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DEBATunisie

18 novembre 2025

Les révolutionnaires du 13 Janvier

Comme il flotte un air de fin de règne, il est de bon ton d’anticiper le traitement spécial qui sera réservé aux chlékistes et autres Ta77anas lorsque tombera la Sainte Chléka.

 

Mais j’ai envie de vous parler d’une autre catégorie de personnes, qui ne sont pas des chlékistes et qui sont pourtant hostiles à la dictature. Ce sont des camarades, des gens qui partagent nos idéaux, mais qui, pour des raisons personnelles ou psychologiques (souvent l’ego), sabotent la dissidence et sapent toute possibilité d’unir nos forces contre l’ennemi commun.

 

Ceux auxquels je fais allusion — vous pourrez en dresser la liste autour de vous — ce sont ces intellos, universitaires ou artistes reconnus dans leur domaine, que vous ne verrez jamais sur le terrain de la lutte. Ils sont totalement absents, mais surgissent soudain à minuit moins cinq, une fois bien assurés que le dictateur a effectivement pris la fuite.

 

Le problème de ces révolutionnaires du 13 janvier n’est pas tant leur inaction durant la lutte. Ils ont raison d’avoir peur. Le souci avec eux, c’est l’énergie considérable qu’ils déploient pour salir l’image de leurs homologues qui, eux, sont sur le terrain. Puis leur formidable culot à récolter les fruits de la Révolution en imposant leur narratif partout où on leur tendra un micro.

 

J’en profite pour ouvrir ici une parenthèse personnelle et témoigner de mon expérience. Je ne prétends à aucune forme de courage dans mon activisme, puisque j’ai choisi l’anonymat précisément pour affronter la bête sans trop me mouiller. Certes, j’en paie aujourd’hui le prix, mais je garde le cap (du moins j’essaie).

 

Quelle ne fut pas ma surprise de voir des collègues, voire des amis, affirmer que je serais un crypto-islamiste, un abiriste ou un boursier de Soros. Ce sont des gens qui me connaissent, mais qui choisissent sciemment de salir mon image par des mensonges. Certains prétendent même que je serais un crypto-chlékiste parce qu’en 2019 je n’avais pas suffisamment alerté contre le danger Saïed, préférant m’attaquer à Karoui (ce qui, factuellement, est vrai).

 

Alors, pourquoi parler de ces gens ?

 

Pourquoi écrire sur un phénomène propre à une catégorie bien spécifique, et qui ne mérite peut-être aucune attention au regard de l’enjeu politique en Tunisie ? Je ne sais pas.

 

Mais tout de même : cette attitude perverse observée au sein de cette élite explique en partie l’échec de la Révolution de 2011 — et nous permet déjà d’anticiper l’échec à venir. Elle révèle que ce sont le plus souvent les petits calculs corporatistes, individualistes, bref les intérêts particuliers, qui priment sur l’intérêt général.

 

Ce que j’ai observé à ma petite échelle demeure anecdotique, mais décrit peut-être une situation plus générale : celle d’un pays où la dictature, depuis Bourguiba, n’a jamais eu besoin uniquement des Ta77anas et des chlékistes pour prospérer.


Quel sort leur réserver quand le lion sera mort ?

 

On ne peut rien contre cette espèce d'animaux...

___________________________________

* Le dessin est une reprise de la couverture que j’ai réalisée pour l’ouvrage posthume de Gilbert Naccache, Des Renards et des Hommes, paru en 2022 aux éditions Chama.

 

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Boukornine vous le rendra !

 

14 novembre 2025

L'après-Saïed (2)

Quand Saïed tombera, nous organiserons sur l’avenue une foire d’art contemporain où seront exposés les chlékeux et les chlékeuses, pour que jamais plus on ne revive en Tunisie, l’humiliation de voir de tels personnages prendre en otage l’espace public. 


Après la vitrine dédiée aux chlékateux Riadh Jrad (voir ici), je vous présente l'esquisse de la vitrine consacrée à Zina et Hasna Jiballah : deux sœurs jumelles exemplaires dans l'art chlékique. L'une parlementaire et l'autre secrétaire d'Etat. L'une chargée de lèche-chléker la paire droite, et l'autre la paire gauche du président.

Le jury citoyen décidera du nombre d'heures qu'elles passeront ensemble dans leur vitrine dédiée, afin d'exposer au public leur grand art du lèche-chlékage.
 

 

Le MNHTT

 

Cette foire d’art contemporain constituera la première étape d’un projet plus vaste : la création d’un Musée National de l’Histoire du T7in* en Tunisie (MNHTT). L’institution prendra place dans les anciens locaux du ministère de l’Intérieur et sera conçue et administrée par des historiens et des anthropologues.


Il présentera une large collection du patrimoine tunisien en matière de "T7in" allant de Hannibal jusqu'à la Sainte Chléka (Tbarkallah 3000 ans d'histoire de T7in !).


Les conservateurs du musée mettront en avant ces figures de l'ombre qui, de la Carthage punique (une des plus anciennes démocraties) jusqu'à la Tunisie contemporaine, ont œuvré sans relâche pour l'asservissement, l'avilissement, l'abrutissement et la chlékisation des citoyens. 


Seront également exposées des pièces d’archives (textes de loi, textes religieux, manuels scolaires) et des documents visuels (émissions télé, publications en ligne) qui ont façonné l’homo chlékus tunisien au fil des siècles.


Le MNHTT organisera enfin des cycles de rencontres avec des chercheurs du monde entier afin de partager notre expertise nationale du T7in et d’alerter la planète contre les dérives de la crétinisation des masses.
Mon cabinet Sebkha & Co dévoilera prochainement quelques esquisses du MNHTT…


Conclusion 

 

J'ai toujours considéré ma page Facebook (qui date de 2012) comme une archive nationale du "T7in". Les commentaires injurieux contre mes dessins mettent à nu le mécanisme cérébral du "Ta77an", incapable d'analyser politiquement le réel autrement que sous l’angle du "T7in". Ainsi, jugera-t-il toute caricature contre le pouvoir en place comme une manifestation de T7in au service des islamistes ou des Occidentaux.

