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DEBATunisie

8 janvier 2026

Zabaïed droit dans ses Chlékas

Dans mon dernier article, je déclarais ouverte la résistance sous toutes ses formes. À l’échelle mondiale, contre l’impérialisme étasunien, et à notre petite échelle tunisienne, contre notre sainte Chléka et ses partisans. Nous n’avons pas d’armes, nous n’avons pas de technologie. Il ne nous reste que les forces de l’esprit, l’art et l’insulte. Oui, je crois aux vertus de l’insulte.

 

J’en appelle aussi aux forces occultes, aux djinns et à toute entité métaphysique. Je demande leur intervention afin de mettre hors d’état de nuire Trump, Netanyahou, Poutine, les monarches d’Arabie et tous les tyrans, dont évidemment notre sainte Chléka. Que 2026 puisse exaucer au moins une de mes prières.

Notre Sainte Chléka en super forme


Zabaïed qui ne cessait de clamer sa solidarité envers les palestiniens dénonçant l'ordre mondial sioniste, a encore une fois perdu sa langue pour dénoncer la capture de Maduro par les ricains. Pour sa première réunion de travail de 2026, il s’est en revanche intéressé à la « langue » des patrons de médias. C’était le 5 janvier, au palais de Carthage, où Son Excellence a donné des consignes très claires sur la méthode de lèche-chlékage en général et de liberté de lèche-pression en particulier.

Un article de La Presse décrit chlékement la teneur de cette alléchante réunion, lire ici.  

 


Gabès se meurt

 

J’ai fait partie de ceux qui ont pris la peine d’écouter le discours de Zabaïed le soir du 31 décembre. Aucun traître mot sur la situation à Gabès. Les habitants de la ville ne respirent plus. Tandis que Saïed ment comme il respire.  

 


La seule bonne nouvelle de l'année 2026, reste la libération des cadres de l'ONG humanitaire Tunisie Terre d'Asile, dont Sherifa Riahi (voir ici). Leur libération semble aussi arbitraire et irrationnelle que leur détention. 

L'année 2026 sera longue et éprouvante chers amis. Mais ne perdons pas espoir ! 

لا بوكرنين الاّ بوكرنين، ولا سبخة الاّ السّبخة

5 janvier 2026

Bonne année 2026 ?

À peine ai-je commencé à humer l’air de 2026 qu’une terrible odeur de merde m’a pris au nez. L’Amérique de Trump achève ce qui restait du droit international et nous précipite dans un monde définitivement régi par la loi du plus fort. Alors, disons-le sans détour : la situation est tellement critique que que TOUTE forme de résistance devient légitime.

 

 

Aux anti-Saïed qui se réjouissent de la manière dont le président vénézuélien Nicolas Maduro a été kidnappé, sachez que nous ne gagnerons jamais la guerre contre notre sainte Chléka par l’ingérence d’une quelconque force étrangère, et encore moins par celle de la Chléka impériale de Trump…

 

Remercions Boukornine de n’avoir pas gorgé nos terres de gaz et de pétrole et de nous épargner ainsi la convoitise du Chlékempire…

 

Occident accident ?

 

Pourquoi s’étonner de ce qui s’est produit ?
L’invasion du Venezuela est-elle vraiment un accident ?
Le génocide de Gaza est-il un accident ?
Les guerres contre l’Irak, la Libye, le Vietnam, la Corée, et contre tant de pays d’Amérique latine seraient-elles, elles aussi, des accidents ?
La colonisation : un accident ?
L’esclavage : un accident ?
La bombe atomique : un accident ?

 

Rien de tout cela n’est un accident.


Tout cela est consubstantiel à ce que l’on appelle, par commodité, l’Occident. Cela signifie que l'Occident ne tire sa toute puissance que par l'exploitation, l'extraction et la prédation. L'accident est ontologique à l'Occident de la même manière que la crise économique et la guerre sont intrinsèques au capitalisme. Et d’ailleurs, à propos du capitalisme : on peut avancer que l'Occident serait pour le capitalisme c'est que l'œuf est à la poule.  


