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DEBATunisie

29 août 2026

A quand le couperet de l'Histoire ?

Aux coupures d'eau et d'électricité s'ajoute désormais la pénurie de carburant et d'eau minéral. L'État, et à sa tête le président, est aux abonnés absents, tandis que la population est au bord de l'explosion...

 

 

Tous les ingrédients semblent réunis pour une révolution, mais les colères et les insurrections observées ici et là peinent à fusionner. Et pourtant, sur les réseaux sociaux, les prises de parole de plus en plus fréquentes d'anonymes qui accusent frontalement le président se multiplient, au point de nous rappeler l'hiver 2010...

Mais ça ne prend toujours pas...

28 août 2026

19e anniversaire de DEBATunisie

Le 28 août 2007, j’ai créé mon blog debatunisie.com.

 

Aujourd’hui, c’est son 19e anniversaire. Mais je suis profondément malheureux pour ce blog que je croyais voir accompagner l’émergence d’une démocratie en Tunisie. Mes textes et mes dessins semblent, au contraire, depuis l’été 2021, accompagner un désastre au ralenti.
 


Alors je voudrais, pour moi-même et pour ceux qui me lisent, revenir sur cet été qui nous a conduits vers les abîmes, et reconnaître combien j’ai pu moi-même être induit en erreur. Car ce qui se passe aujourd’hui, c’est-à-dire l’effondrement du pays, qui demeure le fait du régime en place, relève aussi de la responsabilité, non pas de l’élite, mot trop connoté, mais plutôt des yeux, des vigiles, des consciences qui habitent cette chose appelée Tunisie et qui pour la majorité, n'ont pas su être au rendez-vous.

 

Et je me considère, à ma modeste échelle, comme l’un de ces yeux, sis entre les deux cornes de Boukornine, regardant depuis ses hauteurs la chose publique et consignant, dans ce cahier de bord qu’est Debatunisie, le déroulé des événements, avec toute ma subjectivité, ma lucidité, mes biais, et mes myopies…

 

Et si je reviens sur cette période précise, c’est parce que j’ai moi-même été aussi mou que beaucoup d’autres à hurler au scandale lorsque Saïed a fait son coup d’État. C’est à la lecture du texte de Yassine Ayari (voir ici), texte qui précisément s'attaque à cette cécité collective que je reviens sur cette longue séquence : Fakhfakh, Covid, motion de censure, Méchichi, fiasco sanitaire, dizaines de milliers de morts, coup d’État du 25 juillet, instauration de la dictature, puis effondrement des services publics, eau, électricité…, en ce malheureux été 2026.

 

Un fil d’Ariane relie toutes ces séquences. Il s’agit d’un enchaînement d’actions suivant une logique implacable qui était pourtant là, devant nous, sous nos yeux. Vigiles et Cassandres, nous avons refusé de voir l’évidence, aveuglés par notre haine des islamistes, des karouistes et de leur « mollusque » Hichem Méchichi. Une haine qui nous a rendus bêtes et aveugles. Les articles de mon blog à l'époque attestaient de cette myopie, mais en le reconnaissant ici, je ne dédouane aucun de ces tocards de leur entière responsabilité historique dans l’enchaînement qui conduira au coup d’État. En reconnaissant cette myopie, je revois d'un œil nouveau l'histoire récente du pays, et je comprends mieux notre malheur collectif.

 

Début de la fin de la Tunisie

 

On peut s'amuser à imaginer que la tragédie a commencé avec Yassine Ayari lui-même, député à l’époque, qui a jeté un pavé dans la mare en accusant le Premier ministre Fakhfakh de conflit d’intérêts. Fakhfakh qui, rappelons-le, avait été nommé en janvier 2020 par le tout frais et respectable Kaïs Saïed d'alors. Fakhfakh qui fut reconnu pour sa gestion efficace de la pandémie durant son court passage à la tête du gouvernement.

 

Les accusation de conflit d'intérêt qu'avait révélé Ayari, pourtant peu convaincantes, ont conduit à un vote de censure contre le premier ministre qui quitta son poste le mois de juillet 2020. Cette manœuvre de destitution de Fakhfakh était alors lue par les vigiles comme une manipulation des islamistes visant à saboter un gouvernement qui commençait à échapper à leur contrôle. Pour les anti-islamistes dont je faisais partie, il y avait dans cette affaire une énième preuve de l’abjection morale de Ghannouchi et de ses alliés, capables de mettre en péril la santé publique au nom de bas calculs politiques.