 

L’Homo Chélkus demeure persuadé que nul ne critique le Pouvoir sans être, lui-même, le Ta77an d’un autre Pouvoir. Cet autre Pouvoir étant forcément occulte et malveillant.

___________________________________

*T7in (طحين) renvoie à l’idée de servilité envers le pouvoir. Le terme trouve son origine à l’époque coloniale : certains informateurs tunisiens, appelés à témoigner contre d’autres Tunisiens, se présentaient au tribunal la tête dissimulée sous un sac de farine. Par métonymie, le "collabo" est alors associé au meunier (« Ta77an », طحّان), et le soutien inconditionnel au régime devient une « mouture » (« T7in », طحين). De nos jours, le terme est passé dans le langage courant, où il est devenu une injure particulièrement offensante.

 

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Boukornine vous le rendra !

 

10 novembre 2025

Saïedâneries

La ville de Gabès continue d’étouffer sous l’effet d’un pic d’intoxication record causé par le complexe chimique. On dénombre encore plusieurs victimes souffrant d’affections respiratoires. La colère des habitants ne cesse de grandir.

 

Le saveur de Gabès


Un inconnu dénommé Ali Ben Hammoud, ingénieur diplômé en Chine, a été frappé par le devoir patriotique. Il s’est alors rendu en toute urgence au palais de Carthage pour proposer ses services à la ville de Gabès. Son Excellence le Président de la République l’a donc immédiatement chargé de constituer une équipe de travail chargée d’élaborer des solutions à la crise environnementale de Gabès (voir ici).
 

Des traîtres (payés par Soros) et des agents de l’étranger (œuvrant pour les islamistes) sont allés enquêter et n’ont trouvé aucune trace de publication, de thèse ou de recherche rattachée à ce génie.


Ces imbéciles ignorent que notre président sait mesurer la compétence à la taille de la Chléka et à la hauteur de la ventouse. C’est grâce à ces critères de sélection rigoureusement appliqués que, depuis le 25 juillet 2021, notre génie de président a constitué autour de lui une équipe d’élite qui a transformé la Tunisie en une puissance mondiale, saluée et reconnue par Riadh Jrad, Fatma Mseddi, Zina et sa sœur Hasna Jiballah et d'autres grands esprits et penseurs de notre époque... 

 

Fête de l'arbre

 

Dans ce contexte de crise environnementale majeure, Son Excellence Kais Saïed a tenu à marquer la Fête nationale de l’arbre d’un geste fort et symbolique. Armé d’une pelle, d’un arrosoir et d’une moquette verte, le président s’est rendu ce dimanche 9 novembre 2025 au Conseil supérieur de l’éducation. Dans un geste de grande générosité, le président a tenu à offrir cette ancienne moquette du palais de Carthage — datant de l’époque de Bourguiba — afin de ramener un peu de verdure au milieu du béton (et éviter de salir ses chlékas, par la même occasion).

 

Sur les précieux conseils du brillant ingénieur Ali Ben Hammoud (le sauveur de Gabès), un carré de moquette a été découpé pour permettre au président de planter un arbre “en pleine terre”. Une prouesse technique saluée par la Presse (voir ici).  

 

Riadh Jrad, Fatma Mseddi, Zina et sa sœur Hasna Jiballah ont également salué l'ingéniosité du staff Présidentiel et ont convié son excellence à répandre cette politique environnementale sur tout le territoire et en particulier à Gabès qui en a grand besoin.  

  

 

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8 novembre 2025

Les accords secrets avec Alger

La Tunisie du dictateur Kaïs Saïed est aux abois. Nous sommes les chiens qui aboient, et la carav’ânes passe, se rapprochant jour après jour du précipice. Dans ce blog, j’illustre et documente, avec mes modestes moyens, l’anatomie de cette chute annoncée (voir ici).   
 

Zabaïed brade dame Tunisie

 

Le président tunisien adore signer des accords secrets. Après les accords infâmes avec l’extrême droite italienne, qui ont transformé la Tunisie en centre de rétention pour subsahariens — pris en étau entre deux fascismes — voilà qu’il signe un accord avec le grand voisin algérien. Comme toujours, cette actualité nous parvient de l’étranger, car l’État tunisien ne communique plus sur rien. Non pas seulement par mépris de ses citoyens, mais surtout pour cacher le scandale.

 

Plusieurs sources évoquent un protectorat déguisé qu’aurait signé la Tunisie avec l’Algérie le 7 octobre dernier. L’Algérie, pays diplomatiquement aux abois mais encore riche de son gaz, resserre les rangs autour d’elle en vassalisant le boiteux pays voisin : la Tunisie de la sainte Chléka.

  

 

D'après plusieurs sources (dont celle-ci), on retient de l'accord ces deux clauses scandaleuses :
- l'Algérie est autorisée à pénétrer jusqu'à 50km du territoire tunisien, sans réciprocité. 
- La Tunisie ne pourra conclure aucun accord sécuritaire sans l'aval d'Alger

(Vous pouvez aussi lire cet article rédigé par Mezri Haddad, ancien propagandiste de la dictature de Ben Ali )

 

Je rappelle que personne n’a eu entre les mains l’accord en question, et que ce texte n’a été ni publié au Journal officiel, ni soumis au Parlement. Cependant, une source officielle algérienne — l’organe de propagande du FLN — évoque la signature de cet accord (ici). Son homologue tunisien, La Presse, n’en souffle mot.

 

Mon expérience de 18 ans de blogging m’a appris que, dans un contexte de dictature, les rumeurs ne sont pas fausses parce qu’elles trahissent la vérité, mais parce qu’elles trahissent l’ampleur du scandale.
 

Dites-vous donc, chers amis, que la réalité de ces accords, doit être bien pire que le dessin obscène ci-dessus !    

 

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5 novembre 2025

L'après-Saïed

L’après-Saïed semble être un horizon inatteignable, mais il pourrait bien nous surprendre demain. Se posera alors la question de la sanction qui devra inévitablement s’abattre sur le dictateur et ses chlékas. Quels juges, et quel tribunal pourraient rendre justice alors que Saïed a détruit l’appareil judiciaire ?