Donc, en tant que système et civilisation, l'Occident constitue l’accident ultime de l’humanité — un accident qui menace non seulement l’humain, mais le vivant dans son ensemble.

 

 

Mais soyons précis. L’Occident ne représente pas l’humanité, et tous les Occidentaux ne sont pas coupables des ravages produits en son nom. Il ne faut pas non plus négliger les forces de contestation et de résistance au sein même de l’Occident, qu’elles s’expriment à travers des contre-pouvoirs politiques ou artistiques.

 

De même, les populations victimes des politiques occidentales ne sont pas dirigées par des gouvernements exemplaires — loin de là.
Il est consternant de constater que même les pays qui s'en sortent et qui le défient, sont ceux là-même qui adoptent sa philosophie comme la Chine ou la Russie.

 

Ce qui est à l’œuvre dans ce que l’on appelle l’Occident, c’est un mode de fonctionnement profondément humain, qui a trouvé là son terrain d’expansion maximale, voire son exacerbation.

 

L’histoire a voulu que le feu de Dieu ait été dérobé par l’homme blanc.
L’Occidental s’est pris pour Dieu et a transformé son prochain en sous-homme.
L’Occident ne serait alors que le lieu où Prométhée aurait gardé jalousement ce feu, pour n’en faire bénéficier que les siens, et le transmettre en héritage à des Napoléon, des Hitler, des Trump.

 

Ce feu aurait tout aussi bien pu être légué, par exemple, à un Kaïs Saïed. Il aurait fait de Carthage une civilisation technologique puissante, prospère — et prédatrice.

Au lieu de cela, Dieu lui légua une Chléka.

31 décembre 2025

Tebboune clôt le débat

Le 30 décembre, le président algérien Abdelmadjid Tebboune s’est exprimé sur l’accord militaire entre l’Algérie et la Tunisie, après la polémique soulevée par la circulation d’une copie fuitée dudit accord. Tebboune nie l’authenticité du document et dénonce une campagne de destabilisation visant à porter atteinte aux bonnes relations entre Alger et Tunis. 
 

Tebboune clôt le débat en insistant sur les liens solides et profonds qui unissent les deux pays (voir ici).

 

 

Ouf ! Je clôture donc 2025 sur une note positive en souhaitant à tous mes amis sebkhistes une heureuse année 2026. J'en profite également pour remercier les chlékeux et les chlékeuses pour leur participation gratuite durant toute l'année 2025 à mes recherches anthropologiques sur l'homochlékus sur ma Page Facebook DEBATunisie. J'espère vous retrouver toutes et tous aussi nombreux en 2026 !

30 décembre 2025

Ayachi Hammami un symbole 

Quel minable ce Kaïs Saïed quand on y pense. Un homme venu de nulle part qui a pourtant surpris tout le monde en se hissant héroïquement au pouvoir, mais qui s'est ensuite transformé en dictateur psychotique, obligé de se cacher lâchement derrière la police, l'armée et son ami Tebboune pour se maintenir au pouvoir.

 

Mais revenons ici à Ayachi, objet de ce texte. Je demande ici votre attention, chers amis, car il s'agit d'autre chose que d'un prisonnier politique : sans vouloir hiérarchiser les victimes de la dictature de Saïed, qui sont toutes dignes de solidarité, le cas d'Ayachi devrait être le catalyseur d'un mouvement plus large pour la libération de tous les otages de Saïed...voire la libération de toute la Tunisie.

 

Ayachi est un avocat dont le cœur bat à gauche. Il n'a jamais été membre d'aucun parti. Depuis Ben Ali, il lutte frontalement contre la dictature. Il a été l'avocat des victimes de l'oppression et derrière tous les mouvements d'émancipation. Mais sa grande qualité, qui est un énorme défaut dans un pays ravagé par les égos, c'est son humilité et sa discrétion. C'est ce qui fait que beaucoup de gens ignorent qui est véritablement Ayachi Hammami.

