DEBATunisie

18 juin 2018

Footballah (2)

Allah n'a pas du tout été clément à l'égard de la Tunisie ces derniers mois. On ne compte plus les catastrophes : des naufragés de Kerkennah (voir ici) au coup d'état manqué (voir ici), en passant par les bajboujeries du rejeton présidentiel...Rien ne semble plus convaincre Allah. Les tunisiens n'ont pourtant pas manqué ce dernier mois de ramadan de fliquer comme à l'accoutumé, les perfides déjeuneurs. Aidant Dieu à bien tenir ses registres comptables sur la pratique de la religion dans le bled, les tunisiens comme tous leurs frères musulmans, ne ratent aucune occasion et ce depuis 14 siècles, de rappeler leur entière dévotion à Allah et son prophète.
En cette période de Mondial, de la radio à la télé, on ne cesse matin midi et soir d'invoquer Allah, priant pour qu'il vienne en aide à notre équipe nationale. Pas seulement les journalistes, mais aussi Madame la ministre et l'entraineur en passant par chaque joueur. Quand on leur tend le micro, Allah est au bout de chaque langue, maître -selon nos sportifs de haut niveau- du destin du ballon...

Mondial2018

Même la débâcle du plus Allahiste des pays, l'Arabie saoudite qui face à la Russie a perdu 5 à 0, n'y changera rien. Rien ne semble vouloir entamer la foi en un Dieu démissionnaire, absent voire porteur de poisse... 

08 mai 2018

Torah contre Coran

J'avoue être entré dans une phase de déespérance totale par rapport à l'avenir de ce pays nommé Tunisie. Le très faible taux de participation aux élections municipales d'hier (33%), révèle combien je ne suis plus seul à ne plus accorder le moindre crédit à la politique telle qu'elle se pratique aujourd'hui dans le bled. Mais mon pessimisme ne porte pas que sur la malheureuse époque dans laquelle nous évoluons en ce début de 21ième siècle, il s'étend sur des siècles d'histoire dont nous récoltons encore les fruits.
Mais je sais que ça va me passer. 

Allah

Je ne suis pas un anti-Nahdha, ou un anti-Islamiste primaire. Je situe le problème au-delà du champ proprement politique. Je le situe au niveau de la matrice allahiste comme philosophie de vie et comme manière d'être sur terre d'une partie conséquente de nos concitoyens. Ce n'est pas de l'essentialisme et je n'y vois aucune forme de fatalisme. Je vois notre salut collectif dans une Révolution culturelle qui tarde juste à venir.

Je m'étonne simplement que nos islamistes n'aient pas exploré jusqu'au bout la toute puissance religieuse. Je partage avec eux le même diagnostic sur l'ampleur de l'ancrage allahiste dans l'inconscient collectif et si je devais prendre le pouvoir j'userai comme eux de ce potentiel. Je ferai même mieux. C'est tellement efficace cette chose qu'ils ont su renouveler leur statut de premier parti national (27,5% des voix) et ce malgré leur totale incompétence aux affaires publiques, déjà vérifiée. Certes, le taux de participation était extrêmement faible pour jouir pleinement de leur victoire, mais tous savons, que ce n'est ni par clientélisme ni par bourrage d'urnes qu'ils ont gagné: c'est l'allahisme inconscient d'une partie importante de tunisiens, qui travaille encore et toujours en leur faveur.

L'Etat ne pourra rien contre Allah

J'ai compris cette évidence au hasard d'une pérégrination fortuite aux environs d'Aïn Drahem. C'était il y a peine une semaine, où en compagnie de 3 amis, nous nous sommes arrêtés en voiture pour observer une cascade perdue dans une forêt de chênes. L'Etat avait pour une fois, installé des poubelles sur le sentier menant à la chute d'eau, apparemment très visitée. Nous ne fûmes pas seuls en effet à cheminer vers ce coin du paradis. Le spectacle de l'éjaculation aquatique était boukornesque. Il y avait une beauté presque religieuse dans cette eau jaillissante qui se déversait dans le vide. Mais nous étions choqués par la saleté ambiante et l'amas de bouteilles de plastiques flottants sur l'eau. On ne pouvait pas reprocher à l'Etat son absence de gestion du bien commun, car en plus des poubelles, des pancartes sommaient les visiteurs de respecter la propreté des lieux. Alors qu'est ce qui ne fonctionne pas dans la tête des gens ? Qu'est ce qui explique cette profanation ?

Les familles présentes sur place, avec la marmaille bruyante qui va avec, ne constituent pas en soi, un échantillon forcèment représentatif de la société. Mais quelque chose de très familier, une impression de déjà vu dans leur comportement, comme par exemple leur extrême agitation autour des lieux, leur manque de retenu et de silence, puis surtout leur constante évocation d'Allah permet d'esquisse un modèle général. Ensuite cette mère expliquant à ses enfants mangeant des yaourts, que cette casacade était d'abord créée pour montrer la puissance d'Allah, voilà qui résumait à mon sens la clef de l'énigme: 
Pour ces gens-là (comme disait l'autre), Le Sacré; ce que l'on doit respecter, ce que l'on ne doit pas souiller, n'existe que dans l'idée abstraite d'Allah et non pas dans son oeuvre. La cascade d'eau, la forêt de chêne, la nature dans son ensemble ne sont que des prétextes d'Allah. Il ne sont simplement qu'une manifestation de sa toute puissance. Ils ne jouissent d'aucun statut sacré. Ce ne sont rien d'autres que de modestes témoignages et d'insignifiantes illustrations terrestres de sa grandeur. Voilà ce qui explique cette désinvolture et l'absence totale de tout sens de recueillement face à un site aussi exceptionnel. 
De cette fortuite observation "anthropologique" l'on peut conclure sur l'état de délabrement de sites moins exceptionnels, tels que nos parcs urbains, nos trottoirs, et notre espace public en général. Dans cette vision du monde, Allah semble s'être accaparé de toute possibilité de sacré vidant la terre de toute potentialité d'émouvoir par elle-même, ou de générer spontanément du sacré.   

L'Etat tunisien est un chien malade   

Si avec mes 3 amis, l'on s'est retrouvé sur une cascade à théoriser sur 4 pots de yaourts, c'est un peu par hasard. Ce n'était pas vraiment notre premier souhait. Notre projet initial était d'abord de partir en Algérie pour faire du tourisme (et pourquoi pas?). La veille nous avions quitté Tunis à 7 heures du matin. Nous avions atteint la frontière vers 14h après une pause à Tabarka. Après avoir garé la voiture, rempli un formulaire et après une longue queue, quelle fut notre surprise de découvrir qu'à cause d'une circulaire, les moins de 35 ans (ce qui était le cas de mes compagnons) devaient avoir une autorisation de sortie signée par papa. Sans quoi bye bye l'Algérie. L'Etat tunisien avait balancé cette circulaire dans le cadre des lois anti-terrorisme. Un obscur tableau Excel d'un stagiaire du ministère a du établir qu'au delà de cet âge moyen, le tunisien pense moins à se faire exploser pour Allah.
Dans le Bordel architectural de ce poste-frontière où l'Etat avait dû investir des milliards, nous étions perdus parmi une foule aussi désespérée que nous. Chacun de son côté semblait subir les effets secondaires d'une circulaire arbitraire. Les agents ressemblaient à des chiens prêts à mordre du citoyen. Il n'y avaient que les ânes et les chèvres qui circulaient librement entre les deux pays.