 

Mais surtout, comment éviter que l’après-Saïed ne se transforme en un nouveau cycle de vengeances et de chméta, qui nous entraînerait vers la guerre civile ? En bref, comment ouvrir une nouvelle page et faire la paix avec nous-mêmes sans laisser impunis les artisans de la dictature chlékiste et ses milliers de partisans ?

 

Vers une nouvelle conception de la Justice  

 

Je crois que, pour la séquence post-Saïed, il faudra aller plus loin dans l’innovation judiciaire. Au-delà des responsables directs de la dictature, qui devront passer devant une sorte de Nuremberg tunisien, ce sont ces milliers de salauds qui sévissent dans les médias, la presse ou sur Internet, qui méritent un traitement particulier.

 

Ces derniers sont nombreux, car la Révolution n’a pas été sévère avec les collabos. Cette fois-ci, l’Histoire ne devra plus les rater, pour que la leçon soit retenue une bonne fois pour toutes. Ainsi, quand surviendra la prochaine dictature, ils réfléchiront à deux fois avant de commencer à lui lécher les chlékas.


Une justice poétique

 

En concertation avec des juristes, des artistes et des professionnels du tourisme, le cabinet de consulting international Sebkha & Co a imaginé une alternative à la prison. Il s’agit de créer une foire d’art contemporain sur la grande avenue de Tunis, où seront exposés les chlékeux et les chlékeuses sélectionnés par un jury citoyen tiré au sort. Les "heureux élus" seront installés dans une vitrine pendant une durée déterminée, en fonction de la quantité de leur chlékage.

 

Cette foire remplira trois fonctions :
- Accomplir un acte de justice poétique.
- Faire de pédagogie pour les jeunes générations.
- Créer au cœur de Tunis une véritable attraction touristique entre l'horloge et la porte de la Médina.

 

Les heureux élus


Par exemple, le dénommé Samir Dridi, qui chlèque fréquemment dans le quotidien La Presse, pourrait être candidat pour poser dans une vitrine. Son temps d’exposition sera calculé en fonction de la quantité de propagande par article. Un enregistrement audio de ses textes sera diffusé en boucle pour que le public évalue le degré de son chlékage.

 

Une vitrine spéciale avec rideaux de théâtre pourrait être aménagée pour la comédienne Leïla Toubel, afin que le public puisse mesurer son grand art. Le jury pourrait lui accorder une semaine d’exposition, afin de récompenser l’ensemble de son œuvre. Elle lirait ses statuts Facebook qui flattent le président et n’oubliera pas de réciter ceux dans lesquels elle vomit sa haine contre les opposants qui croupissent en prison. On pourrait même imaginer un duo avec Maya Ksouri !


Pièces maitresses
 
Il y a ces salauds qui fanfaronnent sur les plateaux télévisés et qui menacent les opposants au régime à chacun de leurs passages. Ce sont les superchlékas, le nec plus ultra de l'abjection chlékique. Le jury leur réservera un traitement très spécial.

 

Riadh Jrad ferait partie de ces pièces maîtresses. Il a atteint ces derniers mois des seuils extrêmes de chlékage total en s'en prenant à la flottille ou plus récemment, en menaçant les soutiens de Gabès. Si cet ignoble personnage échappe à la prison, il risque au mieux de s'installer durablement dans une vitrine royale ouverte au public tous les jours de la semaine, de 8 heures du matin à minuit.

 

Un haut-parleur reprendrait en boucle tous ses discours. Il se contentera de sa couronne et ses chlékas, et il posera sur un trône telle une statue grecque, ou tel un penseur de Rodin. Il aura ainsi tout le temps pour méditer sur son passé de superchléka et peut-être il s'en repentira... 

 

Les touristes, les élèves, les employés et tous les badauds qui passent par l’avenue pourront ainsi profiter du spectacle.  

 

Rappel d'usage

Cette justice poétique ne peut s'appliquer que dans un contexte démocratique post-dictature. Il faut qu'il y ait eu reconnaissance d'une situation de dictature. Ce qui est le cas de l'actuelle Tunisie, où y est "scientifiquement" attesté le constat de dictature. Ensuite il faut s'accorder sur un principe universel selon lequel toute dictature est une abjection éthique et que rien ne peut la justifier -du moins en temps de paix.

 

Défendre un dictateur qui réprime sauvagement toute critique ne relève pas de la liberté d'expression. Ces gens ne font pas de l'opinion, ils sont la propagande !

 

Tenant compte de ces axiomes, il devient facile pour le jury citoyen de faire le tri. Internet est une ardoise qui atteste des prises de position de ceux qui se sont clairement prononcés en faveur du dictateur fasciste Kaïs Saïed. La justice poétique intervient ici contre ceux qui n'ont commis aucun crime, mais qui par leur soutien assumé au fascisme ont participé à l'abjection chlékiste.  

 

Ils paieront donc le prix symbolique en participant à la foire d'art contemporain qui sera filmée, documentée, archivée et servira d'exemple pour que plus jamais on ne refera ça !  

 

Conclusion

 

Faites vos listes de candidats vitrines, et soumettez-moi ici leurs noms pour que notre cabinet Sebkha & Co établisse les esquisses de chaque vitrine et dresse un plan général de l'avenue Habib Bourguiba pour que l'on soit prêt pour notre foire d'art contemporain quand tombera la Sainte Chléka...  

 

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2 novembre 2025

Et si Gabès sauve la Tunisie ?

Chers amis, le pays est pris en otage. Les gens raisonnables le savent mais n'osent pas le reconnaître vraiment, car cela impliquerait un passage à l'acte. Même si le constat est partagé par toutes les composantes de la société tunisienne, personne ne se risquerait à entreprendre quoi que ce soit, car ces composantes (parties politiques et corps intermédiaires) sont divisées, méfiantes les unes envers les autres. Elles se regardent en chiens de faïence alors qu'un monstre nommé Zabaïed détruit tout le pays en zombifiant une partie de la population grâce au poison magique du Chlékaka.   