 

Depuis le 2 décembre, il croupit dans la prison de la Mornaguia pour complot contre l'État (voir ici). Il a entamé depuis une grève de la faim. Ayachi est un homme déterminé, ce qui laisse craindre qu'il poursuivra son action jusqu'au bout. Après une visite de ses avocats aujourd'hui, mardi 30 décembre, la famille Hammami alerte l'opinion (ce qu'il en reste) de la gravité de la situation et fait porter sur l'État toute la responsabilité.

 

Mais qu’on ne s’y trompe pas : Ayachi, même derrière les barreaux, est un homme libre. Kaïs Saïed, lui, est enfermé dans sa dictature, terrorisé par sa propre ombre. Alors la vraie question est simple :
Qui est réellement en prison ?

 

 

PS: J'ai connu personnellement cet homme. J'ai été étonné de découvrir une personnalité tunisienne qui ne parlait jamais d'elle-même. Encore plus surprenant : Ayachi est un boukorniste de la première heure. Il m'a récité tous les versets du Saint Sebkhan. Alors oui j'écris sur lui parce que c'est un ami, parce que c'est un sebkhiste, mais surtout, j’écris sur lui parce qu’il fait partie de ces hommes dont la boussole ne tremble jamais : elle pointe obstinément vers la justice et la liberté.

28 décembre 2025

La guerre des Chlékas

A la suite de la déculottée du chlékiste Mohamed Hentati face à Elyes Chaouachi sur Al Jazeera (voir ici), le chlékaka Riadh Jrad, Directeur de l’ONCC (Office national de certification des Chlékas) met en doute la "chlékité" de Hentati et évoque son arrestation pour usurpation de Chlékas.
 

 

Coup de théâtre, Hentati n'a jamais été inquiété par la police. Sur une vidéo enregistrée tard la nuit, il s'en prend au chlékaka Jrad, l'accusant à son tour d'usurpation de chlékas. Bref il s'agit ici d'un exemple parmi d'autres de la guerre ouverte qui a lieu en ce moment entre les partisans du président. Et ça tape fort, chacun accusant l'autre de rouler pour l'ennemi. Je ne vais évidement pas faire une analyse géopolitique d'une querelle de Chlékas, j'espère que ce blog mérite mieux que cela.

 

La vraie guerre

Cependant, chers amis, s’il est bien une guerre qu’il faut prendre au sérieux, c’est celle que livre le président contre tous les Tunisiens opposés à sa dictature. Après la marche des Chlékas du 17 décembre (une manif artificielle organisée par la police), le président s’est senti encore plus légitime pour passer à la vitesse grand V.

Dans un communiqué martial publié le 25 décembre, il annonce ceci : "Après le mandat populaire du 17 de ce mois (la manif organisée par la police), jour où les Tunisiennes et les Tunisiens (comprendre les chlékeux et les chlékeuses) se sont mobilisés à Tunis et dans toutes les régions de la République, adressant un message clair, sans équivoque (ah bon ?), dont le contenu a constitué une gifle historique pour tous les traitres (ceux qui dénoncent sa dictature)..."
   

Derrière le folklore de ce dictateur de carnaval se joue, en Tunisie, la séquence la plus inhumaine de son histoire moderne. On ne compte plus les prisonniers d’opinion, ni les victimes humiliées, torturées et écrasées par la Sainte Chlékas. Je me demande parfois si, dans l’humour de mes dessins, il n’y a pas une forme d’indécence à recourir au rire pour décrire le pire...

 

24 décembre 2025

Le doigt d'Elyes

La chlékerie a missionné l'ex-islamiste Mohamed Hentati pour « débattre » en direct avec Elyes Chaouachi. C'était sur Al Jazeera, le 23 décembre 2025 dans l'émission du journaliste vedette Fayçal Qacem. Sans surprise, le "Cheikh-Chléka" Hentati, s'est pris un doigt monumental en public (voir le lien de l'émission ici).

 

Le débat de sourds entre les deux protagonistes a surtout mis à nu l’argumentaire mensonger de Hentati. Elyes Chaouachi n’a pas eu besoin de fournir beaucoup d’efforts pour mettre en difficulté son interlocuteur.


