagogie et Macron semble avoir réussi l'exercice. Notre ami "Mahmoud", pourtant prêt à tout pour défendre son prophète, s'est calmé soudain. Mahmoud nous démontre une nouvelle fois, qu'il n'est qu'un paramètre d'ajustement (certes très bruyant) d'une équation géopolitique qui le dépasse et qui le nique, matin midi et soir.
L'aliénation allahique conduite savamment par les wahhabites continuera donc de prospérer produisant des Mahmoud par milliers, et ce grâce au soutien logistique de la France et de son industrie de l'armement... 

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31 octobre 2020

La fête au prophète

Jamais notre prophète, n'a eu pour la célébration de son anniversaire, autant de manifestation d'amour et de passion.
En Tunisie surtout, peut être même plus que dans le reste du monde musulman, la mobilisation fut particulièrement intense. En réponse aux campagnes hostiles contre notre prophète (sws) menée par ces chiens d'occidentaux, il fallait justement mobiliser toutes les compétences et tous les cerveaux...   
MARCHE

1- Les cheikhs de la Zitouna ont appelé à "boycotter les marchandises françaises jusqu’à ce que le gouvernement français présente ses excuses pour ses offenses et ses attaques répétées contre les musulmans" (voir ici).
2- Le président Kaïs Saïed dans son communiqué du Mouled (voir ici), n'a pas manqué d'affirmer son rejet absolu de toute attaque contre notre prophète bien aimé.
3- Le Clown Lotfi Abdelli, s'exprimant dans une vidéo contre le président Macron, explique combien chez les tunisiens, l'amour pour le prophète dépasse celui des parents (voir ici).
4- Rached Khiari, député du Bardo, justifie la décapitation du prof français car, après tout, il l'avait cherché en montrant à ses élèves des caricatures du prophète. Khiari va jusqu'à dresser une liste de tous ces "bâtards" et ces "vendus de la France" qui ont manifesté leur émoi pour Samuel Paty, l'enseignant assassiné (voir ici).   
4- La bimbo Meriem Debbagh, n'avait pas attendu tout cet emballement, pour déclarer il y a un mois dans une émission de la télévision française, qu'elle tuerait pour le prophète (voir ici). 
5- Un jeune tunisien, certainement en écho à cette hystérie collective pour le prophète, a égorgé dans une église à Nice, deux femmes et un homme (voir ici...mais il ne s'agit là que d'un fait divers. 

Le seul qui est resté discret dans cette affaire, c'est Zaballah en personne. Il doit certainement se rendre compte qu'au bout de 10 ans de travail acharné, l'allahisation des esprits n'a plus besoin de lui pour continuer toute seule sa contamination progressive de toute la société...

25 octobre 2020

Le cancer des trois colons

3colons

Nous sommes un peuple de colonisés. Quitte à choisir entre les trois, moi _z_ caricaturiste, je m'offre à celui qui défend la liberté de la caricature et du dessin ! et merde à Allah et son prophète ! Vive Boukornine notre ultime salut.

18 octobre 2020

_z_ premier caricaturiste coraniste

Chaque attentat allahiste m'offre une nouvelle occasion de caricaturer le Coran. Cette fois, c'est la décapitation d'un enseignant en banlieue parisienne. Il s'agit d'un professeur d'histoire-Géo égorgé par un jeune musulman (tchétchène) à cause d'un cours sur la liberté d'expression où le prof avait montré des caricatures du prophète (Lire le détail des faits ici). Bien entendu, cette affaire remet la question de l'Islam au cœur du débat public français, comme après les attentats de Charlie.

