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DEBATunisie
6 février 2026

13e anniversaire de l'assassinat de Chokri Belaid

Voilà 13 ans après l'assassinat du militant de gauche Chokri Belaïd, et nous n'en savons presque rien sur les commanditaires du crime. Les camarades de Chokri nous avaient persuadés que Ghannouchi (alias Zaballah) était le principal commanditaire. Nous les avons crus et nous les avons même soutenus.


Après le coup d'État de 2021, ils ont aidé Saïed (alias Zabaïed) à mettre au pas la justice, prétextant que celle-ci était encore infiltrée par les assassins de Belaïd. Rappelez-vous de leur attaque contre le Conseil Supérieur de la Magistrature...attaque téléguidée par le président (voir ici).


Aujourd'hui, Zaballah est en prison, Zabaïed est un dictateur, et les camarades de Belaïd sont devenus de grands chlékistes qui ne demandent plus à connaître la vérité.

 

Tout cela ressemble à une instrumentalisation de l'affaire Chokri Belaïd par sa famille politique et le régime policier afin d'exterminer politiquement les islamistes et par extension le processus démocratique boiteux, mais à l'œuvre tout de même, n'en déplaise aux chlékeux.
 

Rétrospectivement


Avec le recul, on peut sérieusement douter de l'implication des islamistes dans cet assassinat. Certes, ils étaient les coupables idéaux, eux qui haïssaient tout ce que représentait Chokri. Mais déjà, à l'époque, on se posait sérieusement la question : Pourquoi diable les islamistes, qui étaient au pouvoir, chercheraient-ils à se tirer une balle dans le pied en provoquant un tel désastre politique ? Cela faisait très conspirationniste de soupçonner l’« État profond » d'avoir tenté, par cet assassinat, de faire tomber les islamistes et de déstabiliser le processus démocratique à l'œuvre.


Et pourtant, en cette année 2013, plusieurs indices régionaux indiquaient déjà des tentatives de déstabilisation dudit « printemps arabe ». C'était l'année du coup d'État de Sissi et du retour de la dictature en Égypte.


Ainsi, l’hypothèse d’un assassinat de Chokri Belaïd par la contre-révolution demeure aujourd’hui très plausible, même en l’absence de preuves formelles. On ne peut toutefois pas dire que ce supposé complot contre-révolutionnaire ait fonctionné, puisque les islamistes sont restés au pouvoir et que le processus démocratique a résisté. Il n’y avait pas, à l’époque, de « Sissi tunisien » capable de saisir l’occasion pour restaurer la dictature. Il aura fallu attendre 2021 pour que Zabaïed achève le travail, réhabilite la dictature et enterre à jamais la vérité — avec la complicité des camarades de Chokri. Coucou Mongi Rahoui…

 

Ce qui corrobore davantage notre hypothèse, c’est que les derniers grands procès pour complot n’ont apporté aucun nouvel élément de preuve quant à l’implication des islamistes dans les assassinats politiques, qu’il s’agisse de celui de Chokri Belaid ou de Mohamed Brahmi.

 

Procès du complot II

 

Le 2 février 2026, une cour d’appel de Tunis a condamné une vingtaine d'opposants à des peines allant de 3 à 35 ans de prison dans l’affaire connue sous le nom de « Complot contre la sûreté de l’État 2 ». Notons que Ghannouchi vient de se faire rajouter 20 ans de plus portant à 56 le nombre total d'années qu'il devra passer en prison. Autant dire qu'il est condamné à la prison à vie.


A part les chlékistes, les imbéciles, les crétins, ou les indifférents (tous responsables à différents degrés de la faillite morale à l'œuvre en Tunisie), nous savons depuis le début que ce procès est un bulldozer destiné à démolir l'opposition. Il s'appuie sur un dossier bidon, imaginé, écrit et scénarisé par la flicaille tunisienne et ce dans le but de livrer à la Sainte Chléka, un terrain politique vierge dégagé de toute aspérité (voir ici).


D'après le communiqué d'Amnesty, les dirigeants d’Ennahda sont accusés d’avoir créé un réseau secret ( الجهاز السري ) dirigé par Rached Ghannouchi dans le but de « changer la nature de l’État ». Ces accusations se fondent sur des communications privées critiquant le président Kaïs Saïed, datant de 2011 à 2022, mais ne contenant aucune preuve concrète d’une infraction pénale reconnue par le droit international.

 

"L’allégation centrale selon laquelle certains opposants politiques avaient mis en place un « appareil de sécurité » clandestin demeure infondée, faute d’être étayée par des éléments de preuve vérifiables de manière indépendante..." (extrait du communiqué mis en lien)
 



- Les chlékistes diront qu’Amnesty est sioniste (Amnesty qui dénonce pourtant le génocide à Gaza), et ils diront que je suis un islamiste à la botte de Ghannouchi.

 

- Les chlékistes “croient”, de manière quasi religieuse, que “l’opposition” constitue un ensemble monolithique agissant de façon concertée. Selon la mythologie chlékiste alimentée par Zabaïed, l'opposition simule sa propre division depuis 2011 alors qu'une entente secrète relie tous ses membres de Zaballah à la Moussi.  Et d'ailleurs en tant que caricaturiste, j'en ferai partie. 

 

- Les chlékistes voient dans le concept même de “démocratie” un complot ourdi contre le peuple. Ce n’est pas à eux de démontrer ce qu’ils avancent (une croyance ne se démontre pas), mais aux opposants de prouver le contraire. Or être opposant constitue en soi un péché originel : pourquoi, dès lors, la justice devrait-elle démontrer leur culpabilité ? Pourquoi même un procès, alors qu’ils sont ontologiquement condamnés ?

 

Je vous jure que c’est exactement ainsi que raisonnent les chlékeux et les chlékeuses, comme l’a démontré notre étude anthropologique sur l’homochlékus.

 

Conclusion


La faillite morale de Kaïs Saïed et de ses chlékeux rend paradoxalement urgente la constitution d’un corps monolithique, capable de faire taire ses divisions et d’agir de manière concertée et secrète, afin d’ourdir un complot contre la Sainte Chlékas. On ne parlera plus d’opposants, mais simplement de résistants. On ne parlera plus de démocratie, mais de maquis…

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