Arrestation d'Elyes au Qatar
 

Elyes Chaouachi devait se rendre au Qatar pour l’enregistrement de l’émission dans les locaux d’Al Jazeera. À l’aéroport de Doha, il s’est fait arrêter par les autorités qataries et a failli être refoulé vers la Tunisie risquant de passer le restant de sa vie en prison. Pour rappel, Elyes est condamné par contumace à 50 ans de prison  (voir ici) !

 

L’émission a donc fait intervenir Elyes en duplex depuis Paris, où il aurait été renvoyé de justesse. C’est dire combien Elyes fait enrager notre Sainte Chléka !
 

 

23 décembre 2025

Et le Maghreb dans tout ça ?

Le scandale de l’allégeance tunisienne à l’Algérie, ou de « l’algérence » de l’Algérie dans les affaires tunisiennes, nous oblige à prendre du recul sur la région dite du Maghreb. À ceux qui apprécient les lectures savantes, voici un magnifique article que je partage avec vous. Ce texte m’a été communiqué par un sebkhiste anonyme, enregistré sous le matricule WK.

 

Maghreb : l’intégration empêchée
 

Une région volontairement désunie
 

Le Maghreb est l’une des régions les moins intégrées du monde. Non par manque d’histoire commune, de langue, de complémentarités économiques ou de proximité géographique, mais par choix politiques répétés. Résultat : trois pays qui auraient pu peser ensemble, et qui s’affaiblissent séparément.

Selon la Banque mondiale, le commerce intra-maghrébin représente moins de 5 % des échanges totaux des pays de la région. À titre de comparaison, il dépasse 60 % dans l’Union européenne et 25 % en Asie du Sud-Est. Ce chiffre, à lui seul, résume l’ampleur du gâchis.



Un potentiel immense saboté par les États

 

Un Maghreb intégré, c’est près de 100 millions d’habitants, un PIB cumulé d’environ 450 milliards de dollars, des ressources énergétiques majeures (Algérie), une base industrielle et logistique réelle (Maroc), un capital humain qualifié (Tunisie), et — avant son effondrement — une capacité financière libyenne significative.

Sur le papier, l’ensemble est cohérent. Dans les faits, il est fragmenté, redondant, inefficace.

Chaque pays investit seul dans des infrastructures parallèles, négocie isolément avec l’Union européenne, subit individuellement des accords asymétriques. Ensemble, ils auraient un levier. Séparés, ils encaissent.

 


Le Maroc avance pendant que les autres piétinent

 

Le Maroc est aujourd’hui le pays qui a le mieux tiré parti de cette fragmentation. Il a investi massivement : ports (Tanger Med, plus de 9 millions de conteneurs EVP par an), industrie automobile (premier producteur du continent africain, plus de 700 000 véhicules), aéronautique, logistique.

Il a surtout compris une chose que ses voisins ont négligée : l’Afrique est devenue un espace stratégique. Banques marocaines, télécoms, engrais (OCP), assurances : Rabat a bâti un soft power économique concret, adossé à des entreprises, pas à des slogans.

Mais ce développement est profondément inégalitaire. Les salaires industriels restent bas, les inégalités territoriales fortes, et la richesse largement captée par des groupes proches du pouvoir. Le Maroc se développe, mais sans redistribution à la hauteur de la transformation affichée.


L’Algérie prisonnière de ses fantômes

 

L’Algérie dispose pourtant d’un atout majeur : l’énergie. Elle est le premier producteur de gaz d’Afrique, avec des recettes d’hydrocarbures qui ont dépassé 50 milliards de dollars certaines années récentes. Mais cette rente a servi à acheter du temps, pas à construire un avenir.

L’intégration maghrébine aurait été rationnelle pour Alger : accès aux ports marocains, diversification industrielle, développement des régions frontalières, poids diplomatique accru. Elle a été sacrifiée sur l’autel d’une rivalité politique, cristallisée autour du Sahara occidental.

Ce dossier n’est pas central pour la société algérienne. Il l’est pour le régime. Il fonctionne comme un marqueur idéologique, un héritage de la guerre de libération, un instrument de cohésion interne. Son coût économique, lui, est bien réel.