 

Yassine Ayari passait alors pour une triste marionnette dans cette sinistre pièce de théâtre jouée par le trio formé par les islamistes, les « kakarouistes » et le mouvement Karama, fiers de déposer ensemble la motion de censure qui allait faire voler en éclats le seul gouvernement qui tenait encore la route et qui faisait face à la pire pandémie qu’ait connue le monde.

 

Pourtant, rien d’antidémocratique dans tout cela, rien d’illégal : juste une lutte de pouvoir qui a donné une image détestable de la politique et dont le gouvernement suivant, celui du mollusque Méchichi, a fait les frais. Car Méchichi, bien que nommé par Saïed, a fini par pactiser avec le trio (voir ici). Dès lors, toutes les défaillances et tous les errements qui ont suivi ne pouvaient être lus qu’à travers le prisme du complot islamo-karama-karouiste dont Méchichi incarnait désormais la vitrine. Quant à Saïed, il apparaissait comme la victime de cette machination, renforçant ainsi son capital de sympathie.

 

Saïed signe un pacte avec le Diable

 

Saïed, jouissant alors de cette image de sainteté et d'innocence, a commencé à préparer sa revanche en s'alliant, sans que personne ne puisse le deviner, avec les forces contre-révolutionnaires, aussi bien à l'intérieur du pays (voir ici) qu'à l'étranger, notamment à travers son fameux voyage en Égypte, qui avait marqué les esprits (voir ici).

 

Des témoignages plus récents, comme celui du directeur du renseignement Kamel Guizani, nous révèlent que Saïed avait mis sur écoute toute la classe politique, militaires compris (voir ici). Visiblement, quelque chose était en préparation, d'après les mots de Guizani, mais quoi donc ?

 

Mais ce sera le témoignage de Méchichi en personne sur Al Jazeera (voir ici) en septembre dernier, qui nous permettra de mieux comprendre ce qui se tramait à l'époque. Selon l'ancien Premier ministre, Kaïs Saïed fomentait un coup d'État et a profité de la crise sanitaire pour avancer ses pions et commettre l'irréparable.

 

Crime de masse
 

Évidemment, les déclarations de celui que j'appelais le mollusque ne peuvent être que partiales et doivent être prises avec beaucoup de précautions. Mais avec le recul, la version de Méchichi offre la pièce manquante qui complète le puzzle et nous permet de comprendre la cruauté de Kaïs Saïed :

 

Cette pièce manquante, c'est le crime de masse (c'est moi qui ose cette qualification) dont s'est rendue coupable la Chléka de Carthage, et par lequel il a franchi un seuil symbolique lui permettant, par la suite, de normaliser les pires procédés afin d'atteindre ses objectifs politiques. Tout ce qui nous choque depuis, ses outrances, ses mensonges, sa brutalité, ne peut être compris qu'à la lumière de ce seuil symbolique au-delà duquel le mal n'a plus de limite.

 

Ce crime de masse, qui a provoqué la mort de dizaines de milliers d'individus, serait donc un choix tactique de Saïed pour préparer son coup d'État. Méchichi explique, à partir de la troisième heure de sa longue interview, que le président a ordonné le blocage de vaccins et a organisé, avec le ministre de la Santé de l'époque, Faouzi Mehdi, une pagaille qui a généré une colère dans tout le pays, réunissant ainsi toutes les conditions pour bien accueillir le putsch du 25 juillet. Et ce fut le cas ! Observez par vous-même, dans cet article publié le 26 juillet 2021, l'enthousiasme que j'avais moi-même du mal à cacher.

 

Et puis apparurent par miracle les vaccins, au lendemain du coup d'État. Nous avons alors chaudement applaudi le sauveur Saïed, qui avait libéré le pays des islamistes corrompus et incompétents, et nous avons presque fermé les yeux sur la démocratie sacrifiée au passage. Voilà ce que j'avais bêtement écrit : « Rien que pour cet exploit mondial, ce 8 août 2021 où ont été vaccinées plus d'un demi-million de personnes en une journée, on peut dire tout ce que l'on voudra, mais notre président vient de réaliser d'une pierre deux coups d'État : contre Covid et contre Zaballah. » (voir ici).

