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DEBATunisie

15 août 2026

Compl’eau contre notre sainte Chléka

Voilà plus d’un mois que la ville de Mahdia souffre de coupures d’eau systématiques. Alors, évidemment, la coupe est pleine : pas d’eau, mais de colère, de rage et de haine contre un État absent et incompétent, qui ignore et méprise sa population.


S’ensuit une révolte dans les rues de Mahdia. Et que répond la sainte Chléka ? Elle arrête les manifestants et les accuse de complot contre l’État ! Et ce n’est pas une caricature (voir ici).

 

 

Les jeunes descendus dans la rue ont heureusement été relâchés. Peut-être qu’à l’intérieur du palais, les derniers esprits sains ont dû expliquer à la sainte Chléka que, même en situation de coupure d’eau généralisée, une simple goutte peut faire déborder le vase…

14 août 2026

13 août, Journée nationale de la femme ?

Il y a 70 ans était promulgué le Code du statut personnel (CSP). À l'époque de sa promulgation, le 13 août 1956, ce code constituait un progrès salutaire pour les droits des femmes. Cette Tunisie archaïque, qui sortait épuisée d'une colonisation humiliante, relevait un peu la tête en accordant aux femmes plus de dignité. C'était déjà révolutionnaire, mais le chemin vers une égalité complète était encore long...

 

Aujourd'hui, ce ne sont plus seulement les droits des femmes qu'il s'agit de sauver, mais la Tunisie tout entière, qui se fait avaler par le plus archaïque et le plus sous-développé des régimes qu'elle ait jamais connus depuis son indépendance...

 

 

Sofia Sadek, la diva mauve 

 

En guise de célébration de ce 70e anniversaire de la journée de la femme et pour clôturer le Festival international de Hammamet, le ministère de l'intérieur, pardon, de la culture, a fait sortir de ses archives la chanteuse Sofia Sadek (voir ici).

 

 

Pour rappel, Sofia Sadek est une chanteuse iconique de l’époque Ben Ali. Le retour de la dictature a dû lui redonner un nouveau souffle et beaucoup d’inspiration. Elle a donc ressorti sa robe mauve, comme au bon vieux temps, et entonné son hymne à la police : « Dans la sécurité et la sérénité, l’être humain vit ici. »

 

Les chlékas, parmi lesquels on compte de nombreux nostalgiques du mauve, ont applaudi et pleuré d’émotion !

12 août 2026

Dépollution de Gabès ?

J’arrête avec la désinformation. Hier, j’ai publié un dessin qui évoquait le mauvais accueil réservé au président Kaïs Saïed par la population de Gabès (voir ici). J’ai encore une fois été induit en erreur par des fake news propagées par ces traîtres d’opposants vendus à Ghannouchi et à l’Occident. Je m’excuse donc auprès de mes lecteurs.
 

Je corrige mon dessin en me basant cette fois sur l’information très obj(chl)ective de la page Facebook de notre bien aimé admin président…
 

 

11 août 2026

Visite surprise à Gabès

Le président Kaïs Saïed a effectué hier soir une visite « surprise » à Gabès. Elle a eu lieu sur la plage de Chott Essalem connue pour sa pollution au phosphogypse. Évidemment, Zabaïed n’a strictement rien fait depuis les dernières protestations réclamant le démantèlement du Groupe chimique qui asphyxie toute la région. D’où le chaleureux accueil de la population présente sur place qui, malgré le dispositif de sécurité, a bien fait entendre sa colère (voir ici).

 

9 août 2026

Note de service

La direction de DÉBATunisie assume l’usage du qualificatif de chléka, de chlékeux ou de chlékiste contre celui ou celle qui, dans le merdier général, refuse de localiser le lieu d’émission et de production du caca actuel, c’est-à-dire la personne de Kaïs Saïed, dictateur, putschiste, fasciste, raciste, menteur, corrompu, destructeur de l’État tunisien et semeur de discorde entre Tunisiens. Est donc qualifié de chléka celui ou celle qui, malgré cette accumulation flagrante et indiscutable de déchets, met sur le même plan de responsabilité les opposants et même les islamistes ou les RCDistes.


Oui, il n’y a aucune commune mesure entre tous les maux que la Tunisie a vécus sous Ben Ali et sous les islamistes et ce qui nous arrive aujourd’hui sous la dictature de Saïed. Et ce n’est pas parce que Saïed est le produit de tout ce qui a précédé qu’il serait excusé ou que le mal qu’il a provoqué devrait être minimisé.