La Tunisie, victime collatérale du blocage régional

 

La Tunisie est sans doute le pays qui a le plus perdu à l’absence d’intégration. Son PIB stagne depuis plus d’une décennie. Le revenu réel par habitant recule. La classe moyenne se contracte. Les diplômés partent.

Faute de marché régional, faute de stratégie africaine, faute de diplomatie économique offensive, le pays est resté dépendant d’un horizon européen qui ne lui offre plus ni croissance, ni protection. L’intégration maghrébine aurait été pour elle une bouffée d’oxygène. Elle est devenue un mirage.



Le Sahara : un verrou politique, pas un tabou moral

 

Soyons clairs : sans évolution sur le Sahara occidental, il n’y aura pas d’intégration maghrébine. Mais ce verrou est moins insoluble qu’il n’y paraît.

Il ne s’agit pas d’un conflit comparable à la Palestine. Il n’y a ni extermination de masse, ni négation absolue d’une population. Il existe des scénarios d’autonomie, de développement, d’intégration économique crédibles. L’Algérie pourrait évoluer sans perdre la face, en reformulant son discours autour de la stabilité et du développement régional.

 

Le coût symbolique serait réel. Le gain stratégique serait immense.



Quand les peuples ont changé mais pas leurs dirigeant; le blocage n’est pas seulement politique. Il est générationnel.

Le Maroc s’apprête à connaître une transition à sa tête, dans un système préparé à la continuité. Cela n’annonce pas une rupture démocratique, mais probablement un pragmatisme accru, moins obsédé par les conflits du XXᵉ siècle.

L’Algérie reste dirigée par une élite façonnée par 1962. La Tunisie est gouvernée par un pouvoir enfermé dans une vision complotiste du monde. Les peuples, eux, ont changé. Les dirigeants, non.


Une Europe bien contente d’un Maghreb faible

 

Il faut aussi regarder au nord. Un Maghreb divisé arrange l’Union européenne. Il permet des négociations bilatérales déséquilibrées, une externalisation des frontières, un contrôle fragmenté des flux migratoires.

Un Maghreb intégré serait plus autonome, plus exigeant, plus difficile à conditionner. Ce n’est pas un scénario que Bruxelles encourage activement.


L’intégration, rationnelle économiquement, redoutée politiquement

 

L’intégration maghrébine n’est ni une utopie, ni un slogan nostalgique. C’est une nécessité économique rationnelle. Les gains potentiels sont documentés, mesurables, atteignables. Les verrous sont connus : rivalités de régime, récits mémoriels, peur de perdre le contrôle.

Le Maghreb ne manque pas de raisons de s’unir.
Il manque de dirigeants prêts à regarder l’avenir plutôt que le passé.

À défaut, chacun continuera à négocier seul, à subir seul, à décliner ensemble. 

 

Texte écrit par WK

18 décembre 2025

Algérence étrangère

Cette histoire de manifestants algériens envoyés par Tebboun pour remplir les rangs de la marche chlékiste d’hier est une fake news. Zabaïed a pu se contenter du savoir-faire de la police et de ses relais clientélistes locaux pour rassembler une foule à Tunis, en utilisant l’argent public pour leur transport et toute la logistique qui va avec (fricassés compris).

 

Les slogans « liberté, justice, dignité », devise de la révolution célébrée ce 17 décembre, ont été remplacés par « non à l’ingérence étrangère ». Pas besoin de cours de sciences politiques pour comprendre immédiatement qu’un tel slogan est la signature de toute dictature en difficulté.

 

Et pourtant, jamais l’ingérence étrangère, et notamment celle de l’Algérie, n’a été aussi importante que sous Zabaïed. Certains parlent même d’une vassalisation de la Tunisie et d’une perméabilité de nos frontières par l’armée algérienne. Si bien que ce dessin, que j’ai hésité à publier hier en raison de la fake news, me paraît convenir à la description plus générale de la relation perverse qui unit les deux pays.

