Quand la Presse se tait, quand la société civile reste muette, alors nous autres ici sur le net avons une petite mission que nous comptons bien accomplir: ouvrir les débats confisqués.
Ce soir je remets sur la table le drame de notre douce et tendre tibétaine:
Zembra

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On ne sait toujours rien de cette histoire du chinois qui après un bref passage à Carthage, s'est pris de passion pour cette île pourtant protégée par l'UNESCO.
On a juste compris que ce charmant magnat a été autorisé à s'exprimer librement sur des hectares vierges, tandis que nous autres tunisiens restons vierges de toute liberté d'expression dans cette histoire ( et pas que celle-ci d'ailleurs)

Zembra une revendication de petits nantis?

Beaucoup nous diront que d'autres priorités s'imposent et que l'intérêt pour l'écologie est un caprice de petit bourgeois.
Je réponds à ceux là que dans les affaires humaines il n'y a rien qui justifie que l'on procède par un classement de priorité. Ce type de raisonnement pris dans un champ plus large, permet souvent de justifier le retard des libertés individuelles au profit des fameuses priorités économiques.
Ne nous étonnons pas qu'avec cette théorie évolutionniste, il faille attendre que les poules aient des dents pour avoir des revendications écologistes du type: " sauvons Zembra !"

Qui peut agir ?

-Nos élus ? pardon, nous n'avons pas d'élus.
-Notre agence de protection du patrimoine, l'ANPE en tant qu'organe de l'Etat ne peut pas contredire des décisions venues de haut.
-Nos associations des amis des oiseaux et autres semblent absentes. A moins que celles-ci soient priées de se taire.
-l'UNESCO ?

...La désinformation nous empêche de répondre à cette question.

Et si c'était nous : les jeunes?

Nos Vieux sont fatigués. Aujourd'hui nous préparons à leur insu des outils de défense et d'expression qui d'ici quelques années s'imposeront comme un contre pouvoir efficace.
Dans facebook, par exemple, un groupe de 1000 personnes s'est constitué pour sauver Zembra. Ses membres ont lancé une pétition contre le projet du promoteur.
Ce ne sont peut être que vaines agitations, mais elles indiquent tout de même que des jeunes citoyens tunisiens arrivent aujourd'hui à contourner le blocage du monde associatif pour s'associer virtuellement.
Plutôt que de se fier aux associations reconnues juridiquement mais noyautées de l'intérieur et donc privées de liberté, ces derniers ont compris que pour défendre une cause  il valait mieux  s'allier à ce type de regroupement informel pour sa garantie de liberté et d'indépendance.
La cause du groupe "sauvons l'île de Zembra" a le mérite de se présenter clairement comme une cause d'intérêt général que même l'Etat ne pourrait le lui contester. Sa revendication est en dehors de la politique partisane (à moins que le ministère d'intérieur nous fasse croire que Zembra soit devenue une base secrète d'Al Caida et d'accuser nos petits internautes de terrorisme )

C'est pourquoi la cause qu'ils défendent, par sa neutralité, par sa dimension environnementale, peut se présenter comme une occasion d'un Hiwar (dialogue) non pas imposé par l'Etat, de haut en bas, mais des jeunes envers l'Etat, du bas vers le haut. Un dialogue dans lequel nos dirigeants s'expliquent sur les raisons pour lesquelles ils se sont mis à  brader des territoires entiers à l'investissement privé alors que les retombées ne sont pas garanties pour l'ensemble des citoyens et que surtout leurs impact environnemental s'annonce déjà irréversible (Il n'y pas que l'île de Zembra qui soit concernée, on pense aux différents projets du Lac, à celui de la Sebkha de l'Ariana ... voir ici)

Zembra peut nous être à nous les jeunes beaucoup plus précieuse qu'elle ne l'est déjà, en devenant le symbole d'une nouvelle résistance. Réfléchissons-en...