Ma modeste observation minutieuse de 20 ans de politique tunisienne, où j’ai consigné sur mon blog www.debatunisie.com toutes les dérives, les abus, les horreurs des pouvoirs successifs, me conduit à considérer que rien n’égale, en degré et en nature, le désastre provoqué par ce sombre personnage.


Même si l’analyse scientifique explique le phénomène Saïed, il y a, comme dans toute histoire humaine, des singularités, des accidents, des bugs qui sont le fait d’individus dont la psychologie tourmentée imprègne, par de malheureux hasards (les élections de 2019), la trajectoire de tout un pays.


Le phénomène Saïed n’est pas plus différent ni plus contingent qu’une catastrophe naturelle qui s’abat sur un pays et qui le fait dérailler sur plusieurs générations.


Est donc une Chléka celui ou celle qui ne reconnaît pas cette évidence et qui s’attaque à celui ou celle qui, modestement, sur les réseaux sociaux, dénonce la dictature.


Ainsi, DÉBATunisie se réserve le droit et l’obligation de traiter de chléka toute critique à toute caricature, aussi moche et irrespectueuse soit-elle. Et ce n’est ni par refus de la critique ni par égocentrisme : simplement, dans le contexte actuel, mettre des bâtons dans les roues de toute résistance au caca général constitue une forme de collaboration avec l’actuelle dictature fasciste et chlékiste du sinistre Kaïs Saïed, accident mortel de l’histoire de la Tunisie contemporaine. 

 

 

5 août 2026

Régime sous perfusion

Le régime de Kaïs Saïed est un régime sous perfusion. La consigne officielle consiste à rassurer la population, non pas sur l'état du pays, mais sur celui du président. C'était, semble-t-il, l'objet de la dernière réunion au palais, qui a rassemblé les principaux responsables des médias publics (voir ici). Tout va très bien, Madame la Marquise !
 

Mais les vraies réunions, celles qui se tiennent en coulisses et que personne ne voit, ces réunions de crise qui rassemblent les proches du président, portent sur tout autre chose. On n'y parle ni de l'état du pays, ils s'en moquent, ni de celui du président, ils savent qu'il n'en a plus pour longtemps.
 

Leur seul véritable sujet de préoccupation est ailleurs : accompagner l'effondrement de l'État en organisant des simulacres de réunions officielles et des mises en scène de sorties présidentielles à la Mnihla, la nuit de préférence. L'objectif n'est pas seulement de rassurer l'opinion, mais surtout de gagner du temps pour préparer l'après-Saïed, organiser leurs points de chute en cas de fuite, puis mettre à l'abri leurs fortunes ainsi que leurs dossiers les plus compromettants. Ils savent que le temps des chlékas touche bientôt à sa fin.

 

 

4 août 2026

Zabaïed, super-héros

Pour faire taire les mauvaises langues et les comploteurs qui doutent de la bonne santé du président, Saïed est apparu à Radès dans la soirée du dimanche 2 août 2026 (voir ici). Il a choisi pour décor les égouts qui se déversent dans l’oued Meliane, pour jouer sa comédie préférée du justicier de la nuit qui échange avec la police sur les complots du crime organisé. 

 

 

Notre Batmâne national, hormis les réunions avec la police, ne passe jamais à l’action, car il ne maîtrise aucun de ses pouvoirs de super-héros. Dès que le jour se lève, il rentre vite au château et s’endort jusqu’à la prochaine lune…

 

 

2 août 2026

Crise migratoire à Ceuta

Plus de 50 000 migrants sont entrés illégalement dans l’enclave espagnole de Ceuta, à la frontière marocaine. Les images de ce déferlement de jeunes ont fait le tour du monde. Il est évident que dans une dictature (Maroc) où tout mouvement de foule est réprimé, laisser déferler des milliers de jeunes ne peut être qu'une opération bien programmée.
 

Selon plusieurs médias, Rabat ferait payer à Madrid son récent rapprochement avec Alger (voir ici). Pedro Sánchez s'est en effet rendu ces derniers jours auprès d'Abdelmadjid Tebboune pour renforcer le partenariat énergétique entre les deux pays, notamment autour du gaz. Une idylle diplomatique qui aurait quelque peu contrarié la sainte Chléka de Rabat.
 