Un homme nous conseilla de passer par un autre poste-frontière à 30 km au sud. Ce poste selon le monsieur, était plus flexible (plus corruptible voulait-il dire ?). Nous suivîmes son conseil. Nous étions de plus en plus déterminés à quitter le pays. Arrivés au second poste, à l'architecture aussi incompréhensible que le premier, nous avons garé la voiture, fait la queue et signé le même formulaire. Nous avons joué les naïfs jusqu'à ce que l'agent nous ressorte l'histoire de la circulaire. En revanche il ne nous demanda pas l'autorisation signée, mais la présence physique des parents. L'interprétation du tableau Excel devait être à géométrie variable suivant les postes-frontières. Sans trop insister, nous convînmes d'abondonner notre projet algérien et nous quittâmes le coeur triste les locaux marbrés et pourris de la finissante administration tunisienne. En se rapprochant de notre voiture, un douanier ne rata pas l'appareil photo porté par l'un des nôtres. Il nous interpelle pour en vérifier le contenu. Ne trouvant rien, il s'enquiert de notre situation de refoulés de frontière et nous propose les coordonnées d'un passeur qui nous conduirait en Algérie. 
Je ne sais que dire, que conclure. Je ne sais même plus quelle caricature dessiner. Je sais seulement que durant cet échange avec le douanier, les ânes et les chèvres continuaient à circuler en toute liberté. Nous autres, décidâmes alors de nous replier sur Aïn Drahem.

Retour en France                    

Vivant entre Paris et Tunis, l'oiseau "zmigrateur" que je suis devenu, s'intéresse autant à l'actualité des deux rives même si dans ce blog, je commente principalement celle du sud. Cependant pour ce dernier paragraphe, j'aimerai revenir sur une polémique parisienne d'il y a 10 jours qui m'interpelle quant à mon statut bâtard de musulman anti-allahiste...Il s'agit de cette pétition contre "le nouvel antisémitisme" signée par 300 personnalités (voir ici). Le texte de la pétition vise indirectement la communauté musulmane en France qui, selon ses signataires, manifesterait un antisémitisme d'inspiration coranique. Les pétitionnaires demanderaient donc que soient "frappés d'obsolescence" les versets appelant au meurtre et au châtiment des juifs.

En ce qui me concerne, je suis d'accord pour abroger pas seulement quelque versets, mais toutes les sourates quelqu'en soit le contenu. Je pense que nos sociétés s'en tireraient tellement mieux. Pas que les juifs, les musulmans aussi souffriraient moins des allahistes de tout poil. Cependant, et pour éradiquer complètement ce sinistre mal qu'est "l'antisémitisme musulman", je propose à ces même signataires, d'ajouter dans la liste des textes sacrés à frapper d'obsolescence les passages de la Torah qui décrètent Palestine terre promise au peuple élu de Dieu. Si l'occident veut négocier le sacré de ses minorités musulmanes, il faudrait aussi qu'il accepte de discuter la sacralité d'Israël. Parce que OUI! à moins d'être aveugle, il y a évidement un rapport de cause à effet entre le prétendu nouvel antisémitisme musulman et le sionisme juif. Il est très curieux que ces intellectuels français soient soudain frappés d'aveuglement quand il s'agit de reconnaître cette simple corrélation !

LIVRESSAINTS

15 avril 2018

Frappes Kaabalistiques

L'Amérique de Trump, la France et la Grande Bretagne, se sont livrés, hors mandat des Nations Unies, à un bombardement conjoint de la Syrie, ce Vendredi 13. Assad aurait franchi une ligne rouge: il aurait utilisé l'arme chimique contre sa propre population. Quand bien même le dictateur syrien aurait fait usage de cette arme, pourquoi sommes nous des millions à ne plus croire en l'argument "éthique" avancé par ces pays de l'OTAN ?  

De Sidi Bouzid à la Ghouta orientale 

Hormis les mauves et les nostalgiques de Ben Ali, nul ne contestera la spontanéité de notre révolution tunisienne commencée fin 2010 à Sidi Bouzid. Évidemment que des intérêts étrangers se sont mêlés à la cohue générale, mais de tout le "printemps" arabe, la Tunisie demeure le seul pays à donner l'impression de cheminer librement. Nous devons cette liberté relative (ou du moins l'illusion de cette liberté), à notre insignifiance stratégique. Comparée à des pays comme la Libye, l'Egypte ou surtout la Syrie, la Tunisie présente peu d'enjeu dans la région et c'est ce qui nous a sauvé en partie de la guerre civile, ou du retour de la dictature. Certes, des raisons endogènes expliquent le chaos qu'ont connu nos voisins. Les pesanteurs religieuses par exemple, demeurent une des sources évidentes de vulnérabilité (c'est l'argument récurrent que je développe sur mon blog).
Mais il serait intellectuellement malhonnête de ne pas voir dans l'impérialisme Occidental et l'arrogance de cette minorité qui domine la planète, la source de malheur et de désespoir qui habite cette partie du monde. 

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Je vous invite à regarder cette émission de France 2 (voir ici)  qui dévoile les dessous des cartes...  

09 avril 2018

Jacuzzi chez Essebsi

Tous les indicateurs sont au rouge. Le pays est sur le bord du précipice. L'effondrement est imminent. Voilà ce qui ressort de tous les spécialistes, économistes et autres analystes dès qu'on leur tend une plume ou un micro. A mon tour de prendre ma plume rose et de participer à ma manière au catastophisme ambiant. 

Ouverture de la boîte de Pandore

Comme je ne suis pas un spécialiste en économie, je vous épargnerai donc un énième article sur les dangers de l'inflation et sur la cessation de paiement qui plongera bientôt la Tunisie dans la boue crasse d'une Sebkha puante. J'aimerai simplement cogiter avec vous sur le très probable retour de la dictature policière ou religieuse (ou les deux à la fois) sur lequel risque de déboucher l'actuelle situation (pardon pour ceux qui croyaient que j'allais détendre l'atmosphère).
Nous avons vu depuis la Révolution, combien chaque crise fait ressortir alternativement nos deux principaux démons: La matraque ou la barbe. Les deux nous attendent au tournant dès que ça va mal. Nous n'avons jamais réussi à les contenir, et à chaque moment de faiblesse, ils ressortent de notre boîte de Pandore et s'en prennent à nous. Tant que nous n'aurons pas su les affronter, et les regarder droit dans les yeux, alors nous vivrons sous leur perpétuelle menace. Plus grande est leur menace en ce moment-même où le pays souffre de sa plus grave crise économique. 
L'IVD (Instance Vérité et Dignité) malgré ses défaillances, est la seule institution née de cette volonté d'ouvrir la boîte de Pandore afin d'affronter ensemble notre douloureux passé. Mais voilà, à chaque ouverture de la dite boîte, une hystérie collective s'empare du pays et tous les garants de l'ordre établi (BenSimpsons compris), en ordonnent la fermeture immédiate. "Oublions le passé, ne divisons pas le pays" crient-ils à tue-tête. Encore récemment, le parlement en vint presque aux mains quand a été abordée la question du prolongement du mandat de l'IVD (voir ici). Si la gauche et les islamistes, tous deux victimes de la dictature défendent son prolongement, il est évident que l'actuel pouvoir et ses représentants au parlement, héritiers des deux matraques de Bourguiba à Ben Ali, veulent faire taire à jamais cette instance et son irréductible présidente Ben Sedrine. Faire témoigner des victimes ou des bourreaux à la télé nationale, traiter les 63000 plaintes déposées, ouvrir les vieux dossiers, tout ça ne peut que rendre fous les défenseurs du vieux démon de la matraque. Vous les verrez s'agiter au parlement et dans les plateaux télé. Plus mauves ils étaient, et plus virulente sera leur plume contre l'IVD. C'est mathématique, vous constaterez ce phénomène à travers certains médias tels que Businessnews ou chez les ultra-mauves tels que Abir Moussi qui voit dans l'IVD carrément un bras des frères musulmans en Tunisie (voir ici).

