DEBATunisie

03 avril 2020

La malédiction du Progrès

Je ne sais quel auteur avait dit que "la vie n'est qu'un sombre accident entre deux éternels sommeils". J'ai peur de découvrir que derrière cette sublime phrase se cacherait la plume d'un pédophile antisémite sioniste colonialiste et violeur de femmes, et que ma simple évocation de la dite phrase, ferait de moi le complice de ses crimes. J'avoue ne m'être pas bien remis des interminables débats que j'ai pu avoir sur internet et avec quelques amis, sur la sempiternelle question de la séparation de l'oeuvre et de l'artiste.
Oui, l'on peut être le pire des fascistes et compositeur de chefs-d'oeuvre de musique classique. Je reste perplexe quant aux capacités intellectuelles de ceux qui n'ont toujours rien pigé à l'idée simple que des cons peuvent générer du génie, de la même manière que des intelligents peuvent produire de la connerie.  
Mais en ces temps obscurs de Coronavirus, j'en arrive à la conclusion que ces objecteurs de bonne conscience, qu'ils soient activistes féministes, racialistes, libérateurs de la Palestine, renifleurs de l'antisémitisme, véganes et autres écolo-fascistes, ne m'ont jamais semblé aussi futiles que bêtes. Même si j'ai toujours été un sincère allié de toutes leurs causes, je prétends reconnaître le seuil à partir duquel, leur "progressisme" devient contreproductif et absurde.           

La vie n'est qu'un sombre accident entre deux sommeils infinis

J'ai eu le temps entre l'introduction et le début de ce paragraphe de vérifier l'identité de l'auteur de la phrase précitée. Il s'agit d'Alfred de Vigny, qui est un poète français romantique du 19ième siècle. Je suis soulagé de découvrir qu'il n'est ni pédophile ni violeur de femme (du moins de ce que l'on sait), mais il ne devait pas être affecté pas les horreurs de l'impérialisme de son pays, lui qui mena une carrière de militaire d'élite. Bref, tout ce blabla c'est pour me donner le droit de faire mienne cette phrase, par laquelle de Vigny dans ses envolées romantiques décrivait l'insignifiance de l'individu. Je souhaite à mon tour appliquer cette pensée douloureuse à l'échelle de l'humanité toute entière : notre avènement parmi le règne animal, et même la simple vie sur terre, n'est qu'un sombre (ou lumineux) accident entre deux néants du vide cosmique.
Je me demande sérieusement en ces temps étranges de confinement planétaire, dans cette brèche du vide cosmique dans laquelle nous évoluons par accident, en quoi les idées dites "progressistes", celles qui prônent l'égalité entre tous, la collectivisation des moyens de production et le partage des richesses, en quoi la lutte pour l'égalité des genres, les luttes contre les racismes, ou contre le réchauffement climatique, bref toutes ces nobles causes qui nous rassurent, en quoi nous embarqueraient-elles dans une humanité plus valeureuse et signifiante que celle promue par les totalitarismes religieux ou idéologiques, ceux qui croient à la loi du plus fort, à la suprématie raciale, à la loi du marché ou au Darwinisme social et qui...ne sont pas moins progressistes que nous autres.
Et puis surtout vers quelle direction mènera-t-on notre humanité si nous parvenons à nous débarrasser de ces connards contre lesquels nous autres,  les "bien-pensants" du progressisme, nous luttons ? Peut-être que nous trouvons sens à notre existence par ces luttes que nous menons contre eux ? Peut-être que nous avons besoin d'eux pour exister. Et s'ils n'existaient pas, nous les inventerons, nous les fabriquerons parmi nos propres rangs pour avoir contre qui lutter. Nous sommes eux, embarqués avec nous-même dans cette putain de galère... 
       

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Et là, soudain ! 

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La bonne nouvelle dans tout ça, quand sonnera l'heure de l'apocalypse, lorsque le sombre accident entre deux sommeils touchera à sa fin, l'humanité sera encore assez inventive pour se tirer d'affaire. Mais ne vous réjouissiez pas trop vite chers amis, car il y a de fortes chances que nous ne fassions pas partie de ce dernier équipage.
Sinon, comment va Abir Moussi ? 

18 mars 2020

Homovirus : la seule véritable pandémie

Rendez-vous compte chers flamants, camarades des sebkhas, des steppes et des jungles de par le monde, rendez-vous compte peuples de poules, de dindes, de vaches, de boeufs, de cochons et de moutons, rendez-vous compte vous les milliards de martyrs de l'enfer de ce qu'ils nomment industrie agroalimentaire, rendez-vous compte de l'incroyable exploit de notre héros planétaire : Corona. C'est lui le seul, depuis peste et grippe espagnole, à avoir réussi à faire autant trembler notre ennemi commun : l'homovirus !

corona

(pour agrandir cliquez ici)

Avant de devenir homovirus, il était homosapiens. Le seul parmi nous tous à avoir été doté de raison. Ce pouvoir magique qui lui a été confié par la nature, devait faire de lui le sage gardien de notre temple commun. Il remplit son contrat jusqu'à ce qu'il soit frappé par la démence de la théomanie. En inventant le concept du divin, il s'est pris lui-même pour Dieu et se donna le droit de domestiquer la faune et la flore. Il rompit le contrat qui nous liait et entama au nom du concept du progrès le démantèlement de notre temple commun.
Il nous déclara la guerre en nous traitant de bête. Il oublia que n'est bête que celui qui est pourvu de raison. Par sa bêtise l'homovirus creuse depuis sa tombe en se détruisant lui-même au nom du capital, cet autre concept qui s'est peu à peu substitué au divin. Le capital crée au sein même de la communauté humaine une domination de l'homme par l'homme.
Alors à la guerre comme à la guerre, inclinons-nous tous à la gloire de Corona !