Cette crise migratoire, qui aurait coûté la vie à une soixantaine de personnes par noyade, a placé le gouvernement socialiste espagnol, très engagé en faveur de Gaza, sous le feu des critiques des fachos européens, dont Giorgia Meloni. Certaines voix sont même allées jusqu'à réclamer une remise en cause de la place de l'Espagne dans l'espace Schengen.
 

Mais c'est peut-être Israël qui a le plus savouré la manœuvre marocaine. Depuis que Madrid a multiplié les critiques contre le génocide de Gaza et reconnu l'État palestinien, les relations entre les deux pays sont au plus bas. Le représentant israélien à l'ONU (voir ici) en a d'ailleurs profité pour rappeler que l'Espagne conservait, selon lui, des « territoires coloniaux » en Afrique du Nord, en référence à Ceuta et Melilla.
 

Vous avez entendu ? Israël dénonce la colonisation !

1 août 2026

La fête continue...

J'arrête de plomber l'ambiance, c'est l'été ! J'aimerais faire comme les grands artistes tunisiens, pour qui tout va toujours très bien en Tunisie. Que ça brûle ou que ça emprisonne, rien ne pourra les empêcher de remplir leur seule et unique fonction : divertir et faire diversion…

 

 

Ce dessin est inspiré d'une effroyable photo qui a beaucoup circulé sur internet et qui montre le public insouciant du Festival international de Carthage sur fond d'incendies de forêt.

 

Ce dessin est aussi une allusion assumée à Lotfi Bouchneq, mais cela vaut pour Saber Rebai et d'autres grandes figures indéboulonnables de la chanson tunisienne, piliers de ces festivals, dont les micros s'éteignent soudain, dés qu'il s'agit de prononcer le moindre mot contre nos dictateurs, ou de simplement oser exprimer un modeste soutien aux prisonniers politiques de la Sainte Chléka...

31 juillet 2026

Free Ayachi !

Ayachi Hammami a écrit une lettre au dictateur Kaïs Saïed, depuis sa cellule de prison. Une lettre poignante à lire sur le site de Nawaat.

 

Le dessin ci-joint est un hommage de Boukornine, éternellement solidaire de toutes les victimes d'injustice sur terre. Ce dessin a été communiqué à Ayachi. En traversant les murs de la prison de la Mornaguia, il a conduit un bout de Boukornine jusqu'à Ayachi et les centaines de prisonniers politiques en Tunisie.

 

 

29 juillet 2026

Sissi soutient Saïed

En raison de la crise que traverse la Tunisie, Zabaïed reçoit des appels de soutien des dictatures voisines. Après Tebboune, c'est au tour du président égyptien Abdel Fattah Sissi, d'exprimer lors d'un entretien téléphonique, sa solidarité avec la Tunisie des Chlékas (voir ici). 

 

Selon le communiqué officiel de Tunis et dans son habituelle langue de bois, les deux chefs d'État auraient évoqué "les relations historiques entre la Tunisie et l’Égypte". Puis ce même communiqué, rapporte l'appel de Saïed pour "un nouvel ordre humain" contre la menace "du mouvement sioniste mondial" (?!).

 

Voilà donc comment notre sainte Chléka, coupable de l'effondrement de l'État et de tous les malheurs que subissent les Tunisiens, utilise l'argument du sionisme mondial pour se défausser de ses responsabilités.

 

Rappelons que cette Chléka, qui nous coûte 20 millions de dinars par mois et qui a envoyé en prison les organisateurs de la flottille Soumoud, ose se lamenter, lors d'un entretien téléphonique avec Sissi, le collabo de Netanyahou, du danger que ferait peser le sionisme mondial sur nos pays !

 


Chers amis, nul ne doute ici de la nuisance indiscutable que provoque Israël dans la région. Mais je reste convaincu que le véritable danger qui pèse sur nos pays, ce sont d'abord ces Chlékas de dictateurs, aussi corrompus et obscènes les uns que les autres, qui, par leur chlékisme, ont fait de nos pays des serpillières et des paillassons sur lesquels Israël s'essuie les pieds...

