De la religion coulée dans le béton constitutionnel...
Nos branleurs du Bardo, élus du peuple, incarnant la volonté de quelques tunisiens conservateurs, viennent de nous pondre le préambule de la future constitution. Le texte à peine sorti du four qu'il pue déjà l'obssession identitaire. Il dégage une âpre odeur d'islamité renforcée d'arabité, le tout saupoudré d'humanisme pour faire taire les quelques rescapés progressistes.
Entre les idéaux de la révolution (Liberté, Dignité, Justice) et ces rajouts identitaires, surgit un goût amer de trahison. Mes amis, le chantier du travestissement idéologique de la révolution commence sous nos yeux. Ce préambule sonne l'ouverture des travaux!
(Lire ici le préambule)

Anodin à la première lecture, ce texte cache néanmoins des vices de fabrication susceptibles de fragiliser toute l'infrastructure de l'édifice national. Se déclarant d'entrée de jeu "basé sur les constances de l'islam et de ses objectifs" (traduit de l'arabe), il reconnaît explicitement son recours à un corpus irrationnel dans l'établissement de notre projet collectif de vivre ensemble. Si déjà dans l'article n°1 de l'ancienne constitution est mentionné l'islam comme religion de l'Etat, formulation assez floue qui ne précise pas le rapport entre les deux, aujourd'hui avec ce préambule nous savons que la constitution tiendra ses bases de l'islam. Que celui-ci constituera ses piliers, sa structure, son béton armé. Détail de taille mes amis!
Bien sûr, l'on me rétorquera que l'islam porte en lui les valeurs universelles, mais dans ce cas précis pourquoi prendre ce détour religieux semé de confusions, d'approximations, mais surtout discriminatoire envers les minorités qui n'adhèrent pas au dogme? Pourquoi ne pas prendre le raccourci de "l'Universel", certes concept d'origine occidental, mais non moins universel par sa logique et sa rationalité? Ah! j'ai oublié, il s'agirait d'un emprunt à ces chiens d'occidentaux qui nous ont colonisé, qui martyrisent nos frères en Palestine, mais qu'on aime seulement lorsqu'il s'agit de consommer leur technologie, leurs bagnoles, leur facebook ou leurs Nike, puma et Reebok.
Puis surtout à quoi bon sert d'intégrer dans notre réalité déjà assez complexe comme ça, un surplus de complexité métaphysique de bédouins arabes d'il y a 14 siècles?
Vers le Zaballahisme constitutionnel
Il est évident qu'en donnant à notre consitution un socle religieux, nous intégrons une part d'irrationnel dans nos textes de lois, ouvrant ainsi la porte aux multiples interprétations. Nous mettrons sous tutelle notre citoyenneté au profit d'experts de la religion qui nous expliqueront d'après leurs sciences occultes les arcanes de nos codes de conduite et de nos lois. Ils useront de sourates ou de hadiths hermétiques -à nous autres pauvres mortels- pour légiférer à notre place, censurer et attenter à notre liberté. C'est ce qui vient d'ailleurs de se produire aujourd'hui dans la galerie El Abdelia à La Marsa, où des zaballahistes (accompagnés de huissiers notaires et avocats) ont menacé des artistes les obligeant à décrocher leurs oeuvres, et ce -certainement- au nom de valeurs "basées sur les constances de l'islam et de ses objectifs"! (voir ici)
N'importe quel zaballahiste est respectable et a droit au chapitre plus que nous, car sa connaissance "en constances d'Islam et de ses objectifs" est de loin supérieure à la nôtre. Voulez-vous encore un dessin?
Commentaires sur De la religion coulée dans le béton constitutionnel...
- Tout va bien dans le meilleur des mondes...http://www.dailyrecord.co.uk/life/consumer/2012/06/10/mum-s-terror-after-hotel-rioters-try-to-abduct-daughter-in-tunisia-86908-23893045/
(Lien trouvé dans un commentaire sur un article biznews.tn)
Have a nice day! - @Bob
Pour continuer le débat ouvert sur le post précédent, je remarque d'abord que tu suis la même tactique que les intégristes. Eux citent Dieu pour couper court toute discussion, et toi tu me cites Athéna, sachant qu'aprés ça j'ai plus d'arguments
Sérieusement, je pense que les analyses ne sont pas si différentes. Comme toi, je pense que l'islam tel que nous le comprenons aujourd'hui a partir du cheminement historique qui a été le sien, et avec le rôle politique qu'il a eu et que les mouvements intégristes veulent lui (re)donner, est incompatible avec les libertés individuelles et les droits de l'homme dans leur acceptation désormais universelle. C'est clair comme l'eau de roche.