 

Gabès

 

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Gabès le 21 octobre pour appeler au démantèlement du "Groupe Chimique" suite à une intoxication de masse. On parle d'une manifestation historique. Le 31 octobre les Gabésiens sont encore sortis par milliers face à l'autisme et l'arrogance du régime (voir ici). La pression ne retombe pas. Zabaïed et son régime mafieux, pour qui le "Groupe Chimique" est une poule aux œufs d'or ne cèdera rien. Alors comme toute dictature qui se respecte, elle sort de son chapeau la bonne vieille recette du complot...

 


 

Diversion 

 

Mais comme Gabès continue à protester, le régime pousse encore plus loin le bouchon. Il crée la diversion en allumant d'autres feux :

 
- Le 24 octobre 2025, Saïed suspend pour un mois l’activité de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), sous prétexte d’irrégularités administratives. En faisant cela il génère une interférence afin de détourner les projecteurs de Gabès. Cela marche moyennement. 

- Le 27 octobre 2025, Saïed suspend pour un mois l'activité du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), sous prétexte, encore une fois, d’irrégularités administratives. L'acharnement de la sainte Chléka contre une ONG d'aide aux migrants subsahariens, est une constante dans sa recherche de bouc émissaire. En visant la FTDES, en pleine crise de Gabès, le régime laisse penser que les protestations écologistes ou les revendications "droits de l'hommistes" de ces ONG, relèvent du même complot hourdi par Soros and Co. Ce discours trouve écho chez les milliers de zombies chlékistes, mais ne trompe pas les Gabésiens. 

 

- Ce même 27 octobre, la cour d'appel de Tunis informe de la tenue d'une audience surprise concernant la très emblématique affaire du « complot contre la sûreté de l’État ». La quarantaine d’accusés, "otages" du régime depuis février 2023 ont été informés au dernier moment. Évidemment le but de l'opération est d'attirer toute la classe politique autour de cette affaire. Le procès a été reporté pour le 17 novembre.


- Le 31 octobre, la dite "justice" tunisienne a condamné Ahmed Souab, ancien juge administratif et avocat renommé, à cinq ans de prison ferme (voir ici).  Le procès, qui s’est tenu après plus de six mois de détention provisoire, n’a duré que quelques minutes et a évidemment détourné l'attention de Gabès, mais pas pour longtemps, car personne n'est dupe. L'occasion ici de manifester ma plus grande solidarité à ce grand monsieur qui sera reconnu comme un héros quand tombera la Sainte Chléka. Pour le Boukornisme il est déjà une idole.   

 

- Ce même 31 octobre, Saïed suspend pour un mois l'activité de Nawaat. Ce site emblématique, créé sous la dictature de Ben Ali, et qui a réussi à s'imposer comme un média indépendant durant toutes ces années, était depuis longtemps dans le viseur de la dictature. Le financement étranger de ce média, est évidemment l'argument très pratique qu'on ressort en temps de crise pour invoquer le complot international des traîtres (journalistes indépendants) contre la Tunisie des patriotes (chlékistes adorateurs de la Sainte Chléka). Je suis évidemment solidaire de Nawaat, journal "frère" auquel j'ai contribué par mes dessins depuis 2008.

 

 

Pollution et enfumage

 

Dans la boîte à outils du parfait dictateur, le complotisme est un instrument très pratique comme expliqué plus haut. Mais il y a aussi la technique de l'écran de fumée et la baguette magique. Je ne parle pas de gaz lacrymogène ou de matraque, même si le régime en a largement usé pour réprimer les manifestations de Gabès. Je parle ici de l'enfumage général à travers le discours lunaire de Zabaïed le soir du 21 octobre 2025.

 

Cette allocution qui est entrée dans l'histoire, réunit le président dans son bureau de Carthage face à sa première ministre qui ressemble à un lapin terrorisé sorti de son terrier. Il y exprime sa prétendue solidarité avec les Gabésiens, mais se perd très vite dans un discours surréaliste où il invoque des poètes arabes du 8e siècle, Jarir et Farazdaq. Il parle aussi "du mouvement Zed" (qu'il confond avec la Gen Z) et d'une revue inexistante "de A à Zut !". Bref, une sorte de chakchouka verbale aussi indigeste qu'incompréhensible, mais qui dit deux choses :


- La sainte Chléka est psychologiquement atteinte. Le constat est clair.
- Le régime policier profite de l'esprit malade de la sainte Chléka pour dire "Zut !" à Gabès.   

 

 

Baguette magique

 

Le régime sait que le complotisme et l'enfumage doivent aussi s’accompagner au moins de quelques réponses techniques, évidemment autres que le démantèlement du complexe, tel qu'exigé par les Gabésiens. Je disais plus haut qu'il est hors de question pour un régime mafieux aux abois de se priver d'une de ses dernières poules aux œufs d'or. On invoque alors la baguette magique de la Chine sauveuse des pays loosers. L’État parle d'une équipe technique dépêchée sur place...

 

Pour le ministre de l'Équipement, Slah Zouari, le problème se résume à un simple joint qui ferait défaut à la cheminée responsable de la pollution. Il se veut rassurant et promet la relance de chantiers de dépollution. Pourquoi donc sortir par milliers ? Rentrez chez vous, Gabésiens ! L'État gère. 

 

Mais le plus minable dans cette affaire, c'est la proposition du ministre de la santé Mustapha Ferjani. En effet, ce militaire promu ministre, annonce l'implantation à Gabès d'un centre de soins anti-cancer. Peut-être a-t-il oublié d'annoncer la construction d'un mémorial dédié aux Gabésiens quand ils seront tous gazés ?

 

Bref, avec ce Ferjani, nous avons un aperçu de la philosophie politique du chlékisme : accompagner la pompe à caca jusqu'au bout. Ce n'est d'ailleurs pas par hasard qu'il est le médecin personnel de la Sainte Chléka. Il est le détenteur du dossier médical de notre président, et d'après la rumeur, c'est lui qui maintient sous perfusion médicamenteuse un président diminué mentalement, et ce afin de faire tourner la pompe à chlékaka qui profite au régime policier et à toute la mafia qui orbite autour.



