Algérence étrangère
Cette histoire de manifestants algériens envoyés par Tebboun pour remplir les rangs de la marche chlékiste d’hier est une fake news. Zabaïed a pu se contenter du savoir-faire de la police et de ses relais clientélistes locaux pour rassembler une foule à Tunis, en utilisant l’argent public pour leur transport et toute la logistique qui va avec (fricassés compris).
Les slogans « liberté, justice, dignité », devise de la révolution célébrée ce 17 décembre, ont été remplacés par « non à l’ingérence étrangère ». Pas besoin de cours de sciences politiques pour comprendre immédiatement qu’un tel slogan est la signature de toute dictature en difficulté.
Et pourtant, jamais l’ingérence étrangère, et notamment celle de l’Algérie, n’a été aussi importante que sous Zabaïed. Certains parlent même d’une vassalisation de la Tunisie et d’une perméabilité de nos frontières par l’armée algérienne. Si bien que ce dessin, que j’ai hésité à publier hier en raison de la fake news, me paraît convenir à la description plus générale de la relation perverse qui unit les deux pays.
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Documents fuités
Un document PDF circule sur les réseaux sociaux et, selon toute vraisemblance, il s'agirait du fameux accord secret signé le 7 octobre 2025 (voir ici). Un article de Jeune Afrique confirme cette hypothèse (voir ici).
La lecture attentive de ce document révèle que le dénommé Kaïs Saïed a littéralement vendu le pays aux Algériens. L’accord bilatéral confère aux services algériens la prérogative d’intervenir sur le territoire tunisien pour protéger le président (l'article 6 bis de l’accord).
En somme, nous avons affaire à un individu -Kaïs Saïed- qui, pour le maintien de sa dictature, met son pays sous protectorat étranger.
Ce scénario, qui relève de la « haute trahison », est très fréquent dans l’histoire humaine. Mais ce qui fait la singularité du cas d’espèce, c’est l’obsession de Zabaied à accuser ses opposants de haute trahison.
Plus largement, les accusations répétées de Zabaied contre ses ennemis projettent en miroir ce dont il est lui-même coupable : complot, intelligence avec l’étranger, haute trahison…
Si bien que le dessin que j’ai publié le 7 octobre (et qui m'a valu insultes et menaces de mort), n’est plus la caricature que je voulais faire, mais l’illustration réaliste des faits.
PS: Face à l’ampleur du scandale la présidence nie l’authenticité du document fuité accusant encore une fois les comploteurs de répandre des fake news. Mais alors, pourquoi Zabaied ne dévoile-il pas le document signé avec les Algériens, pourquoi craint-il tant la transparence ?
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