Canalblog Tous les blogs Top blogs Humour
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
DEBATunisie
2 mai 2026

Kaïs Sadique

Le degré de faillite morale du régime de Saïed se mesure au malin plaisir que se donne la justice chlé­kiste à châtier ses opposants.

 

L'acharnement contre la figure de Rached Ghannouchi en donne le meilleur exemple: chef historique du parti islamiste Ennahdha, et figure incontournable de la politique tunisienne après la chute de Ben Ali, Rached Ghannouchi, à tort ou à raison, a incarné à lui seul l'échec de toute l'expérience démocratique en Tunisie. Il est devenu la cible idéale de la bourgeoisie et de la gauche Rahoui, mais aussi de tous les déçus de la promesse révolutionnaire de 2011 (dont moi-même, et je n'oublie pas tous les dessins à charge contre celui que j'appelais Zaballah).

 

La gauche bourgeoise tunisienne a même soutenu le coup d'État de 2021 dans l'espoir de juger Zaballah, et pensait-on naïvement : pour connaître enfin la vérité sur les supposés financements étrangers, l'envoi en Syrie de djihadistes tunisiens, ou encore les assassinats politiques de 2013. 

 

Que nenni !

 

La justice chlé­kiste a bien jeté Ghannouchi en prison en 2023 et l'a condamné à une peine de 40 ans, mais son accusation porte sur une déclaration qu’il aurait publié sur Facebook, et sur une accusation pour complot contre Saied.

 

Pour un homme de 84 ans, il a été tout simplement condamné à perpétuité, sans qu'aucune vérité sur tous les sujets brûlants n'ait été révélée !

 

Preuve, s'il en est besoin, de rappeler encore une fois que sous la sainte Chléka, la justice est :

 

- D'abord un instrument de règlement de comptes politiques (évincer les opposants)

- Un défouloir populaire : Ghannouchi incarnant le mal absolu, il devient ainsi un bouc émissaire idéal pour une bourgeoisie et une certaine gauche "pavlovienne" anti-islamiste, mais aussi tous les déçus chlékeux et chlékeuses, chméteux et chméteuses qui souhaitent tout le mal à toutes les personnes qui ont gouverné entre 2011 et 2021. Ces gens (les chlékeux) n'ont que faire de la justice, de la vérité, de la réparation ; ils ne sont mus que par des affects négatifs, des bas instincts et du ressentiment, bref tout ce qui fait l'engrais de la politique populiste et fasciste de la Sainte Chléka.

 

Voilà donc ce qu'il en est de Ghannouchi et c'est exactement cette même mécanique barbare qui est à l'œuvre contre tous les autres opposants, quels que soient leurs couleurs politiques...

 

Revenons à Ghannouchi

 

Il vient de subir une dégradation grave de son état de santé, obligeant l’administration pénitentiaire à le transférer en urgence à l’hôpital pour recevoir des soins et être placé sous surveillance médicale pendant plusieurs jours (voir ici).

 

Alors solidarité avec Rached Ghannouchi et solidarité avec tous les otages du régime de la Sainte Chléka ! 

 

En disant cela, il ne s'agit de soustraire personne à la vraie justice, mais de libérer des personnes otages d'un délire collectif orchestré par un médiocre personnage que l'Histoire a placé par accident à la tête d'un pays, une sorte de chléka qui est en train d'instrumentaliser l'État et les bas instincts populaires pour régler ses comptes personnels, ses complexes et ses traumas, voire ses tendances sadomasochistes résultant d'une enfance malheureuse.

 

 

Commentaires
DEBATunisie
Newsletter
643 abonnés
Commandez ma BD ici :

 

Archives