Chers amis, j'aimerais m'excuser pour ce long silence dans une période aussi trouble et passionnante de l'histoire du pays.
Je ne sais comment rattraper ce retard. Peut-être, devrais-je commencer par la première séquence : le 25 Juillet, décès du faux apothicaire de Carthage, promu soudain saint national. Une grandiose cérémonie funèbre fut organisée par Zbidou (ministre de la défense) en l'honneur de notre défunt président mort en ce jour symbolique de la fête de la République. A en croire les Ben Simpsons, un tapis rouge lui aurait été déroulé à son arrivée au ciel où il fut reçu par Bourguiba en personne (toujours sous la supervision de Zbidou). Allah était tout aussi ému que Youssef Chahed et Ghannouchi en accueillant Essebsi au paradis.      

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Ce décès imprévu, chamboula le calendrier électoral. L'Instance Supérieure Indépendante pour les Élections (ISIE) décida alors d'anticiper les élections présidentielles pour le 15 Septembre, au lieu du 17 Novembre 2019. La course pour Carthage commença alors plus tôt que prévu et les candidats en un temps record, ont su offrir aux tunisiens un spectacle riche en couleurs. On retiendra les mauveries de Moussi, le fan club de Zbidou, les Jebbas de Mourou, l'hélicoptère de Riahi, les danses de Marzouki, les doigts de Chahed, les oreilles d'âne d'Elloumi ou encore l'arrestation de Nombril Karoui. Mais le résultat des urnes fut encore plus surprenant. Un inconnu du bataillon, Kaïs Saïed, rafla toute la mise. Ce candidat indépendant se retrouva qualifié au second tour (18,4%) face à Karoui (15,6%) toujours en prison. Et pour rajouter à la chakchouka plus de piment, Zaba décide le 19 Septembre de rejoindre Essebsi au ciel. Zbidou mauvais perdant des élections, n'était pas en forme pour organiser une cérémonie en l'honneur de Zaba qui fut pourtant son patron. Un accueil très froid lui fut réservé. 

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Mais qui est Kaïs Saïed ?

En 2016, des investigations journalistiques et des enregistrements fuités, avaient permis déjà de documenter la personnalité sulfureuse de Nabil Karoui. Tout était déjà à disposition du public depuis trois ans pour rendre compte du degré de pollution que provoque Karoui sur le paysage médiatique et politique tunisien. Et pourtant nos Ben Simpsons préfèrent soudain enquêter, fouiller, investiguer, psychanalyser, théoriser sur Kaïs Saïed car il n'a pas la tête habituelle du mafieux trabelsique beldi qui les protège des gueux, du "zaweli" et de tout ce peuple de la Révolution qu'on a cru avoir domestiqué. La droiture de ce prof de droit leur est trop suspecte. Pas assez filou à leur goût. 
Il doit bien cacher quelque chose ...   

KAISAIED