Je ne cite pas l'Islam en soi dans mon analyse car la supériorité du dogme réligieux ne lui est pas propre. D'autres dogmes ont su (ou ont été forcé de) dépasser ce clivage et sont devenus compatibles avec les libertés individuelles (même s'ils pesent toujours sur plusieurs choix sociaux). Est-ce que l'Islam, dans son cheminement historique aussi bien ancien que contemporain, a su dépasser ce clivage? Je ne le crois pas. Est-ce qu'il n'a pas su le dépasser parce qu'il en est intrinsequement incapable? Parce que les lectures qui en ont été faites s'y opposent? Ou parce que le contexte social dans lequel il a évolué ne le permet pas? Je n'en sais rien. Je sais par contre deux choses:
- les tentatives de réconciliation (ce que j'appelle alliage et que tu appelle bricolage) ont échoué et ne peuvent être voués qu'a l'échec; et
- la suppression du dogme est impensable pour des motifs tenant au tissu social mais aussi aux libertés individuelles.
A partir de la, j'essaye de trouver une solution et je l'imagine dans une refonte de la conception de l'Etat. D'ailleurs pas seulement pour essayer de dépasser ce clivage particulier, mais plus généralement pour insuffler le dévéloppement du concept de citoyenneté. Concept qui, rappelons- le, est a la base de la démocratie et des libertés individuelles et publiques, et qui ne peux vraiment exister quand l'Etat est la main qui donne et le "citoyen" est la main qui réçoit.
J'espere lire d'autres analyses et ébauches de solution.
@Hédi
Merci. Je ne manquerai pas de lire livre. - @ Le coq
https://www.facebook.com/media/set/?set=a.329938690415263.74438.100891449986656&type=1
http://tynatunispeintre.blogspirit.com/archive/2012/05/22/atelier-de-tyna-et-triptyk-architecture1.html
et le meilleur pour la fin https://www.facebook.com/media/set/?set=a.359240167475060.83201.124793554253057&type=3 et https://www.facebook.com/photo.php?fbid=359243604141383&set=a.359240167475060.83201.124793554253057&type=3&theater c'est cette photo qui aurait initié ce tollé... avec à droite du fameux tableau Mohamed Bennour porte parole du takatol ou ce qui en reste, il était à la conf de presse des gérvistes de la faim au local de nawaat (*)
@ Libre enfin, je rougis :S
la facebookie ben simpsonienne n'a pas tardé à réagir hier et à courir secourir les artistes de la marsa! étaient-ils toujours présents pour défendre la liberté des artistes?!
non! pas plus tard que la semaine dernière, (le premier juin pour être précise), un des organisateurs de cette exposition (italien) a décidé de retirer un tableau, qu'il a jugé provocateur! et nos défonceurs des droits et des libertés n'ont pas réagi (malgré l'appel des autres artistes)
il faut qu'il y ait un zeste de barbe, un peu de niqab pour que l'on s'agite et réagisse!
je vous avoue mes amis que je suis devenue imperméable à ces salades.
l'attitude des poulets et des organisateurs, est condamnable. ils n'ont pas assuré la protection et la surveillance du centre ,
qu'en pense notre cher ministre de la culture ? ( présenté comme THE INDEPENDENT du gouvernement)
la déclaration http://shemsfm.net/fr/actualite/actualites_tunisie-news_news-nationales/printemps-des-arts-le-ministere-de-la-culture-condamne-l-atteinte-au-sacre/54
et ce qu'il disait en décembre 2011 http://www.tuniscope.com/index.php/article/10936/actualites/tunisie/mmculture-033609
(*) les grévistes ont décidé de suspendre la grève de la faim. y avait des élus de l'anc. et des promesses ont été données.
