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DEBATunisie
15 avril 2026

Pyramide de chlékas

Trump est une chléka impériale. Les conséquences de sa chlékerie sont colossales au vu du poids que pèse son pays sur le monde. Est sacrifié le droit international, des milliers de vies humaines et nous pointe au nez une crise économique mondiale qui jettera des millions de personnes dans la misère. Et tout cela sans parler des conséquences écologiques et de la pollution que génère la soif de cet abject personnage pour le pétrole et l'argent qui va avec. Mais l'origine du chlékisme est à Boukornine, dans un pays dont plus personne ne se rappelle qui s'appelle la Tunisie. C'est là où tout a commencé...

A l'origine de la Chléka

Je vous épargne la chronologie du chlékisme largement documentée sur ce blog. Je relate la dernière actualité chlékiste qui marque les esprits en ce moment :

Suite à une suspicion de viol commis sur une femme subsaharienne par un policier tunisien, un député chlékiste prend la défense du présumé violeur et se demande, avec ironie, pourquoi abuser d’une Subsaharienne au vu de la beauté des Tunisiennes. Ces propos ont provoqué l’hilarité de ses collègues parlementaires. Cette ignoble scène a eu lieu au Parlement du Bardo le lundi 13 Avril 2026, en présence du ministre le l'intérieur Khaled Nouri. 


Cet exemple est une illustration du chlékisme dans toute sa splendeur : d’abord la défense systématique de la police et du Pouvoir, le racisme envers les minorités, ici les Subsahariennes (qui ne seraient même pas dignes d’être violées !), la banalisation de la culture du viol, et tout cela sous les applaudissements des chlékeux et des chlékeuses du Parlement tunisien, dont les membres, rappelons-le, ont été élus par seulement 12 % des Tunisiens, l’un des taux les plus faibles de l’histoire de l'humanité.


Il est important de rappeler également que ce parlement illégitime n’a aucune utilité, hormis celle de nourrir une vague illusion de démocratie.


Cette sortie a néanmoins suscité l’indignation d’une partie de l’opinion, ce qui a fait réagir le Chlékaka Riadh Jrad (chien de garde de la chlékerie), qui appelle depuis à lever l’immunité parlementaire du député en question (voir ici).


Énième exemple d’un rattrapage de débordement incontrôlé de ce que le président Kaïs Saïed a lui-même généré : du caca généralisé !
   

 

Le député en question s'appelle Tarak Mahdi. Il s'agit d'un élu de Sfax, candidat opportuniste sorti des urnes grâce au nouveau cadre électoral. Il est un des plus fervents promoteurs de la théorie raciste du grand remplacement. Il propage un discours de peur et de haine contre les Subsahariens qui menacent, selon ses dires, de remplacer démographiquement les Tunisiens. On sait combien ce sujet est porteur dans la région de Sfax où se concentrent les migrants en partance pour l'Europe.

 

Mais ce dérapage n’a rien d’accidentel. Le glissement du racisme au sexisme est une mécanique bien huilée chez ceux qui pensent l’humanité comme une pyramide de dominations, faite de races et de genres inégaux en droits comme en dignité. Dans cette vision du monde, la violence n’est pas une dérive : elle est une conséquence logique. Le viol lui-même devient pensable, presque justifiable, dès lors qu’il s’exerce contre celles et ceux relégués au bas de l’échelle.

 

C’est ainsi que s’installent les imaginaires fascistes : par la banalisation, par le rire, par la répétition. C’est cette même matrice idéologique qui a produit Hitler hier, qui nourrit aujourd’hui Trump ou Netanyahou, et qui, chez nous, engendre du Kaïs Saïed et des Chlékas par milliers.

 

Pyramide de Ponzi

 

Je veux encore croire que le fascisme demeure, après tout, une construction fragile, telle une pyramide de Ponzi qui peut impressionner par sa hauteur, mais qui, parce que construite sur la fraude, la crédulité et le mensonge, peut s'effondrer du jour au lendemain.

 

La pyramide des Chlékas, pour revenir à notre cas tunisien, s'élève dans le ciel tunisien depuis presque cinq ans, si l'on compte à partir du coup d'État de 2021. On sait combien ce système est construit sur la fraude électorale, le mensonge (théories du complot) et la crédulité d'une partie de la population. Mais c'est surtout par la force et la violence que ce système résiste. Cette violence se manifeste notamment par une justice expéditive qui avale tout ce qui déplaît à Sa Majesté la Sainte Chléka. Chaque semaine s'ajoute une nouvelle liste de cibles, ou alors un acharnement sur d'anciennes cibles telles que Mourad Zeghidi, Borhen Bsaies, Sonia Dahmani ou Rached Ghannouchi, ou encore Sami El Fahri, pour ne citer que des personnalités connues, transformées par Zabaïed en victimes expiatoires de sa folie.

 

Et ne croyez pas que Saïed soit un Chávez, un Castro ou, au pire, un ayatollah ayant au moins l'excuse de résister à l'empire. Pas du tout ! Il s'agit d'un pleutre soumis à l'impérialisme sioniste, même pas capable de récupérer la rente de sa soumission.

 

Entre-temps, le pays s'isole et s'appauvrit, son économie s'effondre, et l'on ne comprend pas comment cette pyramide de Chlékas tient toujours...

 

Si je n'étais pas caricaturiste, ce qui est pour moi une forme de lâcheté au vu de la situation, je prendrais les armes pour tout faire péter.

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