...Ou alors convertissez-vous au Boukornisme, seule religion présidée par une bête (flamant rose), et qui réconcilie l'homme à l'animal dans le strict respect des lois de notre temple commun primordial ! cliquez ici
لا بوكرنين الاّ بوكرنين، ولا سبخة الاّ السّبخة

08 mars 2020

Fête de la Ben Simpsonne

Depuis que je me suis fait taper sur les doigts par des féministes qui m'ont révélé mon machisme inconscient, je me soigne. J'ai appris grâce à leur science que j'étais habité par le "male gaze" et que je dessinais avec mon pénis sans le savoir (le choc !). J'ai changé de lunettes depuis et je réapprends à dessiner avec les mains. J'avoue qu'il m'est un peu difficile de me défaire de mes vieux réflexes...

Journée internationale des droits des femmes 

Alors que je souhaitais me mettre à l'épreuve suite à ma nouvelle thérapie et aborder la journée des droits des femmes sous l'angle politique, économique et social, voilà que 50 femmes tunisiennes "influentes" nous exhibent dans les locaux de l'institut de France, leur théorie du genre... 

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Attention ! ne vous méprenez pas sur moi. Je ne suis un pas un vilain réactionnaire choqué par la nudité. Je trouve très séduisantes ces femmes et j'adore la robe scintillante de la chroniqueuse Maya Ksouri (voir ici). Ce n'est pas mon pénis qui parle ici, c'est mon côté esthète. Cependant, à l'aune de #metoo, #enazeda et toutes ces luttes qui ont eu pour enjeu principal la libération du corps de la femme, comment expliquer que notre élite féminine continue à entretenir le spectacle de son corps ? Comment cette belle brochette de tunisiennes qui se targuent de progressisme, réitère le cliché de la femme objet étalant ses atouts féminins comme dans un vulgaire mariage traditionnel ? Certes elles ne sont pas voilées, elles sont modernes et raffinées. Mais elles semblent vouloir revendiquer leur progressisme non pas en vertu de leur engagement politique, mais plutôt à travers leur fantaisie vestimentaire. Nos Ben Simpsonnes se plient (malgré elles ?) au diktat phallocratique sous le regard bienveillant et ô combien paternaliste (et orientaliste) de son excellence l'ambassadeur de France. Heureusement que Maya Ksouri défile en portant un livre, pour rappeler à la communauté des pénis, qu'en plus du vestimentaire, une femme peut porter de la matière grise. Ouf ! l'honneur des femmes est sauvé !
Bref, la phallocratie n'est pas le monopole des pénis, nos Ben Simpsonnes y contribuent allègrement...

Et sinon, après la sauterie, défile une autre catégorie de femmes...

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06 mars 2020

Séparer l'homme de l'artiste ?

La dernière cérémonie des Césars 2020 récompensa cette année le film "j'accuse" du réalisateur Polanski. La consécration du cinéaste (reconnu coupable en 1977 d'actes sexuels sur mineur et accusé aujourd'hui de viol) déclencha la fureur d'une partie de l'opinion jugeant scandaleux de récompenser (5 césars !) un prédateur sexuel. En pleine épidémie mondiale de coronavirus, Paris durant cette semaine, connut une véritable guerre de tranchées médiatiques entre les féministes et ceux pour qui, il faut séparer l'oeuvre de l'artiste.

Pour avoir osé dans ma modeste page Facebook (voir ici) aborder la question, je me suis attiré les foudres des féministes tunisiennes en osant poser à mon tour l'épineuse question : Doit-on séparer l'homme de l'artiste ?

Attentat à Tunis 

Tunis s'est réveillée ce matin sur un double attentat suicide qui a visé des policiers près de l'ambassade des États-Unis. Un agent est décédé et cinq autres sont blessés dont une civile. Cet attentat terroriste n'est pas sans nous rappeler l'attaque contre la même ambassade en 2012 qui a eu lieu suite à la diffusion d'un film "blasphématoire" sur le prophète (voir ici).
Les terroristes agissent à chaque fois au nom d'Allah, du Coran et du prophète et le débat continue à faire rage...

ARTISTEHOMME

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02 mars 2020

Le grand jeu

Comme tout semble rentrer dans l'ordre en Tunisie, que nous avons enfin un gouvernement, que nous avons le meilleur des présidents, et que nous sommes protégés du Coronavirus par la baraka de Boukornine et du saint Sebkhan, alors peut-être devrait-on se préoccuper un peu plus de ce qui se passe en dehors de chez nous.

Je n'aurai pas de mots pour commenter la guerre absurde que se livrent en ce moment un dictateur arabe et un nostalgique du Califat. Une guerre qui prend en étau à Idlib, un million de personnes. La pire crise humanitaire depuis 2011. Non je suis incapable de réfléchir ou de livrer la moindre pensée intelligente sur ce genre de tragédies humaines devenues cruellement habituelles. Lisez plutôt ceci

Désolé de passer sans transition à l'actualité française, où les problèmes restent ceux de pays où les populations restent relativement choyées. Choyées mais pas pour longtemps. C'est sur ce point précis que se situe l'enjeu des actuelles confrontations en France. En y regardant de près, en acceptant de changer de lunettes, on pourrait entrevoir les prémices d'une guerre que se livrent en ce moment-même deux factions : La minorité au pouvoir contre la masse : les "choyés de naissance" contre les moins choyés. Cette minorité, conglomérat d'affairistes, politiques et gens du spectacle, disposent de la police, de la loi et de la propagande pour convaincre la population de la nécessité de se faire moins choyer. Sauf que la "fabrication du consentement"* bat de l'aile et l'État semble de plus en plus tenté de ne plus respecter les règles du jeu démocratique. Certes, ça a tout l'air d'être une description caricaturale d'une bien complexe réalité, et pourtant...

