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DEBATunisie
20 avril 2021

Quand Saïed touche au sacré

Lors d'une banale cérémonie officielle où il était question de décorer des flics, le président Saied a surpris la Tunisie, en s'arrogeant de nouvelles prérogatives. Ainsi, déclare-t-il devant les caméras, qu'en tant que chef des forces armées (tel que le stipule la Constitution), il serait logiquement aussi chef de la Police (voir ici). Alors que cette même Constitution limite ses pouvoirs à la défense et à la diplomatie, notre scribe de Carthage, jouant sur les mots, s'autoproclame premier flic du bled...  

saiedinterieur

Bien entendu, cette provocation s'inscrit dans sa guéguerre contre les islamistes et on pourrait saluer tout ce qui pourrait nuire à Zaballah et compagnie. Car il n'échappe à personne que le ministère de l'intérieur demeure le trou noir des islamistes et ce depuis 10 ans. On raconte qu'ils l'ont pénétré depuis la Révolution et qu'ils y opèrent tous leurs coups tordus. Mais posons nous la question, s'il y a lieu de se réjouir du coup de force de Saïed, car parole de flamant, ce gars n'a rien de rassurant. L'imaginer à la tête de toutes nos forces armées est carrément inquiétant. Comparé au Marzouki, il serait même plus flippant!

A se demander si en plus de nettoyer le ministère de l'intérieur, il ne serait pas plus urgent d'inspecter les sous-sols du palais de Carthage pour élucider le mystère de la démence qui frappe ses locataires...  

Riposte de Zaballah

Toucher le ministère de l'intérieur c'est toucher au sacré. Zaballah panique et a déjà déployé ses troupes pour une riposte bien ciblée. Son chlékeux de service, le député allahiste Rached Khiari, a lancé hier un premier missile. Dans une vidéo publiée sur son Facebook, celui-ci accuse le président Saïed d'avoir reçu pour sa campagne présidentielle, un financement américain ! Khiari prétend avoir en sa possession les preuves accablantes (voir ici). 

Je corrige, ce n'est pas un missile, il s'agit d'un pétard mouillé. Ce que révèle le vidéo de Khiari, ce n'est pas tant la prétendue corruption de Saïed, mais plutôt la déroute de Zaballah qui doit vraiment être mal au point pour se voir obligé de faire appel à de tels clowns.

Mais ce qui est vraiment mal au point en ce moment, c'est l'Etat du Pays qui à cause de sa classe politique corrompue conjuguée à une crise sanitaire hors contrôle, semble jour après jour, s'engouffrer dans un trou noir encore plus profond que celui du ministère de l'intérieur... 

Commentaires
F
tout se passe comme si la Tunisie n'avait comme seule possibilité de choix qu' entre l'islamisme et le prétendu "nationalisme arabe" incarné par les dictatures militaires mafieuses qui rackettent leurs peuples; la démocratie est occultée et apparait comme absente du débat, comme "peanuts" ; effectivement le scribe de Carthage a choisi son camp, celui des despotes qui savent et qui "veulent" pour leurs peuples; "le peuple veut" signifie pour lui qu'il a le monopole de la connaissance et de l'expression de la volonté populaire ; son vibrant hommage à Nasser s'inscrit dans la la logique de son "populisme de caserne " et c'est inquiétant pour la suite , les peuples dits arabes ayant payé extrêmement cher par le passé ce type d'expériences politiques dont l'autre face est l'islamisme
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N
Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser.<br /> <br /> F. Nietzsche
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