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DEBATunisie
25 mai 2014

Le pipi d'Azyz

Félicitons-nous de la libération d'Azyz et de Sabri accusés de consommation de cannabis (voir ici). En effet, les deux furent acquittés vendredi soir (après une interminable journée de tractations, de manifestations et de délibérations) pour vice de procédure: le non respect de la procédure et surtout l'argument de l'agression dont ils furent victimes durant leur arrestation et leur détention a suffi pour que le juge prononce un non-lieu. Ce qui est en soi une première dans la Justice tunisienne et donc une Victoire contre l'arbitraire des forces de l'ordre. Saluons aussi la judicieuse stratégie du refus de test de pipi d'Azyz, qui a été payante pour les deux prévenus et qui aura donné à l'affaire un goût de défiance envers le ministère de l'intérieur. Tout ça aura servi au moins à rassembler les troupes, à laisser de côté certains différends, à rappeler l’omniprésence de la dictature policière, mais...
POTION-MAGIQUE

Commentaires
B
A méditer, certes! C'est pathétique, surement! Les conditions carcérales sont horribles et inhumaines, c'est indéniable! La justice est rendue par des ignares vendus et des malhonnêtes ignobles, sans aucun doute! Tout cela n'est pas nouveau. Azyz en veut aux flics et je le comprends, c'est un immense problème. Mais il regarde le problème de la violence par le petit bout de la lorgnette, parce qu’il est submergé par l'émotion. Le problème dépasse de loin le petit carré du ministère de l'Intérieur, il s'inscrit dans une période qui va au delà d'une poignée d’années, et se déroule dans un périmètre beaucoup plus large que celui des prisons. Il faut imaginer un peuple où chaque citoyen se réveille le matin avec la ferme décision de faire chier le prochain, le voisin, le client, le commerçant, le fonctionnaire, l'utilisateur du service public, le pauvre, le riche, le bien portant, le souffrant...Et si, par miracle ou par bonté subite, ce citoyen ne décide pas de faire chier tout ce monde, c'est ce dernier qui le fera de toutes les manières et sa nature violente reviendra au galop. Et cela dure depuis un demi siècle! Le flic et le magistrat ne sont pas là pour se distinguer du reste de la population, ils obéissent à la même logique. Ici et ailleurs le réalisme aride et implacable prévaut. Chacun trouve sa tête de turc, quelqu'un plus minus que soit, pour se hisser et grandir. Chacun survit comme il peut dans ce monde impitoyable, ce monde où la solidarité et la compassion ont fait place à l'individualisme, l'opportunisme et la violence franche ou sournoise. Et chacun est finalement renvoyé à son insondable égo. Il n'y avait pas un tyran en Tunisie, il y avait des milliers ou probablement plus!!! <br /> <br /> Je sais que ça va dresser les poils des lecteurs qui ne se situent pas dans cette catégorie de citoyens. Il fallait que je dise à Azyz qu'il n'y a que les enfants qui sont innocents.''Tant que l'homme est enfant, Dieu veut qu'il soit innocent'' dit V Hugo, après on rentre dans le moule, le mimétisme comportemental s'impose. Il faut aussi apprendre à écouter, et pas simplement les chants des sirènes.
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L
A méditer:<br /> <br /> <br /> <br /> http://www.youtube.com/watch?v=6R4UkNeX1OI
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B
Tout le monde s'accorde à dire que l'article 52 est une arme de répression aveugle aux mains du pouvoir policier (l'affaire Aziz le prouve), on oublie de dire que cette loi oriente les consommateurs de cannabis vers des drogues plus dures, plus chères, mais indétectables dans les urines. Parmi ces drogues, en Tunisie, le Subutex réussit à supplanter le cannabis et les opiacés (héroïne...). Ce médicament est actuellement en tête de liste des drogues utilisées. <br /> <br /> Le Subutex n'existe pas officiellement en Tunisie mais il est introduit régulièrement clandestinement et son prix de vente aux consommateurs est exorbitant : 50 à 200 dinars le comprimé ! (on peut deviner comment ils ''trouvent'' la somme qu'il faut débourser quotidiennement), alors qu'en France, en pharmacie, son prix est inférieur à 1 euro (soient 2 dinars) . En outre, les toxicomanes injectent le Subutex en intraveineuse ( il n'existe que sous forme de comprimés) , avec des effets catastrophiques qui sont loin d'être rares : thromboses veineuses, ulcères nécrosants, abcès et œdèmes aux points d'injection, sans parler du risque de septicémie ou de transmission d'hépatites et HIV ... Et, plus grave encore, on s'est aperçu que l'état de manque de ce produit est pire que celui de l'héroïne.<br /> <br /> Malgré tous ces inconvénients le Subutex est devenu le refuge et la solution qui permet d'échapper au contrôle urinaire et à l'épée de Damoclès de la loi 52. Ce fléau touche toutes les couches sociales, il est décrit parfaitement la vidéo qui suit... Il est urgent de revoir une loi aux effets pervers. <br /> <br /> <br /> <br /> https://www.youtube.com/watch?v=88X0Y6qPrec
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