 

 

Documents fuités

 

Un document PDF circule sur les réseaux sociaux et, selon toute vraisemblance, il s'agirait du fameux accord secret signé le 7 octobre 2025 (voir ici). Un article de Jeune Afrique confirme cette hypothèse (voir ici).

 

La lecture attentive de ce document révèle que le dénommé Kaïs Saïed a littéralement vendu le pays aux Algériens. L’accord bilatéral confère aux services algériens la prérogative d’intervenir sur le territoire tunisien pour protéger le président (l'article 6 bis de l’accord).

 

En somme, nous avons affaire à un individu -Kaïs Saïed- qui, pour le maintien de sa dictature, met son pays sous protectorat étranger.

 

Ce scénario, qui relève de la « haute trahison », est très fréquent dans l’histoire humaine. Mais ce qui fait la singularité du cas d’espèce, c’est l’obsession de Zabaied à accuser ses opposants de haute trahison.

 

Plus largement, les accusations répétées de Zabaied contre ses ennemis projettent en miroir ce dont il est lui-même coupable : complot, intelligence avec l’étranger, haute trahison…

 

Si bien que le dessin que j’ai publié le 7 octobre (et qui m'a valu insultes et menaces de mort), n’est plus la caricature que je voulais faire, mais l’illustration réaliste des faits.

 

PS: Face à l’ampleur du scandale la présidence nie l’authenticité du document fuité accusant encore une fois les comploteurs de répandre des fake news. Mais alors, pourquoi Zabaied ne dévoile-il pas le document signé avec les Algériens, pourquoi craint-il tant la transparence ?

17 décembre 2025

15e anniversaire de la Révolution

 D'abord les préparatifs de la grande marche !

 

 

Kaïs Saïed mobilise les moyens de l'État afin d'attirer le maximum de chlékistes à la marche anniversaire de la révolution. Il utilise à cet effet un procédé semblable au mien (rappelez-vous le piège à chlékas utilisé dans le cadre de mon expérience anthropologique sur l’Homochlékus).

 

 

A l'époque Zaballah on utilisa le "Chocotom" en guise d'appât (voir ici), aujourd'hui c'est le fricassé qui sert d'attrape Chlékas.
 

 

Sauf qu’aux dernières nouvelles, en raison de la pénurie de farine, il n’y a plus suffisamment de fricassés pour faire le plein de chlékas. C’est pourquoi certains ont pensé que Abdelmadjid Tebboune, pour aider Kaïs Saïed, aurait envoyé des bus remplis de chlékas algériennes. Ce qui aurait été très cocasse, vu le slogan principal de la manifestation : « Non aux ingérences étrangères ! »
 

Mohamed Bouaziz, qui s'en rappelle ?
 

Le pauvre Mohamed Bouazizi doit bien se retourner dans sa tombe en observant, de là où il est, ce qu’est devenue la Révolution que sa flamme avait déclenchée. Rappelons que, le 17 décembre 2010, ce jeune homme de Sidi Bouzid s’est immolé suite à une altercation avec la police. Son geste désespéré fut l’étincelle qui mit le feu à tout le pays et qui prit pour cible la police, le régime dans son ensemble, puis enfin le dictateur Ben Ali, qui dut prendre la fuite le 14 Janvier 2011.
 

Quoi que l’on dise sur la Révolution et ses conséquences sur le pays et sur toute la région (le dit « printemps arabe »), la révolution du 17 décembre 2010 demeure un soulèvement contre le régime policier en Tunisie.
 

Tout en disant cela, nous ne pouvons pas exclure l’hypothèse que des centaines de Bouazizi manifestent peut-être aujourd’hui à Tunis en scandant des slogans pro-régime. Ils ne le font pas par amour de Kaïs Saïed. Hormis les larbins, les fachos et les Chlékas de tout poil, il y a une Tunisie en détresse qui n’a plus le luxe de réfléchir ou de comprendre dans quoi elle se fait embarquer. Cette Tunisie ne ratera pas l’occasion de profiter d’un voyage en bus tout frais payé pour sortir de sa misère, respirer l’air de la capitale et espérer bénéficier d’une aide, d’un soutien, d’un passe-droit auprès des organisateurs de l’événement, qui, depuis Bourguiba, savent comment mettre à profit la misère et la pauvreté des gens au service de la propagande de ce même État, État policier et fasciste, qui demeure le premier responsable et coupable de la misère et de la pauvreté de ces mêmes gens…

 


Et Faida Hamdi, qui s'en rappelle encore ?
 