Je voudrais ici parler de cette question de mon point de vue de dessinateur tunisien vivant à Paris et intervenant depuis les attentats de Charlie, dans les écoles, collèges, lycées et centres pénitentiaires. C'est grâce à l'association "Cartooning For Peace" que j'anime ces rencontres principalement autour du thème de la caricature et de la liberté d'expression. Ces ateliers s'inscrivent plus largement dans la politique de "déradicalisation" menée en France depuis 2016. Je peux affirmer qu'à raison d'un atelier par mois en moyenne, j'en ai fait du terrain et je peux me baser sur mes observations pour avancer ceci :
Les nouvelles générations islamisées en France qui ne parlant pourtant pas arabe, ont une obsession du texte sacré. Cette obsession peut être liée à la frustration qu'elles ont de ne justement pas pouvoir le comprendre. 
z_coraniste

Combien n'ai je pas entendu durant ces ateliers, que les dessinateurs de Charlie l'ont bien cherché et que la représentation du sacré est interdite par le Coran et que le meurtre est permis et s'inscrit dans le Djihad contre les mécréants. Ces propos bien entendu, ne sont jamais étayés par des références coraniques explicites, mais semblent procéder d'une solide "pré-connaissance" de la religion héritée, semble-t-il, de la famille ou de prédicateurs locaux. Au dogmatisme par lequel sont exprimées ces idées (surtout en prison), s'ajoute une violence encore plus inquiétante. Plus inquiétante même que ce que l'on peut observer dans le monde arabe, quand on aborde ces mêmes sujets. Cette violence, à mon avis, est amplifiée par la question identitaire et l'exclusion dont ces jeunes se disent victimes, à juste raison. Ajoutons à cela, le traumatisme colonial transmis par leurs parents, la cause palestinienne à laquelle ils s'identifient par procuration, puis la certitude que les sionistes, donc les "juifs", dominent le monde. D'ailleurs, répètent-ils souvent, il n'y a qu'à voir la censure de Dieudonné et l'hyper médiatisation de Zemmour à la Télé pour tout comprendre. Et puis d'ailleurs, me diront-ils, pourquoi glorifier Charlie et moquer le prophète si c'est pour ne jamais caricaturer la Shoa et moquer les juifs ? Question très embarrassante, à laquelle je n'ai toujours pas trouvée de réponse.

Le seul pouvoir que je semble avoir sur eux, par lequel j'ai pu imposer une certaine forme "d'autorité", se résume à ma capacité à comprendre le texte sacré et à pouvoir leur traduire le "message d'Allah". Ma maîtrise de la langue arabe m'offre une telle légitimité que je pouvais leur montrer mes caricatures les plus blasphématoires sans susciter le moindre remous. Je vous laisse donc imaginer le pouvoir qu'ont certains prédicateurs sur les jeunes de Cité...

Mais alors, à qui la faute ?  

Cette "préconnaissance" de l'Islam, qui est une sorte de nouvelle culture religieuse propagée après le 11 Septembre (ce que j'appelle "allahisme") porte les germes de cette nouvelle violence. Les pays du Golfe ont déployé leurs pétrodollars pour véhiculer cette lecture littéraliste du texte à travers leur réseau mondial de prédicateurs. Cette doctrine met la focale sur le contenu même du texte sacré et le relie de manière organique à la foi. Le Coran, révélé dans un contexte politique et social d'il y a 14 siècles, devient une référence atemporelle et universelle pour régir la société humaine du 21ième siècle. Mais cette vision de l'Islam n'est plus répandue seulement par la propagande wahhabite. Elle est devenue tellement dominante que même nos élites politiques dans le monde arabe, ont été obligées de l'intégrer dans leur réthorique et de composer avec. Kaïs Saïed, président Tunisien, reconnait publiquement la primauté du Coran sur la Constitution et n'est pas sans ignorer qu'avec cette disposition, il nous oblige à regarder de près le texte. Et le texte est clair. Il appelle entre autre, au crime contre ceux qui font la guerre à Allah et son prophète...     

CORANPACIFIQUE

Disons-le sans complexes : si dans notre monde arabo-musulman, nous ne coupons pas le "cordon ombilical" avec le texte sacré, nous nous wahhabiserons de plus en plus. Quand le député "allahiste" Rached Khiari justifie le meurtre de l'enseignant français en expliquant que "Porter atteinte au prophète est l’un des plus grands crimes et celui qui l’ose doit assumer ses conséquences" (voir ici), il ne fait que reprendre ce que dit explicitement le Coran dans l'actuelle configuration wahhabisée. Pourquoi donc crier au scandale contre lui, alors que tous les ingrédients de la lecture littérale du texte sacré sont réunis ? 

