La révolution des flamants roses
En tant qu'oiseau migrateur, il m'arrive de visiter de nouvelles contrées loin de la Sebkha et de Boukornine. Où que j'aille, je suis souvent frappé et émerveillé par la diversité de la nature et sa richesse, mais malheureusement lassé et désespéré par l'omniprésence de l'homocapitalus et sa folie destructrice partout sur terre.
Albanie
C'est en terre d'Albanie que j'ai donc posé mes ailes cet été attiré par l'appel des flamants roses de Sazan et de Narta. Tenez-vous bien, vous allez être surpris, car j'ai découvert qu'existe la réplique de Boukornine et de la Sebkha ailleurs qu'en Tunisie :
L'île de Sazan est une sorte de Boukornine noyé dans la mer Adriatique, et Narta une Sebkha comme chez nous, couvrant presque la même surface que la lagune de Tunis, et accueillant des milliers de flamants roses et autres sympathiques espèces d'oiseaux. Contrairement à chez nous, Narta et Sazan sont des sites naturel protégés. Enfin, jusque-là…
Cet endroit magique est devenu depuis la fin mai 2026, le cœur battant d'une lutte citoyenne à résonnance internationale entre l'homocapitalus d'un côté et les défenseurs de la nature de l'autre. Cette lutte fait descendre des Albanais dans les rues de leur capitale Tirana, et ce toutes les semaines pour protester contre un mégaprojet de cité balnéaire de luxe à cheval entre l'île de Sazan, et Narta. Cela ne vous rappelle rien ?
Sama Dubaï
En 2007, en Tunisie, un mégaprojet de luxe similaire appelé Sama Dubaï devait voir le jour sur la Sebkha de Tunis. Z était né à la suite d'une minuscule révolution de flamants roses que je menais à ma modeste échelle sur mon blog DEBATunisie créé en cette même année 2007 (voir ici). Mon objectif était d'alerter l'opinion sur les ravages écologiques de ce genre de projet immobilier, de dénoncer le caractère opaque d'un deal entre des émirs du Golfe et la dictature de Ben Ali, sans oublier de rappeler la dimension quasi coloniale de ce type d'urbanisme enclavé, qui crée un mur physique et symbolique entre des colons riches et les "indigènes".
Ce Mégaprojet n'a heureusement pas vu le jour, la crise des Supprimes de 2008 ayant tout emporté (voir ici). Est juste resté de cette époque, mon flamant rose de la Sebkha, qui depuis son poste d'observation entre les deux cornes de Boukornine, documente à sa manière, l'actualité de la Tunisie et de ses Chlékas.
Ivanka
Alors évidemment, je ne pouvais rester insensible, 19 ans plus tard, à l'appel des Flamants de Narta. Mais en ce qui les concerne, la menace venait d'encore plus haut que nos Émiratis de Dubaï. Leur prédateur n'est ni plus ni moins que la fille de Dark Vador : Ivanka Trump !
Avec toute la naïveté que savent si bien simuler ces prédateurs, Ivanka raconte dans une vidéo publicitaire, qu'au cours d'une virée en yacht sur l'Adriatique, elle aperçut soudain l'île de Sazan. Elle plongea alors, telle une sirène, dans les eaux turquoise, rejoignit l'île à la nage et l'escalada jusqu'à son sommet.
Et là, contemplant le paysage depuis les hauteurs de Sazan, elle eut une révélation : bâtir sur cette île encore sauvage et sur le littoral de Narta, un paradis bling-bling pour les homocapitalus de son espèce.
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Un jour de mai 2026, les habitants de Narta (commune de Zvërnec) découvrent soudain des clôtures autour d'un espace côtier. Une manifestation des riverains est brutalement réprimée, ce qui met le feu aux poudres et transforme une colère locale en un mouvement national qui prend immédiatement pour cible le gouvernement.
Les Albanais se rendent compte alors que leur Premier ministre, Edi Rama, a fait voter discrètement une loi en 2024 pour rendre constructibles Sazan et Narta, pourtant classées zones naturelles protégées, et ce, un an avant qu'Ivanka ne mouille son yacht au large de Sazan. Comme par hasard !
Évidemment, la question écologique dans cette affaire a été le catalyseur d'une protestation plus large contre la corruption de toute la classe politique albanaise, opposition comprise, accusée de mépriser les populations et l'environnement au nom d'intérêts économiques privés.