Ne pas connaître son histoire, c'est se condamner à la revivre

Cette agitation autour de l'IVD révèle ce rapport ambiguë que nous entretenons avec l'Histoire. De la vénération superstitieuse d'un prophète pédophile né il y a 14 siècles, à l'idéalisation aveugle d'un dictateur narcissique libérateur de la femme, en Tunisie et comme dans l'ensemble du monde arabe, ce perpétuel tri sélectif de l'Histoire nous condamne à patauger dans ce même dépotoir de l'Humanité.     

  BCE-versus-SBS

En ce terrible moment où le pressant besoin d'historien se fait sentir, voilà donc après un demi siècle de falsification de l'Histoire par l'Etat, depuis l'école primaire à l'université, qu'un certain Faycel Cherif, enseignant-chercheur à l’Institut supérieur d’histoire de la Tunisie contemporaine, s'indigne enfin et accuse...l'IVD ! (voir ici). Pire encore: le "péril" IVD, fait courir à Carthage un autre historien, le dénommé Khaled Abid, qui s'empresse de rassurer le président et de lui rappeler que :"L’historien joue un rôle clé dans la lutte contre toute tentative de falsification, de mensonge ou d’altération de l’histoire, dans la mesure où de telles pratiques risquent d’asseoir une culture de haine et d’aversion, de diviser les Tunisiens et d’instrumentaliser l’histoire pour provoquer des conflits collatéraux politiciens"(voir ici) dixit un historien serrant la main à un bourreur d'urnes, usurpateur d'élections, ministre de l'intérieur d'un ex-dictateur et réconciliateur de corrompus, nommé Béji Caïd Essebsi. J'avoue être à chaque fois dépassé par l'ampleur de la fourberie de nos élites. J'ai d'autant plus mal quand c'est la communauté scientifique qui se trouve elle même contaminée par ce fléau. 

Pourtant, l'IVD ne fait que "soulever des lièvres" pour que des chercheurs puissent faire leur travail. Que des témoignages puissent diviser, qu'y a t-il donc de plus normal dans une Tunisie déjà divisée depuis l'antiquité ? N'était-ce pas le propre même de tout groupe humain que de cohabiter dans ses divisions de classes et d'intérêts ? Puis, révéler les conflits larvés, évite justement de les provoquer. La bêtise et l'allégeance au pouvoir de cet historien de pacotille hantera mes nuits, je le sais déjà.   

Et ainsi donc l'histoire se répète 

Les signes avant-coureurs du retour du démon de la matraque se faisaient déjà sentir depuis très longtemps. Dernièrement, cela a pris une tournure tragique suite au décès d'un supporter de club de foot, repêché mort dans une rivière au lendement d'un match. A la sortie du stade, la police est accusée d'avoir été particulièrement violente avec les supporters et d'avoir poussé le jeune Omar Abidi à plonger dans l'eau alors que celui-ci leur avait pourtant dit qu'il ne savait pas nager. "vas y, apprends à nager, saute!" aurait dit un agent selon le témoignage du frère de la victime (voir ici).  

Noyadejaccuzi

Cette grave bavure policière passe complètement inaperçue, car les médias comme les historiens ne sont pas à Carthage pour un "j'accuse!", mais pour un jacuzzi party avec Essebsi...

27 février 2018

Forêt de Radés: Massacre à la tronçonneuse !

Le seul endroit où l'on a vu des piétons tunisiens marcher normalement, c'est à la Mecque autour de la Kaaba. Quand ils rentrent au bled, ils redeviennent des chiens apeurés et traqués par les automobilistes, car il n'y a presque plus de trottoirs chez eux. Des routes par-ci, des autoroutes par-là, des échangeurs et des bretelles en veux-tu en voilà. C'est circuler il n'y a rien à voir! 
Le chômage, nos ingénieurs des ponts et chaussées ne connaissent pas. Au nom d'un modèle de développement des années 60, notre  ministère de l'équipement continue depuis l'indépendance à appliquer la même recette de l'après guerre: Le tout automobile! Aucune politique sérieuse de transports alternatifs, de pistes cyclables, de passages piétons. Alors, on goudronne, on bétonne, on coupe des villes en deux, on sépare des quartiers, on tue des rues... pourvu que ça roule

La forêt de Radés menacée par une voie express

La névrose du goudron devient pathologique quand elle s'attaque aux parcs naturels. Il y a eu déjà la tentative de tronçonner le Parc du Belvédère (voir ici) pour faire passer une voie express. Si la popularité de ce grand jardin situé en plein coeur de Tunis (connu surtout pour son zoo) a réussi à mobiliser les associations qui ont bloqué le projet, on se demande ce qu'il en sera du Parc Farhat Hached à Radés menacé en ce moment par la même psychose autoroutière.
Complètement méconnu des Bensimpsons de la Banlieue nord, cet énorme parc de 270 hectares (3 fois le Belvédère) est aussi un mystère pour ses propres riverains. Enclavé par des voies express de toute part, ce poumon de la banlieue sud est quasiment inaccessible au piéton. J'ai d'ailleurs failli me faire écraser deux fois en essayant de m'y rendre à pied ce dimanche. J'ai fait le déplacement depuis ma Sebkha pour assister à la manifestation organisée par la sympathique Association de Mégrine pour l'Innovation et la Sauvegarde (AMIS). Le rassemblement n'avait pas mobilisé les foules, mais avait permis au moins de faire une visite du site et de se rendre compte de la tragédie qui se prépare:

Prélude au cataclysme

Ce parc est constitué d'une somptueuse forêt d'Eucalyptus plantés à l'époque du protectorat. En 2002 une petite partie sera aménagée et inaugurée par Zaba en personne. La Révolution sonne le glas. Les quelques équipements (buvettes, kiosques, éco-musée...) parsemés à travers les bois, sont abandonnés et sentent le pipi. L'État laisse pourrir les lieux au point de tolérer -voire organiser- l'installation d'une gigantesque décharge d'ordures ménagères et industrielles dans la zone sud du parc...
  

PLAN1

Tous les ingrédients sont réunis pour achever le taureau. Il ne manque plus que la rocade finale !
La voilà justement: au nom de la fluidification du trafic et pour le désengorgement des accès au stade de Radés, le ministère de l'équipement "propose" de relier par voie express, la cité olympique à la route périphérique de la Sebkha (Le tracé de la nouvelle route est dessiné en jaune dans le schéma ci-dessous). Qu'importe la mutilation d'un parc naturel tant que ça circule et que ça roule. D'après l'association, le projet était dans les cartons depuis bien longtemps (depuis l'époque de Sama Dubai) et la décision a été arrêtée sans prendre en considération les propositions et les avis de la société civile, des associations et des structures environnementales (voir ici) .... Maintenant que l'appel d'offre est lancé, on n'attend plus que le signal de départ...

PLAN2

Mes amis, ce débat ne devrait même pas avoir lieu: L'idée de prioriser la circulation automobile sur les espaces verts est une déclaration de guerre contre les riverains, contre l'environnement et une aberration totale dans une époque où les défis écologiques sont devenus prioritaires. Puis surtout, au-delà de l'argument écologique, il y a lieu de s'interroger sur cette formidable énergie et ces milliards que déploie l'État dès qu'il s'agit de chier de l'asphalte, alors que ce même État ne cesse de déplorer sa faillite quand il est question de gérer ses services publics, ses espaces verts et ses équipements culturels toujours en ruine. Avec l'opacité intrinsèque qui caractérise ce genre d'opération et avec l'absence totale de concertation, on est en droit d'imaginer que derrière ce manège, se cachent d'autres motivations ...  