28 juillet 2026

Tebboune sort l'artillierie lourde

Le président Tebboune, dans une interview récente (voir ici), met en garde contre toute tentative de déstabilisation de la Tunisie. Il emploie à cet effet une expression de chléka (« on foutra une raclée à la tente de leurs parents ») pour bien souligner sa détermination. Cette menace à peine voilée, adressée aux « terroristes » (c'est-à-dire à tout ce qui s'oppose à Saïed), confirmerait le pacte secret qui aurait été signé avec Carthage pour faire intervenir l'armée algérienne en cas de fronde contre le régime de Tunis. Rappelez-vous de l'accord militaire secret signé en octobre 2025. Or, c'est précisément ce qui est en train de se passer en ce moment même :

 

Une colère sans précédent se concentre sur la personne du président de la République, Kaïs Saïed, et ce depuis les dernières coupures d'eau et de courant en pleine canicule. Les gens commencent à se réveiller et à comprendre que cet homme, qui a concentré tous les pouvoirs entre ses mains, ne peut se défausser éternellement sur les comploteurs et les traîtres. À cela s'ajoute sa maladie, qui le fait disparaître des radars, comme par hasard, durant la crise. Bref, la coupe est pleine pour la plupart des Tunisiens, ce qui inquiète sérieusement la dictature algérienne.

 

 

Régime algérien, agent de la contre-révolution

 

Les généraux algériens ne semblent toujours pas remis de la révolution tunisienne de 2011. Ils ont juré de saboter toute possibilité de voir émerger une démocratie à leurs frontières. Aujourd'hui, avec le recul, il y a de nombreuses raisons de croire que l'État profond algérien serait mêlé aux tentatives de déstabilisation de la Tunisie révolutionnaire entre 2011 et 2019, que ce soit au Chaambi ou encore dans les assassinats politiques. Cela reste évidemment invérifiable.

 

Alors, oui ! Tebboune nous menace directement, et on ne peut être qu'une chléka, comme Samir El Wafi (par exemple), pour saluer une déclaration de guerre contre notre souveraineté. Je vous jure, nous avons des concitoyens qui espèrent voir une force étrangère marcher sur le pays pour le libérer des traîtres et des vendus !

 

Une preuve de plus que l'obsession des chlékas à nous accuser de trahison n'est que la projection sur nous de leur propre et minable condition. Et s'ils aiment Kaïs Saïed, c'est peut-être parce qu'ils se reconnaissent dans sa figure de traître et de collabo qui a réussi dans sa vie. Bref, toutes les insultes qu'ils nous balancent, C'EST EUX !!

27 juillet 2026

Manifestations du 25 juillet

Environ 3000 personnes sont descendues dans les rues de Tunis, du Passage jusqu'à la grande avenue Habib-Bourguiba (voir ici). Une manifestation qui a réuni plus de monde que d'habitude et dont le slogan « Kaïs Saïed dégage ! » a dû faire trembler Carthage.
 

Mais il semblerait qu'une autre manifestation ait eu davantage d'effet sur le président. Elle a eu lieu devant le Théâtre municipal et a rassemblé une dizaine de clowns criant leur indéfectible amour à Zabaïed. Leur prestation évoquait la même comédie du 17 décembre 2025, mais avec moins d'effectif. Saïed, se rendant compte de l'effondrement de sa base populaire, a dû péter un câble, provoquant une énième coupure de courant et une nouvelle hospitalisation.
 

Le régime est au bout du rouleau. L’Algérie a exprimé sa vive inquiétude et l’Europe suit de près la situation en Tunisie…

25 juillet 2026

Zabaïed, le chevalier de l'apocalypse

Le pays brûle, et ce n'est point une image. Nous subissons collectivement, 3 couches de malheurs superposées :

 

- La première est celle d'un pays géographiquement exposé à des bouleversements climatiques d'une extrême gravité, qui menacent, dans un avenir très proche, le maintien de groupes humains sur son territoire. La Tunisie est donc menacée dans son existence même.

 

- À ce premier malheur s'ajoute notre incapacité à nous organiser collectivement pour faire face à ce changement climatique, pourtant annoncé depuis les années 1970. Depuis Bourguiba, nous n'avons pas su adapter notre urbanisme, notre agriculture et notre économie à ce défi, préférant adopter un modèle capitaliste occidental peu soucieux de la nature et de l'environnement.

 

- Comme si cela ne suffisait pas, un troisième malheur vient assombrir encore davantage le tableau : la Sainte Chléka. Pour moi, ce personnage sorti des ténèbres (ou du caca), ce cavalier de l'Apocalypse, est soit le signe d'une malédiction de Boukornine, soit une ruse du destin pour nous faire enfin prendre la mesure de la menace. Ce tyran accélère l'effondrement général, offrant ainsi aux Tunisiens un avant-goût de l'enfer. Hormis les derniers chlékistes, la population comprend enfin que, si elle veut sauver sa peau, elle devra d'abord se débarrasser de ce genre d'individus dans la conduite de ses affaires publiques.