le combat pour la transparence, l'indépendance de la justice,et la concrétisation de ces promesses ... se fera autrement, mais avec autant de détermination - la bonne nouvelle du jourhttp://www.mag14.com/culture-a-medias/53-medias/671-tunisie--la-victoire-de-ramzy-bettibi.html
- Haw yiktbou alina...http://www.nytimes.com/2012/06/12/world/africa/tensions-at-manouba-university-mirror-turbulence-in-tunisia.html?pagewanted=1&
Comme disait l'écrivain dans un slogan qui collerait parfaitement à nos Islamistes et leurs amis Salfistes:
“We want to be loved; failing that, admired; failing that, feared; failing that, hated and despised. At all costs we want to stir up some sort of feeling in others. Our soul abhors a vacuum. At all costs it longs for contact.” [from the novel Doctor Glas, original translation: Paul Britten Austin, 1963] - le problème de la modernité@ Bob, @ Libre enfin
Pour aider à situer les problèmes que vous soulevez, il faut savoir que vous continuez un travail de réflexion qui remonte à plus de deux siècles.
Depuis plus de deux siècles, le monde arabe et musulman est confronté à un seul problème : comment s’adapter à la modernité occidentale ? Il se pose toujours à nous aujourd’hui dans les mêmes termes.
Si nous prenons comme point de départ la campagne de Bonaparte en Egypte (179
la génération actuelle est la septième ou la huitième. Mais, entre 1798 et 2012, il y a la charnière autour de 1895, date de la première apparition du mot « colonialisme » (dans ‘Le Journal des économistes’). Il y a donc trois générations, grosso modo, qui ont vécu la découverte de l’Occident conquérant et tenté de trouver des parades (le mouvement réformiste), et trois (ou quatre) qui ont du affronter sa domination directe avant de retrouver une libération relative, aidées en cela par des facteurs extérieurs (le conflit Est-Ouest).
Cela, replacé dans l’histoire des peuples musulmans, n’est pas beaucoup.
La génération des Bourguiba, Nasser, Nehru, Mossadegh (dans le désordre) a essayé une modernisation des institutions en prenant appui sur le modèle occidental de l’État conçu comme la matérialisation par la loi d’un état donné, et donc relatif, de l’évolution de la Raison humaine. Ce fut au prix d’une rupture radicale avec la société traditionnelle et ses institutions, (sauf au Maroc, avec Mohammad V et en Arabie saoudite avec Ibn Séoud). En Egypte, les Frères musulmans ont tenté d’assassiner Nasser, perçu comme un ennemi de l’islam. En Tunisie, Salah Ben Youssef incarnait l’arabisme avec sa dimension musulmane. Bref, il y a eu des vainqueurs et des vaincus quand il s’est agi d’ériger les États modernes, parce qu’il a fallu opérer des choix en tranchant souvent dans le vif.
Ici, il faut ouvrir une parenthèse pour rappeler que ces choix ne furent jamais le résultat d’une évolution sociale. Ils ont été le fait de chefs forts (la plupart appuyés sur l’armée, l’institution la plus moderne de l’État nouveau) qui les ont imposés à leurs adversaires qu’ils ont du soumettre en les forçant à leur obéir. En Tunisie, Bourguiba et ses compagnons ont eu la chance de pouvoir s’appuyer sur le mouvement syndical, qui a sa propre histoire et qui représentait (et continue) à représenter la société civile la plus moderne : celle qui est composée de salariés.
Dès lors, quand le mouvement moderniste marque le pas (pour x raisons à la fois internes et externes), la partie défaite, mais qui ne s’est jamais déclarée vaincue, et qui s’appuie sur une société traditionnelle restée telle qu’elle (monde rural et pastoral, petits métiers liés à la transformation des matières premières locales comme la laine et le cuir, boutiquiers, entreprises familiales, etc.) se relève pour prendre sa revanche.
Nous y sommes.
Les problèmes et les défis qu’elle a à résoudre sont les mêmes que ceux qui ont entrainé l’échec des modernistes. En Tunisie, les gens d’Ennahdha commencent à le réaliser. Leur première réaction est celle de la fuite en arrière par l’appel au repli, parallèlement à une fuite en avant dans une internationalisation qui jette la Tunisie dans les bras des féodalités rétrogrades dont les richesses ne sont pas issues de la plus value prélevée sur le travail des hommes, mais dépendent de la nature et de l’état de nature. Mais, quoi qu’ils fassent, ils reviennent dans l’impasse dans laquelle a fini l’État bourguibien.