Derrière chaque  tabou, se cache un marabout

Ne nous échappera pas, à la simple lecture des cartes, la troublante proximité entre le futur grand mall Azur City, et la rocade en projet. Ce gigantesque centre commercial, dont le chantier est visible depuis la A1, serait directement accessible à la banlieue nord une fois que sera connectée la voie express de la Sebkha avec la cité olympique de Radés. Les Bensimpsons de la Marsa pourront enfin apprécier les eucalyptus de la forêt de Radés en les rasant à grande vitesse pour aller chez "Géant".
Ceci mes amis n'est qu'une hypothèse, mais en cette période d'élections municipales, puis surtout 7 ans après la Révolution, il est plus qu'urgent de s'interroger sérieusement sur cette catastrophe nommée ministère de l'équipement et ses occultes relations avec le grand capital ! Cette question est d'autant plus prégnante lorsqu'on creuse un peu plus et que l'on découvre que derrière cet hypermarché, se cache l'une des plus grandes figures de la mafia Ben Aliste : Sidi Mabrouk en personne, le marabout orange (voir ici)!  

L'arbre qui cache la forêt

Chers amis, cette histoire de forêt de Radés n'est peut-être qu'une goutte dans un océan d'abus et de crimes à grande échelle dont nous ne nous rendons même pas compte. La prétendue lutte contre la corruption menée par "Super Jo" ne pourra jamais rien contre un système où les grands cartels capitalistiques sont incestueusement connectés aux rouages de l'État. Car le pire dans tout cela, c'est que rien n'est illégal: On peut supposer que les frères Mabrouk par leurs relations intimes avec le pouvoir, avaient déjà connaissance avant tout le monde du projet de la voie express pour justifier l'emplacement de leur business. Ou le contraire, que la route a été motivée par l'anticipation du trafic que générera le futur mall. A la question l'oeuf ou la poule, nous savons simplement que dans cette basse-cour nous demeurons les dindons de la farce. Alors reprenons du début:

RADES

Pour suivre de plus prêt cette affaire, vous pouvez vous abonner à la page de l'Association de Mégrine pour l'Innovation et la Sauvegarde.

Conclusion

Cette agression du parc de Radès, devrait être l'enjeu d'une lutte urbaine plus large et plus offensive. Il est temps de dresser dans notre pays la liste des Zones à Défendre (ZAD) et d'agir de manière efficace pas seulement par le biais des médias (eux aussi imbriqués dans les cartels capitalistiques), mais par l'action concrète: le squat et le scandale continu!
En tant que sebkhiste _Z_ediste et ZADISTE convaincu, je me tiendrai à votre disposition pour vous informer et répertorier sur ce blog, toutes les agressions maraboutiques contre notre espace public.
Répétez donc avec moi:لا بوكرنين الاّ بوكرنين، ولا سبخة الاّ السّبخة

08 février 2018

Musk s'est converti à l'Islam !

A chaque exploit spatial, à chaque sonde, fusée ou robot envoyé dans le ciel ou posé sur Mars, je plonge dans une crise existentielle. Pourquoi le hasard m'a fait donc naître dans des contrées où l'on est encore à discuter du sexe des anges et de la taille de la chleka du prophète?
Je me rassure en me disant, que les gens de ces pays du nord, sont des individualistes capitalistes sionistes, qui ont colonisé nos pays, qui ont soutenu nos régimes corrompus et que leurs joujoux technologiques, ils les doivent en partie à nos richesses spoliées et à notre main-d'oeuvre exploitée. Alors je vois donc, dans ma lutte picturale contre le capitallahisme et la dénonciation de la corruption un sens à ma vie. Puis je ferme les yeux, la conscience tranquille et je m'endors.

Le matin

Je me réveille brusquement. Je fais le bilan de mon action sur terre et me rends compte que finalement toutes mes énergies créatrices (la caricature) ont été captées par une lutte prétendument éthique, celle du dominé contre son dominant. Une lutte qui me rend même incapable de me réjouir et de m'approprier en tant qu'être humain, les exploits de Musk, de Curiosity ou de la NASA. Une lutte d'arrière-garde, lointaine des grands défis de l'Humanité. Tout ça à cause de cette foutue grille de lecture qui ne voit dans le progrès technologique qu'une provocation supplémentaire contre notre condition de dominés.

Comment me suis-je fait donc injecter ce poison du "dominé" ?

Je détecte dans l'idéologie religieuse conjuguée aux derniers échecs cuisants de l'histoire arabo-musulmane, la source même de cet empoisonnement. Permettez-moi ce raccourci. J'ai le droit de faire ma propre psycaricature. Oui, je prétends que cette mixture, (Islam +l'humiliation de la défaite) plantée dans ma tête d'enfant depuis l'école primaire, est le moteur de mon obsession inconsciente pour le clan, pour la oumma et ce au détriment de ce qui constitue en moi l'individu. La Palestine incarne à cet effet la dernière strate "psy-géologique" de ces défaites arabes catalysant à la fois le fort sentiment d'appatenance, au même temps que l'effacement de l'individualité. De cette dépossession (de l'individualité), les êtres humains nés sous nos cieux peuvent facilement se perdre dans des luttes abstraites et aliénantes, allant jusqu'à se faire exploser en Syrie ou à faire de la cause Palestinenne leur lutte prioriaire. 
Et quand bien même émergerait l'individu, il se perd lui-même dans des luttes internes de libération de son individualité. Regardez combien nos artistes, nos écrivains, nos cinéastes, nos philopsophes perdent leur temps d'abord à lutter pour leur liberté de s'exprimer avant même de commencer à s'exprimer. Et quand ils s'expriment c'est encore pour parler de leur difficulté de s'exprimer en tant qu'individus. Une tautologie dans laquelle l'intellectuel arabe est condamné à parler de sa condition d'intellectuel arabe.  
Certes, ces luttes aussi tautologiques soient-elles, sont un préalable nécessaire à la libération totale de l'individu. Mais nous y perdons nos plumes et nous nous égarons à chaque fois un peu plus de la lune, de Mars et des étoiles. Remarquez d'ailleurs, que ce texte est lui-même une parfaite illustration de ma condition tautologique.

Pour conquérir Mars, marchons d'abord sur la Mecque !

Ceci n'est qu'une énième caricature tautologique qui n'a pour simple effet que de me libérer symboliquement de mon énorme frustration de me sentir plus proche de la sphère d'influence du pipi d'un Ben Salman que des joujous technologiques d'un Elon Musk...

FalconHeavy

Tiens ! à propos du prince héritier saoudien, le jeune et beau Ben Salman Al Saoud : la presse occidentale vient de révéler qu'il est propriétaire d'une des plus chères demeures au monde: une sorte de château Louis XIV de 275 millions d'euros (voir ici). Cette somme colossale compte pour du pipi comparée à tout ce que cette monarchie dépense en propagande moutonnière allahiste et en armement. Au nom de la fraternité religieuse, et de leur statut sacré de gardien du temple, la foule giratoire continue à renflouer les caisses de la boîte noire et à fermer les yeux sur le massacre que ces wahhabites font subir depuis 3 ans au Yémen...
Comment le dire simplement ? ....Allah n'existe pas. Musk est grand !