Conclusion

 

Que Gabès, comme Sidi Bouzid en 2011 ou le bassin minier en 2008, soit la pierre qui débarrasse la Tunisie d'un seul coup, du Chlékaka, du phosphogypse et de la pollution de l'air. Qu'on respire enfin un air frais et pur, qu'on se baigne dans une eau propre et limpide, et qu'on vive ensemble sur la terre de Boukornine sans chméta et sans haine, dans la joie et la bonne humeur !    
 

Si vous n'aimez pas le goût du Chlékaka, encouragez la caricature en faisant un don ici :

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31 octobre 2025

La chorba du chlékaka

Le chlékisme est une dictature fasciste initiée par un fou, mise en œuvre par des salauds, et alimentée par des milliers de chlékas. 

Le chlékisme a pour carburant le Chlékaka, une sorte de chorba composée d'ignorance de haine et de chméta. 

Le chlékisme ne compte aucune réalisation, n'a aucun projet pour le pays, mais il a de quoi nourrir les chlékeux et les chlékeuses grâce à son vaste programme de distribution de Chélkaka à travers les réseaux sociaux et les médias.

 

Le chlékaka ce n'est pas du chocolat

 

Le chlékaka est une sorte de poison magique qui décuple la bêtise la haine et la chméta. Ce carburant bon marché, extrait du puit sans fond de la connerie, n'a besoin ni de raffinage ni de raffinement. 

Mais attention, même si nous ne mangeons pas de ce pain, les émanations du chlékaka finissent par nous atteindre. C'est pourquoi il faut se boucher le nez, et approcher de la marmite au plus près, pour la renverser avant qu'elle ne nous explose à la figure.
Nous devons faire tomber la marmite du chlékaka, c'est notre seule raison d'être... 

 

Ce dessin est une reprise de la couverture que j'ai réalisée pour le numéro 8 du magazine Nawaat (2023)

 

A partir de ce dessin j'ai réalisé cette vidéo:

https://www.facebook.com/reel/1469305967631944

La musique qui l'accompagne est celle d'une publicité  (de la marque de soupe "chorba frik") devenue culte pour ma génération X. La pub était surtout diffusée au mois de Ramadan dans les années 90.

Cette vidéo que j'ai réalisée tout seul en 30 minutes, est une succession d'animations produite par une IA (Grok) à partir du dessin ci-dessus. Je suis terrorisé par la puissance de cet outil qui arrive tout seul à interpréter le dessin et à le décliner en animations. Mais je défendrai le travail artisanal seul garanti d'un total contrôle de l'œuvre. La vidéo qui suit c'est donc 10% de "_z_" et 90% du business d'Elon Musk. C'est un peu chlékakesque et ça convient au sujet. 

 

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18 octobre 2025

Tchernobyl au ralenti *

La Tunisie tout entière découvre l’ampleur du scandale de Gabès. Pourtant, les ingrédients du désastre se déversent depuis plus d’un demi-siècle dans le golfe de Gabès. Les manifestations qui ont éclaté la semaine dernière, après l’intoxication de deux cents personnes, ne sont que la goutte (d’acide phosphorique) qui a fait déborder le vase — ou plutôt la vase de phosphogypse.

 

En tant que flamant rose, prétendant depuis 2007 incarner le gardien de la nature et le témoin des écocides, je suis passé complètement à côté de ce crime organisé. Un crime qui tue à petit feu la population locale ainsi que tout l’écosystème du golfe de Gabès et de son oasis.


Il n'y a pas de crime sans criminel


- L'auteur de ce crime c'est d'abord le système capitaliste dans sa forme la plus cruelle, celle du saccage des ressources naturelles -le phosphate- au détriment des populations et de l'environnement. Ce système remonte à l’époque du protectorat, lorsque, en 1897, fut fondée la Compagnie des phosphates et des chemins de fer, reliant le bassin minier de Gafsa au port de Sfax.


C’est dans les années 1970, sous Bourguiba, que Gabès deviendra le nouveau port stratégique pour la transformation et l’acheminement du phosphate, notamment vers la France — principal client et éternel prédateur des ressources naturelles de son ancien empire colonial.

 

Le Groupe Chimique de Gabès (établissement public tunisien) est au cœur de ce système : il transforme le phosphate brut en acide phosphorique et en engrais. Il rejette des gaz toxiques dans l’air, provoquant cancers et affections respiratoires, et déverse en mer le phosphogypse, un déchet hautement polluant chargé de métaux lourds et d’éléments radioactifs provoquant sur tout le golfe de Gabès une véritable hécatombe écologique. D’où l’usage du terme écocide pour désigner cette tragédie.


- Mais le véritable responsable de ce crime, demeure incontestablement l’État tunisien. Si Bourguiba a péché par ignorance, Ben Ali et tous ceux qui lui ont succédé n’ont plus l’excuse du débutant. La catastrophe sanitaire était signalée, voire documentée, depuis les années 1990.


La révolution de 2011 n’a pas davantage incité l’État à réagir, car, en réalité, l’industrie du phosphate — qu’il s’agisse de son extraction dans le bassin minier ou de sa transformation à Sfax et à Gabès — constitue une rente illimitée que l’élite au pouvoir s’est toujours gardée de remettre en question, ou, à tout le moins, d’en investir une partie pour en atténuer les effets sur l’environnement.

 

Il ne s’agit ni d’incompétence ni de négligence. La catastrophe de Gabès n’est qu’un dégât collatéral savamment contenu depuis un demi-siècle par un État qui n’a jamais eu vocation à œuvrer pour le bien commun, mais uniquement pour le bien de l’État lui-même.


Par “État”, j’entends ici cette entité parallèle et parasite, qui s’étend du chef de l’État jusqu’à l’agent de police — une entité que même la révolution n’a pas réussi à réformer, et dont l’actuel président, Kaïs Saïed, a encore accentué le parasitisme et la dépendance vis-à-vis des acteurs étrangers.


Notons que l’entreprise française Phosphea (filiale du géant Roullier) récolte sur place l’acide phosphorique — ses locaux jouxtent le Groupe Chimique de Gabès — et profite ainsi du "laxisme écologique" de l’État tunisien, qui tolère une pollution interdite en Europe. Exemple classique de pillage néocolonial avec la complicité des autorités locales.