 

Oui, j'ai honte d'avoir écrit cela.
 

Conclusion

 

Alors oui, les amis, on s'étonne d'en être arrivés aujourd'hui à ne plus avoir d'eau ni d'électricité, tandis que le président continue à justifier l'effondrement des services publics par ses théories du complot. Il ose tout, car il sait qu'après un crime de masse, on avait rien vu ; qu'après un coup d'État, on l'avait applaudi ; qu'après avoir déchiré notre Constitution, on s'est tu ; et que lorsqu'il a jeté tout le monde en prison, on s'est écrasé...

 

Cet homme, par sa laideur, est devenu le visage de notre honte : celle d'avoir laissé notre haine des islamistes nous conduire à sacrifier, en connaissance de cause, une démocratie imparfaite. En poussant la métaphore religieuse, on pourrait même voir en Saïed le diable venu nous punir d'avoir cédé à cette chlékeuse paresse.

 

Alors, que faire contre le diable quand les vigiles et les yeux de Boukornine savent qu'Allah n'existe pas ?

 

En guise de cadeau d'anniversaire, vous pouvez toujours me soutenir sur :


Boukornine vous le rendra !

27 août 2026

Chléktricité

La multiplication des coupures de courant en période de fortes chaleurs tue. On dénombre plusieurs morts dans les hôpitaux et les prisons.
 

Les experts expliquent clairement les raisons de cette défaillance majeure. Certains rappellent sur les réseaux sociaux que Kaïs Saïed lui-même aurait décidé unilatéralement, en 2019, de bloquer un budget destiné à l'entretien et au développement du réseau (information à vérifier). Personne n'aurait réussi, à l'époque, à raisonner la Sainte Chléka, têtue comme une mule et qui n'écoute que sa petite voix intérieure.

 

À ceci s'ajoute le problème d'un établissement public, la STEG, endetté à hauteur de 7 milliards de dinars (voir ici), et qui, de surcroît, n'a plus de ministre de tutelle puisque notre omniscient président, sur un coup de Chléka, a viré la ministre de l'Énergie, Fatma Thabet Chiboub, en avril dernier (voir ici), sans lui trouver de remplaçant.

 

Bref, tout converge vers une explication évidente : le mode de gouvernance autoritaire, qui plus est exercé par un idiot du village qui se prend pour le prophète, résume en grande partie la débâcle de la STEG. Et ce qui rend cette situation encore plus rageante, c'est la fuite en avant de la Sainte Chléka, qui aggrave le problème en mentant ouvertement et en évoquant les sempiternels comploteurs et agents du mal, coupables, encore et toujours, de tous nos malheurs !

   

23 août 2026

Colère à Ben Guerdane

Un énième naufrage au large de Zarzis a provoqué la mort de nombreux Tunisiens fuyant la misère et l’absence de tout horizon de vie digne et heureuse en Tunisie (voir ici). Ce genre de tragédie est malheureusement devenu presque banal depuis l’époque de Zaba.

 

Mais sa récurrence depuis l’ère Zabaïed (voir ici et ici), en raison de son fiasco économique, de l’absence de toute vision politique pour l’emploi des jeunes, puis de la militarisation des frontières qu’il a lui-même signée avec les Européens, fait de la mort de ces Tunisiens une conséquence encore plus directe du régime despotique de Kaïs Saïed.

 

Notre dictateur n’a plus rien à proposer. Son seul programme politique consiste à se maintenir au pouvoir par la force et la brutalité, quitte à jeter toute la jeunesse à la mer ou en prison, à l’exemple de Seifeddine Arfaoui, qui a été arrêté pour avoir crié, lors de la manifestation du 20 août : هز الكازي للرازي!

 

 

Une vague de colère a éclaté depuis à Ben Guerdane, ville d’où ces jeunes étaient partis. Le régime n’a évidemment eu pour seule réponse à proposer que la violence policière et le gaz lacrymogène…

 

22 août 2026

Le Casi au Razi

Parmi les slogans de la manifestation du 20 août, celui-ci a particulièrement retenu l'attention, notamment sur internet…

 

Après avoir publié ce dessin sur Facebook le matin du 21 août, le soir-même, Seifeddine Arfaoui, un des organisateurs de la manifestation, a été arrêté pour avoir crié (et créé?) ce slogan durant la mobilisation (voir ici). 

