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DEBATunisie

21 septembre 2026

La révolution des flamants roses

En tant qu'oiseau migrateur, il m'arrive de visiter de nouvelles contrées loin de la Sebkha et de Boukornine. Où que j'aille, je suis souvent frappé et émerveillé par la diversité de la nature et sa richesse, mais malheureusement lassé et désespéré par l'omniprésence de l'homocapitalus et sa folie destructrice partout sur terre.

 

Albanie

 

C'est en terre d'Albanie que j'ai donc posé mes ailes cet été attiré par l'appel des flamants roses de Sazan et de Narta. Tenez-vous bien, vous allez être surpris, car j'ai découvert qu'existe la réplique de Boukornine et de la Sebkha ailleurs qu'en Tunisie : 


L'île de Sazan est une sorte de Boukornine noyé dans la mer Adriatique, et Narta une Sebkha comme chez nous, couvrant presque la même surface que la lagune de Tunis, et accueillant des milliers de flamants roses et autres sympathiques espèces d'oiseaux. Contrairement à chez nous, Narta et Sazan sont des sites naturel protégés. Enfin, jusque-là…

 

Cet endroit magique est devenu depuis la fin mai 2026, le cœur battant d'une lutte citoyenne à résonnance internationale entre l'homocapitalus d'un côté et les défenseurs de la nature de l'autre. Cette lutte fait descendre des Albanais dans les rues de leur capitale Tirana, et ce toutes les semaines pour protester contre un mégaprojet de cité balnéaire de luxe à cheval entre l'île de Sazan, et Narta. Cela ne vous rappelle rien ?


Sama Dubaï  

 

En 2007, en Tunisie, un mégaprojet de luxe similaire appelé Sama Dubaï devait voir le jour sur la Sebkha de Tunis. Z était né à la suite d'une minuscule révolution de flamants roses que je menais à ma modeste échelle sur mon blog DEBATunisie créé en cette même année 2007 (voir ici). Mon objectif était d'alerter l'opinion sur les ravages écologiques de ce genre de projet immobilier, de dénoncer le caractère opaque d'un deal entre des émirs du Golfe et la dictature de Ben Ali, sans oublier de rappeler la dimension quasi coloniale de ce type d'urbanisme enclavé, qui crée un mur physique et symbolique entre des colons riches et les "indigènes". 

 

Ce Mégaprojet n'a heureusement pas vu le jour, la crise des Supprimes de 2008 ayant tout emporté (voir ici). Est juste resté de cette époque, mon flamant rose de la Sebkha, qui depuis son poste d'observation entre les deux cornes de Boukornine, documente à sa manière, l'actualité de la Tunisie et de ses Chlékas.

 

Ivanka

 

Alors évidemment, je ne pouvais rester insensible, 19 ans plus tard, à l'appel des Flamants de Narta. Mais en ce qui les concerne, la menace venait d'encore plus haut que nos Émiratis de Dubaï. Leur prédateur n'est ni plus ni moins que la fille de Dark Vador : Ivanka Trump !

 

Avec toute la naïveté que savent si bien simuler ces prédateurs, Ivanka raconte dans une vidéo publicitaire, qu'au cours d'une virée en yacht sur l'Adriatique, elle aperçut soudain l'île de Sazan. Elle plongea alors, telle une sirène, dans les eaux turquoise, rejoignit l'île à la nage et l'escalada jusqu'à son sommet.

 

Et là, contemplant le paysage depuis les hauteurs de Sazan, elle eut une révélation : bâtir sur cette île encore sauvage et sur le littoral de Narta, un paradis bling-bling pour les homocapitalus de son espèce.

 

 

Un jour de mai 2026, les habitants de Narta (commune de Zvërnec) découvrent soudain des clôtures autour d'un espace côtier. Une manifestation des riverains est brutalement réprimée, ce qui met le feu aux poudres et transforme une colère locale en un mouvement national qui prend immédiatement pour cible le gouvernement.

 

Les Albanais se rendent compte alors que leur Premier ministre, Edi Rama, a fait voter discrètement une loi en 2024 pour rendre constructibles Sazan et Narta, pourtant classées zones naturelles protégées, et ce, un an avant qu'Ivanka ne mouille son yacht au large de Sazan. Comme par hasard !

 

Évidemment, la question écologique dans cette affaire a été le catalyseur d'une protestation plus large contre la corruption de toute la classe politique albanaise, opposition comprise, accusée de mépriser les populations et l'environnement au nom d'intérêts économiques privés.

 

Car derrière ces opérations immobilières, il y a évidemment beaucoup, beaucoup d'argent à se faire, mais aussi, pour l'élite albanaise au pouvoir, le désir de se rapprocher de la famille de Dark Vador, seigneur de l'homocapitalus dans toute sa splendeur. 

 

Le serpent Trump  
 

Ivanka Trump n'est que le joli visage d'un horrible serpent de mer. C'est son époux Jared Kushner qui est à la manœuvre. Lui, le haut conseiller de Dark Vador, l'architecte des accords d'Abraham destinés à normaliser les relations des pays arabes avec Israël, lui le patron du fonds d'investissement Affinity Partners.

