Carton rouge
Celui qui, au nom de son prétendu génie, a enfoncé sa Chléka dans tous les rouages du bled (économie, justice, culture, agriculture, sport et jusqu’à l’air que nous respirons), ne peut plus, lorsqu’il s’agit de football, se réfugier derrière les éternels traîtres et comploteurs pour expliquer ses échecs. La Tunisie tout entière a assisté en direct à la chlékisation de l’équipe nationale : 5-1 contre la suède et 4-0 contre le Japon.
Le plus triste dans cette affaire, c’est qu’il ait fallu une raclée sur un terrain de football pour que certains commencent enfin à comprendre ce que d’autres dénoncent depuis cinq ans :
Kaïs Saïed ne fait confiance à personne. Il nomme les responsables selon leur soumission et non leur compétence, car il ne supporte pas la critique puisqu’il se prend pour Dieu tout-puissant. Il nomme un entraîneur chlékiste médiocre et, quand celui-ci échoue, il le vire en l’humiliant publiquement, comme il le fait avec ses ministres. Cette méthode a conduit à la débâcle des Aigles de Carthage, comme elle a conduit à la faillite de nos écoles, de nos hôpitaux, de nos transports et de toutes les institutions de l’État.
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Quand la catastrophe frappe un service public, il accuse les corrompus. Quand elle frappe l’économie, il accuse les conspirateurs. Quand elle frappe les libertés, il accuse les agents de l’étranger. Mais quand le tableau d’affichage affiche la débâcle en mondovision, il devient soudain beaucoup plus difficile de cacher l’empreinte de sa Chléka.
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