Comment en sortir ? Peut-être faut-il qu’à leur tour, ils se cassent la gueule. Mais le passage par Ennahdha, qu’il débouche à nouveau dans une impasse ou qu’il ouvre une voie de sortie, est, à mon avis, un passage obligé pour clore, d’une façon ou d’une autre, la période ouverte par la confrontation avec l’Occident et en finir avec la schyzophrénie. Les facteurs internes (société civile, la femme et la question du statut personnel, l’UGTT) sont déterminants, et j’imagine mal qu’on puisse les réduire. Mais les facteurs externes ne le sont pas moins, car l’Occident est en crise, et la tentation de se lancer dans la reconquête le démange. Personnellement, je considère que ce qui se passe en Syrie, en Algérie et en Egypte est primordial. Les deux premiers pays parce qu’ils sont les plus proches de la Tunisie (la première par le voisinage, la seconde par la culture et par l’État laïc), et l’Egypte parce que son poids est décisif dans notre aire géopolitique et culturelle. Ce qui se passe dans ces pays est plus important pour l’avenir de la Tunisie que les gesticulations d’une troïka dont la présence au pouvoir à Tunis est le fait d’un bref phénomène géopolitique (Qatar et Al Jazeera). Elle n’est pas l’expression d’une maturation lente de la société tunisienne à travers toutes ses composantes.
Bien à vous
@ Z
Voila un dessin qui trahit l'architecte en vous qui, comme tout bon architecte, est sensible aux rapports de forces (physiques et volumétriques). Continuez à n'écouter que votre voix intérieure. Les artistes, parce qu'ils se jettent dans le vide et prennent des risques, sont nos éclaireurs.
Et ils ne sont jamais en paix. - Pauvre Z , vous avez oublié que lorsqu'on donne la parole au peuple il s'exprime, lorsqu'il s'exprime il fait élire des débutés et ses deputés ( ceux de l'ANC dans ca cas ) ont pour mission d'ecrire la constituation et la majorité tranchera même si cela enragera quelqu'uns.
Ce qui est sédirant c'est le manque de logique chez certains.
Pour éviter de se retrouver avec un texte qui ne vous plait pas, vous aurez du soit refuser le vote populaire et le reserver à vous et ceux qui pensent comme vous soit faire comme les grands humanistes de l'occident ( c'est pour rire ) qui lorsque le peuple ne vôte pas comme ils souhaitent coupent les aides ( voir Gaza). - L'occident@Hédi; je pense que tout voir à travers le prisme de le l'Histoire du colonialisme et une division occident/orient fait partie d'une doctrine des années 70 qu'il est temps qu'on dépasse.
Le but ce n'est pas de se coller des étiquettes, c'est d'arriver à une société qui marche en pratique. En ceci nous n'avons pas à nous définir en opposition avec ce qui est encore appelé l'occident, et certainement pas parler de "modernité" occidentale.
En revanche nous devrions profiter du luxe d'avoir autour de nous (dans le monde, pas notre région) un certain nombre d'exemples de modèles de société. Libre à nous de trouver la référence qui nous va le plus. Mettre des étiquettes (tels que occidentales etc) nous mets dans des situations où l'on refuse un modèle qui marche parcequ'on n'aime pas certains aspects de ce modèle (ex récent: un préambule qui ne veut pas citer les droits universels parceque "« Nous n’avons pas besoin de puiser nos références ailleurs »." ), ou pire, on se croit capable d'inventer un nouveau modèle, qui n'existe nul part ailleurs, mais nous, alakhater naarfou entallou fisswarekh, nous allons réussir sans inspiration "étrangère" (lire occidentale, l'inspiration Qatari ne semble pas manquer).
Aussi je ne comprends pas ces histoires de cet "Occident" qui va "repartir à la reconquete". A la reconquête de quoi? Ca n'a de sens que dans cette idéologie des années 70...
Revenons à la Tunisie. Oui, il nous manque la maturité nécessaire pour sans complexes comprendre qu'il y a certains modèles de société qui permettent à un maximum d'individus de vivre ensemble dans un maximum d'harmonie possible enimposant un minimum de contraintes et qui permettent à un maximum de ses citoyens de contribuer et créer une richesse (économique, culturelle et même religieuse pour ceux que cela intéresse). Nous n'avons pas cette maturité, mais nous n'avons pas 200 ans pour recréer la roue non plus. Les pays qui n'avaient pas de telephone fixe sont passés au portable directement. Nous devrions faire la même chose pour bâtir la Tunisie future.