 

Ce sont des empoisonneurs, des agents du malheur, que nous devrions apprendre à reconnaître de loin afin que cette engeance ne puisse plus jamais accéder à la chose publique. Le chlékisme, dont cet homme offre à mes yeux la plus parfaite incarnation, nous menace autant que le réchauffement climatique. Merci Kaïs Saïed pour cette leçon tragique !


Vers la Révolution ?
 

Les réseaux sociaux témoignent d'une prise de conscience générale mais cela suffira-t-il ? La symbolique de ce 25 juillet, fête de la République, saura-t-elle faire basculer le cours des événements ? Des manifestations sont prévues aujourd'hui dans toute la Tunisie.

 

Amis, vous savez ce qu'il vous reste à faire…

 

PS : Dame Tunisie qui est représentée dans ce dessin, n'est ni une traînée ni une pétasse ni ma mère la pute, comme pensent souvent certains esprits chlékeux à propos de ma représentation féminine de notre pays. Dame Tunisie est une femme violée qui n'a pas eu le temps de se rhabiller et qui erre perdue dans la rue, mais qui malgré ses malheurs, n'a jamais perdu ni sa jeunesse ni sa splendeur.

22 juillet 2026

Les salauds

Dans l'histoire humaine, il est des moments où tout devient soudain très facile à lire. D'un côté les salauds, de l'autre les justes. De la même manière que l'on reconnaît un colon ou un tyran, on sait immédiatement, à la position des uns et des autres, où se situent les salauds et les justes. Tout devient simple, limpide, presque évident.

 

Ceux que j'appelle les chlékas sont nos salauds. Notre tyran, c'est Kaïs Saïed. Celui qui ne voit pas, par ignorance ou par naïveté, la nature profondément nuisible de son pouvoir n'est pas nécessairement un salaud. Mais dès lors qu'il intervient dans le débat public pour défendre ou justifier ce pouvoir, ou même s'il se déclare neutre dans cette affaire, il franchit une ligne : il devient un salaud, une Chléka.

 

Évidemment, je me considère comme étant du côté des justes. Ce n'est ni une prétention morale, ni un héroïsme, ni un exploit. Celui qui affirme que 1 + 1 font 2 ne se croit pas vertueux pour autant : il annonce et constate une vérité dans un système de pensée (en l'occurrence les mathématiques).

 

Reste une difficulté philosophique. Dans un monde où les salauds sont nombreux, voire majoritaires, la vérité ne change pas pour autant. Le nombre n'a jamais fait loi. C'est ce qui donne leur force aux justes. Mais il arrive, par une ruse de l'Histoire, que les salauds soient les vainqueurs. Alors ils réécrivent l'histoire, travestissent les mots, inversent les concepts.

 

C'est précisément notre malheur en Tunisie : les justes y sont devenus les traîtres, tandis que les salauds se sont proclamés patriotes. Et c'est par cette réécriture permanente du réel qu'ils enrôlent les esprits, jusqu'à fabriquer de nouvelles générations de salauds.

 

Mais il n'y a pas de fatalité. Les accidents de l'Histoire peuvent mettre les tyrans à nu. C'est ce qui s'est produit en 2011 sous Zaba. Les salauds perdent alors leurs repères, et une brèche s'ouvre dans laquelle les justes peuvent enfin apparaître.

 

C'est peut-être ce que nous vivons aujourd'hui en Tunisie. Le tyran est nu. Son incompétence éclate chaque jour davantage. Pourtant, rien n'émerge encore. La brèche ne cesse de s'élargir, telle une plaie purulente qui s'ouvre toujours plus, dans la douleur et la souffrance. Et malgré cela, rien ne vient.

 

Il nous reste 3 jours encore jusqu'au 25 Juillet 2026 pour clore 5 années de saloperies.

 

Amis les justes, c'est notre moment...

Ce dessin date de janvier 2011, quelques jours avant la Révolution...

 

PS : Selon l'histoire réécrite par les salauds vainqueurs, tout appel à la résistance ne peut être perçu qu'en tant que complot islamiste ou machination diabolique orchestrée par les protagonistes de ce qu'ils appellent la « décennie noire ». Cette expression elle-même participe de cette réécriture. C'est un concept de salauds.

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