      Macron493

* Concept repris par Noam Chomsky par lequel il explique comment l'élite au pouvoir (évoquant le cas des États Unis) formate l'opinon par le biais des médias, afin que celle-ci adhère à ses politiques et soit entretenue l'illusion de la démocratie.

29 février 2020

Passation de pouvoirs

Les tunisiens ont pu aujourd'hui assister au beau spectacle de passation de pouvoirs entre l'ancien et le nouveau chef de gouvernement (voir ici). C'est avec une grande émotion que Fakhfakh reçoit de Chahed les clefs du premier ministère. Super Jo, éreinté par l'interminable formation du nouveau gouvernement, peut enfin aller se rhabiller. 

PASSATION

Si en Tunisie tout semble rentrer dans l'ordre, en terre wahhabite, une catastrophe imminente se profile à l'horizon...
coronakaaba

Le Coronavirus frappe à la porte de la maison d'Allah. Afin de prévenir la propagation de la maladie, les autorités saoudiennes ont été obligées de placer la Kaaba en quarantaine (voir ici). On aura donc attendu 14 siècles d'incubation pour vivre enfin ce moment... 

22 février 2020

Les impasses existentielles de _Z_

Il m'arrive quelques fois de lire d'anciens articles de mon blog rédigés il y a dix ans. Je m'étonne de découvrir la longueur de mes textes d'antan et l'énergie que je déployais à analyser en profondeur les sujets abordés. Que s'est-il passé depuis pour que mes écrits et mes dessins se rapetissent pour n'être plus que le vulgaire écho du fil d'actualité de mes réseaux sociaux. Je sais que je lis de moins en moins les journaux. Les livres ne se superposent plus sur ma table de nuit. Oui je constate que je m'abrutis et que mes neurones se font aspirées chaque jour par mon smartphone.
Ce phénomène concerne aussi mon lectorat atteint peut être encore plus que moi de cette maladie. Le public internet en général, est de plus en plus volatile et ne se nourrit que de textes grossiers et d'images chocs. L'humanité toute entière inaugure le règne de l'idiocratie.

En écrivant ces mots, je tente de sauver les meubles en m'adressant aux 5% qui auront la patience de me suivre. À cet instant précis où je rédige cette introduction, j'ignore la pensée qui motive ce texte, si pensée il y a réellement. Je sais juste, chers lecteurs, que mes derniers articles et dessins peinent à traduire cette incompréhensible impasse idéologique dans laquelle je me situe en tant qu'observateur de la Tunisie et de la France, ces deux pays dans lesquels moi oiseau migrateur, j'ai choisi d'élire domicile. Impasse que je tenterai de passer au peigne fin pour espérer en déceler la sortie. 

Première impasse :  L'affaire René Trabelsi

Notre ministre du tourisme René Trabelsi a été l'un des rares ministres depuis la révolution à avoir gagné la sympathie des professionnels du tourisme mais aussi du grand public grâce à son dynamisme et sa communication. Les chiffres confirment un retour à la normale du tourisme en Tunisie et les spécialistes lui reconnaissent un rôle important dans la stabilisation du secteur, voire de la hausse d'activité enregistrée en 2019 (voir ici). Mais alors, comment expliquer l'éviction d'une telle compétence du nouveau gouvernement d'Elyes Fakhfakh ? 

RENE_TRABELSI

Le non maintien de Trabelsi dans ses fonctions est une condition qu'avait posé le Mouvement du Peuple. Les raisons invoquées par le secrétaire général de ce parti -à tendance nationaliste arabe- est la suspicion de normalisation avec l'entité sioniste qui pèse sur le ministre du tourisme. "C’est soit nous, soit René Trabelsi !" dixit Moncef Bouazizi, chef de ce parti. On ignore si ses accusations sont fondées et rien ne permet de prouver ou de contredire la possible complaisance de Trabelsi envers l'État d'Israël. À se demander si ce n'est pas la judaïcité de Trabelsi qui le rend plus suspect qu'un autre. Sans vouloir tomber dans l'amalgame qui associe l'antisionisme à l'antisémitisme, je m'interroge juste sur cet acharnement le concernant, alors que nous savons tous que notre élite dans son ensemble collabore depuis belle lurette avec Israël, à commencer par Zaballah en personne qui fut invité en 2011 par le puissant lobbie sioniste WINEP (voir ici et ici). Alors pourquoi René et pas les autres ?  

Il faut dire que la lutte contre la normalisation offre à ses partisans un vaste terrain de chasse qui s'étend au-delà du champs politique. Récemment, la tenniswoman Ons Jabeur en jouant contre une israélienne dans une compétition internationale (voir ici) a été dans leur collimateur. Également visée, la cinéaste Manel Labidi pour avoir laissé diffuser son film dans un festival Israélien  (voir ici). On pourrait en effet dresser à l'infini la liste des collabos, des lâches et de tous ces traîtres de la cause palestinienne. Mais n'est il pas temps de légiférer sur cette affaire pour ne pas laisser aux tribunaux populaires le pouvoir de juger, évincer un ministre, salir voire détruire la réputation des gens à cause d'une suspicion, ou d'une rumeur ?     