@Hannibal: la démocratie n'est pas la dictature de la majorité, c'est le mécanisme le plus efficace pour résoudre nos différends, càd de permettre des membres d'une société de vivre ensemble. Nous ne sommes pas encore dans un régime démocratique en Tunisie, nous sommes dans une phase de construction. La responsabilité de l'Assemblée Constituante est donc de formuler un document inclusif, qui garantit que les fondements d'une démocratie (càd ce système de négoce de différences) puissemarcher. Et peut-Être qu'on ne le savait pas avant, mais je pense que c'est clair que toutes les couleurs de gris (et bleu et mauve) existent en Tunisie, et que nous avons besoin de ce mécanisme plus que jamais... - @ Arnouba,
Franchement, je ne vois pas ce qui vous fait dire que je vois tout à travers le prise de l'histoire du colonialisme. J'essaie tout simplement d'avoir une approche historique globale et sans prisme. Du point de vue de l'historien, l'Occident est la société qui a introduit l'industrialisation, le nationalisme et la démocratie. Cela ne vous pose pas de problèmes peut-être, mais cela en pose à ceux qui n'envisagent pas le progrès sous l'angle purement matériel, industriel et technologique, aux sociétés qui ne s'identifient pas à des nations et ne se laissent pas enfermer dans des frontières, ainsi qu'à celles qui n'envisagent pas la démocratie comme un produit d'exportation, mais le produit de kl'évolution de l'Occident. Que cela vous plaise ou non, l'occident existe aussi pour la Russie comme pour la Chine, comme pour l'Inde comme pour l'Afrique où il est perçu comme un ensemble civilisationnel particulier, différent, mais pas comme un modèle pour l'humanité.
Quant à la reconquête. Comment qualifiez-vous ce qui se passe actuellement en Libye, en Côte d'Ivoire, en Syrie? Pourquoi les Occidentaux y interviennent-ils? Pourquoi l'objectif affiché des Etats-Unis est-il celui de dominer le monde et d'empêcher tout rival? (cf. Le Grand Echiquier, de Brezsenski). Là aussi, libre à vous d'accepter cette attitude, de la trouver même normale, mais ne reprochez pas à d'autres de ne pas être de cet avis. Il y en a sous toutes les latitudes. Et même en Occident. - @ThysdrusJ'ai dit certes que l'Universel reste un concept rattaché à l'occident. J'aurai dû préciser que l'occident n'en est pas l'inventeur. L'intuition de l'Universel est universelle et n'a pas attendu "les lumières" pour se manifester aux esprits. Et d'ailleurs, l'occident a travesti ce concept au profit de l'universalisme conquérant dont témoigne l'Histoire sanglante du colonialisme et des guerres contemporaines menées contre le terrorisme.
L'association faite entre l'Universel et l'universalisme occidental sert souvent d'alibi pour rejeter en bloc l'idée même de l'Universel.
L'islam fut aussi porteur d'une universalité jusqu'à ce que très tôt déjà, à l'époque même du prophète, un universalisme conquérant prit à son tour en otage l'universel pour le parer d'attributs culturalistes,claniques et partisans. Ce sont les considérations politiques qui travestissent à chaque fois cet élan. Mais il s'agit là du cycle de vie normal de tous les mouvements qui s'emparent de l'universel.
C'est pourquoi utiliser l'islam comme base de constitution c'est déjà prendre un socle non universel, et selon moi, une source de loi dangereuse, qui s'oppose à l'universalité de la liberté (concept universel), Dignité ( concept universel) et Justice (concept tout aussi universel)
Et je ne suis point caricatural en affirmant ceci. - @Hedi,
Wallahi, vous me demandez ce qui me fait dire ceci et vous poursuivez par répondre vous même à votre question. Mais passons, l'avis que j'essayais de partager est que les sociétés qui ont le plus réussi à garantir le maximum de liberté aux citoyens et le maximum d'opportunité de développement (non seulement économique) ont quelques caractérstiques en commun: liberté d'expression, liberté de conscience, liberté d'association, droit àl'integrité physique et psychologique, séparation des pouvoirs, un droit à l'information, état de droit, et finalement, le droit de choisir ses representants politique périodiquement. Je n'ai probablement pas assez d'imagination, mais je ne vois pas comment la supression (ou la "relativisation culturelle") d'un de ces piliers ne menerait pas inéluctablement à des sociétés malsaines.
