Le Watergate de la Chléka
Après la disparition de Zabaïed durant dix jours, puis sa réapparition surprise à la Mnihla, ressurgit au même moment un fantôme du passé : l'ancien patron des renseignements, Kamel Guizani, exilé à l'étranger qui, dans un entretien fleuve accordé à Al Jazeera (voir ici l'interview), livre de fracassantes révélations.
Kamel Guizani, accusé de complot contre l'État, raconte durant six heures et demi d'interview, beaucoup de choses, parmi lesquelles la manie de Kaïs Saïed de vouloir espionner tout le monde. Une véritable obsession qui aurait commencé dès sa prise de pouvoir en 2019 et à laquelle Guizani se serait opposé pour des raisons de légalité (selon ses propres dires).
Ce refus d'exécuter les instructions du président lui aurait donc coûté très cher. Le patron des renseignements s'est d'abord retrouvé lui-même sur écoute, puis s'est fait muter au poste d'ambassadeur à Bahreïn en 2020, avant d'être condamné à 68 ans de prison après le coup d'État de Saïed de 2021, ce qui apparaît comme une vengeance évidente d'un dictateur voulant régler ses comptes avec tous ceux qui ont fait obstacle à son projet de dictature.
Cette obsession de vouloir mettre tout le monde sur écoute (pas seulement les politiques, Guizani affirme que l'espionnage ciblait également des personnalités de la société civile et des journalistes) montre à quel point notre Sainte Chléka sentait déjà mauvais bien avant le coup d'État. Tout indique qu'elle semblait, dès le départ, guidée par la volonté de mettre au pas la classe politique, les corps intermédiaires et, à terme, la société tout entière.
Au-delà de l'aspect purement politique, on peut lire dans cette affaire, la paranoïa et la mégalomanie (les deux vont ensemble) d'un homme psychologiquement perturbé, voire malade.
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Zabaïed, un homme sous influence
Pire encore, cette opération d’espionnage de grande envergure, selon les dires de Guizani, est téléguidée par le clan Saïed. L’implication du cercle familial dans cette affaire conforte la théorie selon laquelle, Kaïs Saïed, psychologiquement perturbé, serait sous l’emprise d’un cercle restreint de profiteurs désireux de mettre les appareils de l’État à leur disposition.
Certes, l’on peut aussi interpréter ces révélations comme un règlement de compte interne entre clans rivaux, Guizani représentant les déchus de l’ancien régime. Mais la précision de son témoignage et la cohérence de son récit donnent du crédit à ce que beaucoup soupçonnaient déjà : le régime de la sainte Chléka s’apparente à une véritable mafia, déterminée à mettre en coupe réglée Dame Tunisie.
Conclusion
Concluons positivement, et espérons que ce Watergate de la Chléka, accélère l'implosion du régime. Rappelons-nous que quelques mois avant la chute de Ben Ali, les révélations chocs de wikileaks avaient réveillé les consciences et participé ainsi à l'élan révolutionnaire (voir ici)...
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