De manière générale, la lutte contre Israël semble avoir aspiré l'activisme panarabiste qui ne trouve plus que dans la guerre contre le sionisme, sa raison d'être. La lutte légitime contre la colonisation semble se perdre dans une chasse sans fin aux traîtres, aux collabos, aux normalisateurs, oubliant au passage les vrais ennemis de l'intérieur que sont les dictateurs, les barbus, les émirs, les princes et les rois du pétrole. Et je me demande souvent où étaient tous ces défenseurs de la Palestine quand on luttait contre Zaba et où sont-ils aujourd'hui quand il s'agit de dénoncer la politique saoudienne dans la région ?

Mais d'un autre côté, je ne vois pas comment en dehors du cadre panarabiste, et sans le travail efficace de BDS, on pourrait mener une telle guerre, puisque le caractère universel de la cause Palestinienne n'a plus de valeur dans un monde où l'occident allié à Israël, a phagocyté le concept même de l'universel au nom de ses intérêts géopolitiques ? 

Je reconnais être dans l'impasse totale.

Deuxième impasse :  L'affaire Pavlenski

Ce qui se passe en France en ce moment me paraît incroyable. Je suis en désaccord total avec la lecture communément admise qui considère encore le pays des droits de l'Homme comme une démocratie. Je constate de mon point de vue de tunisien ayant vécu la dictature de Zaba, que la France d'une manière plus sophistiquée et subtile, creuse de plus en plus le fossé entre ses élites et son "peuple", même si reste préservée la vitrine démocratique. Ce n'est pas parce que la police ne tire pas encore à balles réelles, qu'elle ne torture pas ou qu'elle ne censure pas (les journalistes savent le faire à sa place), que les indicateurs de la "démocracité" seraient au vert.   

C'est bien le système Macron qui consomme la rupture définitive. Voilà un président élu par défaut contre l'extrème droite en 2017, qui met en coupe réglée les acquis sociaux de son pays au profit de l'oligarchie financière. La notion d'intérêt général est enterrée par un jeunot en service commandé, qui profite d'une brèche électorale pour injecter des lois dictées par les puissances capitalistes (pour lesquels il travaillait avant de se lancer en politique). 

Elections-presidentielles

(dessin datant de 2017, extrait de cet article)

Après une année de révolte, celle des Gilets jaunes, il persiste et signe en cassant ce qui reste du système de retraite et ce dans le mépris total des classes populaires et contre l'avis même des économistes libéraux qui ne cessent de l'alerter contre les dangers de sa politique. Il s'agit, ni plus ni moins, d'une guerre déclarée contre le bien commun menée par Marcon et sa clique au pouvoir, le tout dans un contexte d'une opposition divisée, d'un mépris de classe de la bourgeoisie (les Bens Simpsons existent aussi en France) et de médias aux ordres. 

À partir du moment où l'on s'accorde sur ce constat, il devient évident que l'on ne peut plus réfléchir dans le cadre traditionnel que permet la démocratie. On peut donc tout à fait comprendre la pertinence d'actions révolutionnaires, voire d'actes de guerre, comme fut la résistance sous la dictature de Zaba. C'est ici que j'en viens au cas Pavlenski.

Cet activiste russe, réfugié politique ayant fuit la dictature de Poutine, s'en prend à l'un des plus importants agents du macronisme, Benjamain Griveaux. Il diffuse sur les réseaux sociaux une sextape du bras droit de Macron (en train de se masturber) provoquant un scandale politique sans précédant. Griveaux candidat à la mairie de Paris, se trouve obligé d'annoncer son retrait des municipales, ce qui est une bonne nouvelle pour Paris pour les raisons suivantes : Griveaux en cohérence avec la macronnie, ne craint pas le conflit d'intérêt entre son projet de devenir maire de la capitale et ses proximités incestueuses avec le puissant groupe immobilier "Unibail" (auquel il vendrait son "influence" pour 17 000 euros par mois selon l'avocat activiste Juan Branco, voir ici )

Les médias (et la plupart de mes collègues caricaturistes) ne retiennent de toute cette histoire que l'atteinte à la vie privée de Griveaux et oublient -ou alors ignorent- l'historique de l'ex-candidat aux municipales et le système auquel il appartient. Je suis dans l'impasse, car tout en étant dégoûté par les moyens utilisés par Pavlenski, je demeure encore plus dégoûté par cette classe politique corrompue dont Benjamin Griveaux incarne la parfaite caricature. 

Dans un pays où la guerre est déclarée contre l'intérêt général, où les médias comme les politiques sont sponsorisés par le grand capital responsable de cette casse sociale, il ne reste que l'activisme comme seule voie de salut.

Troisième impasse :  Le cas Zineb El Rhazaoui

J'ai personnellement connu cette activiste dans une des nombreuses conférences où je fus invité après la Révolution. C'était l'époque où notre activisme arabe était encore à la mode en occident. Zineb était une sorte de Lina Ben Mhenni marocaine, pourvue d'une incroyable éloquence et d'un courage sans limites. Elle devait être parmi les rares de son pays à afficher aussi vigoureusement son opposition à la monarchie. Elle s'est également attaquée à la bigoterie ambiante qui contamine son pays et s'est faite remarquée en tentant un pique-nique en plein mois de Ramadan. Ses luttes l'acculèrent à l'exil en Slovénie puis en France où en 2013 elle fut embauchée par Charlie Hebdo. Ses articles publiés dans le fameux journal satirique se destinaient alors au public français. Elle a dû mettre en second plan sa lutte contre la monarchie au profit de ses enquêtes sur l'Islam de France. Sa plume était puissante et incisive et Zineb avait l'avantage de bien maîtriser son sujet. Mais elle n'était plus l'activiste marocaine que l'on connaissait.