 

Il n'y a évidemment aucun lien de causalité entre ce dessin et l'arrestation d'Arfaoui. Je note juste que la police a au moins cette même capacité que le caricaturiste, de reconnaître les slogans qui font mouche. 

20 août 2026

Main dans la main ?

La manifestation qui a lieu en ce moment à Tunis se déroule avec la même énergie et la même ténacité que toutes celles qui l’ont précédée. Même si l’on peut déplorer le nombre limité de participants, on ne peut que saluer leur courage et leur détermination, mais surtout leur capacité à élargir leurs rangs et à diversifier les profils des personnes présentes. 

 

Cependant, on peut déplorer les querelles internes qui fragilisent ce mouvement et qui concernent surtout son rapport avec les partis déchus : à savoir, l’union sacrée contre la dictature ou, au contraire, une prise de distance vis-à-vis de formations politiques devenues un repoussoir pour une nouvelle génération d’activistes désireuse d’un changement radical, mettant l’actuelle dictature et ladite « décennie noire » dans le même sac des poubelles de l’Histoire.

18 août 2026

Chlékosionisme

Cela fait plus de 5 mois que les organisateurs tunisiens de la flottille Soumoud sont en détention à la prison de la Mornaguia. Ils sont accusés de blanchiment d'argent. Dans un communiqué publié le dimanche 16 août 2026, leurs familles alertent sur la dégradation de leur santé (voir ici) !

 

 

 

Je reprends la publication Facebook de la journaliste et activiste Naziha Rjiba :

 

« Les organisateurs de Soumoud auront passé quelques heures dans les prisons de Ben Gvir, et ils croupissent depuis cinq mois dans les prisons de celui qui a érigé en slogan la criminalisation de la normalisation ! »

 

Qu'est laide et mesquine cette sainte Chléka !


Toute la solidarité et le soutien de Boukornine et des flamants vont pour les organisateurs de la flottille victimes du Chlékosionisme

17 août 2026

Manifestation du 20 août

On ne pourra jamais prendre notre destin en main sous la dictature de la Chléka. Aucun avenir n'est possible dans un pays où un seul individu, aussi brutal qu'incompétent, a verrouillé tout l'appareil de l'État, excluant la population de toute prise de décision et la condamnant à rester spectatrice de l'effondrement de tout ce qui a été bâti depuis l'indépendance.

 

Aujourd'hui, nous arrivons au stade ultime de cet effondrement : plus d'eau et plus d'électricité. Dans certaines régions polluées comme Gabès, c'est même l'air qui fait défaut !

 

Alors, qu'attendons-nous pour faire dégager une bonne fois pour toutes cette Chléka ?

 

Une marche est prévue ce jeudi 20 août 2026. Elle fait suite à l'appel d'activistes, des partis, et de membres de la société civile :
 


Remarques "techniques"
 

Un petit mot plus technique, destiné à tous les « structuralistes » et autres « intellectuels » tunisiens qui considèrent que le problème dépasse la personne de Saïed et que c'est le système, voire la population elle-même, qui génère la dictature:

 

Messieurs-dames, sachez que, par votre raisonnement très confortable (auquel vous nous avez habitués depuis Ben Ali), vous occultez la hiérarchie des responsabilités et la gradation du mal dans les sociétés humaines.

 

Je sais que cela vous coûte de vous exprimer directement contre la Sainte Chléka, mais alors taisez-vous, épargnez-nous vos théories et contentez-vous, depuis vos salons, de libérer la Palestine.

 

Nul ne doit nier les raisons historiques, socio-économiques, géopolitiques, voire aujourd'hui technologiques, qui expliquent l'avènement d'un Saïed. Évidemment ! Saïed est un populiste de son époque, à l'image d'un Trump, d'un Milei et d'autres dirigeants contemporains.

 

Mais Saïed, en tant que produit de tout cela, demeure un être humain duquel on attend, plus que de tout autre individu, le sens du bien commun, de l'intérêt général, de l'éthique et de l'empathie pour tous les citoyens qu'il est censé représenter en tant que président. On est même en droit d'attendre de lui de l'empathie envers l'ensemble du vivant, faune et flore comprises, sur tout le territoire national.