Conclusion 

La France gagnerait à enseigner l'arabe comme le propose Macron (je peux aussi être d'accord avec lui) pour qu'enfin les jeunes de l'immigration démystifient la langue du Coran et soient moins dépendants des prédicateurs. C'est peut-être un préalable nécessaire avant de régler la question sociale et les inégalités dont la politique du même Macron est pourtant responsable. Plus généralement, l'occident ne pourra rien contre ses monstres intérieurs s'il ne revoit pas en outre, ses relations avec ses amis wahhabites et Israël.

Quant à nous autres, peuples "arabo-musulmans", nous avons tout intérêt à "historiciser" l'enseignement de l'Islam de toute urgence afin de contextualiser la révélation et enlever au Coran sa pureté divine. Mais en attendant, chers amis, débattez, caricaturez, baisez ou alors convertissez-vous au Boukornisme, seule religion de paix et d'amour (conversion en toute urgence ici).    

12 octobre 2020

Free Imed ! #سيب_عماد

Je viens d'apprendre qu'un jeune activiste de Kairouan, Imed Ben Khoud, a été arrêté pour avoir partagé un de mes dessins. Il vient d'être relâché et c'est une excellente nouvelle. Mais attention, quelque chose de grave se prépare !
La caricature en question date de Mars 2013 (voir ici), et je l'ai repartagée dans le cadre des mobilisations citoyennes contre un projet de loi qui offre aux forces de l'ordre plus d'immunité, ouvrant ainsi indirectement la voie à l'Etat policier (voir ici)
 
La violence de ces mêmes forces de l'ordre contre les manifestants, leur encerclement tout récent du tribunal de Ben Arous pour intimider un juge (voir ici), bref toutes ces démonstrations de force qui se multiplient ces derniers jours, montrent combien ils sont impatients de faire passer leur loi. Ils nous confirment par eux-mêmes la dangerosité d'une telle loi et nous donnent des raisons de poursuivre la lutte !

Les syndicats de police sont les plus virulents sur cette affaire. Ils expriment de la manière la plus crue, le ressentiment que les résidus de la dictature ne cessent de ruminer depuis la révolution. Ces syndicats se battent depuis 2015 pour légiférer leur impunité et sont très actifs sur le terrain mais aussi sur internet.
Par contre ils demeurent aussi stupides que sous Ben Ali, et confondent le dessinateur avec celui qui partage ses dessins.
Cela me rappelle l'affaire Fatma, blogueuse qui a été arrêtée en 2009 pour avoir aussi partagé mes caricatures. 
L'histoire se répète !

free-imed2

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29 septembre 2020

Kaïs au service de la foule

Le viol et assassinat d'une jeune fille a suscité une grande vague d'émotion dans tout le pays. Des voix se sont élevées pour appeler à la condamnation à mort de l'auteur du crime. Une marche a même été organisée jusqu'au palais de Carthage pour demander au président l'application de la peine de mort (en moratoire depuis 1991). 

Un débat entre les pro et les anti agite depuis le débat public en Tunisie. À vrai dire, les cris de la foule vengeresses l'emportent dans ce qui ne ressemble plus à un débat. Pour les partisans de la condamnation à mort, la barbarie contre les barbares serait la solution contre la barbarie. Ce sont souvent les mêmes qui croient en Allah ou en Moussi qui curieusement, (selon mes statistiques sebkhiques) hurlent à la peine capitale. Toujours ces merdeux de conservateurs qui de la Tunisie à l'Amérique de Trump nous font regretter d'être nés humains. Pas de surprise, Kaïs Saied, en fidèle serviteur de la foule écervelée vient de trancher en leur faveur (voir ici). Alors que le procès n'a même pas eu lieu, l'idiot de Carthage se prononce pour la peine de mort mettant au pilori les idéaux de la Révolution...

PEINE_DE_MORT

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20 septembre 2020

Attachez vos ceintures !