Pour vous documenter sur ce sujet, vous pouvez consulter cet article de Radio France ou cette enquête du média Vakita

 

Le chlékisme à l'épreuve de la contestation de Gabès 

Sauf que la population craque et demande maintenant le démantèlement du complexe. Pour l'Etat parasite, dépendant de cette rente, il n'est pas question de céder.  Dans la nuit de vendredi à samedi 18 octobre 2025, une vaste campagne d’arrestations a visé plusieurs dizaines de jeunes ayant participé aux manifestations (voir ici).

 

Comme si le gaz toxique ne suffisait pas, la police réplique au gaz lacrymogène, tandis que les chélkistes empestent Internet de l'odeur infecte de leurs chlékas plastiques, salissant les manifestants et accusant leurs soutiens de rouler pour les islamistes et autres traîtres à la Nation.

Conclusion

 

Nous en sommes hélas réduits à miser sur le malheur de Gabès pour espérer débarrasser le pays de la véritable pollution : celle d’un État prédateur, héritier du système colonial. Saïed en incarne le stade ultime, l’expression la plus achevée de cette abjection. Par le mal qu’il inflige au pays, il risque, au mieux, de hâter une prise de conscience et de provoquer un sursaut populaire — ou, au pire, d’engloutir la Tunisie tout entière dans une marée noire de chlékogypse.

Restons donc alertes et propageons le scandale...

 

* "Tchernobyl au ralenti " est une formulation que j'emprunte au superbe Kafkaistan, blog de la gen Z tunisienne.

 

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14 octobre 2025

Gabès exposée à une double pollution

Depuis la fondation du Groupe chimique de Gabès sous Bourguiba, la région a toujours souffert de la pollution dans l’indifférence générale. L’État fermait les yeux sur le désastre écologique et sanitaire au nom du progrès et du développement économique. La révolution a permis de braquer les projecteurs sur cette région martyre, et tous les politiciens y ont défilé avec leur lot de promesses. Mais Gabès n’a eu que du vent.

 

Ras-le-bol

 

Des élèves d’un collège situé à proximité du complexe industriel sont tombés malades, provoquant la colère de la population. Mais depuis un mois déjà, l’hôpital universitaire de Gabès voit exploser le nombre de patients présentant les symptômes d’une intoxication au gaz. Au total, plus de 180 personnes ont été hospitalisées (voir ici). Le 10 octobre, la colère est montée d’un cran : des centaines de personnes sont sorties protester, appelant au démantèlement du Groupe chimique.

 

Mais heureusement, les habitants de Gabès pouvaient compter sur la sainte Chléka. Son Excellence ne vend pas que du vent, contrairement à ses prédécesseurs : il leur a envoyé les militaires pour mater la fronde et a chargé ses propagandistes de dépolluer Internet de tous les comploteurs et traîtres à la nation qui intoxiquent l’opinion en semant les graines de la division.

 

 

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8 octobre 2025

SAIEDenstein

Personne ne sait vraiment qui a participé à la fabrication de la chose. Dans mon dessin figurent, à l’arrière-plan, les militaires, les Algériens et les wahhabites. Mais il manquerait peut-être Sissi, Meloni, la CIA et le Mossad... allez savoir.


Le projet SAIEDenstein demeure cependant un produit 100 % tunisien, conçu et fabriqué par les ingénieurs du ministère de l’Intérieur dans le but d’en finir avec les révolutions et toutes ces menaces qui ébranlent le régime policier tunisien. Les acteurs étrangers, eux, ont apporté leur soutien et leur expertise afin de maintenir sous cloche une Tunisie rebelle, celle-là même qui a failli ébranler l’ordre régional en 2011.

 

Sauf que la créature commence depuis quelque temps à échapper à son créateur. Les bruits courent que les militaires voudraient débrancher la bête, mais ne savent pas comment s’y prendre. Même les acteurs étrangers commencent à douter de l’efficacité du projet SAIEDenstein.


On a sorti du silence le mollusque Méchichi : les révélations de l’ancien Premier ministre devaient provoquer un électrochoc (voir ici). Et, en coulisses, on prépare celles de Nadia Akacha, ancienne conseillère de la chose.

 

Bref, il y a comme une panique à bord, surtout du côté des militaires. Ils ont déjà perdu la face en participant au coup d’État et ne savent plus comment sortir du piège SAIEDenstein dans lequel ils se sont foutus.

 

Car tous ces pygmalions et ingénieurs de malheur n’avaient jamais prévu que toute la Tunisie se SAIEDensteiniserait. Quitte à se suicider collectivement, les gens ont fait de la créature leur prophète — juste pour défier le créateur.

 

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6 octobre 2025

Cerise sur le caca

La haine que j’ai pour l’actuel régime de la Sainte Chléka est incommensurable. Vient d’être mise à nu sa lâcheté et son hypocrisie face à la cause palestinienne. Alors que, grâce à la flottille, lui fut présentée sur un plateau d’or l’occasion de se rattraper, Saïed s’est muré dans le silence après les attaques israéliennes contre les navires — à deux pas du palais — et, ensuite, il n’a absolument RIEN fait pour les Tunisiens pris en otage par les sionistes.

 

Pire encore : les chlékistes se sont appliqués à salir la flottille, démontrant — comme leurs collègues égyptiens — que tous ces régimes despotiques arabes ne sont plus que de minables chiens de garde de l’ordre sioniste régional.

 

Et pour bien rappeler que le régime de Saïed est devenu la caricature la plus folklorique du despotisme arabe, un simple citoyen s’est retrouvé condamné à mort en raison de ses publications Facebook, la semaine dernière. Cette affaire a fait le tour du globe et a sérieusement embarrassé le régime, éclaboussé désormais par la merde qu’il a lui-même produite. Pour se défendre, le pouvoir est allé jusqu’à accuser le juge d’œuvrer en sous-main pour les islamistes. 