 

Officiellement, Kaïs Saïed n'est pas fou et demeure responsable de ses actes. Et s'il souffre d'une atteinte mentale reconnue cliniquement, alors vous conviendrez que le problème, encore une fois, n'est ni la société tunisienne ni la nature de l'État tunisien, mais la volonté de quelques personnes abjectes qui profitent de la maladie et de la vulnérabilité d'un homme pour gouverner.

 

Dans les deux cas, nous avons affaire, au minimum, à un individu ou à un groupe qui a délibérément pris en otage l'État avec la complicité de corps armés. Et c'est tout simplement de cela qu'il s'agit. C'est contre cette mafia qu'il sera question d'agir avant qu'il ne soit trop tard !

 

Mais cela paraît tellement limpide, que je ne comprends toujours pas pourquoi dois-je rappeler tout cela !

 

Soyez donc au rendez-vous le jeudi 20 août 2026 ! 

15 août 2026

Compl’eau contre notre sainte Chléka

Voilà plus d’un mois que la ville de Mahdia souffre de coupures d’eau systématiques. Alors, évidemment, la coupe est pleine : pas d’eau, mais de colère, de rage et de haine contre un État absent et incompétent, qui ignore et méprise sa population.


S’ensuit une révolte dans les rues de Mahdia. Et que répond la sainte Chléka ? Elle arrête les manifestants et les accuse de complot contre l’État ! Et ce n’est pas une caricature (voir ici).

 

 

Les jeunes descendus dans la rue ont heureusement été relâchés. Peut-être qu’à l’intérieur du palais, les derniers esprits sains ont dû expliquer à la sainte Chléka que, même en situation de coupure d’eau généralisée, une simple goutte peut faire déborder le vase…

14 août 2026

13 août, Journée nationale de la femme ?

Il y a 70 ans était promulgué le Code du statut personnel (CSP). À l'époque de sa promulgation, le 13 août 1956, ce code constituait un progrès salutaire pour les droits des femmes. Cette Tunisie archaïque, qui sortait épuisée d'une colonisation humiliante, relevait un peu la tête en accordant aux femmes plus de dignité. C'était déjà révolutionnaire, mais le chemin vers une égalité complète était encore long...

 

Aujourd'hui, ce ne sont plus seulement les droits des femmes qu'il s'agit de sauver, mais la Tunisie tout entière, qui se fait avaler par le plus archaïque et le plus sous-développé des régimes qu'elle ait jamais connus depuis son indépendance...

 

 

Sofia Sadek, la diva mauve 

 

En guise de célébration de ce 70e anniversaire de la journée de la femme et pour clôturer le Festival international de Hammamet, le ministère de l'intérieur, pardon, de la culture, a fait sortir de ses archives la chanteuse Sofia Sadek (voir ici).

 

 

Pour rappel, Sofia Sadek est une chanteuse iconique de l’époque Ben Ali. Le retour de la dictature a dû lui redonner un nouveau souffle et beaucoup d’inspiration. Elle a donc ressorti sa robe mauve, comme au bon vieux temps, et entonné son hymne à la police : « Dans la sécurité et la sérénité, l’être humain vit ici. »

 

Les chlékas, parmi lesquels on compte de nombreux nostalgiques du mauve, ont applaudi et pleuré d’émotion !

12 août 2026

Dépollution de Gabès ?

J’arrête avec la désinformation. Hier, j’ai publié un dessin qui évoquait le mauvais accueil réservé au président Kaïs Saïed par la population de Gabès (voir ici). J’ai encore une fois été induit en erreur par des fake news propagées par ces traîtres d’opposants vendus à Ghannouchi et à l’Occident. Je m’excuse donc auprès de mes lecteurs.
 

Je corrige mon dessin en me basant cette fois sur l’information très obj(chl)ective de la page Facebook de notre bien aimé admin président…
 

 

11 août 2026

Visite surprise à Gabès

Le président Kaïs Saïed a effectué hier soir une visite « surprise » à Gabès. Elle a eu lieu sur la plage de Chott Essalem connue pour sa pollution au phosphogypse. Évidemment, Zabaïed n’a strictement rien fait depuis les dernières protestations réclamant le démantèlement du Groupe chimique qui asphyxie toute la région. D’où le chaleureux accueil de la population présente sur place qui, malgré le dispositif de sécurité, a bien fait entendre sa colère (voir ici).