 

Vous vous rappelez du scandaleux mégaprojet « Riviera Club » à Gaza annoncé par Trump ? Eh bien c'est lui Jared Kushner par sa société Affinity Partners qui compte transformer Gaza en club de riches une fois que le bulldozer israélien achèvera son génocide et que le foncier sera débarrassé de tout Palestinien.

 

Les flamants rose de Narta ont bien flairé le danger. 


Nous sommes tous des palestiniens !
 

Lors de ce voyage en Albanie, j'ai pu approcher l'île de Sazan depuis mon embarcation. Je n'étais certes pas à bord d'un yacht comme Ivanka, mais dans un modeste bateau d'excursion touristique. Quelle fut ma surprise de découvrir un voilier de la flottille Soumoud navigant au large de Sazan. Il déployait fièrement un drapeau palestinien et albanais pour défier le serpent de mer homocapitalus.

 

J'avoue qu'il m'a fallu quelque temps pour faire le lien entre Gaza et Sazan, pour comprendre qu'un génocide et un écocide ne sont que les différents soubresauts d'un même serpent de mer, et que, sans convergence des luttes, point de salut pour les peuples opprimés, ni pour les flamants et autres espèces menacées.

 

Et l'homochlékus dans tout ça ?
 

L’homocapitalus ne prospère que grâce à la masse d’homochlékus dispersés aux quatre coins de la planète. Ce sont des populations victimes de l’aliénation provoquée par le capitalisme mondial et qui, malgré leurs différences d’origine, de couleur et de culture, se ressemblent toutes dans leur chlékisme. Il s’agit de zombies qui œuvrent au service du serpent impérial, au mépris de leurs propres intérêts. Et c’est à Boukornine que vit l’un des spécimens d’homochlékus les plus raffinés de la planète : Kaïs Saïed, dit la Sainte Chléka.

 

Résumons : Boukornine demeure l’origine de tout : de la Sainte Chléka, mais aussi de la flottille Soumoud qui, rappelez-vous, avait choisi l’année dernière la Tunisie pour entamer son périple vers Gaza et défier Israël, l’une des plus sordides têtes du serpent homocapitalus (voir ici).
  

 

Figurez-vous que les principaux organisateurs tunisiens de la flottille sont tous en prison ! Et comme si cela ne suffisait pas, la police de la Sainte Chléka vient d'arrêter hier, les manifestants sortis le samedi 19 septembre pour soutenir leurs camarades incarcérés (voir ici).

 

Vous vous rendez compte que ce même Saïed a été élu, entre autres, au nom de sa solidarité avec le peuple palestinien ?

 

En Tunisie, l'homochlékus ne cache même plus sa soumission au serpent. Kaïs Saïed en est devenu le plus minable des chiens de garde. Comme d'ailleurs ses collègues arabes, parmi lesquels les capitallahistes Emiraties qui font figure de proue ! 


Alors pour quand un nouveau Sama Dubaï à la Sebkha, pour réunir Gaza, Sazan et tous les flamants de la planète et faire exploser cette putain de révolution mondiale qui coupera toutes les têtes de ce serpent de mer, homocapitalus, homofachus, homosionus et ses larbins d'homochlékus !
 

Conclusion
 

Vive la révolution des flamants, et gloire à tous les héros qui ont combattu ce monstre, du Ché aux derniers résistants palestiniens, sans oublier ceux qui à l'intérieur des territoires chlékisés, mènent la lutte en prison. Je pense en particulier à Wael Naouar, un des organisateurs de la flottille, qui mène en ce moment une grève de la faim, à laquelle s'est joint depuis son autre cellule, Ayachi Hammami, éminent boukorniste et adorateur des flamants roses, que je salue lui, et tous les autres, de tout mon cœur !

18 septembre 2026

Les inspirations scatologiques de ZABaïed

Les très rares fois où le président de la République est capable de lucidité, c'est lorsqu'il fait caca et qu'il tire un bilan de sa présidence tout en coulant son bronze. Deux vérités lui sautent alors au nez :

 

  • La première est amère, brute et très lourde à accepter : c'est celle de sa nullité et de sa totale incompétence. Oui ! Zabaïed, quand il est lucide, admet au fond de lui-même qu'il ne comprend rien au fonctionnement de l'État, qu'il a éloigné toutes les personnes compétentes et qu'il ne s'est entouré que de bouffons et de bras cassés incapables de l'aider.
     
  • Une seconde vérité succède à la première. Beaucoup plus douce à avaler, c'est cette vérité qui lui permet de surmonter le poids de la première : l'efficacité de la théorie du complot pour faire accepter ses échecs aux Tunisiens, mais aussi à son équipe de bras cassés et à lui-même, une fois sorti des chiottes. Cette vérité est d'une efficacité tellement redoutable qu'il pourrait même ne plus travailler, ne plus réunir son gouvernement, bref, continuer à se faire payer 30 millions de dinars par mois en ne foutant rien de sa journée. Ou presque : juste 30 minutes par jour pour élaborer une nouvelle théorie du complot.
     