De l'autre côté, citez moi des pays qui ne veulent pas s'industrialiser, évoluer techniquement, qui ne s'identifient pas à une nation enfermée par des frontiÈres (exception du Colonel au Livre Vert qui voulait bien qu'il ny ait pas de frontière avec la Tunisie, ou Saddam Hussein qui ne voulait pas de frontière avec le Kuwait...). Les droits unviersels sont bien universels non?
Pourquoi les "occidentaux" y interviennent? Car c'est leur responsabilité À ceux qui ont le plus de pouvoir. Les Etats Unis seraient bien restés en dehors des guerres mondiales. George W. est parti en campagne sur une platforme protectionniste de "s'occuper des USA" mais le 11/9 a changé ses plans. Et quand les petits rigolos en France et la Grnade Bretagne ont conspiré en 56 contre l'Egypte, c'est grâce aux pouvoirs de l'époque, l'Union Soviétique et les US que chacun est rentré chez lui...
Maintenant, en ce qui concerne la Tunisie, il y a vraiment deux choix: (1) Épouser des modèles qui marchent, et ceux qui marchent le mieux sont d'après moi basés sur les piliers cités en haut, ou (2) s'imaginer plus smart que tous les autres et créer quelquechose de complètement différent (ce qui semble être la voie choisie). Good luck! - RchoudaJe viens d'écouter notre Cheikh sur Watanya1 concernant les artistent (expo Abdellia) "qui ne respectent pas les limites de la liberté d'expression" en mentionnant deux trois fois le premier article de la constitution... je jette l'éponge, c'est fini.
@Z, merci pour une très bonne caricature et les textes qui vont avec. - Ah le bel Occident !@_z_
Si si vous caricaturez...
Je ne vois pas à quel moment de l'histoire les pays européens et les états-unis ont été porteurs d'universalité ou d'universalisme (au choix)...
Ils sont porteurs de leur seul intérêt économique et géopolitique. Rappelez vous, Il n'y a pas si longtemps ces pays soutenaient Zabba Ben Ali, grand défenseur des "valeurs universelles" comme vous le savez. - Les hommes naissent libres et égaux...Hédi disait : ''Bourguiba a essayé une modernisation des institutions en prenant appui sur le modèle occidental''. Pas tout à fait. Dans un premier temps il a été confronté à l'idée que la fin de la colonisation s’accompagne toujours d'une réappropriation de la culture d'origine et d'un durcissement du fait religieux. Il était aussi convaincu que l’éclosion des droits de l'homme, droits universels, n'est pas l'exclusivité de l'histoire occidentale ni le monopole de sa civilisation (le début de l'intervention de Z, en réponse à Thysdrus, dit la même chose) . Il fallait enseigner, prouver que toutes les civilisations sont promotrices de ces droits et ont participé à leur épanouissement (Nous pouvons en tracer les racines jusque dans la Grèce antique!). Il fallait donc s'approprier les valeurs qui s'opposaient au sectarisme religieux, sexuel, racial...et rejoindre les nations qui mettent l'homme au centre de leur préoccupation. Pour lui la spécificité culturelle d'une nation ne peut pas triompher devant l'Universel. Malheureusement il n'a pas été au bout de son raisonnement pour ne pas écorner son pouvoir personnel surdimensionné et qui était aussi en opposition avec le modèle démocratique et libertaire prônée par l'occident. D'autres raisons de cet échec ont été évoquées par Hédi.
Le système de Bourguiba était, en effet, dans l'impasse, quant à celui des islamistes, il nous introduit dans un tunnel. Voici une illustration :
A l'Assemblée générale des Nations Unies le représentant iranien a récusé la Déclaration universelle en affirmant ceci : ''L'homme est d'origine divine et la dignité de l'homme ne peut se réduire à une série de normes fixées par le profane... La Déclaration universelle des droits de l'homme qui illustre une conception laïque de la tradition judéo-chrétienne, ne peut être appliquée par des musulmans et ne correspond nullement au système de valeurs reconnu par la République islamique d'Iran ; cette dernière ne peut hésiter à en violer les dispositions puisqu'il lui faut choisir entre violer la loi divine du pays ou les conventions laïques ''
Nous y voila! On n'est plus dans la logique de l'Universel débarrassé de l'histoire et du culturalisme. Pour les ennemies de la liberté, les lois universelles sont tributaires de la tradition judéo-chrétienne, donc à rejeter. C'est une manipulation qui leur permet d'échapper aux droits humains qui s'opposent à la laïcité et à l'émancipation de l'être humain. Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage. Ennahdha s'inspire de ce modèle.