 

9 août 2026

Note de service

La direction de DÉBATunisie assume l’usage du qualificatif de chléka, de chlékeux ou de chlékiste contre celui ou celle qui, dans le merdier général, refuse de localiser le lieu d’émission et de production du caca actuel, c’est-à-dire la personne de Kaïs Saïed, dictateur, putschiste, fasciste, raciste, menteur, corrompu, destructeur de l’État tunisien et semeur de discorde entre Tunisiens. Est donc qualifié de chléka celui ou celle qui, malgré cette accumulation flagrante et indiscutable de déchets, met sur le même plan de responsabilité les opposants et même les islamistes ou les RCDistes.


Oui, il n’y a aucune commune mesure entre tous les maux que la Tunisie a vécus sous Ben Ali et sous les islamistes et ce qui nous arrive aujourd’hui sous la dictature de Saïed. Et ce n’est pas parce que Saïed est le produit de tout ce qui a précédé qu’il serait excusé ou que le mal qu’il a provoqué devrait être minimisé.


Ma modeste observation minutieuse de 20 ans de politique tunisienne, où j’ai consigné sur mon blog www.debatunisie.com toutes les dérives, les abus, les horreurs des pouvoirs successifs, me conduit à considérer que rien n’égale, en degré et en nature, le désastre provoqué par ce sombre personnage.


Même si l’analyse scientifique explique le phénomène Saïed, il y a, comme dans toute histoire humaine, des singularités, des accidents, des bugs qui sont le fait d’individus dont la psychologie tourmentée imprègne, par de malheureux hasards (les élections de 2019), la trajectoire de tout un pays.


Le phénomène Saïed n’est pas plus différent ni plus contingent qu’une catastrophe naturelle qui s’abat sur un pays et qui le fait dérailler sur plusieurs générations.


Est donc une Chléka celui ou celle qui ne reconnaît pas cette évidence et qui s’attaque à celui ou celle qui, modestement, sur les réseaux sociaux, dénonce la dictature.


Ainsi, DÉBATunisie se réserve le droit et l’obligation de traiter de chléka toute critique à toute caricature, aussi moche et irrespectueuse soit-elle. Et ce n’est ni par refus de la critique ni par égocentrisme : simplement, dans le contexte actuel, mettre des bâtons dans les roues de toute résistance au caca général constitue une forme de collaboration avec l’actuelle dictature fasciste et chlékiste du sinistre Kaïs Saïed, accident mortel de l’histoire de la Tunisie contemporaine. 

 

 

5 août 2026

Régime sous perfusion

Le régime de Kaïs Saïed est un régime sous perfusion. La consigne officielle consiste à rassurer la population, non pas sur l'état du pays, mais sur celui du président. C'était, semble-t-il, l'objet de la dernière réunion au palais, qui a rassemblé les principaux responsables des médias publics (voir ici). Tout va très bien, Madame la Marquise !
 

Mais les vraies réunions, celles qui se tiennent en coulisses et que personne ne voit, ces réunions de crise qui rassemblent les proches du président, portent sur tout autre chose. On n'y parle ni de l'état du pays, ils s'en moquent, ni de celui du président, ils savent qu'il n'en a plus pour longtemps.
 

Leur seul véritable sujet de préoccupation est ailleurs : accompagner l'effondrement de l'État en organisant des simulacres de réunions officielles et des mises en scène de sorties présidentielles à la Mnihla, la nuit de préférence. L'objectif n'est pas seulement de rassurer l'opinion, mais surtout de gagner du temps pour préparer l'après-Saïed, organiser leurs points de chute en cas de fuite, puis mettre à l'abri leurs fortunes ainsi que leurs dossiers les plus compromettants. Ils savent que le temps des chlékas touche bientôt à sa fin.

 

 

4 août 2026

Zabaïed, super-héros

Pour faire taire les mauvaises langues et les comploteurs qui doutent de la bonne santé du président, Saïed est apparu à Radès dans la soirée du dimanche 2 août 2026 (voir ici). Il a choisi pour décor les égouts qui se déversent dans l’oued Meliane, pour jouer sa comédie préférée du justicier de la nuit qui échange avec la police sur les complots du crime organisé. 

 

 

Notre Batmâne national, hormis les réunions avec la police, ne passe jamais à l’action, car il ne maîtrise aucun de ses pouvoirs de super-héros. Dès que le jour se lève, il rentre vite au château et s’endort jusqu’à la prochaine lune…

 

 

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