Pas besoin de son grand bureau intimidant de Carthage pour écrire. Il se contentera de ses WC, lieu idéal pour sa lucidité et son inspiration. À chaque caca, une nouvelle fiction qu'il imagine, puis qu'il publie depuis son smartphone sur la page Facebook officielle de la présidence, et le tour est joué.


La toute dernière en date, pas très inspirée cette fois, c'est une théorie du complot « essuie-tout », allant des coupures d'eau et de courant jusqu'aux incendies. Voici donc ce qu'il a tapé depuis son trône et publié sur sa page Facebook le 16 septembre 2026 :

 

"La concomitance des pannes et de la dégradation des réseaux avec les coupures de courant et le déclenchement des incendies [...] n’a rien d’innocent : cela relève même du crime. Car ceux-là veulent semer le désespoir et le découragement au sein du peuple, tant leur propre désespoir et leur propre découragement sont grands. Maudits soient ceux qui ont manigancé et mobilisé tout cela, et maudits soient les larbins qu’ils ont mis à leur service" (voir ici)

    

 

Hier, 17 septembre, une pluie torrentielle s'est abattue sur plusieurs régions, dont Tunis, provoquant des inondations. On attend encore la dernière inspiration scatologique du président...

 

Ce qui est intéressant à relever, ce sont les réactions négatives des chlékistes à la vue de ces deux derniers dessins (voir ici et ici). C'est ce même public qui adhère aux théories du complot et auquel s'adresse Saïed. Un public qui demeure difficile à quantifier, mais qui existe bel et bien.

 

Ce public d'homochlékus, est composé de crétins qui vivent dans une poubelle à ciel ouvert appelée Tunisie, qui ont perdu leurs libertés et leur dignité humaine, et qui ne voient la saleté que dans le pinceau du caricaturiste qui dénonce, jamais dans le cul du dictateur qui leur chie dessus.

 

Bref, la Tunisie est devenue une véritable scatocratie ! 

11 septembre 2026

hécatombe carcérale

L’été caniculaire, ponctué de coupures d’eau et d’électricité et de pénuries d’eau minérale, a plongé le pays dans une situation de détresse jamais connue. Aucun bilan officiel des victimes de ce désastre n’a été communiqué.

 

Les prisons auraient particulièrement souffert. Des prisons surpeuplées, dont la population carcérale a en outre augmenté de 40,5 % depuis le coup d’État de la funeste Sainte Chléka (d’après ce rapport).

 

La Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) recense plus d’une vingtaine de détenus décédés au cours de cet été marqué par les fortes chaleurs et les pénuries d’eau (voir ici). Les organisations de défense des droits humains parlent d’une hécatombe et accusent le régime d'être responsable de ce drame.   

 

Jaffel et Zabaïed, architectes de prisons

 

Parmi les seules réalisations qui marqueront le règne chlékiste, ce ne sont ni les musées, ni les universités, ni les écoles, ni les hôpitaux, mais plutôt les prisons. Jaffel se vantait devant le Parlement de son vaste programme carcéral à Kairouan, à Béja, ainsi que des extensions à Borj Erroumi, El Houareb, Sousse, Monastir, etc.

 

Pourvu que l’hécatombe de cet été lui inspire une architecture innovante de prisons écologiques avec cimetières intégrés...

 

8 septembre 2026

Chléking Bad

Mohamed Yousfi, journaliste qui n'a jamais mâché ses mots contre la dictature, a été arrêté le vendredi 4 septembre (voir ici).


Nos « Netflics », toujours aussi efficaces pour écrire des scénarios à la dernière minute, ont réussi à transformer Yousfi en un méchant corrompu, à l’image de ses autres collègues journalistes.


Kaïs Saïed, le réalisateur de cette série nommée « Chléking Bad », en est à sa énième saison, et ce malgré la défection du public ( hormis quelques fans de chlékeux et de chlékeuses ). L’État continue cependant à produire ce feuilleton de mauvais goût...

 

 

Le scénario

 

Le pitch demeure inchangé : il s’agit de raconter l’histoire d’un peuple sauvé des méchants comploteurs par un super-héros du nom de Chlékman, alias Kaïs Saïed.

 

Mais le scénario ne se soucie plus ni de la forme ni de la crédibilité des dossiers à charge contre ces méchants. Ainsi, peut-on lire dans le rapport du procureur contre le journaliste Mohamed Yousfi que celui-ci « se serait enrichi subitement et aurait acquis un patrimoine immobilier grâce à des revenus non déclarés provenant de sources inconnues… »

 

Et devinez quelle source cite le procureur pour étayer ses accusations : le statut Facebook d’une journaliste inconnue appelée Hammami. Voyez et jugez par vous-même ici !

 

Vous avez bien compris : le procureur, qui dispose des moyens de l’État pour enquêter sur n’importe quel quidam, se contente du statut Facebook d’une illustre inconnue pour jeter un journaliste en prison.

 

Le mépris du Droit et de la rationalité (on n’en est même plus à parler d’éthique avec ces Chlékas) démontre à quel point la bureaucratie chlékiste ne s’adresse plus aux personnes raisonnables. Elle est simplement destinée aux crétins et aux imbéciles (je ne trouve pas d’autres qualificatifs) qui, malheureusement, constituent le gros du public de Chléking Bad.
 