 

Et la cerise sur le caca : le frère de la Sainte Chléka — dont la seule légitimité tient au fait qu’il est issu du même vagin que Zabaïed — défie les critiques en rappelant, depuis Carthage, qu’ils sont le Peuple, qu’ils sont les 99 % ! (voir ici)

 

Peut-être que nous assistons au début de l'effondrement du château de caca...

4 octobre 2025

Psyco-Chléka-trie

Un Tunisien, après avoir passé deux ans en prison pour des publications Facebook hostiles au régime, vient d'être condamné à la peine capitale pour « outrage au président de la République », « atteinte visant à modifier la forme de l’État » et « diffusion de fausses nouvelles visant un fonctionnaire public ». ( voir ici )

 

Il ne s'agit pas seulement de la décision d'un juge ou d'une erreur judiciaire, mais de tout un système applaudi et salué par de nombreux Tunisiens qui appuient et justifient la terreur de la "sainte Chléka", devenue un véritable prophète dont la critique relève du blasphème.

 

 

Dites-moi, chers amis, où en êtes-vous ? 


Je suis un être humain, et ce qui définit mon humanité, c'est le partage d'une forme d'éthique universelle qui postule certaines règles de base applicables à mon prochain, quelles que soient ses différences : sexe, âge, nationalité, croyance, couleur de peau, sensibilités politiques... Pour résumer : nous refusons à autrui ce que nous refusons pour nous-mêmes, puisque l'Autre n'est qu'une autre manifestation de Soi. Est-ce bien cela qui me fait dire que je suis Humain ?

 

Si, par exemple, nous nous insurgeons contre Israël, ce n'est pas seulement au nom de la défense de notre tribu ou de notre culture, mais au nom de cette éthique universelle. Notre indignation face au sionisme vient d’abord du fait qu’il déshumanise son prochain, et justifie ainsi l’expropriation, la déportation, puis l’extermination au nom de la supériorité d’un groupe d’êtres humains sur un autre. C’est la déshumanisation des Palestiniens qui nous révolte, au même titre que nous révolte la déshumanisation des Juifs sous les nazis, ou celle des Ouïghours par le régime de Pékin.

 

Ce dessin illustre combien la déshumanisation des Palestiniens — et de ceux qui tentent de leur venir en aide (en l’occurrence la flottille) — finit par déshumaniser Israël lui-même, assimilé à un monstre qui dévore tout sur son passage. Le défi auquel cette horreur nous confronte, c’est de persister à ne jamais déshumaniser notre propre déshumanisateur, même lorsque nous constatons sa monstruosité.


Mais revenons au cas de Zabaïed et de ses chlékas   

 

Attention : en employant l'expression injurieuse de chlékas, je ne déshumanise en aucun cas les partisans et défenseurs de la dictature de la sainte Chléka. Pas du tout. Je les insulte et les méprise à dessein, au nom de leur humanité qu'ils ont volontairement jetée aux WC, et ce pour des motivations obscures que, sincèrement, je peine à expliquer. 

 

Mes amis, en Tunisie, on observe un phénomène social qu'il est urgent de qualifier et de comprendre avant que nous ne soyons tous dévorés par cette monstruosité : nous avons affaire à des Tunisiens qui déshumanisent d’autres Tunisiens, en s'appuyant sur la vision délirante d’un merdeux en chef — laid, bête, incapable d’aligner deux mots — et qui menace de faire couler le sang de ceux qui ne partagent pas sa vision de la Tunisie.

 

Vous en conviendrez, chers amis : nous sommes arrivés à un point où il n'est plus possible d'expliquer ce phénomène que par la psychiatrie. Mais cela ne suffit toujours pas.


Car si certains phénomènes sociaux relèvent de la psychiatrie, ils succèdent, pour la plupart, à des traumatismes tels que les génocides, les guerres, les pandémies ou les catastrophes naturelles. Or, rien de tout cela n’a eu lieu en Tunisie. Ce que les chlékistes appellent "la décennie noire" n’explique ni ne justifie en rien ce délire collectif. Il est même indécent de comparer les dix années post-révolution à la véritable décennie noire qu’ont connue nos voisins algériens.

 

Mais alors, que s'est-il passé ? Ou bien qu’est-ce que j’ignore encore de l’Humanité pour expliquer une telle déshumanisation ?

1 octobre 2025

Frappes israéliennes sur Boukornine

Comme le rappelle cet article d'Orient XXI, les dernières frappes israéliennes contre la flottille ( voir ici ) ont ravivé le souvenir de celles de 1985, lorsque l'aviation israélienne a bombardé le quartier général de l'Organisation de Libération de la Palestine (l'OLP) au pied du mont Boukornine. Cette attaque avait coûté la vie à 50 Palestiniens et 18 Tunisiens.   

C’était le 1er octobre 1985, il y a quarante ans jour pour jour. Je m’en souviens très bien : petit flamant rose errant aux abords de la Sebkha, j’ai entendu le vacarme du passage de l’aviation israélienne — dix chasseurs F-16 — puis le terrifiant fracas de la déflagration qui fit trembler tout Boukornine !

 

Je savais à peine lire et écrire, mais j’ai compris que mes idoles Mickey Mouse et Donald Duck étaient du côté des méchants. Ce fut le premier choc politique de ma vie, et la prise de conscience qu’il fallait se méfier de l’oncle Picsou, des Schtroumpfs et même d’Alice au pays des merveilles...

29 septembre 2025

Rien à dire...

Je m'excuse auprès de ceux qui espéraient trouver ici une analyse de l'actualité. J’utilise de plus en plus ce blog pour y étaler mes états d’âme. Au moment où je commence à écrire ce texte, je ne sais toujours pas ce que je vais dire ni ce que je vais dessiner. Je sais seulement que j’ai besoin d’écrire, tout en sachant que l’écriture, et même le dessin, deviennent presque indécents en ces temps particuliers, où il serait plus utile de rejoindre la flottille, ou de carrément prendre les armes et d’en finir avec ce qu’est devenue une partie de l’humanité.

 

 

Cette rage que je concentre sur le « dit Occident » ne signifie en rien que je trouve plus plaisants la Russie de Poutine, la Chine de Xi, l’Iran des ayatollahs et, encore moins, la Tunisie de la « sainte Chléka » devenue un véritable zoo !