L'attentat de Charlie Hebdo en 2015 marque son basculement définitif du statut d'activiste à celui de suppôt du pouvoir. Zineb est élevée au rang de Marianne de la République et défile depuis dans les plateaux télé en "lanceuse d'alerte" contre le péril Islamiste qui menacerait la France. Elle n'a certes rien perdu à sa verve et à son éloquence mais Zineb transpose dans un contexte occidental acquis à sa cause, le discours qu'elle aurait dû porter dans nos pays du sud où l'Islam n'est pas seulement un péril, mais il est carrément au pouvoir. Quel gâchis de voir toute cette intelligence dévoyée au profit d'une fausse lutte, si tant est que la vraie lutte demeure d'abord contre le Pouvoir, en l'occurence, Macron.

Zineb El Rhazoui nous met dans l'impasse, car elle participe à faire récupérer par l'extrême droite occidentale, nos luttes légitimes contre l'Islam politique d'ici bas.        

Quatrième impasse :   notre héros Julian Assange

A commencé hier à Londres le procès du fondateur de Wikileaks (voir ici). Assange risque l'extradition vers les État Unis et la prison à vie, pour avoir publié sur Internet en 2010 près de 250 000 câbles diplomatiques et 500 000 documents classés par Washington. Grâce à lui furent révélées les horreurs des américains en Irak. Ces documents fuités ont permis de montrer le vrai visage de nombreux régimes et de mettre à nu le fonctionnement de grandes multinationales. Il est le "lanceur d'alerte" global, celui qui s'adresse à tous les citoyens au-delà des frontières. Il incarne la figure "christique" de l'activiste par excellence qui lave l'humanité de ses péchés en offrant son corps à l'empire qui prépare en ce moment sa crucifixion. N'oublions pas ce que nous lui devons, nous autres tunisiens en 2010. Wikileaks, donna le "La" de la révolution tunisienne et même du printemps arabe. Rappelez-vous de ces révélations sur les Materi, Trabelsi et tout le système Ben Ali...

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      (dessin datant de 2010, extrait de cet article)

La logique révolutionnaire exigerait aujourd'hui que la Tunisie accorde à ce héros l'asile politique. Kaïs Saïed, fruit de la Révolution, est-il suffisamment renseigné sur ce que la Révolution doit à Assange, pour pouvoir assumer politiquement cette demande ?
Où sont les activistes tunisiens, où sont les révolutionnaires, où sont tous ces gens pour exercer ce lobbying auprès du président et conscientiser l'opinion sur l'importance de ces figures transnationales ?

Bref, ce ne seront ni les panarabistes (occupés à lister les normalisateurs), encore moins les Ben Simpsons (pas touche aux américains) sur qui l'on pourra compter pour solliciter une telle requête. 

Où suis-je moi-même dans tout ça ? nulle part.

Conclusion

Merci cher lecteur d'avoir atteint cette ligne.

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17 février 2020

Le chantage de Zaballah

Le poulain du président, Elyes Fakhfakh, chargé de former un nouveau gouvernement, annonce aux tunisiens ce samedi, sa liste de ministres et secrétaires d'états (voir ici). De nombreux islamistes dans le lot mais aucun karouiste comme l'avait promis Fakhfakh. Mais à la surprise générale, après avoir présenté les membres de son cabinet, Fakhfakh avoue à demi-mot, avoir reçu une menace de Zaballah qui refuserait de donner son vote de confiance et donc faire échouer la constitution d'un nouveau gouvernement.
Zaballah fait payer à Fakhfakh, mais surtout à Saïed, l'éviction des karouistes... Karouistes qui rappelons-le (de l'avis de l'entourage du président, des honnêtes gens et des sebkhsites...), sont des symboles de corruption*.
Les tunisiens assistent donc en direct à une nouvelle opération de chantage conduite à distance par Zaballah. Mais ce qui est nouveau cette fois, c'est la mise à nu du "deal du siècle" entre Zaballah et Karoui, ennemis d'hier, assumant aujourd'hui publiquement les liens indéfectibles de leur douteux mariage... et ce au point de prendre Dame Tunisie en otage.   

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La question qui taraude les esprits en ce moment, concerne la nature même de ce deal. Que diable cache cette circonstantielle union sacrée, entre un parti accusé d'entretenir un appareil occulte de terrorisme et un homme d'affaire véreux ? La réponse est dans la question...et dans ce joli dessin qui m'a pris une journée de travail...   

Sinon, pour un complément d'information, je vous invite à lire cet article de Hatem Nafti (voir ici).

* Il est aussi important de rappeler que jusqu'à tout récemment, Zaballah jurait Allah et son prophète, qu'il ne s'allierait jamais avec Karoui à cause des soupçons de corruption qui pèsent sur l'homme d'affaire. 

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08 février 2020

Un alien à Carthage

Certes, c'est toujours plus sympathique pour le premier pays des révolutions arabes, d'avoir installé à la présidence un ovni politique à la place d'un corrompu spaghetti ou d'une Abir Moussi. Mais quand même, un alien reste un être imprévisible. Même le personnel politique qui l'entoure demeure aussi perplexe que les scientifiques sur le métabolisme, l'anatomie, le mode de reproduction et la psychologie de cette entité venue d'aillleurs. Depuis son installation à Carthage, les tunisiens commencent sérieusement à douter de la capacité du martien de la Mnihla à présider le pays et à gérer sa politique étrangère surtout avec son allergie chronique aux avions *...

