Word War _Z_
Dans ma quête désespérée d'inspiration, il m'arrive de regarder des blockbusters de science-fiction post-apocalyptique américains. Très révélateurs de l'inconscient collectif de la première puissance mondiale, ces films peuvent servir d'efficaces outils de compréhension géopolitique. Si l'on pousse loin l'analyse, ces films nous donnent un avant goût de la sauce à laquelle nous risquons d'être bouffés si nous nous bougeons pas le cul, nous autres peuplades des pays sous-développés.
C'est avec cette grille de lecture que j'ai regardé depuis mon poste de commande de la Sebkha, un gros navet qui a dû coûter 10 fois le budget annuel de la ville de Tunis. Il s'agit du film Word War Z. Le beau Brat Pitt y joue le rôle du sauveur de l'humanité contre l'invasion planétaire des Zombies. Lui, l'américain bien-veillant qui aime sa famille et sa patrie, se bat contre un virus inconnu qui transforme sa proie en Zombie et qui par simple morsure, prolifère à une vitesse exponentielle. L'humanité est ainsi divisée entre le camp des non contaminés -une minorité de privilégiés- et le grand nombre de Zombies, morts-vivants assoifés de sang qui se meuvent en foules déchaînés. Dans des scènes impressionnantes et parfaitement bien rendues (au moins ça), est dépeint le pire scénario de l'émeute globale, où la police et l'armée ne peuvent plus rien contre la détermination d'une masse humaine d'enragés. On y lit une allusion inconsciente à ce que l'imaginaire américain -voir occidental- peut craindre de pire si devaient un jour fusionner les émeutes "noires", le printemps arabes et les révolutions sud-américaines. Dans ce scénario catastrophe jusqu'à là classique, c'est l'évocation d'Israël qui m'a interpellé : Brad Pitt, en soldat de la paix, est amené dans ses pérégrinations à s'intéresser à l'une des dernières forteresses de l'humanité : Jérusalem. On nous explique que le pays a su se protéger avant tout le monde grâce à une gigantesque muraille qui ceinture la cité (Allusion évidente au Mur "anti-palestinien"). La caméra à un moment donné, filme un drapeau Israélien flottant fièrement dans un univers dévasté. Le réalisateur du film, révèle peut-être un autre a priori de l'imaginaire collectif américain: Israël est à l'avant-garde de la guerre à venir contre les zombies. Entourés de tous ces arabes, le foyer juif n'est-il pas depuis un demi siècle un exemple en la matière ? Les humains contre les Zombies (terroristes, barbares, arabes, musulmans, pauvres, réfugiés, migrants...)
Ce Blockbuster dans sa naïveté, annonce une idée monstrueuse de l'avenir: l'israélisation contre la zombification. Ce qu'on appelle la montée de l'extrême droite en occident, n'est qu'un euphémisme pour nommer un phénomène plus inquiétant que seul le cinéma ou la littérature sont capables d'anticiper. Ce phénomène est déjà à l'oeuvre. Nous l'observons en Europe où s'érigent des murailles infranchissables contre la horde de clandestins, migrants, réfugiés violeurs d'allemandes... L'Amérique votera peut-être bientôt pour le président capable de repousser enfin les Zombies drogués mexicains en dehors des frontières...Partout nous observons des signes annonciateurs de cette guerre civile globale...Impossible dans tout ça de ne pas évoquer Daech qui incarne la vitrine médiatique du processus de zombification/israélisation.
Nous sommes les _Z_ombies !
Je ne crois pas que la pauvreté, la misère ou la colonisation expliquent à elles seules la "zombification" de certaines communautés humaines. En Zaballahie par exemple, et pour revenir à nos moutons (c'est bientôt l'aïd), nous sommes les premiers responsables de notre barbarie. Nous ne sommes pas seulement victimes du Satan occidental qui nous a spolié nos terres et nos richesses. Je reste persuadé que nos croyances religieuses constituent la source invisible de notre sous-développement. C'est même ce qui a dû faire de notre pays et ses voisins Zombies, des territoires colonisables.
À l'heure où l'Humanité débat sur le climat, l'intelligence artificielle, la mécanique quantique, Le boson de higgs, le voyage dans l'espace, les exoplanètes et j'en passe... nous en sommes encore à discuter du code vestimentaire des femmes, de la représentation du sacré, de la taille de la Chleka de la dernière épouse du prophète...
Pas étonnant qu'à un moment donné, avec l'Israélisation de la planète, nous nous fassions exterminés. Que peut-on faire contre la sélection Darwinienne si nous continuons à exhiber aussi stupidement nos tares ?
Si j'en suis arrivé à de telles dangereuses conclusions mes amis, c'est parce que j'ai pété un câble. Parmi les derniers éléments déclencheurs de mon pétage de plombs, c'est cette nouvelle passée presque inaperçue: Le ministère des affaires religieuses qui, pour lutter contre le réchauffement climatique, appelle à : la prière de la pluie*.
Certes c'est une tradition de zombie bien de chez nous, mais aujourd'hui j'en ai honte... Même que je flippe pour l'avenir.
En attendant, la cariatide ne cesse de gronder. Tic tac ...
Comme c'est la merde partout, réservez votre place au paradis en vous convertissant dès à présent au Boukornisme, nouvelle religion de votre humble serviteur _Z_, Zombie de la Sebkha...
*Dans un communiqué rendu public ce jeudi 01 septembre 2016 sur sa page officielle Facebook, le ministère des affaires religieuses a appelé tous les directeurs régionaux des affaires religieuses à coordonner avec les autorités régionales dans tous les gouvernorats du pays et avec les imams des différentes mosquées pour accomplir la prière rogatoire dans l’ensemble des région de la République et ce dans les plus brefs délais. Rappelons que l’ancien ministre de l’Agriculture Saâd Seddik avait affirmé que la Tunisie est actuellement frappée par la sécheresse et est en dessous du seuil de pénurie hydraulique avec 460 m3 par habitant et par an. D’après lui, la situation risque de se détériorer davantage s’il n’y a pas de pluies dans les mois à venir.(source)