Distribution

 

Mais ce rapport en réalité n'est pas vraiment ce qui est distribué au grand public chlékiste. C'est là qu'intervient Riadh Jrad (alias chlékaka), qui a pour mission sur les réseaux sociaux, d'enrober les scénarios d'une bonne dose de Soros, d'Israël, et d'Islamisme, le tout mélangé si possible.

 

Dans le cas du journaliste Mohamed Yousfi, qui est rédacteur en chef du média en ligne Alqatiba.com, il n'était pas très difficile, comme c'est le cas pour tous les médias citoyens, de trouver dans sa liste de bailleurs un organisme susceptible de nourrir le complotisme chlékiste.

 

Il a suffi à Jrad de détecter le nom de la fondation allemande Friedrich-Naumann*, de constater que celle-ci a une antenne en Israël et qu'elle collabore avec la fondation Open Society de Soros. Jrad relève ensuite que l'épouse du fondateur d'Alqatiba, Yosra Blabli (elle-même journaliste dans le même média), est d'origine marocaine (donc sioniste ?), et que celle-ci est une proche amie d'une activiste marocaine anti-avortement du nom de Hajar Raissouni, elle-même nièce d'Ahmed Raïssouni un islamiste marocain notoire proche de Qardhawi. Et ainsi, la boucle est bouclée : le complot islamo-LGBT-sioniste est démasqué.

 

Inutile ici de rappeler que, s'il y a bien un complot sioniste, c'est d'abord celui du régime chlékiste lui-même, complice indirect de l'État d'Israël dans la criminalisation des organisateurs de la flottille Soumoud, qui croupissent depuis cinq mois en prison.

 

Quant aux fondations allemandes, presque toutes complaisante envers Israël pour les raisons historiques que l'on connaît, elles sont autorisées par les autorités tunisiennes, en plus d'être des bailleurs et des partenaires affichés de l'État tunisien dans de nombreux projets de développement.

 

Mais Jrad est un Chlékaka qui compte sur la bêtise de son public pour que celui-ci ne relève pas les contradictions flagrantes de son scénario.

   

Conclusion

 

Le style d'écriture de Jrad est construit sur une chaîne d'associations fallacieuses. C'est le propre de la pensée fasciste. Jrad spécialiste en la matière, hypnotise le crétins par ce genre de procédé rhétorique dont le seul objectif est de conclure ainsi : « L’heure est désormais venue pour les mercenaires et les agents de trembler. Votre place est dans les poubelles de l’Histoire, où vous demeurerez éternellement, comme lieu de repos et de pâture. » (voir ici)

 

... et donc de justifier des arrestations non pas sur la base du Droit, mais sur la base d'un narratif messianique du bien contre le mal, bref un scénario à la Chléking Bad, qui poussé plus loin, pourrait justifier le crime de masse au nom d'une épuration nécessaire contre les traîtres qui souillent le peuple. Ce à quoi nous assistons n'est peut-être que le début d'une processus inéluctable propre à tout fascisme.

 

Car n'oubliez pas chers amis, le chlékisme est un fascisme !

 

Quand reviendra peut-être un jour la démocratie en Tunisie, il sera urgent de légiférer sur les bailleurs de fonds entretenant des liens avec l'État génocidaire d'Israël. Le propos de mon texte n'est pas de défendre la fondation allemande Friedrich-Naumann, mais de dénoncer l'instrumentalisation de ce sujet par un État chlékiste voyou qui, lui, collabore déjà avec le sionisme.

4 septembre 2026

Rouleau compresseur

Sans surprise, la Cour de cassation a rejeté hier, jeudi 3 septembre, les pourvois introduits dans le cadre du procès du « complot contre la sûreté de l’État », confirmant ainsi l’ensemble des jugements rendus en appel (voir ici)...

 

 

Impossible pour les Chlékas de renoncer à leur châtiment contre les prétendus comploteurs. Le complot et les comploteurs, utilisés en boucs émissaires, sont vitaux pour un régime aux abois, surtout en ce moment de crise et de colère provoquée par les coupures d’eau et d’électricité. Il fallait donc être naïf pour imaginer le régime reculer sur cette affaire.

 

Et d’ailleurs, si Saïed arrive à traverser cette crise sans trop de dégâts, alors dites-vous bien, chers amis, que le pays plongera encore plus dans le chlécaca. Car, rassuré par la capacité des gens à encaisser autant de malheurs et à gober autant de couleuvres, il pourra passer, sans complexe, à la vitesse supérieure : celle d’une vraie dictature fasciste, encore plus bête et méchante, où la police pourra se défouler et torturer n’importe qui, achevant de transformer la Tunisie en un enfer encore plus terrible que celui que nous vivons déjà !

 

Conclusion

 

Si les gens ne se lèvent pas aujourd’hui contre ce rouleau compresseur, je crains que le temps qui nous reste pour tout reconstruire ne puisse suffire pour vivre un jour dans une Tunisie libre, digne et juste…

 

En attendant la Révolution, une manifestation est prévue demain devant le stade olympique d’El Menzah. À bas les Chlékas !

