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DEBATunisie
19 mars 2016

La place du Choukept Novembre

Depuis la révolution se pose l'épineuse question de cette foutue place du 14 Janvier. Chaque gouvernement s'est penché sur le sujet, à savoir que faire de ce haut symbole du Ben Alisme érigé en plein coeur de Tunis...  

place-ZABA

L'année dernière (voir ici) Essebsi a trouvé la solution en proposant de remplacer l'horloge par la vieille statue équestre de Bourguiba. D'une pierre deux coups, le prétendu loup de Carthage par cette combine voulait se débarrasser et de Zaba et de la Révolution ( la place porte le nom de la date de la Révolution). Et puis cette année, rebelote, à l'approche du 20 Mars, fête de l'indépendance, Essebsi nous refait le coup de substituer le doigt de Zaba par le cheval de Bourguiba. Mais c'est sans compter sur le "mauvembrisme" ambiant. L'amour de Zaba par les propres troupes d'Essebsi semble aussi indéboulonnable que l'horloge du 7 Novembre.
Justement, depuis le retour en force des mauves dans les médias et dans les hauts postes d'administration, puis surtout grâce au terrorisme et l'état d'urgence, la nostalgie de Ben Ali se répand dans l'espace public comme une épidémie (lire cet article de Nawaat). Elle s'exprime de la manière la plus décomplexée comme nous en a fait la démonstration le désormais célèbre Khaled Chouket, porte-parole du gouvernement. Dans une émission de Radio, ce pitre a failli pleurer en souhaitant qu'Allah mette fin au calvaire de Zaba et que celui-ci revienne en grande pompe au Bled (voir ici)

Chouket n'a pu oser cette énormité que parce que le contexte général s'y prête. D'ailleurs Essebsi lui-même, inventeur de l'idée de réconciliation nationale, est le chef d'orchestre de ce ballet mauve. Pourquoi donc vouloir remplacer l'horloge de Zaba? elle n'a jamais été autant à sa place...

placeZAB

(La place du Choukept Novembre)


Ces déclarations du porte-parole du gouvernement on choqué tout le monde. Même Zaba en Arabie n'en revient pas ( et ne reviendra jamais !)