@ Thysdrus. Voici un exemple qui donne à réfléchir : Nous savons tous que l'islam a légalisé l'esclavage et que le coran n'a pas condamné cette pratique. L'abolition de l'esclavage a commencé en Europe en 1315 par le roi de France Louis le Hutin. En 1807, la traite des noirs aux États-Unis et en Angleterre a été abolie. Il faut attendre le XXè siècle pour assister au début de l'abolition de l'esclavage dans les pays arabes et musulmans : 1968 en Arabie saoudite, 1980 en Mauritanie (le dernier pays au monde à abolir l'esclavage) mais il reste au moins 100 000 esclaves dans ce pays de nos jours. Je pense qu'on pouvait faire mieux.
Ceci dit, il n'y pas de pays parfaits, mais comme disait Coluche : Les hommes naissent libres et égaux, mais certains sont plus égaux que d'autres ... - Je pense que Z le dit trés bien. Les valeurs universelles ne peuvent pas souffrir d'être portées par un universalisme culturaliste, qui d'ailleurs n'est pas propre a l'occident. Aucun empire, et les arabes en premier lieu, ne s'est privé d'universalisme culturaliste.
A vrai dire, l'origine de ces valeurs m'importe peu. Je sais tout simplement que mon intuition me porte plus vers la liberté que vers la soumission, et ça me suffit. Je soupçonne que l'intuition de Thydrus n'est pas fondamentalement différente.
Je sais ensuite que les nations qui ont atteint un niveau appréciable de développement économique et social, et donc de progrés humain, sont celles qui sont régies par un minimum de bonne gouvernance.
Je sais enfin que ce minimum de bonne gouvernance est illusoire en l'absence de regles démocratiques dans leur acceptation occidentale. On me répondra que l'Islam a sa propre gouvernance comme le montrent certains épisodes mythifiés de son histoire. Et peut être qu'ils ont raison. L'islam n'enseigne-t-il pas aux gouvernants qu'ils sont tous bergers et responsables de leurs troupeaux?? Oui, sauf qu'honnêtement, je n'ai pas envie d'être une brebis et de me réveiller chaque matin dans l'expectative de découvrir si le berger du jour manie la flûte ou le lasso du cowboy. S'il sera de bonne humeur ou me massacrera si je me retrouve en position d'hors jeu par rapport au troupeau. S'il est végétarien ou grand amateur de méchoui. - @Bob
كنتم خير أمة أخرجت للناس
قال أبو هريرة معناه : كنتم خير الناس تجيئون بهم في السلاسل فتدخلونهم في الإسلام
قال قتادة : هم أمة محمد صلى الله عليه وسلم لم يؤمر نبي قبله بالقتال فهم يقاتلون الكفار فيدخلونهم في دينهم فهم خير أمة للناس
L'effet, il faudra le demander aux perses, aux kurdes, aux berberes, aux noirs et que sais-je encore. - @L'occident
Je connais ces histoires sur le respect des minorités dans une démocratie et le bla bla qui suit , n'empêche dans une démocratie la majorité à un grand pouvoir, même celui de modifier la constituation ( si elle à une majorité de 2/3 ou 3/5 par exemple ) et lorsqu'on a accepté de passer par les partis pour élire des mebmbes de l'ANC on a accepté de verouiller le jeu dès le départ.
Il y a une autre plaisanterie aussi : la sépration des pouvoirs , tout le monde sais que souvent le parti qui gouverne à la majorité à l'assemblé et de ce fait il ligéfère et execute et parfois nomme le procureurs...
Pour le reste ceux qui parlent de l'unversalisme de l'occident rêvent ou se racontent des histoires . Cet préetndue universalisme n'est qu'un particularisme occidental proclamé unversel et soutenu par la force de la propagande et des armes parfois.


