Le 17 Décembre 2010, l'agent de police Faida Hamdi interpelle Mohamed Bouazizi au sujet de sa licence d’étal de fruits et légumes sur le marché de Sidi Bouzid. Les historiens ne savent toujours pas si elle voulait du bakchich ou si elle lui demandait simplement son autorisation. Mais, en tout état de cause, est resté de cette histoire la séquence suivante : Bouazizi ignore l’agent de police ; celle-ci lui confisque alors les poids de sa balance, ce à quoi il lui répond :


« Tu veux que j’utilise tes seins pour peser mes légumes ? »
 

Ni une ni deux, Faida lui fout une gifle dans la gueule et déclenche, sans le savoir, le Printemps arabe…


ZABA a dû prendre la fuite en Arabie, et aujourd’hui Zabaïed célèbre la gifle en rameutant des manifestants d’Algérie.
 

 

Et la Tunisie reste coincée dans une faille spatio-temporelle (ZABA--ACAB--ZABALLAH--ACAB--ZABAÏED...) tournant en rond, perpétuant sa révolution autour d'un carrefour...

13 décembre 2025

Solidarité avec Abir Moussi !

Abir Moussi, déjà en détention, vient d'être condamnée à douze ans de prison (voir ici).

 


Pour ceux qui connaissent mes horribles caricatures sur Abir Moussi, je n’aurais jamais imaginé, un jour, faire un tel dessin. Et quand tombera la dictature fasciste de Kaïs Saïed, si Abir Moussi ou Rached Ghannouchi reprennent le pouvoir et jettent la Sainte Chléka en prison sans procès équitable, je ferai un dessin similaire en guise de solidarité avec Kaïs Saïed.

 

Inutile de rappeler que l’on lutte pour des principes et non pour des personnes. Inutile de rappeler que ce principe est intellectuellement incompréhensible pour un chlékiste.

6 décembre 2025

Quand la révolution dévore ses enfants

Après Chaïma Aïssa et Ayachi Hammami, Najib Chebbi vient à son tour de se faire avaler par le monstre. Pour les adeptes du chlékisme, tout cela n’est rien d’autre que la Justice de l’Histoire à l’œuvre, venue punir indistinctement tous les protagonistes de la fameuse « décennie noire ».
 

Peu importent les faits, peu importe que le dossier des accusés soit vide ou bidon : l’essentiel n’est pas tant ce qu’ils ont FAIT, mais ce qu’ils SONT.
 

Même Ayachi Hammami, pourtant respecté par certains chlékistes, devrait selon eux être livré en sacrifice sur l’autel du grand Dieu Chléka, comme à l'époque de Carthage, où l'on pratiquait des sacrifices humains pour apaiser Baal et Tanit, surtout en temps de crise.
 

Notre solidarité est entière avec TOUS les prisonniers politiques tunisiens, devenus les offrandes du culte délirant de la sainte Chléka.
 


Honte aux Chlékas qui soutiennent ce culte, et honte aux pantoufles indifférentes !

5 décembre 2025

Le piège à Chlékas (2)

Ce dessin est un énième piège à chlékistes. Je ne remercierai jamais assez les chlékeuses et les chlékeux pour leur participation gratuite à notre recherche anthropologique sur l’homochlékus.

 

Le dessin vient en complément du celui de la Chléka sur le drapeau, publié sur ma page Facebook (voir ici) et qui a suscité beaucoup de réactions.  Cette étude analyse le rapport qu’entretient l’homochlékus avec le sacré (drapeau).