zabachouké

Commentaires
T
For more information on www.tunis-tunesien.de
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W
alors les stars , pas de commentaires encore sur l'agent opportuniste Marzouk et son compte?
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L
Les poètes ne meurent pas. Ils s’endorment un jour…. <br /> <br /> <br /> <br /> En hommage, deux de ses joyaux:<br /> <br /> https://youtu.be/Erpu_3mOrFo<br /> <br /> <br /> <br /> RIP
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B
Une belle réflexion qui nous change de la médiocrité qui envahit le Net et les journaux électroniques. Toutefois, je note une contradiction entre la théorie du big bang et la nécessité d'un architecte qui aurait le code d'un processus par lequel le monde se conçoit . Fallait-il un ''Deus absconditus'' (un dieu caché) qui aurait le code de la déflagration fondatrice? Dois-je comprendre que tu fais le pari de Pascal et que tu affiches un scepticisme élégant? Tout cela montre à quel point nous sommes réduits à faire des transpositions de modèles familiers à des situations qui nous échappent. Ne peut-on pas concevoir un monde né d'un chaos qui, par essence, n’obéit à aucun modèle rationnel, à aucun code divin? La précarité de la vie, le ''Rien'' qui l'encadre, le non-sens de la mort, autant de notions qui paradoxalement renforcent notre instinct de conservation et nous nous accrochons obstinément à la vie éphémère, au temps présent infime, débarrassés totalement du poids des contraintes religieuses et morales. Accepter l'existence sans ces scories, c'est se soumettre aux valeurs fondamentales qu’on s’est librement choisies, comme l’amitié, l'empathie, l'amour de l'humanité... toutes ces valeurs porteuses d'espoir et de non-mort. Nier l’existence de l’au-delà, du paradis et de l’enfer, se dire que la mort est ce ''Néant'' qui encadre la vie et s'interdire de provoquer la mort des autres. A l'inverse, les volontaires de la mort, les kamikazes sont convaincus que de leur sacrifice sortira une situation meilleure: ''Ils'' (les autres) vont mourir et ''je'' fais un saut vers une vie éternelle en sauvant le monde du péché. Cette violence d'obédience monothéiste est simplement un déni de la vie en dehors de la souffrance, c'est aussi -et surtout- un déni de la mort (la mort est un ''retour'' à Dieu, un rappel à Dieu). Le sacrifice d'Abraham, la souffrance de Jésus ''fils de Dieu'', de l'ancien testament au coran tout est dit pour rendre le supplice et la violence acceptables voire souhaitables. Que des religions mortifères! <br /> <br /> Mais n'anticipons pas, il faut patienter pour voir tes réponses aux questions posées en fin d'analyse!
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L
LOIN, TRES LOIN DE SBIBA<br /> <br /> <br /> <br /> La détection d’ondes gravitationnelles, provenant d’une fusion de deux trous noirs d’une trentaine de fois la masse de notre soleil chacun sur un diamètre d’une cinquantaine de kilomètres à 1,3 milliard d’années-lumière, m’est parvenue alors que je visionnais une intervention de pontes d’Ennahdha sur l’injustice faite aux jardins d’enfants enseignant la culture de la mort. J’ai commencé à lire là-dessus au moment où leur chef se rendait au Soudan pour participer aux funérailles de Hasan Tourabi alors que Ben Guerdane enterrait ses morts. Ne cherchez pas le grand aggiornamento; finalement ça ne sera que du strictement classique. Des visions vieilles de plus de 1,3 milliard d’années-lumière d’un côté; premiers amours ardents de l’autre. J’ai achevé ma lecture au moment où la marmaille essaimée par l’idéologie de la corde qu’ils colportent semait mort et désolation à Bruxelles.<br /> <br /> <br /> <br /> Il n’est pas dans mes intentions de vous «lecturez» sur des connaissances que vous n’ignorez peut être pas, et que vous pouvez, en tout cas, aisément trouver, mais ceci est nécessaire à une démonstration pour laquelle nous aurons besoin de plusieurs échelles. Ne vous inquiétez pas, nous n’y toucherons pas toutes. <br /> <br /> <br /> <br /> Quand vous levez les yeux pour observer la voute céleste par une nuit singulièrement étoilée et que vous vous émerveillez de l’immensité de la construction, rappelez-vous que ce que vous observez ne représente qu’une partie infime de notre propre galaxie. Pas plus que quelques milliers des étoiles les plus proches et les plus brillantes, à un millier d’années-lumière max de la terre, toutes situées dans notre voisinage immédiat dans une galaxie qui s’étend, elle, sur 100 à 150 milles années-lumière et compte entre 100 et 400 milliards d’étoiles. Une galaxie finalement assez banale, plutôt chétive, que rien de bien particulier ne distingue des autres 100 à 400 milliards de galaxies qui peuplent un univers en expansion accélérée. Ce qui fait que pour s’en tenir non pas à la moyenne mais à la plus basse estimation de 100 milliards de galaxies et 100 milliards d’étoiles par galaxie, nous avons au bas mot 10 milles étoiles dans l’univers observable pour chaque grain de sable sur notre terre. Si nous considérons que seulement 5% de ces étoiles sont semblables à notre soleil, et que seulement le 5ème de celles-ci sont orbitées dans leurs zones habitables par une seule planète semblable à notre terre, ceci nous donne, pour chaque grain de sable sur terre, une dizaine de planètes dans notre univers qui devraient avoir les conditions nécessaires à l’éclosion de la vie telle que nous l’appréhendons. Enfin, tout cela en tout cas dans la toute petite partie (4%) de notre univers dite observable, puisque non-constituée de matière ou d’énergie noires d’où rien ne nous parvient comme c’est le cas des 96% restants. Tout cela dans un univers qui ne serait lui-même qu’un parmi une multitude d’autres univers et qui, dans son expansion incessante, court à son inéluctable fin soit par délitement qui figerait toute l’énergie et causerait un gel total, soit par un Big Crunch, le rétrécissement qui inverserait le Big Bang et nous ramènerait à la case zéro. Avant, peut-être, de rebondir comme un ressort dans un nouveau Big Bang, comme le fut peut-être le précédent.