Et la révolution tunisienne dans tout ça ?

Le renversement du régime de Ben Ali, avait pourtant ouvert la voie à des revendications politiques et sociales. Mais il était aussi question de revendications philosophiques inscrites dans le temps long. Oui, l'émergeance de l'individu était devenue un projet plausible dans la nouvelle Tunisie, et nous l'avons observé par le dynamisme des artistes et le renouveau du cinéma. Sur tout le reste, nous nous sommes coltinés les pesanteurs et conservatismes du passé. Comme si une fatalité nous condamnait à ne jamais sortir du carcan moutonnier. Même "l'occident" qui avait promis d'aider la nouvelle Tunisie, nous abandonne à notre sort et nous écrase par le poids de la dette. Voulant punir notre élite corrompue et incompétente, c'est tout le pays qui paie la facture.Tiens ! en ce moment même nous apprenons que l'Europe vient de blacklister la Tunisie (voir ici)   

blackliste
(recyclage d'un dessin paru sur le blog )

Sinon, vous pouvez aussi vous convertir au Boukornisme. Ça ne nous mènera pas sur Mars, mais ça nous fera de belles Celtiades sous le clair de lune...
لا بوكرنين الاّ بوكرنين، ولا سبخة الاّ السّبخة

 * Le 6 Février 2018, Elon Musk, entrepreneur de génie et patron de Tesla, envoie en orbite une voiture électrique de sa fabrication, grâce à la fusée la plus puissante au monde, Falcon Heavy,  fabriquée par la société SpaceX, du même Elon Musk.

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01 février 2018

Au poil, pour accueillir Macron...

La cosmétique, les tunisiens connaissent.
Le régime de Zaba était d'ailleurs un spécialiste en la matière. La poussière sous le tapis, les voix dissonnantes au placard, pourvu que l'image du salon soit reluisante et que l'on fasse bonne figure, surtout si l'invité est de marque.
L'ATCE* (qui aurait pu être l'acronyme de l'Armée Tunisienne de la Cosmétique et de l'Esthétique) était le bras armé de ce système de propagande contre la vérité. On y soudoyait les journalistes et les experts étrangers ou alors on faisait taire les "iconoclastes" (étymologiquement, briseurs d'images). Ce concept de l'image virait à l'obsession religieuse, au point que des Borhane Bsais, Mezri Haddad et toute la bande de l'ATCE, pouvaient contre vents et marées, défendre mordicus la théorie de la platitude de la terre, pourvu que l'on ne touche à la sacro-sainte image du bled. 

Préparation de la mariée

Le régime a eu chaud en plein mois de Janvier. La tension sociale était à son comble. On dénombre un mort des suites de terribles affrontements avec la police. Le gouvernement s'empêtre dans son autisme habituel, mais cette fois le fossé se creuse dangereusement entre la population et ses dirigeants. La rupture est quasi consommée et le pouvoir n'a plus d'autre choix que de ressortir du placard les bonnes veilles recettes du passé. La présidence a donc annoncé la réactiviation de l'ATCE (voir ici) et au même temps le ministre de l'intérieur menace frontalement les journalistes et les blogueurs (voir ici)...comme au "mauvieux" temps. 
C'est dans ce contexte électrique, que le président français visite la Tunisie. Pour le régime à l'image écornée, ce déplacement du jeune Roi soleil est symboliquement de haute importance. On ne devait rien laisser au hasard. Même les routes, les trottoirs et les jardins que l'oeil du Macron pourrait percevoir, seront repeints, vernissés, épilés, pourvu qu'aucun poil subversif ne vienne gâcher le spectacle de cette pauvre dame Tunisie...       

HAMMAM

*ATCE: Agence Tunisienne de Communication extérieure. Fondée en 1990, afin de renforcer la présence, dans les médias étrangers, de la Tunisie et sa politique nationale dans tous les domaines. Par la suite, Abdelwahab Abdallah, alors conseiller du président Zine el-Abidine Ben Ali et proche de son épouse Leïla, en fait le principal organe de répression pour mettre au pas les médias qui aspirent à la liberté d'expression en Tunisie. Principal outil de propagande du régime, l'ATCE permet ainsi de contrôler toute émergence de la société civile et de promouvoir l'image de Ben Ali au-delà des frontières en se permettant de corrompre certaines personnalités médiatiques étrangères. Après la révolution de 2011, elle est suspendue avant d'être formellement dissoute en 2012. (lien Wikipedia)

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29 décembre 2017

Débargentine

J'ai installé une sebkha provisoire en Argentine pour suivre les deux expositions de mes dessins, l'une au Musée d'anthropologie et l'autre à l'Alliance française. Ces deux petits événements "culturels" ont lieu dans la ville de Cordoba, où je suis amicalement accueilli par mes hôtes de l'université nationale de Cordoba (UNC). Entre-temps, je me la coule douce dans la Sierra au pied de la cordillère des Andes.  

Z-argentine-1

D'ici, la Tunisie semble bien lointaine et les bajboujeries zaballahiques bien dérisoires. Les luttes qui se jouent dans ce pays de l'Amérique Latine me paraissent plus proches de l'essentiel. On se bat d'abord contre le capitalisme et ses diverses manifestations. En ce moment par exemple, des jeunes sortent par milliers pour dénoncer la réforme des retraites dictée par le FMI (voir ici). Certes, l'ambiance n'est pas à la fête, et les affrontements avec la police furent d'une grande violence. Certes les médias semblent aussi partiales et soumises à l'argent et au pouvoir comme chez nous. Mais bordel comme ça fait du bien de ne pas voir certains ramener Allah et son prophète dans le débat...

Emiratage

Me croyant loin des affaires arabes, depuis ma hacienda boukorniste, je n'ai pu échapper à la dernière scène de ménage tuniso-émiratie. Tout a commencé par la soudaine décision de la compagnie aérienne "Emirates", de bannir les tunisiennes de ses vols. Le 22 Décembre, des dizaines de voyageuses se sont retrouvées bloquées tout un week-end dans des aéroports (voir ici). Il est question, selon les timides explications du secrétaire d'Etat émirati aux affaires étrangères, de simple mesures de sécurité...

EMIRATES

Selon les dires de certains, cette histoire cache un différend géopolitique entre les deux états. Il s'agirait d'un avertissement adressé par ces enturbannés au président Essebsi, qu'ils considèrent un peu trop proche de leur ennemi juré : le Qatar. L'interdiction des tunisiennes n'est que simple diversion. Mais notre gouvernement incapable d'expliquer publiquement la raison de cette crise, préfère montrer ses muscles pour sauver l'honneur de la "Femme tunisienne". Mais voilà que tout le monde s'y met, et les politiques et les artistes. Pour nos populations, si ce n'est pas Allah ou son prophète, c'est le corps de la femme qui passionne nos foules et nous égare encore une fois, des vrais débats...
Excusez-moi, mais c'est l'heure de la sieste.

Z-argentine-2

 

08 décembre 2017

Trump touche au sacré

Trump avec son allégeance pavlovienne au sionisme, conjuguée à son racisme anti-arabe, déclare unilatéralement Jérusalem capitale d'Israël. Moi qui adore par mes dessins toucher au sacré et moquer les symboles religieux, j'avoue m'être senti très indigné et touché dans ma fierté "arabo-mulsmane" en apprenant la nouvelle. Si si! Mon "arabo-musulmanité" a été touchée et mes pulsions grégaires m'ont dicté de sortir rejoindre le troupeau dans la rue et hurler à bas l'Amérique et les sionistes!       