 

1 septembre 2026

Safia Et Marwa

Aux coupures d’eau se rajoute en plus la pénurie d’eau minérale. Se multiplient alors ces scènes de foules assoiffées se jetant sur des packs d’eau dans les supermarchés, ou même s’attaquant aux camions de livraison.

 

L’eau, devenue rare et donc sacrée, donne à la Tunisie des airs d’une Hagar assoiffée, errant dans le désert entre les deux petites collines de Safâ et Marwa, portant dans ses bras son nourrisson Ismaël, tandis que papa Abraham, avec ses deux chlékas, est parti on ne sait où, quelque part dans le désert…


Si l’ange Gabriel fait jaillir la fontaine de Zamzam pour sauver Hagar et son enfant, en fera-t-il autant pour la Tunisie ?

    

 

Évidemment, ce dessin n’a pas trop plu aux chlékeux, mais surtout aux allahistes qui supportent la chaleur, la soif, la saleté et l’humiliation d’une dictature, mais qui hurlent au scandale dès qu’un caricaturiste touche à leur sacré.

 

Même Kaïs Saïed, responsable de la mort de milliers de gens par son incompétence, n’aura jamais reçu autant d’insultes que moi sur Facebook en raison de cette caricature : voyez par vous-mêmes ici !

29 août 2026

A quand le couperet de l'Histoire ?

Aux coupures d'eau et d'électricité s'ajoute désormais la pénurie de carburant et d'eau minéral. L'État, et à sa tête le président, est aux abonnés absents, tandis que la population est au bord de l'explosion...

 

 

Tous les ingrédients semblent réunis pour une révolution, mais les colères et les insurrections observées ici et là peinent à fusionner. Et pourtant, sur les réseaux sociaux, les prises de parole de plus en plus fréquentes d'anonymes qui accusent frontalement le président se multiplient, au point de nous rappeler l'hiver 2010...

Mais ça ne prend toujours pas...

28 août 2026

19e anniversaire de DEBATunisie

Le 28 août 2007, j’ai créé mon blog debatunisie.com.

 

Aujourd’hui, c’est son 19e anniversaire. Mais je suis profondément malheureux pour ce blog que je croyais voir accompagner l’émergence d’une démocratie en Tunisie. Mes textes et mes dessins semblent, au contraire, depuis l’été 2021, accompagner un désastre au ralenti.
 


Alors je voudrais, pour moi-même et pour ceux qui me lisent, revenir sur cet été qui nous a conduits vers les abîmes, et reconnaître combien j’ai pu moi-même être induit en erreur. Car ce qui se passe aujourd’hui, c’est-à-dire l’effondrement du pays, qui demeure le fait du régime en place, relève aussi de la responsabilité, non pas de l’élite, mot trop connoté, mais plutôt des yeux, des vigiles, des consciences qui habitent cette chose appelée Tunisie et qui pour la majorité, n'ont pas su être au rendez-vous.

 

Et je me considère, à ma modeste échelle, comme l’un de ces yeux, sis entre les deux cornes de Boukornine, regardant depuis ses hauteurs la chose publique et consignant, dans ce cahier de bord qu’est Debatunisie, le déroulé des événements, avec toute ma subjectivité, ma lucidité, mes biais, et mes myopies…

 

Et si je reviens sur cette période précise, c’est parce que j’ai moi-même été aussi mou que beaucoup d’autres à hurler au scandale lorsque Saïed a fait son coup d’État. C’est à la lecture du texte de Yassine Ayari (voir ici), texte qui précisément s'attaque à cette cécité collective que je reviens sur cette longue séquence : Fakhfakh, Covid, motion de censure, Méchichi, fiasco sanitaire, dizaines de milliers de morts, coup d’État du 25 juillet, instauration de la dictature, puis effondrement des services publics, eau, électricité…, en ce malheureux été 2026.

 

Un fil d’Ariane relie toutes ces séquences. Il s’agit d’un enchaînement d’actions suivant une logique implacable qui était pourtant là, devant nous, sous nos yeux. Vigiles et Cassandres, nous avons refusé de voir l’évidence, aveuglés par notre haine des islamistes, des karouistes et de leur « mollusque » Hichem Méchichi. Une haine qui nous a rendus bêtes et aveugles. Les articles de mon blog à l'époque attestaient de cette myopie, mais en le reconnaissant ici, je ne dédouane aucun de ces tocards de leur entière responsabilité historique dans l’enchaînement qui conduira au coup d’État. En reconnaissant cette myopie, je revois d'un œil nouveau l'histoire récente du pays, et je comprends mieux notre malheur collectif.

 

Début de la fin de la Tunisie

 

On peut s'amuser à imaginer que la tragédie a commencé avec Yassine Ayari lui-même, député à l’époque, qui a jeté un pavé dans la mare en accusant le Premier ministre Fakhfakh de conflit d’intérêts. Fakhfakh qui, rappelons-le, avait été nommé en janvier 2020 par le tout frais et respectable Kaïs Saïed d'alors. Fakhfakh qui fut reconnu pour sa gestion efficace de la pandémie durant son court passage à la tête du gouvernement.