<br /> <br /> <br /> <br /> Nous pouvons nous étendre sur le monde non moins fascinant de l’infiniment petit, qui défie jusqu’à notre perception de la réalité et des dimensions. Sur l’Homme, finalement une construction d’atomes capable de manipuler les atomes. Ou sur notre cerveau dont l’architecture donne le vertige en dépit du fait que la moyenne est tirée sensiblement vers le bas par celui de Panda. Mais passons à une autre échelle, celle du temps. Puisque le vôtre est compté, je ferai bref. La formation de la terre remonte grosso modo à 4,5 milliards d’années, soit 9 milliards d’années après le Big Bang. L’apparition de l’espèce humaine dans ses spécificités physionomiques actuelles remonte à 200 milles ans, et dans ses spécificités culturelles à moins de 60 milles ans. Les trois religions monothéistes remontent, elles, à respectivement 3500, 2000 et 1500 ans. Pour donner un ordre de grandeur, si le temps écoulé depuis la formation de la terre jusqu’à aujourd’hui correspond à une unité de 24 heures, l’espèce humaine est apparue à 11:59. Du soir. Si le temps écoulé depuis le Big Bang équivaut à 24 heures, l’espèce humaine est apparue à quelques fractions de seconde avant minuit. Si le temps écoulé depuis l’apparition de l’espèce humaine équivaut à 24 heures, le judaïsme est apparu à 23:37, le christianisme à 23:46 et l’islam à 23:50. <br /> <br /> <br /> <br /> Pourquoi est-ce que je vous rappelle tous ces chiffres? Et bien parce que si Dieu existe, il doit bien être le Dieu de tout l’univers (ou de tous les univers s’il en existe une multitude), et non pas seulement d’une partie finalement insignifiante de cet univers. Or si nous poussons la logique jusqu’au bout, ceci voudrait dire que parmi une dizaine de planètes pour chaque grain de sable sur la nôtre qui pourraient abriter la vie, Dieu a choisi la nôtre pour l’accueillir tout en programmant sa destruction inéluctable. Ceci voudrait aussi dire que dans les 24 heures écoulées depuis la formation de la terre, Dieu aurait attendu jusqu’à littéralement la toute dernière seconde pour nous faire parvenir son message, qui plus est par le truchement de dogmes religieux tous issus du Moyen Orient. Soit.<br /> <br /> <br /> <br /> Maintenant, ne me comprenez pas mal. Il se peut que je cherche, en le faisant, un refuge face à la limite de mes connaissances, mais le bottom line est en tout cas que je ne nie pas l’existence de Dieu. Au contraire, à chaque nouvelle immersion dans les mystères proprement vertigineux de l’infiniment grand et l’infiniment petit, ma conviction dans l’inéluctable existence d’un maitre architecte se renforce pour confiner à la foi. Prenez le réglage de l’expansion du cosmos après le Big Bang. Il aurait varié de 1 sur un trillion, toute la construction s’en était affalée comme un soufflé, et je ne serais pas là à fantasmer sur les nichons de Soumaya. Il y’a donc un code. Il y’a une force derrière ce code, car je ne souscris pas à l’idée que le code soit lui-même la force. Cette force, ce maitre-architecte, je l’appelle Dieu. Je ne sais pas qui il est, ni d’où il vient, ni s’il lui reste un rôle quelconque après avoir conçu le code. Ma seule certitude et qu’il ne s’appelle pas Z, tout bon architecte qu’il soit. Et mon seul souhait est que mon refuge n’est en rien comparable à celui choisi par Al-Ghazali, qui ferma la porte à la curiosité et la quête scientifique, et entama la fossilisation du monde arabo-musulman et sa descente dans les enfers de l’ignorance sacrée. <br /> <br /> <br /> <br /> Si je vous ai gavé de chiffres, c’est que j’étais totalement perdu en conjonctures en essayant de comprendre les fondements de l’islamisme, cette idéologie de la corde qui nous tient en otage et en condition d’untermensch depuis des siècles. Comprendre ce qui pousse des généraux de pacotille à pendre un écrivain iconoclaste, ou des imams prédateurs sexuels à réduire la femme à une fonction biologique, à la rigueur je comprends. Mais qu’est ce qui explique que la direction et les cadres du parti salafiste ultra-rétrograde Nour soient quasi-tous des diplômés de la faculté de médecine d’Alexandrie? Qu’est-ce qui explique qu’aussi bien Morsi que plusieurs Morshed des Ikhwan soit des diplômés des universités américaines dans des filières scientifiques, tout comme le fut Sayed Kotb, le grand inspirateur de toute la mouvance? Qu’est ce qui explique qu’un Sadok Chourou, physicien de son état et donc sensé en savoir mille fois plus que moi sur l’univers et notre cheminement, veuille démembrer tous ceux qui dévieraient du chemin dont Dieu l’a fait gardien, annulant du même coup le gigantesque travail d’évolution programmé par le même Dieu sur des millions d’années pour nous doter de bras et de jambes? <br /> <br /> <br /> <br /> Si je vous ai dit que j’étais dans un trou noir mais ai bon espoir d’en ressortir, c’est que je pense avoir un début de réponse à ces interrogations. J’y reviendrai, mais vous dirais que la conclusion logique de ce début de réponse est que l’espace arabo-musulman restera lui dans son trou noir pour encore longtemps. Entre-temps, ça me fera un plaisir de lire analyses.
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DEBATunisie
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