En Tunisie, nous n'avons pas de montagnes russes. Nous avons juste la montagne de Boukornine. Par contre nous ne manquons pas de grands huit. Mais cette fois, chers amis, c'est le pays tout entier qui s'est embarqué dans le grand huit du siècle. Alors attachez vos ceintures, mettez vos masques, puis retenez votre souffle, la chute sera rude !! 

GRAND-VID19

Les nouvelles de la covid sont de plus en plus alarmantes. Rien qu'aujourd'hui, on dénombre 17 décès sur 625 nouveaux cas signalés (voir ici). L'État semble débordé et gère très mal la crise. Les observateurs déplorent un manque de coordination entre les services et craignent la saturation imminente des centres de soins. Bref nous vivons un véritable cataclysme au ralenti. Il ne reste plus qu'à compter sur la responsabilité individuelle de chacun (quasi inexistante) et sur la baraka d'Allah (carrément inexistant).
Prions donc Boukornine, lui au moins il existe. 

Zaba, fête sa première année d'exil dans l'au-delà  

Après avoir embrasé la Tunisie le 14 Janvier 2011, Ben Ali fuit le pays pour se réfugier en Allahie. Le 19 Septembre 2019, il fuit l'Allahie pour aller directement chez Allah et se retrouve à nouveau placé en résidence surveillée dans l'attente de son jugement dernier...   

ZABAANNIV

(Reprise d'une caricature dessinée le 19 Décembre 2010 ici)

Je rends hommage ici à celui sans lequel je ne serais pas _Z_. 

12 septembre 2020

Kaïs isolé à Carthage

Depuis Bourguiba, une malédiction frappe les locataires du château de Carthage. Ils y perdent la boule, s'isolent du monde et perdent tout contact avec la réalité. Kaïs ne fait pas exception à la règle. Nous assistons depuis son installation au palais, à son naufrage mental progressif : le matin nommant un ministre, limogeant le soir un ambassadeur (voir ici), désavouant au passage son chef de gouvernement (voir ici), prônant la non-islamité de l'Etat, pour jurer ensuite que le Coran demeure la source indiscutable sur les questions de l'héritage (voir ici). Bref, un président qui a peut être le mérite d'être un incorruptible, mais dont l'imprévisibilité et l'improvisation risquent de faire couler définitivement le dernier espoir que beaucoup de tunisiens ont fondé sur lui.    

JACCUZI

L'isolement du président contraste avec les sauteries et les festivités qui se multiplient en dehors du palais. Le covid n'a pas empêché l'organisation de certains mariages contre nature et ce dans le mépris total des règles sanitaires les plus élémentaires...(voir ici)

spaghettis

Après cette union, il ne restera plus qu'à marier les ennemis d'hier et de les réunir tous, femmes et enfants à Carthage... 

ghabbirouchi2

Il ne nous restera plus qu'à transformer le Palais en asile afin d'isoler tous ces tarés du pouvoir, la Chléka, le mafieux Spaghetti, le cheikh Coran, la Moussi, le Saïed et tous ces connards que la Tunisie devra vomir un jour avant que le volcan Boukornine ne nous vomisse sa lave...    
Rappelez-vous chers amis :
لا بوكرنين الاّ بوكرنين، ولا سبخة الاّ السّبخة

06 septembre 2020

Machichination

Je me suis toujours demandé si l'inexistant Allah m'avait fait caricaturiste et qu'il m'avait offert l'option de choisir le pays à caricaturer, tout compte fait, je crois que j'aurais choisi la Tunisie. Car pour être un boulot aussi mal payé, autant choisir le pays où la caricature est à ciel ouvert, où il suffit de lire l'actu pour se servir à volonté. 
Pour ce post de rentrée, je me limiterais à cette photo qui a fait les choux gras du Facebook (voir ici) et dans laquelle on voit le premier ministre Hichem Mechichi, fraîchement nommé par le président, se faire domestiquer lors d'un repas, par le trio KaKaroui, Zaballah et Chlékeddine. Une mise en scène savamment réfléchie, destinée à agacer Carthage et à rappeler aux Tunisiens, que nous sommes et nous serons toujours gouvernés par la Mafia, le Coran et la Chléka...

Mechichi01

Mechichi02

Mechichi03

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