 

Les accusation de conflit d'intérêt qu'avait révélé Ayari, pourtant peu convaincantes, ont conduit à un vote de censure contre le premier ministre qui quitta son poste le mois de juillet 2020. Cette manœuvre de destitution de Fakhfakh était alors lue par les vigiles comme une manipulation des islamistes visant à saboter un gouvernement qui commençait à échapper à leur contrôle. Pour les anti-islamistes dont je faisais partie, il y avait dans cette affaire une énième preuve de l’abjection morale de Ghannouchi et de ses alliés, capables de mettre en péril la santé publique au nom de bas calculs politiques.

 

Yassine Ayari passait alors pour une triste marionnette dans cette sinistre pièce de théâtre jouée par le trio formé par les islamistes, les « kakarouistes » et le mouvement Karama, fiers de déposer ensemble la motion de censure qui allait faire voler en éclats le seul gouvernement qui tenait encore la route et qui faisait face à la pire pandémie qu’ait connue le monde.

 

Pourtant, rien d’antidémocratique dans tout cela, rien d’illégal : juste une lutte de pouvoir qui a donné une image détestable de la politique et dont le gouvernement suivant, celui du mollusque Méchichi, a fait les frais. Car Méchichi, bien que nommé par Saïed, a fini par pactiser avec le trio (voir ici). Dès lors, toutes les défaillances et tous les errements qui ont suivi ne pouvaient être lus qu’à travers le prisme du complot islamo-karama-karouiste dont Méchichi incarnait désormais la vitrine. Quant à Saïed, il apparaissait comme la victime de cette machination, renforçant ainsi son capital de sympathie.

 

Saïed signe un pacte avec le Diable

 

Saïed, jouissant alors de cette image de sainteté et d'innocence, a commencé à préparer sa revanche en s'alliant, sans que personne ne puisse le deviner, avec les forces contre-révolutionnaires, aussi bien à l'intérieur du pays (voir ici) qu'à l'étranger, notamment à travers son fameux voyage en Égypte, qui avait marqué les esprits (voir ici).

 

Des témoignages plus récents, comme celui du directeur du renseignement Kamel Guizani, nous révèlent que Saïed avait mis sur écoute toute la classe politique, militaires compris (voir ici). Visiblement, quelque chose était en préparation, d'après les mots de Guizani, mais quoi donc ?

 

Mais ce sera le témoignage de Méchichi en personne sur Al Jazeera (voir ici) en septembre dernier, qui nous permettra de mieux comprendre ce qui se tramait à l'époque. Selon l'ancien Premier ministre, Kaïs Saïed fomentait un coup d'État et a profité de la crise sanitaire pour avancer ses pions et commettre l'irréparable.

 

Crime de masse
 

Évidemment, les déclarations de celui que j'appelais le mollusque ne peuvent être que partiales et doivent être prises avec beaucoup de précautions. Mais avec le recul, la version de Méchichi offre la pièce manquante qui complète le puzzle et nous permet de comprendre la cruauté de Kaïs Saïed :

 

Cette pièce manquante, c'est le crime de masse (c'est moi qui ose cette qualification) dont s'est rendue coupable la Chléka de Carthage, et par lequel il a franchi un seuil symbolique lui permettant, par la suite, de normaliser les pires procédés afin d'atteindre ses objectifs politiques. Tout ce qui nous choque depuis, ses outrances, ses mensonges, sa brutalité, ne peut être compris qu'à la lumière de ce seuil symbolique au-delà duquel le mal n'a plus de limite.

 

Ce crime de masse, qui a provoqué la mort de dizaines de milliers d'individus, serait donc un choix tactique de Saïed pour préparer son coup d'État. Méchichi explique, à partir de la troisième heure de sa longue interview, que le président a ordonné le blocage de vaccins et a organisé, avec le ministre de la Santé de l'époque, Faouzi Mehdi, une pagaille qui a généré une colère dans tout le pays, réunissant ainsi toutes les conditions pour bien accueillir le putsch du 25 juillet. Et ce fut le cas ! Observez par vous-même, dans cet article publié le 26 juillet 2021, l'enthousiasme que j'avais moi-même du mal à cacher.

 

Et puis apparurent par miracle les vaccins, au lendemain du coup d'État. Nous avons alors chaudement applaudi le sauveur Saïed, qui avait libéré le pays des islamistes corrompus et incompétents, et nous avons presque fermé les yeux sur la démocratie sacrifiée au passage. Voilà ce que j'avais bêtement écrit : « Rien que pour cet exploit mondial, ce 8 août 2021 où ont été vaccinées plus d'un demi-million de personnes en une journée, on peut dire tout ce que l'on voudra, mais notre président vient de réaliser d'une pierre deux coups d'État : contre Covid et contre Zaballah. » (voir ici).

 

Oui, j'ai honte d'avoir écrit cela.
 

