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DEBATunisie
25 mai 2015

Nombril Karoui

J’avoue ne plus vraiment m’intéresser à l’actualité du bled. Je comptais me retirer pour commencer à rédiger mes mémoires de sebkhiste ou intégrer la voie d'Allah pour mes prochaines vacances en Syrie. J’étais bien tranquille dans ma léthargie quand soudain je tombe sur Nabil Karoui -patron de Nessma TV- qui annonce sur sa propre chaîne son entrée en politique (voir l'interview ici )

karoui

Ce spectacle télévisé, dédié à la gloire d’un patron de Télé, programmé en prime-time et animé de sucroît par Borhene Bsaies, ex-laudateur du  Benalisme et ancien membre de la patrouille d’élite des chiens de garde (la SBA : Système Ben Ali) m’a subitement réveillé. J’ai vu défiler 7 ans de ma vie. Puis j’ai compris: au fait, ils nous ont endormi. Karoui, et tous ces patrons de médias furent les artisans de notre amnésie. Ces salauds ont méticuleusement organisé notre sommeil. Depuis on avale tout, on ne s’indigne même plus. Le mépris des lois, le conflit d’intérêt, le mélange des genres ne semble déranger plus personne. www.Bensimpsonnews ne relève dans cet affront à la démocratie que le pic d’audience qu’a généré l’émission (voir ici) et le caricaturiste Lotfi Ben Sassi juge que la critique de Karoui n’est que l’œuvre « de brigades numériques »(voir ici). A part ça tout va très bien, tout va très bien…

Le cas de Karoui n’est qu’un exemple bien entendu, et il serait plus juste envers-lui de rappeler qu’il n’est en réalité qu’un spécimen évoluant dans un écosystème plus large où des espèces de tout genre niquent et forniquent entre-elles dans tous les sens et ce dans le mépris total des lois de la nature. Depuis la révolution, Footeux, religieux, politicards, patrons de médias, journalistes crapuleux, partouzent à longueur de journée au vu et au su de tous et ce au nom de la liberté d’expression ! Ceux là-même qui sous Zaba n’ont soufflé mot contre la dictature, occupent aujourd’hui tout l’espace médiatique.  A part ça tout va très bien, tout va très bien…

La théorie des cordes

Le poison qui contamine la démocratie tunisienne, demeure toutefois plus supportable que celui qui paralyse l’Egypte. D’ailleurs il n’est plus question de parler de démocratie dans ce pays.
Et dire que notre élite s’est  réjouie de l’arrivée de Sissi au pouvoir et que certains ont même applaudi la toute récente condamnation à mort de Morsi. Dans ce minable esprit revanchard nous ne voyons pas combien nous répétons à chaque fois l'Histoire, et que demain nos enfants verront des barbus condamner le fils d'Essebsi à la peine capitale...

morsissi7

La Sebkha est solidaire avec Morsi, non pas seulement par opposition à la peine capitale, mais surtout par rejet, refus, détestation du principe -très répandu dans nos contrées- selon lequel il est très normal d'appliquer le fascisme contre le fascisme, d'appliquer la barbarie contre la barbarie, d'applaudir Sissi qui zigouille du Morsi.

Merde ! on en est à défendre des islamistes à cause de vos conneries...

Commentaires
A
Cette petite merde opportuniste de Karoui m'a quand même permis de revoir tes caricatures de décembre 2010 et de me remémorer cette clique de mauves qui commentaient sur le pays aux 300 000 ingénieurs, qui malgré son absence de ressources naturelles arrive â se classer au firmament de l'Afrique et du monde arabe...C'était plus drôle du temps d'Ammar 404. Ben Ali reviens, mais surtout reviens avec toute ta bande.
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Z
"Ces salauds ont méticuleusement organisé notre sommeil"... الحمد لله كفقت يا بهيم
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V
Lorsque j'ai critiqué la trop grande obsession anti-islamistes des uns et des autres les esprits simplistes et bornés ont pensé que je défendait leur programme ou pire celui de Ben Ali.Ils ne peuvent pas comprendre que le vrai danger était ailleurs, ils ont tous lu l'histoire du veau noir et du veau blanc.<br /> <br /> j'aurais pu dire maintenant "demerdez-vous avec votre Sebsi , Sissi et toute la morgue, la voyoucratie et la crasse qui les entoure". Mais je ne peux pas, parce que j'ai toujours pensé que ce peuple mérité mieux que sa prétendue élite et qu'un sourire d'un chômeur dans un café à Bizerte ou le regard noblement humain d'un vieille mami à Mednine mérite qu'on passe outre sa colère et sa fatigue et qu'on continue...
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DEBATunisie
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