TRUMP

Soyons sérieux

La cause palestinienne est bien au-dessus des appartenances culturelles et heureusement, elle mobilise aussi au-delà de nos frontières. Je ne peux cependant m'empêcher de m'interroger sur l'extraordinaire énergie qui inonde la "rue arabe" à chaque attaque symbolique (ou surtout territoriale) contre la Palestine. Extraordinaire car elle peut dépasser par sa puissance l'indignation que provoque des atteintes plus quotidiennes que sont les politiques libérales et la corruption des mafias au pouvoir (coucou Bajbouj!). Qu'est ce qui peut donc motiver cette fabuleuse riposte de la rue, capable de s'organiser instantanément et en grand nombre? (voir ici). Qu'a bien pu réveiller Trump en chaque "arabe" pour justifier cette colère?
Peut-être justement ce sentiment d'appartenance à "l'arabité", (communauté à définir) qui se manifeste ponctuellement le temps d'une colère contre une atteinte à ses symboles. 

J'avoue que ma lutte pour l'affirmation de l'individu se heurte à la dure réalité de ce sentiment inconscient d'appartenance. Oui je hais l'idée d'appartenir à un clan, à un groupe ou à une communauté. Mais comment faire dans ce foutu monde arabe, pour concilier à la fois cette difficile aspiration de l'individu à se libérer de la communauté, sans pour autant accepter de voir cette même communauté arabe humiliée chaque fois par des imbéciles comme Trump ou comme Netanyahou?

Je pense pouvoir être réconcilié avec cette appartenance si nos communautés "arabo-musulmanes" déploieraient comme à l'époque de la Révolution, leur génie colérique d'abord contre ses ennemis intérieurs. Ce n'est peut être qu'en Tunisie qu'on a réussi à le faire en partie, et ce en chassant Ben Ali. En 2009 je souhaitais déjà qu'on puisse économiser une partie de cette colère anti-Israélienne pour en faire usage contre notre propre oppresseur (voir ici). Ce souhait fut exaucé en 2011. Aujourd'hui nous nous devons de canaliser en priorité cette colère pour chasser les militaires d'Algérie, le roi du Maroc et tous les dictateurs qui humilient au quotidien ces populations dites arabes. Mais ceci n'est possible que si l'on se débarrasse une bonne fois pour toute du logiciel qui régit le système: La religion et ses protecteurs à la Mecque.

Marchons sur la Mecque:    

Trumpallah2

(dessin déjà paru sur debatunisie ici)

De la pensée je passe à la caricature et je réduis la complexité d'un problème à une boîte noire. Mais comment chers amis, ne pas être tenté par la caricature et voir simplement que les rois d'Arabie, pour le maintien de leur fortune colossale -qu'ils doivent en grand partie aux américains- vendraient père, mère et la boîte noire pour ne jamais trahir la maison blanche. Leur prise en otage des lieux saints et l'autorité religieuse qui en découle, leur donne un prestige et une légitimité qui en fait d'office les porte-paroles de ces millions de pèlerins.       
"C’est le New York Times qui a levé un coin du voile sur les coulisses de ce vaste jeu de dupes. Selon le grand quotidien américain, le nouvel homme fort de la monarchie wahhabite a rencontré, le mois dernier, Mahmoud Abbas, chef de l’Autorité palestinienne, afin de lui faire une proposition: renoncer à faire de Jérusalem-Est la capitale du futur État palestinien au profit d’Abu Dis, une localité située au sud-est de la ville sainte. Cette proposition a été simplement dictée par Trump afin de satisfaire les ambitions israéliennes et reconnaître Jérusalem capitale de l’État hébreu. Le président fantoche de l'autorité palestinienne, n’aura pas voix au chapitre ni encore moins les millions de pèlerins qui continueront à tourner en rond." (texte inspiré par cet article

Conclusion

Israël "nous" humilie aussi parce que nous acceptons de nous faire humilier au quotidien par les wahhabites et leurs chiens de garde arabes locaux que sont nos dictateurs et nos corrompus. Alors quand déploierons-nous cette même énergie contre l'État sioniste, pour chasser du temple l'État capitallahiste ? Et pour quand alors une campagne de boycott contre le pèlerinage sous wahhabisme, aussi efficace que BDS?

04 décembre 2017

Le vide électoral

J'ai beaucoup de choses sur le coeur, mais je ne sais par quoi commencer. Peut-être vais-je procéder de manière mécanique. J'énumérerai des faits et des pensées mais n'y cherchez aucun fil conducteur. 
Alors pour commencer je vous souhaite une joyeuse Assida. Certes l'explosion du cours de Zgougou donne à l'Assida un certain goût amer. Même que l'ambassadeur de France, connu pour son exotisme oriental, a dû se contenter cette année d'une Assida sans Zgougou façon "tarte tatin". Ceci nous est bien expliqué par ce journaliste très renseigné du Huffpost (voir ici)... Je ne sais pas pourquoi je vous parle de ça.
   
Elections municipales 

Est-ce parce qu'il est énorme que l'on ne le voit plus? Je parle du vide qui nous a avalé depuis deux ans. On s'est fait avaler et dans notre perdition existentielle on continue à nous faire tout avaler. De l'Assida Tarte tatin de monsieur l'Ambassadeur, au projet de loi liberticide en faveur des poulets, pour ne citer que cela, voilà comment médias poubelles et partis nous égarent chaque jour d'une échéance électorale qui aurait pu être l'enjeu d'un vrai débat national : Les municipales !
Dans de telles conditions chers amis, vous pouvez être sûrs que nos bulletins de vote déboucheront sur du néant et du vide intersidéral...  

VIDE

Initialement prévues pour ce mois-ci, les municipales ont été reportées pour Mars 2018 mais sans aucune certitude. L'Instance responsable des élections (l'ISIE) a d'abord été bloquée et sabotée obligeant son président à démissionner. Puis nos deux cheikhs se sont mis d'accord pour mettre un certain Mohamed Tlili Mansri (voir ici) à la tête de l'Instance. Quelques voix se sont élevées pour dénoncer une atteinte à l’indépendance de l’ISIE, mais les jeux étaient déjà faits. En plus de s'être assurés des élections à venir, nos deux cheikhs renforcent leur majorité en intégrant Slim Riahi (l'ennemi public d'hier) dans leur coalition au pouvoir...

partouzemunicipale

Les jeux sont donc faits. Il ne sera pas question de discuter des politiques municipales, des marchés publics, des trottoirs, des poubelles, des espaces verts, des équipements publics ou culturels. On ne discutera ni architecture ni urbanisme ni infrastructure, il ne sera question que de partage d'Assida entre les uns et les autres et ne comptez ni sur les médias, ni sur les partis d'opposition pour remettre sur les rails le débat confisqué.

Slim Riahi     

Vous vous rendez compte que ce mafieux gominé, vient d'être réhabilité dans les hautes sphères politiques ?! Alors qu'il est encore sous la menace de la Justice, le revoilà de nouveau membre du club privé de Carthage. Les amis, je ne sais plus à quoi ça sert de tenir un blog, si ce n'est pour n'être que le témoin de sa propre impuissance.
J'ai décidé donc de me rendre plus utile en ouvrant un cabinet de "psycaricature". C'est le site Nawaat qui m'offre un local pour exercer ma nouvelle profession. Alors si vous êtes au pouvoir, si vous dirigez un média ou club de foot, si vous ne savez plus quoi faire de vos milliards, venez vous faire soigner sur mon divan, c'est remboursé par la CNAM ! Slim Riahi est donc mon premier patient. Anxieux depuis qu'on a gelé ses comptes, il souffre de ce qu'on appelle une angoisse de castration. Mais cela ne semble en rien affecter sa "Libye-do"...