Conclusion

 

Alors oui, les amis, on s'étonne d'en être arrivés aujourd'hui à ne plus avoir d'eau ni d'électricité, tandis que le président continue à justifier l'effondrement des services publics par ses théories du complot. Il ose tout, car il sait qu'après un crime de masse, on avait rien vu ; qu'après un coup d'État, on l'avait applaudi ; qu'après avoir déchiré notre Constitution, on s'est tu ; et que lorsqu'il a jeté tout le monde en prison, on s'est écrasé...

 

Cet homme, par sa laideur, est devenu le visage de notre honte : celle d'avoir laissé notre haine des islamistes nous conduire à sacrifier, en connaissance de cause, une démocratie imparfaite. En poussant la métaphore religieuse, on pourrait même voir en Saïed le diable venu nous punir d'avoir cédé à cette chlékeuse paresse.

 

Alors, que faire contre le diable quand les vigiles et les yeux de Boukornine savent qu'Allah n'existe pas ?

 

En guise de cadeau d'anniversaire, vous pouvez toujours me soutenir sur :


Boukornine vous le rendra !

27 août 2026

Chléktricité

La multiplication des coupures de courant en période de fortes chaleurs tue. On dénombre plusieurs morts dans les hôpitaux et les prisons.
 

Les experts expliquent clairement les raisons de cette défaillance majeure. Certains rappellent sur les réseaux sociaux que Kaïs Saïed lui-même aurait décidé unilatéralement, en 2019, de bloquer un budget destiné à l'entretien et au développement du réseau (information à vérifier). Personne n'aurait réussi, à l'époque, à raisonner la Sainte Chléka, têtue comme une mule et qui n'écoute que sa petite voix intérieure.

 

À ceci s'ajoute le problème d'un établissement public, la STEG, endetté à hauteur de 7 milliards de dinars (voir ici), et qui, de surcroît, n'a plus de ministre de tutelle puisque notre omniscient président, sur un coup de Chléka, a viré la ministre de l'Énergie, Fatma Thabet Chiboub, en avril dernier (voir ici), sans lui trouver de remplaçant.

 

Bref, tout converge vers une explication évidente : le mode de gouvernance autoritaire, qui plus est exercé par un idiot du village qui se prend pour le prophète, résume en grande partie la débâcle de la STEG et de tout le reste. Et ce qui rend cette situation encore plus rageante, c'est la fuite en avant de la Sainte Chléka, qui aggrave le problème en mentant ouvertement usant de son complotisme obsessionnel selon lequel, les agents du mal, seraient coupables, encore et toujours, de tous nos malheurs ! Lui et ses Chlékas, n'y seraient pour rien et s'en lavent les pieds et les mains.

   

23 août 2026

Colère à Ben Guerdane

Un énième naufrage au large de Zarzis a provoqué la mort de nombreux Tunisiens fuyant la misère et l’absence de tout horizon de vie digne et heureuse en Tunisie (voir ici). Ce genre de tragédie est malheureusement devenu presque banal depuis l’époque de Zaba.

 

Mais sa récurrence depuis l’ère Zabaïed (voir ici et ici), en raison de son fiasco économique, de l’absence de toute vision politique pour l’emploi des jeunes, puis de la militarisation des frontières qu’il a lui-même signée avec les Européens, fait de la mort de ces Tunisiens une conséquence encore plus directe du régime despotique de Kaïs Saïed.

 

Notre dictateur n’a plus rien à proposer. Son seul programme politique consiste à se maintenir au pouvoir par la force et la brutalité, quitte à jeter toute la jeunesse à la mer ou en prison, à l’exemple de Seifeddine Arfaoui, qui a été arrêté pour avoir crié, lors de la manifestation du 20 août : هز الكازي للرازي!

 

 

Une vague de colère a éclaté depuis à Ben Guerdane, ville d’où ces jeunes étaient partis. Le régime n’a évidemment eu pour seule réponse à proposer que la violence policière et le gaz lacrymogène…

 

22 août 2026

Le Casi au Razi

Parmi les slogans de la manifestation du 20 août, celui-ci a particulièrement retenu l'attention, notamment sur internet…

 

Après avoir publié ce dessin sur Facebook le matin du 21 août, le soir-même, Seifeddine Arfaoui, un des organisateurs de la manifestation, a été arrêté pour avoir crié (et créé?) ce slogan durant la mobilisation (voir ici). 

 

Il n'y a évidemment aucun lien de causalité entre ce dessin et l'arrestation d'Arfaoui. Je note juste que la police a au moins cette même capacité que le caricaturiste, de reconnaître les slogans qui font mouche. 

20 août 2026

Main dans la main ?

La manifestation qui a lieu en ce moment à Tunis se déroule avec la même énergie et la même ténacité que toutes celles qui l’ont précédée. Même si l’on peut déplorer le nombre limité de participants, on ne peut que saluer leur courage et leur détermination, mais surtout leur capacité à élargir leurs rangs et à diversifier les profils des personnes présentes. 