Car derrière ces opérations immobilières, il y a évidemment beaucoup, beaucoup d'argent à se faire, mais aussi, pour l'élite albanaise au pouvoir, le désir de se rapprocher de la famille de Dark Vador, seigneur de l'homocapitalus dans toute sa splendeur.
Le serpent Trump
Ivanka Trump n'est que le joli visage d'un horrible serpent de mer. C'est son époux Jared Kushner qui est à la manœuvre. Lui, le haut conseiller de Dark Vador, l'architecte des accords d'Abraham destinés à normaliser les relations des pays arabes avec Israël, lui le patron du fonds d'investissement Affinity Partners.
Vous vous rappelez du scandaleux mégaprojet « Riviera Club » à Gaza annoncé par Trump ? Eh bien c'est lui Jared Kushner par sa société Affinity Partners qui compte transformer Gaza en club de riches une fois que le bulldozer israélien achèvera son génocide et que le foncier sera débarrassé de tout Palestinien.
Les flamants rose de Narta ont bien flairé le danger.
Nous sommes tous des palestiniens !
Lors de ce voyage en Albanie, j'ai pu approcher l'île de Sazan depuis mon embarcation. Je n'étais certes pas à bord d'un yacht comme Ivanka, mais dans un modeste bateau d'excursion touristique. Quelle fut ma surprise de découvrir un voilier de la flottille Soumoud navigant au large de Sazan. Il déployait fièrement un drapeau palestinien et albanais pour défier le serpent de mer homocapitalus.
J'avoue qu'il m'a fallu quelque temps pour faire le lien entre Gaza et Sazan, pour comprendre qu'un génocide et un écocide ne sont que les différents soubresauts d'un même serpent de mer, et que, sans convergence des luttes, point de salut pour les peuples opprimés, ni pour les flamants et autres espèces menacées.
Et l'homochlékus dans tout ça ?
L’homocapitalus ne prospère que grâce à la masse d’homochlékus dispersés aux quatre coins de la planète. Ce sont des populations victimes de l’aliénation provoquée par le capitalisme mondial et qui, malgré leurs différences d’origine, de couleur et de culture, se ressemblent toutes dans leur chlékisme. Il s’agit de zombies qui œuvrent au service du serpent impérial, au mépris de leurs propres intérêts. Et c’est à Boukornine que vit l’un des spécimens d’homochlékus les plus raffinés de la planète : Kaïs Saïed, dit la Sainte Chléka.
Résumons : Boukornine demeure l’origine de tout : de la Sainte Chléka, mais aussi de la flottille Soumoud qui, rappelez-vous, avait choisi l’année dernière la Tunisie pour entamer son périple vers Gaza et défier Israël, l’une des plus sordides têtes du serpent homocapitalus (voir ici).
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Figurez-vous que les principaux organisateurs tunisiens de la flottille sont tous en prison ! Et comme si cela ne suffisait pas, la police de la Sainte Chléka vient d'arrêter hier, les manifestants sortis le samedi 19 septembre pour soutenir leurs camarades incarcérés (voir ici).
Vous vous rendez compte que ce même Saïed a été élu, entre autres, au nom de sa solidarité avec le peuple palestinien ?
En Tunisie, l'homochlékus ne cache même plus sa soumission au serpent. Kaïs Saïed en est devenu le plus minable des chiens de garde. Comme d'ailleurs ses collègues arabes, parmi lesquels les capitallahistes Emiraties qui font figure de proue !
Alors pour quand un nouveau Sama Dubaï à la Sebkha, pour réunir Gaza, Sazan et tous les flamants de la planète et faire exploser cette putain de révolution mondiale qui coupera toutes les têtes de ce serpent de mer, homocapitalus, homofachus, homosionus et ses larbins d'homochlékus !
Conclusion
Vive la révolution des flamants, et gloire à tous les héros qui ont combattu ce monstre, du Ché aux derniers résistants palestiniens, sans oublier ceux qui à l'intérieur des territoires chlékisés, mènent la lutte en prison. Je pense en particulier à Wael Naouar, un des organisateurs de la flottille, qui mène en ce moment une grève de la faim, à laquelle s'est joint depuis son autre cellule, Ayachi Hammami, éminent boukorniste et adorateur des flamants roses, que je salue lui, et tous les autres, de tout mon cœur !
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