RIAHI

Je vais essayer de tenir le rythme sur Nawaat dans cette rubrique qui m'est dédiée. J'aurais un patient VIP chaque mardi. Je vous promets qu'il n y aura pas de secret médical et que le diagnostic sera rendu public dans la transparence la plus totale !

Boukornisme   

L'Etat tunisien n'aime pas les montagnes. C'est à cause du Chaambi que beaucoup de nos soldats ont été tués par des terroristes embusqués. L'Etat tunisien aime encore moins les jeunes qui font de la montagne. Ce sont souvent des terroristes en puissance. Faute de ne pouvoir les raser, toutes nos montagnes seront bientôt militarisées. Des randonneurs boukornistes ont en fait les frais tout récemment. Ils ont été condamnés à une peine de 15 jours de prison pour avoir emprunté un circuit situé en zone militaire. Ce n'est pas une blague. Cette affaire a suscité l’émoi et la colère des internautes...(voir ici)    

pelerinage

Exposition en Argentine

Le hasard de la vie m'a fait croiser des amis argentins qui souhaitent m'inviter en décembre dans leur musée d'anthropologie. Évidemment, un caricaturiste tunisien invité à l'étranger ce n'est pas un artiste envoyé par le ministère du tourisme pour faire la promotion de son bled. J'y vais au contraire avec mes cartons pour mettre à poil nos dirigeants, nos responsables et nos hommes d'affaire. J'y vais pour témoigner de la communauté de destin (ou dessin) qui nous unit nous autres, arabo-latino-afro-américains, tous en guerre contre un capitallahisme planétaire. L'Argentine est un pays comme nous autres, libéré d'une dictature mais en proie à des réconciliations contre-nature entre l'ancien et le nouveau. J'ai proposé au musée d'anthropologie d'utiliser mon dessin de l'Homo Sebsus en guise de carton d'invitation officiel :

BANNER

PS1: L'exposition se tiendra du 14 Décembre 2017 au 20 Février 2018 au "Museo de Antropologia" de la ville de Cordoba. La page Facebook de l'évènement est: https://www.facebook.com/events/1995346840747498/   
PS2: Je suis disposé parallèlement à l'expo, à enquêter sur les prétendus biens de ZABA oubliés en Argentine.
PS3: A mes amis boukornistes, sachez que l'expo n'est qu'un prétexte pour répandre la bonne parole sebkhiste dans le nouveau continent. Répétez donc avec moi: 
لا بوكرنين الاّ بوكرنين، ولا سبخة الاّ السّبخة 

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01 novembre 2017

Complot Contre Islam

Encore une fois, l'Islam est victime de diaboliques machinations. L'un de ses plus illustres représentants, Tariq Ramadan, brillant prédicateur connu dans toute l'Europe, est visé par plusieurs plaintes pour agression sexuelle.

TARIQ-RAMADAN

Bien sûr, il s'agit là d'un autre coup des sionistes. S'ils ont fait tomber l'un des leurs, Weinstein, c'est seulement pour mieux camoufler leur diablerie contre Ramadan...(j'ai lu ça quelque part sur un des nombreux forums de fans de Saint Tariq) 

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27 octobre 2017

Banalisation du Benalisme

Il y a à peine un mois, L'Etat tunisien s'engage avec la Banque mondiale pour un projet de 60 millions de dollars destiné à lutter contre le chômage des jeunes (voir ici). Depuis Ben Ali, l'état multiplie ces accords fantômes et les jeunes continuent à affluer par milliers sur les côtes italiennes dans des débarquements fantômes. Le 8 Octobre un bateau militaire tunisien percuta une embarcation de 70 migrants aux larges de l'île de Kerkenah (voir ici). Un dernier bilan fait état de huit morts et plusieurs disparus...  

MORT

A part la vitrine démocratique et la liberté d'expression acquise, on peut dire que Ben Ali n'est jamais vraiment parti. La corruption et le chômage demeurent. Puis surtout, se reconstruit sous nos yeux, cette énorme citadelle qui sépare le pouvoir de ses administrés. Certes nous avons le droit d'aboyer, mais avec la lassitude et la déception générale, nos voix deviennent inaudibles. 
La meilleure illustration du retour du Benalisme se traduit par la remise au goût du jour de ses symboles. Je ne parle pas ici des figures mauves revenues depuis longtemps sur la scène politique. On s'en est presque habitué. Je parle ici de L'architecture mauve qui se manifeste magistralement par la Cité de la Culture, laquelle ouvrira bientôt ses portes (voir ici).      

CITE-DE-LA-CULTURE

Ce projet pharaonique commencé par Ben Ali en 2003 était à l'image de la médiocrité du dictateur: énorme par sa monumentalité et minuscule par son esprit. Ce bâtiment résume à lui seul le drame du monde arabe, où l'on embarque les architectes, les artistes, les maçons et les ingénieurs dans un projet qui ruine le budget de l'Etat, pour satisfaire les caprices d'un despote mal éclairé, sans goût et sans culture. Tout un système s'est mis en place où constructeurs, fonctionnaires et gens de la culture se sont goinfrés en bandes organisées pour nous vomir un bâtiment resté inachevé. La Révolution a eu raison de cette bêtise monumentale mais l'oeil de Ben Ali du haut de sa boule, a continué à nous guetter durant le tumulte révolutionnaire.
Mais voilà, le chantier a repris sous Essebsi et sous la conduite du ministre de la culture, le mauveux Mohamed Zine El Abidine. Ce dernier fait partie de ces figures intellectuelles politisées (tel que Mezri Haddad) qui ont bradé leurs chaires universitaires pour des sièges au pouvoir. Comme le relève cet article de Nawaat, l'actuel ministre de la culture a fait l'objet de nombreuses critiques lors de sa nomination en août 2016. Dans une pétition à charge, des artistes rappelaient justement son activisme mauve, et sa flagornerie pour Ben Ali (voir ici)...
Bref, la Cité de la Culture marque le ratage complet du volet culturel de la Révolution. Rien de nouveau à l'horizon quand on sait déjà entre quelles mains est tombée cette dite Révolution..

cimetiere

11 octobre 2017

Le Cours, le Cœur et le Corps

Le président Essebsi, en visite officielle à Sousse la semaine dernière, a réveillé toutes les cellules dormantes de la flagornerie nationale. Ils étaient tous là au Rendez-vous pour lui offrir un accueil digne d'un vrai Ben Ali. Comme au Mauve-vieux temps, on a mobilisé les écoliers pour venir applaudir sa Majesté...

CLASSE

Des voix se sont élevées ici et là pour condamner le retour de ces pratiques humiliantes. Mais heureusement que Bajbouj peut compter sur une presse aussi bête que servile qui s'étonne que certains "révolutionistes" s'indignent alors qu'aucun élève "ne semblait embarrassé, ou dépité de devoir attendre le cortège présidentiel", observe ce très perspicace journaliste (voir ici). L'auteur de cet article a du se reconnaître dans cette jeunesse dressée à applaudir. 

Quoi de neuf docteur ?

Notre ministre de la santé, Slim Chaker, meurt d'une crise cardiaque après avoir participé à un marathon organisé au profit d'une association de lutte contre le cancer (voir ici). Que Boukornine ait pitié de son âme. Tout le monde est unanime, le président, les ministres, les médecins et tous les Ben Simpsons de Sousse à La Marsa : Le ministre est un homme exceptionnel et il n'est nullement victime des défaillances du système médical...dont-il est le patron. 