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*Le président vient une nouvelle fois d'annuler un voyage important (voir ici), de quoi raviver la rumeur tenace quant à sa phobie des avions (voir ici).

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07 février 2020

CORANavirus

Beaucoup de mes lecteurs sado-maso qui viennent se faire du mal sur ma page, ne comprennent toujours pas pourquoi j'associe Allah et le saint Coran à Ghannouchi. Ils me demandent pourquoi salir le livre d'Allah en l'associant aux manigances et aux fourberies de Ghannouchi ? Je sais que vous n'aimez plus mes dessins à cause de cela. J'aimerai juste vous rappeler que ce même Ghannouchi que vous honnissez tant, s'il s'est imposé dans le débat public depuis plus de 40 ans, ce n'est ni pour son souci de l'intérêt général, ni pour son humanisme, ni pour sa science. C'est seulement parce qu'il a hissé le Coran comme seul et unique slogan.   

assise

Il demeure le maître du jeu. Et même quand ça va mal pour lui, il arrive à se ressaisir et montrer qu'il tient toujours les commandes. Ses communiquants n'ont pas hésité hier à inonder les médias des photos de son luxuriant salon, où à été mise en scène sa rencontre avec le novice Fakhfakh sommé de s'incliner devant sa majesté pour négocier avec lui la composition du nouveau gouvernement (voir ici). Les discussions, comme vous pouvez l'imaginer, n'ont dû porter ni sur l'intérêt général, ni sur la question sociale, ni sur l'éducation, ni sur la culture, encore moins sur l'urgence climatique. Il n'était question que de dossiers, de clans à protéger, d'intêrets particuliers à épargner, de magouilles à occulter. Voilà comment par le Coran et l'idôlatrie Allahique, on se tape un chef de secte, secondé par un parrain de mafia, qui décident du sort de dame Tunisie...    

MCR

Certes, vous me direz, que Zaballah est sur le déclin. Mais soyez certains que la relève est assurée. Les Makhlouf, Khiari & co sont les allahistes nouvelle génération de demain.

Ne vous méprenez pas sur moi. Je n'ai pas fait de la religion un ennemi. Je ne suis pas un allergique à la question de Dieu ni un athée qui refuse d'admettre les mystères du cosmos. Je suis simplement pour qu'on remette le Coran dans une bibliothèque dans le rayon ésotérisme ou science fiction, et qu'on cesse de propager son virus dans l'espace public et les écoles. C'est le seul vaccin contre l'islamisme, ou alors la Moussi prendra le pouvoir *

Allez sans rancune et au revoir !

L'ironie du sort voudra que le jour où celle-ci prendrait vraiment le pouvoir, je me retrouverai dans le même cachot que les Makhlouf, Khiari & co, victimes et alliés objectifs contre la nouvelle dictature...  

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28 janvier 2020

Lina, monument national de la Révolution

Je suis profondément opposé au principe de la mort. Je suis contre cette dictature imposée par la loi de la nature. Surtout quand cette foutue mort décide un beau matin d'emporter avec elle des gens comme Lina. 
Tout le monde en Tunisie a entendu parler de Lina. Même les montagnes. Même les oiseaux. Mais nous avons encore une chance de la maintenir en vie, si nous ne la tuons pas une seconde fois par l'oubli.

RIPLINA2

Pas seulement une rue à son nom, ni même un monument à sa gloire ! Exigeons surtout qu'on lui attribue la place qu'elle mérite dans L'histoire. La mémoire collective ne se maintient que par l'éducation, l'université et ses supports physiques que sont les bibliothèques, musées et archives nationales. Redonnons aux historiens, aux universitaires, aux cinéastes, aux artistes les moyens pour que jamais les vrais acteurs de l'histoire du pays ne sombrent dans l'oubli ou restent les propriétés et symboles exclusifs des partis...Luttons pour que jamais le temps long de la Grande Histoire du pays ne soit pris en otage par les bas calculs du temps court du politique. 
Car oui ! je suis persuadé que Lina, n'est pas seulement une importante protagoniste de la révolution, elle a toute sa place dans l'Histoire du pays. Alors chers amis, nous savons ce que nous avons à faire.
Que Boukornine veille sur son âme...

16 janvier 2020

Safi Saïd au Bardo

Avant de revenir sur l'actualité très chaude du moment, où Zaballah continue à se faire défoncer la gueule en public par la Moussi (voir ici), je voudrais par ce petit post détendre l'atmosphère et vous parler de culture et de patrimoine :
Suite à la courageuse prise de parole du député Safi Saïd qui a enfin osé rappeler que les bi-nationaux sont tous des bâtards*, une pétition circule sur internet pour ériger ce grand homme en exemple de pureté raciale (voir ici). En plus de l'immunité dont il jouit au parlement du Bardo, il pourrait ainsi jouir de l'immortalité grâce à un monument à son effigie au musée du Bardo. Après toutes ces statues de bâtards, d'Hannibal à Jugurtha en passant par Didon et Massinissa, notre musée national pourrait enfin accueillir une sculpture en marbre de Safi Saïd, afin que les générations futures puissent apprécier les belles proportions, la fière silhouette, le subtil déhanché d'un des derniers représentants d'une noble lignée de pures souches tunisiens !

safisaid

*En tant que tuniso-sebkhiste, je sais combien je peux être bâtard. Il était temps qu'un représentant du peuple au parlement le clame haut et fort !