 

 

Premiers résultats de l'étude 

 

Alors que l’Homo sapiens sapiens en Tunisie supporte mal, en ce moment, la perte de dignité et l’absence totale de liberté et de Justice, l’homochlékus s'en bat les chlèques. Il ne semble affecté que par les atteintes symboliques contre ses totems : le drapeau et la sainte Chléka ! ( Voir les résultats de l'étude sur la publication Facebook associée à ce dessin )



PS: L'homochlékus n'est pas homo chlékus chlékus (comme l'homo sapiens sapiens) car l'homochlékus ne sait pas qu'il chlèque.

4 décembre 2025

Chlékatocratie

Résumons la situation : nous vivons sous une nouvelle forme de dictature. C'est une dictature de "bandits de 7ouem" portant des chlékas, qui au nom d'un patriotisme de pacotille peuvent débarquer chez vous à tout moment.

 

Ils vouent un culte à un imposteur, un médiocre prof de droit revanchard, qui use de ses frustrations personnelles et celles de la foule pour régler ses comptes avec ses adversaires politiques et les derniers journalistes libres.

 

C'est fini !

 

Le silence n'est plus permis. Il en va de notre honneur à tous de commencer à réfléchir à des stratégies de résistance. Chacun selon ses moyens.

 

Les défenseurs du régime même dans votre famille, ceux qui vous sortent à chaque fois l'argument des islamistes pour justifier l'injustifiable, ne les tolérez plus ! Ne vous laissez plus duper par leur excuse à user de leur liberté d'expression. Trop facile ! Rappelez vous que dans le contexte d'une dictature, les défenseurs du régime n'exercent aucune liberté d'expression. Ils SONT la propagande. On ne débat pas avec eux, on les combat.

 

Les défenseurs du régime même dans votre famille FONT partie du problème. Ils sont le visage ordinaire de la dictature. Votre oncle, votre cousin ou votre ami d'enfance qui trouve que Saïed fait de son mieux et qu'il est patriote, dites-vous que votre résistance effective commencera quand vous lutterez FRONTALEMENT contre ces gens-là !

 

 

Je ne vous dirai pas comment mener cette lutte. Chacun doit pouvoir savoir dans son for intérieur quelle arme utiliser : le verbe, le dessin, la chanson, ou le coup de poing… chacun son truc !

 

2 décembre 2025

Ayachi Hammami rattrapé par la Chléka

Ayachi Hammami vient d'être arrêté et transporté en prison (voir ici).
Ayachi Hammami est une montagne qu'une Chléka ne pourra jamais atteindre...

 

28 novembre 2025

La déculottée de Zabaïed

Le Parlement européen a fait voter une résolution appelant à libérer « toutes les personnes détenues pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression, y compris les prisonniers politiques et les défenseurs des droits humains » (voir ici). 

 

Comment ces chiens d’Occidentaux osent-ils s’ingérer dans nos affaires intérieures ? Heureusement que notre président a défendu notre honneur en convoquant les ambassadeurs européens les uns après les autres pour les sermonner avec virulence (احتجاجا شديد اللهجة), en attendant de leur commander des missiles pour tirer directement sur le Parlement européen.

 

Mais l’affront que Zabaïed n’a pas réussi à digérer, c’est celui de sa ministre de la Justice, la Chamtachléka. Celle-ci n’a pas du tout anticipé la concomitance du vote de la résolution européenne avec la libération de Sonia Dahmani. Cette malheureuse simultanéité aurait pu faire croire à une soumission de la Tunisie à l’Europe ! Que nenni !

 

 

Il faut dire que ce n’est pas la première fois que la Chamtachléka commet de telles maladresses. À croire qu’elle le fait exprès pour se faire sermonner en cachette par Son Excellence. Zabaïed lui-même semble ne plus pouvoir se passer de sa ministre pour canaliser sur elle ses accès de colère à chacune de ses déculottées…

 

PS: Ce dessin est un piège à Chlékas, visant à attirer les chlékistes sur ma page facebook DEBATunisie et ce dans le cadre du projet scientifique mené sur l'homochlékus. Merci d'avance aux chlékeux et aux chlékeuses pour leur participation gratuite à nos travaux de recherche

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