CHAKER

Un blogueur qui s'est avisé d'un commentaire acerbe contre le ministre*, se retrouve aujourd'hui dans le collimateur de la police. Ce blogueur n'est autre que Sleh Dine Kchouk, président du parti pirate tunisien. Réfugié en France, ce dernier dénonce une cabale menée contre sa famille. Ainsi, raconte-t-il :"Menacé par des matraques brandies sous ses yeux rongés par le diabète, mon père s'est vu sommer de répondre de mes activités politiques desquelles il est extérieur. En effet, contrairement à Monsieur Caid Essebsi, Président de la République actuellement en place, nous ne faisons pas de politique en clan familial, et je reste seul responsable de mes positions". ( lire cet article et le droit de réponse du blogueur publié en commentaire) 
Bref, je devrais rajouter les ministres décédés, dans ma liste des figures sacrées, après Allah et son prophète.

Le bisou

Comme nous l'observons depuis quelque temps, le régime policier se reconstitue progressivement. Parmi ses derniers faits d'armes, citons la désormais internationale "affaire du bisou": Le 5 Octobre, un Franco-Algérien et une Tunisienne, sont arrêtés à Tunis pour atteinte à la pudeur. Ils se seraient embrassés sur la voie publique (voir ici).

BISOU

Cette histoire de "bisou", n'est que la partie émergeante d'un Iceberg plongé dans les profondeurs des marécages troubles de notre culture, où se mélangent les poisons de la religion, de la flicaille, d'une justice aux ordres et du voyeurisme malsain d'une société frustrée sexuellement...
Tout commence à l'école, nous y reviendrons dans un prochain post... 

* Les propos du blogueur Sleh Dine Kchok : "Chaker a vécu en vendu et il est mort en vendu. La dernière fois qu'il fut interrogé sur le développement du système de santé et l'acquisition de nouveaux équipements médicaux, il avait exprimé son refus au prétexte que le pays n'en manquait pas. Puis tourne le destin et tombe Slim Chaker recevant les secours juste après sa mort. La Justice divine est la solution. Le même sort attendra Essebsi et Ghannouchi..." (Lu sur FB et traduit de l'arabe) 

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30 septembre 2017

Footballah

C'est au palais de Carthage, dans le grand salon de réception, devant les caméras de télévision, que notre président de la République accueille en chef d'État, le patron de l'Espérance Sportive de Tunis. Ce dernier, Hamdi Meddeb, menace de démissionner malgré l'insistance des supporters du club (voir ici). Notre président garant des grands équilibres vitaux du pays, l'a exhorté de garder son poste. Dans une Tunisie où Allah offre souvent la seule réponse au vide existentiel, nos dirigeants savent combien le Foot fait office de seconde religion...   

Footballah

Notre jeunesse tunisienne n'a jamais été entre de si bonnes mains...  

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22 septembre 2017

Essebsi le Coran-pue

Dans la série des bajboujeries, nous apprenons aujourd'hui le désarroi de Borhen Bsaies (ancien mauvologue, actuel porte-parole du parti du président) qui s'inquiète du probable faible taux de participation dans les prochaines élections municipales (voir ici). Il appelle les partis à se mobiliser pour que le citoyen retrouve confiance dans sa classe politique. Borhen Bsaies est pourtant bien placé pour savoir que cette confiance est inversement proportionnelle à l'apparition de sa gueule à la télé. Je lui propose gentiment de reprendre ses pantoufles du 14 Janvier 2011 et de se contenter de cultiver ses tomates à Grombalia. Cela augmenterait à coup sûr de 20% le taux de participation aux prochaines élections municipales. Si élections il y a...

Report des élections municipales

Ces fameuses élections qu'on attendait depuis la révolution, viennent donc d'être retardées à cause d'arrangements occultes entre partis et ce dans le mépris total du citoyen, qui subit depuis la chute de la dictature, l'absence quasi totale de services municipaux. Le parti du président et ses alliés d'Ennahdha, n'ont pas réussi à respecter le délai prévu car : comme le dit si bien l'ami Sadri khiari, " quand on ne peut pas truquer un match, on l'annule" (lire son article sur Nawaat).
Toutes ces choses ajoutées les unes aux autres, finissent par saper entièrement la confiance de la population envers ses dirigeants. Ce divorce a été déjà officialisé la semaine dernière en faisant voter la loi dite, de la "Réconciliation nationale". La manière dont a été votée cette loi (qui amnistie les anciens fonctionnaires corrompus de Zaba) a révélé le jeu de compromissions entre le palais, les partis et les députés. Super Jo, chef de l'exécutif, super-héros de la prétendue lutte anti-corruption, n'a qu'à repasser ses collants...
Et comme à l'époque de la dictature, le régime tente à chaque mesure impopulaire, de redorer son blason en faisant diversion par une loi carte-postale. C'est dans ce contexte donc, que le président Essebsi annonce en grande pompe l'abolition d'une circulaire* interdisant aux femmes tunisiennes d'épouser des non-musulmans (voir ici)

CIRCULAIRE216

Soyons heureux que soit enfin terminée cette comédie de conversion à l'Islam, jouée depuis 40 ans par un mufti et sa bande de non-circoncis. Cette pièce de théâtre de mauvais goût, coécrite par le ministère des affaires religieuses et la police, a été fabriquée pour contourner la circulaire et permettre aux tunisiennes d'épouser des non-musulmans. Cette mascarade aura trop duré. Nous en sommes à nous réjouir de l'abolition de l'absurde. En plus de tout ça, ces petites "avancées" ont un petit goût amer car elles sont le produit d'un marchandage politique. Puis surtout, elles demeurent purement cosmétiques dans un contexte où l'Islam est religion d'Etat (article numéro un de la constitution). Aucune liberté ne peut donc être totalement garantie quand le Coran -ultime référence- nous pend au nez.

Encore le Coran !

Ce n'est pas moi qui fais mauvais usage du sacré, mais c'est bien notre président qui use du Coran à tout bout de champ. Un verset par-ci un verset par-là, au gré des circonstances. Sa relation obsessionnelle au Coran résume parfaitement la fonction même de ce texte tel qu'il a été conçu par le prophète lui-même il y a 14 siècles de cela : Une arme politique. Si Mohamed  (que Boukornine et la sainte Sebkha le bénissent) avait au moins le génie de rédiger lui-même ses circulaires, Essebsi demeure un piètre suiveur acculé à réciter l'oeuvre du maître. C'est ainsi que dans la dernière interview qu'il donna à la télévision (voir ici), quand le journaliste Sofiane Ben Farhad l'interrogea sur les critiques et les accusations dont il est objet, sa réponse il la trouva dans le texte sacré ** 

FASIQUINS

Convertissez-vous vite au Boukornisme, c'est ici !
لا بوكرنين الاّ بوكرنين، ولا سبخة الاّ السّبخة

Une circulaire est un document interne aux administrations publiques qui permet d'appliquer des textes de lois. Elle n'a aucune valeur juridique en soi. La circulaire 216, a été mise en application en 1973. D'après des informations à vérifier, cette circulaire est le produit de l'arbitraire du ministre Mohamed Sayah qui -fort de son infulence sur Bourguiba- réussit à imposer le texte pour empêcher sa fille d'épouser son petit copain français (Jean Michel ?).  

** Verset de la Sourate Al Hujurat: "Ô vous qui avez cru! Si un pervers vous apporte une nouvelle, voyez bien clair [de crainte] que par inadvertance vous ne portiez atteinte à des gens et que vous ne regrettiez par la suite ce que vous avez fait"