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13 janvier 2020

La déculottée de Zaballah...

Chers amis et fidèles lecteurs, bonne année 2020. Des flamants roses m'ont raconté qu'il ne nous reste plus que vingt ans avant l'apocalypse. Donc cessez de fabriquer des enfants, contentez-vous de niquer et jouissez pleinement avant la fin du bal. Les agitations que nous observons ici et là, les Trumpomanies, le feu en Australie et les chlékatologies de Safi Saïd* ne sont que le prélude du jugement dernier. Allah nous abandonne trop déçu du sort qui a été fait de sa dernière religion. 14 siècles qu'il espérait voir un allahiste sur Mars. Au lieu de ça, son nom n'est associé qu'aux wahhabites, aux Ayatollah, aux Ben Laden, aux Baghdadi, aux Erdogan et aux Zaballah...Marre ! il en a Marre le Allah. Plus que vingt ans je vous dis, avant le grand co-allah-ps final.  

Allah lâche Zaballah 

Les signes avant-coureurs de la fin du monde ont commencé à se faire sentir dans les rangs d'Ennahdha. Depuis que Ghannouchi, alias Zaballah, a été élu président du parlement en Novembre 2019, il ne dort plus la nuit, hanté par le démon mauve...  

cauchemar

Sa maigre victoire aux législatives lui offrait encore la possibilité de former un gouvernement. Il a chargé un inconnu, Habib Jemli, de faire le casting à sa place. Mais avec le bilan de 8 calamiteuses années de pouvoir, personne ne voulait de ses ministres. Habib Jemli a été jeté en pâture au Parlement ce 10 Janvier 2020 où il fut dévoré tout cru par des députés désireux d'en découdre avec le Zaballahisme (voir ici). Ghannouchi sent que le vent tourne. Il aura pourtant tout tenté pour convaincre mais rien n'y fait. Maintenant il revient au président de la république, l'étrange Kaïs Saïed (lui aussi signe avant-coureur de la fin du monde), de désigner un autre chef de gouvernement...

jemli

L'heure est grave

Sitôt la défaite annoncée, Zaballah s'envole vers la sublime porte (voir ici)

deculotee

Sachez chers amis, que parmi les grandes succursales mondiales qui se partagent Allah en tant qu'instrument de pouvoir, notre modeste Zaballah représente en Tunisie la franchise d'Erdogan. Il lui rend compte constamment de ses activités allahistiques locales.
Après sa dernière déculottée, il s'est donc fait convoquer en toute urgence pour faire état de la gravissime situation que traverse l'allahisme en Tunisie en ce moment. Car oui, l'heure est grave... 

* Le député indépendant Safi Saïd, durant la plénière dédiée au vote de confiance du gouvernement (le 10 Janvier), a tenu des propos insultants envers les bi-nationaux, les traitant de "bâtards étrangers" (voir ici). Ce personnage qui incarne la parfaite synthèse entre la bêtise et l'arrogance, jouit d'une inquiétante popularité auprès de 80% des taxis que j'ai pu prendre durant les deux dernières années. 

09 décembre 2019

Abir Moussi et ses Abiroïdes

Avant de m'élancer dans une nouvelle diatribe contre Abir Moussi, je tiens à informer ce qui reste de mon lectorat Ben Simpsonnien, que j'ai été effectivement diagnostiqué crypto-islamiste à tendance proto-daechiste. Mon psy (qui habite à la Marsa) m'a expliqué que si je ne soutiens pas, spontanément, Abir Moussi dans sa lutte héroïque contre les frères musulmans, c'est que je dois être barbu de l'intérieur.
C'est pourquoi, chère Ben Simpsonne et cher Ben Simpson, ne perdez plus votre temps sur le Blog d'un islamiste refoulé. 

Merci fidèle lecteur !

Ayant perdu mon public Allahiste depuis que je m'en prends à Allah, et maintenant que je perds en plus, mon lectorat Ben Simpsonnien, toi fidèle lecteur ici présent, je te remercie de ta patience et de ton soutien. Je voulais donc parler avec toi d'Abir Moussi, héritière du Ben Alisme. Cette dame a de la suite dans les idées. Personne ne peut lui nier sa force de caractère et sa détermination. Elle ne rêve que de putsch, de coup d'État et de restauration de la dictature. Elle est comme le loup dans la bergerie. Elle a attendu de mettre le pied dans le parlement, pour y semer la zizanie. Alors que le pays tout entier pique du nez, Moussi  provoque, menace, attendant le premier faux pas de ses adversaires -une insulte à son encontre- pour bloquer les travaux et saboter le parlement par un sit-in (voir ici)

avion1

avion2

Les Abiroïdes 

Ce qui est fascinant pour moi caricaturiste suivant de près le bestiaire Ben Aliste depuis 2007, c'est la résurgence des figurants mauves. Il s'agit de ces mollusques à visage humain qui font partie du décor. Ils sont essentiels dans toute pièce de théâtre mauvembriste. La Tunisie vient de découvrir les abiroïdes (mollusques de Moussi) grâce au dernier spectacle de leur sit-in au parlement, avec la désormais célèbre soirée pyjama qui rentrera dans l'histoire du pays (voir ici).   

Conclusion

J'aime Ennahdha.