 

Cependant, on peut déplorer les querelles internes qui fragilisent ce mouvement et qui concernent surtout son rapport avec les partis déchus : à savoir, l’union sacrée contre la dictature ou, au contraire, une prise de distance vis-à-vis de formations politiques devenues un repoussoir pour une nouvelle génération d’activistes désireuse d’un changement radical, mettant l’actuelle dictature et ladite « décennie noire » dans le même sac des poubelles de l’Histoire.

18 août 2026

Chlékosionisme

Cela fait plus de 5 mois que les organisateurs tunisiens de la flottille Soumoud sont en détention à la prison de la Mornaguia. Ils sont accusés de blanchiment d'argent. Dans un communiqué publié le dimanche 16 août 2026, leurs familles alertent sur la dégradation de leur santé (voir ici) !

 

 

 

Je reprends la publication Facebook de la journaliste et activiste Naziha Rjiba :

 

« Les organisateurs de Soumoud auront passé quelques heures dans les prisons de Ben Gvir, et ils croupissent depuis cinq mois dans les prisons de celui qui a érigé en slogan la criminalisation de la normalisation ! »

 

Qu'est laide et mesquine cette sainte Chléka !


Toute la solidarité et le soutien de Boukornine et des flamants vont pour les organisateurs de la flottille victimes du Chlékosionisme

17 août 2026

Manifestation du 20 août

On ne pourra jamais prendre notre destin en main sous la dictature de la Chléka. Aucun avenir n'est possible dans un pays où un seul individu, aussi brutal qu'incompétent, a verrouillé tout l'appareil de l'État, excluant la population de toute prise de décision et la condamnant à rester spectatrice de l'effondrement de tout ce qui a été bâti depuis l'indépendance.

 

Aujourd'hui, nous arrivons au stade ultime de cet effondrement : plus d'eau et plus d'électricité. Dans certaines régions polluées comme Gabès, c'est même l'air qui fait défaut !

 

Alors, qu'attendons-nous pour faire dégager une bonne fois pour toutes cette Chléka ?

 

Une marche est prévue ce jeudi 20 août 2026. Elle fait suite à l'appel d'activistes, des partis, et de membres de la société civile :
 


Remarques "techniques"
 

Un petit mot plus technique, destiné à tous les « structuralistes » et autres « intellectuels » tunisiens qui considèrent que le problème dépasse la personne de Saïed et que c'est le système, voire la population elle-même, qui génère la dictature:

 

Messieurs-dames, sachez que, par votre raisonnement très confortable (auquel vous nous avez habitués depuis Ben Ali), vous occultez la hiérarchie des responsabilités et la gradation du mal dans les sociétés humaines.

 

Je sais que cela vous coûte de vous exprimer directement contre la Sainte Chléka, mais alors taisez-vous, épargnez-nous vos théories et contentez-vous, depuis vos salons, de libérer la Palestine.

 

Nul ne doit nier les raisons historiques, socio-économiques, géopolitiques, voire aujourd'hui technologiques, qui expliquent l'avènement d'un Saïed. Évidemment ! Saïed est un populiste de son époque, à l'image d'un Trump, d'un Milei et d'autres dirigeants contemporains.

 

Mais Saïed, en tant que produit de tout cela, demeure un être humain duquel on attend, plus que de tout autre individu, le sens du bien commun, de l'intérêt général, de l'éthique et de l'empathie pour tous les citoyens qu'il est censé représenter en tant que président. On est même en droit d'attendre de lui de l'empathie envers l'ensemble du vivant, faune et flore comprises, sur tout le territoire national.

 

Officiellement, Kaïs Saïed n'est pas fou et demeure responsable de ses actes. Et s'il souffre d'une atteinte mentale reconnue cliniquement, alors vous conviendrez que le problème, encore une fois, n'est ni la société tunisienne ni la nature de l'État tunisien, mais la volonté de quelques personnes abjectes qui profitent de la maladie et de la vulnérabilité d'un homme pour gouverner.

 

Dans les deux cas, nous avons affaire, au minimum, à un individu ou à un groupe qui a délibérément pris en otage l'État avec la complicité de corps armés. Et c'est tout simplement de cela qu'il s'agit. C'est contre cette mafia qu'il sera question d'agir avant qu'il ne soit trop tard !

 

Mais cela paraît tellement limpide, que je ne comprends toujours pas pourquoi dois-je rappeler tout cela !

 

Soyez donc au rendez-vous le jeudi 20 août 2026 ! 

15 août 2026

Compl’eau contre notre sainte Chléka

Voilà plus d’un mois que la ville de Mahdia souffre de coupures d’eau systématiques. Alors, évidemment, la coupe est pleine : pas d’eau, mais de colère, de rage et de haine contre un État absent et incompétent, qui ignore et méprise sa population.


S’ensuit une révolte dans les rues de Mahdia. Et que répond la sainte Chléka ? Elle arrête les manifestants et les accuse de complot contre l’État ! Et ce n’est pas une caricature (voir ici).

 

 

Les jeunes descendus dans la rue ont heureusement été relâchés. Peut-être qu’à l’intérieur du palais, les derniers esprits sains ont dû expliquer à la sainte Chléka que, même en situation de coupure d’eau généralisée, une simple goutte peut faire déborder le vase…

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