 

Finalement je n'avais rien à dire...

14 septembre 2025

Flottille vers Gaza

Après deux mois d’absence, je reviens sur mon blog pour attaquer, avec le dessin et le texte, une nouvelle année de dictature chlékiste. La Tunisie n’est qu’un petit terrain de jeu pour caricaturiste. Alors que le fascisme s’empare de la planète entière, je reste concentré sur la terre de Boukornine, celle par laquelle tout commence et tout finit. N’oubliez pas, chers amis, que la révolution a commencé en Tunisie. Ne sous-estimez donc pas ce qui peut émerger de la Sebkha et de Boukornine. Le chlékisme aussi a commencé en Tunisie. Trump, Netanyahou, Bolsonaro, Meloni, Orbán et Poutine ne sont que de pâles copies de notre sainte Chléka. C’est pourquoi j’invite tous les chercheurs, artistes et hermétistes à se pencher sérieusement sur le cas tunisien.

 

Flottille internationale      

 

C'est donc naturellement depuis Boukornine que se sont donnés rendez-vous les agitateurs du monde entier pour partir ensemble briser le blocus israélien sur Gaza et tenter de venir en aide aux Palestiniens victimes d'un génocide. La révolution des peuples semble avoir choisi, une nouvelle fois, la Tunisie comme terre d'élection. Cette image de Boukornine trônant sur une foule de bateaux restera gravée dans la mémoire collective. On se rappellera que des hommes et des femmes venus de tous les horizons ont décidé de prendre la mer depuis Tunis, au risque de leur vie, pour tendre la main à d'autres êtres humains condamnés à mourir de faim par une monstruosité appelée Israël. Israël, qui rappelons-le, n'est qu'une excroissance des puissances occidentales et leurs chiens de gardes arabes, complices eux aussi du massacre en cours...

 

 

Se faire rattraper par le (is)réel  

 

Tout cela est bien beau, même si l’on savait que l’Empire aurait le dernier mot. Qui pouvait croire qu’Israël laisserait de doux rêveurs menacer l’ordre sioniste ? En revanche, personne ne s’attendait à ce qu’Israël ose attaquer la flottille depuis Tunis. Les lundi 8 et mardi 9 septembre, en pleine nuit, des drones ont visé des navires et provoqué des incendies. Il n’y a eu aucune victime, mais l’avertissement était on ne peut plus clair.

 

Les regards se sont alors tournés vers l’État tunisien :

 

On raconte que le président Kaïs Saïed a piqué une crise après la première frappe. Pour rappel, il avait remporté les élections en promettant de libérer le peuple palestinien. Mais il a très vite changé de discours à l’épreuve du pouvoir. Depuis le 7 octobre, il s’est fait très discret et n’a plus laissé éclater sa verve en faveur de la cause palestinienne. Mais avec cette attaque de drone à 300 mètres du palais de Carthage, une limite semblait franchie. Une telle humiliation exigeait une riposte. Zabaïed convoqua alors ses généraux de l’armée de terre, de l’air et de mer. La réunion ne dura pas longtemps : la police présidentielle prit aussitôt le contrôle de la situation, envoyant Kaïs faire dodo.

     

 

Le porte-parole de la Chlékerie a annoncé qu’il n’y avait eu aucune attaque : seulement un gilet de sauvetage qui aurait pris feu à cause d’une beuverie, d’un mégot de cigarette et d’un barbecue…

« Circulez, il n’y a rien à voir », c’est en ces termes que l’État tunisien a cru clore l’affaire. Mais à la suite de la deuxième frappe de drone, le mensonge n’était plus tenable et l’État tunisien a dû admettre qu’une attaque préméditée avait visé l’un des navires stationnés au port de Sidi Bou Saïd, lieu de rassemblement de la flottille internationale.
 

 

Israël lance un avertissement contre Zabaïed

Dans cette affaire les militaires et policiers semblent redouter que le « fou de Carthage » ne lâche une saillie verbale capable d’ébranler l’ordre sioniste régional, socle même de leur existence. D’autant qu’il y a tout juste une semaine, les Américains ont menacé de le destituer s’il continuait à « faire le malin » (voir ici). Manière, sans doute, de l’obliger à bloquer la flottille, à l’instar du fidèle toutou Sissi face à la caravane Soumoud en mai dernier (voir ici).


Le message a donc été bien reçu. L’État tunisien, comme ses voisins arabes, s’exécute et s’appliquera, les jours suivants, à mettre des bâtons dans les roues de la flottille. Le jeudi, le convoi de bateaux est dirigé vers le port de Bizerte pour des raisons "logistiques". Le départ est encore reporté. On invoque la météo, mais, selon plusieurs membres de l’organisation, les vraies raisons du blocage sont d’ordre “sécuritaire” (voir ici)...


Bref, une tactique de l'épuisement a été habilement menée par l'Etat pour démobiliser le convoi humanitaire sensé partir de Boukornine le 4 septembre 2025. 

 

Conclusion

 

En réalité, ce n’est pas seulement pour faire plaisir à Israël que l’État a pris les devants dans cette affaire. Le ministère de l’Intérieur, voyant tous ces révolutionnaires du monde entier se réunir à Boukornine, y voyait en soi une menace pour le régime. Et puis, ces milliers de jeunes Tunisiens venus les accueillir à quelques encablures du palais présidentiel n’étaient plus supportables pour la dictature chlékiste. Certains pensent que les drones auraient même pu être tirés par la police tunisienne afin de semer la peur et  briser le mouvement.

 

Nous ne saurons jamais la vérité. Mais nous avons une nouvelle démonstration de la convergence d’intérêts entre les dictatures arabes et l’ordre sioniste régional.

 

Notons toutefois que quelques bateaux ont pris le large depuis Bizerte, et que d’autres navires partis d’Europe s’apprêtent à les rejoindre. Le convoi humanitaire vers Gaza se poursuivra malgré tous les obstacles. Saluons le courage et la détermination de toutes celles et ceux qui, en ces temps difficiles, nous permettent de ne pas complètement désespérer de l’Humanité.

 

Que Boukornine les protège !

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