29 novembre 2019

Stasis

Excusez-moi de jouer mon intello de base, mais je n'ai trouvé meilleur mot pour décrire le nauséabond climat social que nous vivons en ce moment en Tunisie. En effet ce terme employé par les grecs anciens désigne la crise morale qui résulte d'un conflit interne entre l'aristocratie et le peuple (voir wikipedia). Conflit pouvant dégénérer en effondrement des valeurs de l'aristocratie et la révolte des masses.

Nous y sommes en Tunisie : nos Ben Simpsons faisant office d'une "aristocratie" sans valeurs, opposés à une "populace" revancharde. La réflexion que je tiens ici, s'incrit dans l'actuel contexte politique particulier, où un "président du peuple", Kaïs Saïed, a écrasé électoralement un candidat de la Ben Simpsonnie corrompue, le dénommé Nabil Karouï. Cette conjoncture renforce symboliquement cette chose insaisissable nommée "peuple" qui prend sa revanche à travers des formes détestables:  

Les Benous Simsims 

- Des nouvelles figures émergent sur la scène politico-médiatique telle que l'allahiste élu au parlement Seif Eddine Makhlouf, qui accuse de trahison la bourgeoisie vendue à la France et qui trouve beaucoup trop d'excuses à Daech dont il s'est fait le brillant avocat. Ce jeune homme au look bling bling, pourrait être le Zaballah de demain.

- Certaines figures médiatiques se repositionnent en fonction de la nouvelle donne, et prennent à leur tour une forme détestable tel que l'humouriste Lotfi Abdelli. En effet, cet acteur, animateur, comédien de génie, -le génie ne protégeant pas de la bêtise- s'est mis du côté de l'ignominie en défendant le rappeur Klay BBJ qui, dans sa dernière chanson, appelle carrément au viol ! (voir ici)

- Ce qui nous ramène au cas de Klay BBJ, très intéressant par ailleurs, par lequel le concept de Stasis prend toute son ampleur. Cet artiste né de la Révolution, incarnant le jeune de quartier en lutte contre la Police et l'Etat, a eu un différend dans un plateau télé avec l'égérie même de la Ben Simpsonnie, la fameuse Baya Zardi. Je passe ici les détails de leurs passes d'armes respectifs via réseaux sociaux interposés. On retiendra seulement la chanson appelant au viol de la chroniqueuse, que le rappeur a composé en guise de riposte et qui lui a valu arrestation (voir ici). Au delà de l'incitation au crime (le viol étant un crime, on continuera de le rappeler pour ceux qui feignent encore de l'ignorer), la chanson de Klay BBJ est un vomitoire d'une haine plus large contre toute une catégorie sociale. Klay BBJ par le mode d'expression qu'il utilise sort du cadre révolutionnaire et met le pied dans le terrain du fascisme pour qui la domination phallique des femmes est un préalable.

KLAYBBJ

Mais, (je déteste les mais), ce monsieur demeure un artiste et son incitation au viol est contenue dans une oeuvre musicale. C'est terrible à dire, mais mérite-il pour autant la prison ? ne risque-t-on pas d'ouvrir la porte de l'enfer à tout refrain, toute rime, tout dessin insinuant une forme de violence, fut-elle métaphorique ? J'en parle en connaissance de cause, moi le dessinateur "blasphémateur" dont les caricatures sont ressenties par certains comme une forme de violence.   
Oserai-je ici au nom du sacro-saint principe de liberté d'expression artistique, scander : #Free_KLAY_BBJ ?  

Climat allahique sous haute tension

La liberté d'expression est un sujet très difficile. Je suis pour la violence symbolique, mais je ne me reconnais pas du tout dans ces gens qui au nom de cette liberté dénigrent les femmes, les koffars ou les homos. Par contre, pour ces mêmes personnes, il ne faut surtout pas toucher à Allah et à son prophète ! Allah est dans toutes les bouches des Benous Simsims, de Makhlouf à Klay BBJ en passant par Abdelli. Tous rappellent qu'Allah est au-dessus de tout (Pourtant au dessus de Boukornine je n'ai vu que des nuages, mais ceci est un autre débat). Et d'ailleurs, pour rameuter ses fans à son procès qui se tient en ce moment même au tribunal de Tunis, Klay BBJ dans une vidéo, répète plusieurs fois qu'il ne craint que la Justice du "très haut" (voir ici).

Il est étrange de noter que pour nos figures "rebelles", Allah demeure un incontournable signe de ralliement. Si faire tomber Dieu est le préalable à toute philosophie révolutionnaire, avec ces clowns mes amis, on est loin de commencer notre vraie Révolution.

Je n'oublie pas de rappeler qu'Allah est aussi dans la bouche des Ben Simpsons qui le ménagent avec précaution avec cette peur aux tripes qu'Allah leur échappe et devienne le monopole des Benous Simsims plus nombreux et plus virulents encore. Surtout en ce moment où Kaïs Saïed ne dit mot et laisse couler l'eau. D'ailleurs à part sa distribution gratuite de bisous qu'est ce qu'il fout ?
Je vois que je m'égare du sujet à chaque fois que j'évoque Allah...mais on s'en fout.

Allah origine du mâle
(ajouté le 1er Décembre)

Le tribunal pourrait condamner Klay BBJ a 3 ans de prison. Pourquoi pas. Admettons alors que toute incitation à la violence conduise à la prison, fut-elle exprimée musicalement, picturalement, cinématographiquement...coraniquement aussi ?
ALLAH_BBJ

-ajouté le 7 Décembre-
Le tribunal de première instance de Tunis a finalement décidé de libérer le Rappeur. 
Quant à Allah, il court toujours.